Coralie Pacaut, à seulement 21 ans, s'impose comme l'une des rares femmes jockeys professionnelles dans un milieu encore majoritairement masculin. Installée à Deauville, au sein de l'écurie de Jean-Claude Rouget, elle nourrit de grandes ambitions et trace son chemin avec détermination. Son parcours atypique, sa passion pour les chevaux et son engagement pour la place des femmes dans les courses hippiques font d'elle une figure inspirante.

Un Parcours Inattendu

Loin des hippodromes durant son enfance, Coralie Pacaut se destinait initialement à une carrière d'architecte ou de médecin. "A la base je voulais être architecte ou médecin ! Partir sur un BAC agricole ce n'était pas vraiment les ambitions de mes parents !". Cependant, sa passion pour les chevaux, née dès son plus jeune âge, a finalement pris le dessus. Elle débute par le poney, puis annonce à ses parents, à l'âge de 14 ans, sa volonté de suivre un bac pro agricole pour devenir jockey. Malgré les réticences initiales de ses parents, elle persévère et se lance dans cette voie avec détermination.

Deauville, un Tournant Décisif

Coralie Pacaut a couru à Deauville l’été dernier avant de s’y installer. C'est après avoir couru au meeting de Deauville l'été dernier qu'elle décide de se présenter à Jean-Claude Rouget, entraîneur de renom, qui l'intègre à son écurie. Cette opportunité marque un tournant décisif dans sa carrière. "J’ai couru le meeting de Deauville l’été dernier, et je suis venue me présenter à M. Rouget qui m’a pris dans son écurie , explique la jeune femme. Ici, tout est fait pour amener les chevaux au mieux sur l’hippodrome. Il y a une vraie minutie dans le travail." Installée à Deauville, dans l’écurie de Jean-Claude Rouget, elle affiche de grandes ambitions.

Une Progression Constante

Coralie Pacaut gravit les échelons avec une progression constante. À 16 ans, elle débute en courses et ne cesse de progresser depuis. Elle croise la route de son idole, le jockey Stéphane Pasquier, qui la remarque à l'entraînement et encourage son entraîneur à la faire monter. En 2019, elle est sacrée Cravache d'Or féminine, une distinction qui récompense son talent et son travail acharné. « Aujourd’hui, il n’y a rien qui me rende plus heureuse que de passer le poteau en tête. C’est une sensation incroyable. » Coralie Pacaut a seulement 20 ans mais déjà une maturité impressionnante, et 85 victoires en courses à son actif. Il y a quelques semaines, elle a gagné à Toulouse sa première Listed, course de bon niveau juste avant les courses de groupes, où s’aligne l’élite du galop.

La Place des Femmes dans les Courses Hippiques

Coralie Pacaut s'engage pour la reconnaissance de la place des femmes dans les courses hippiques. Elle souligne que ce milieu reste encore machiste et qu'il est difficile pour les femmes de se faire une place dans les belles courses. Elle évoque la question de la décharge, une remise de poids accordée aux femmes dans certaines épreuves depuis 2017, qui a suscité des débats. "Cela a beaucoup fait parler au début. Certains disaient que cela faussait la course. Mais cela encourage les entraîneurs à faire confiance aux femmes jockeys et à nous aligner , explique Coralie Pacaut. Pour cela, la jeune femme commence à avoir des arguments. En tête desquels : la Listed gagnée au mois de décembre. « Dans ces courses-là, la décharge n’existe pas. Et une femme peut passer en tête. La preuve ! Le cheval avec lequel j’ai gagné courra certainement dans des groupes dans le futur."

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Elle insiste sur le fait que la force physique n'est pas le seul critère déterminant et que les femmes ont les compétences pour réussir au plus haut niveau. Elle prend l'exemple du propriétaire de Tiger Tanaka, qui a maintenu sa confiance en Jessica Marcialis après six victoires, lui permettant de remporter un Groupe I.

En cette journée internationale des droits des femmes, elle parle du quotidien de celles qui baignent dans les courses.Considérez-vous que les femmes ont réussi à faire leur place dans le monde des courses ?CORALIE PACAUT. L'affirmer, peut-être pas encore. Je pense qu'elles font leur place gentiment, ça avance dans le bon sens. Il y a de plus en plus de filles mais dès qu'on monte d'un niveau, en faisant référence aux belles courses, cela devient compliqué.Compliqué dans le sens où il est difficile de rivaliser d'un point de vue physique ?C'est sûr que physiologiquement… Mais je veux plus parler de la mentalité des gens. Le milieu reste encore machiste. Dans les belles courses, on ne voit pas énormément de filles, comme de jeunes garçons, ou d'apprentis.Un propriétaire ou un entraîneur reste donc très réticent à l'idée de confier un cheval à une femme dans une grande épreuve…Oui, dès que la décharge n'existe plus (NDLR : une remise de poids leur est accordée dans certaines épreuves depuis 2017). Il y a toujours ce refrain qui revient : elles n'ont pas assez de force… Mais il n'y a pas que ça. Si certains chevaux ont peut-être besoin d'être montés par un homme, d'autres non. On ne peut pas ressortir cette excuse à chaque fois. Je peux comprendre les propriétaires d'un cheval qui leur coûte énormément d'argent et qui ont la possibilité de courir une très bonne course. Entre un jockey confirmé, dans le top 10 depuis 20 ans, et un ou une jeune qui a déjà gagné avec mais n'a pas l'expérience pour disputer de telles courses, le choix est vite fait. Mais si on ne nous donne pas la chance d'y participer, on n'atteindra jamais un certain niveau. Je suis devenue la femme jockey numéro 1 en 2019 parce que j'ai monté beaucoup de courses, progressé et gagné. Suivons l'exemple du propriétaire de Tiger Tanaka (Miguel Castro Megias). Il a dit qu'il ne pourrait pas se regarder dans une glace s'il changeait de jockey, sachant que Jessica Marcialis avait gagné six courses avec la pouliche avant de remporter son Groupe I. Il en faut comme lui. Ça changera avec le temps.Subissez-vous parfois encore des remarques sexistes ou désobligeantes ?C'est arrivé mais ça s'est beaucoup calmé. Ça provenait surtout de parieurs énervés qui envoyaient des messages sur les réseaux sociaux. Parfois, mon agent (Alexis Doussot) m'appelle aussi en me disant : tu ne remonteras pas le cheval parce que l'entraîneur veut un homme, considère que tu n'as pas assez de bras. Cette remarque arrivera toujours.Est-ce difficile de concilier sa vie de femme et celle de jockey ?Oui, parce qu'on ne compte pas ses heures. Pour des personnes comme moi qui n'ont pas 20 ans d'expérience et qui ne sont pas des cracks jockeys non plus, on travaille tôt tous les matins. On prend ensuite la route pour aller sur les hippodromes, on rentre à pas d'heures. On doit faire aussi attention à notre poids. Je vis avec un jockey (Théo Bachelot) donc on se comprend.Pensez-vous à la maternité ?Pas à mon âge. Je ne ferai pas passer ma vie de maman avant ma carrière pour le moment. C'est tellement compliqué de revenir après une blessure car les gens t'oublient vite alors j'imagine les conséquences d'un arrêt de près de neuf mois, après avoir pris des kilos… Ma carrière passe avant tout.Vous souvenez-vous de votre premier succès en compétition ?Comme si c'était hier. C'était à Lyon-Parilly, avec Fortune Royal dans une course d'apprentis, pour Philippe Demercastel, en 2015. Mes parents, qui ne connaissaient rien aux chevaux et n'étaient pas pour que je me lance dans cette voie, se trouvaient dans les tribunes. J'entendais la voix de ma mère dans la ligne droite tellement elle criait fort. Ça s'est passé comme dans un rêve.

Vie Privée et Projets d'Avenir

Coralie Pacaut est en couple avec le jockey Théo Bachelot, avec qui elle partage la passion des courses. Elle souligne l'importance de pouvoir compter sur le soutien de quelqu'un qui comprend les contraintes de ce métier exigeant. Pour l'instant, elle ne pense pas à la maternité et souhaite se concentrer sur sa carrière.

Parmi ses rêves, il y a la Cravache d'Or et le départ du Prix de Diane. « Le Diane, c’est l’élégance.

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