Si le droit à l'avortement appartient aux femmes, certains hommes essaient d’épauler leurs partenaires dans cet événement. Un accompagnement parfois empreint de maladresse et d'impuissance, souvent synonyme d'épreuve pour le couple. Cet article explore les complexités du soutien psychologique dans le contexte d'un avortement, en mettant en lumière les défis rencontrés par les partenaires et les couples.
La Décision d'Avorter : Un Choix Complexe
La décision de procéder à un avortement est toujours un choix difficile. Il est important de reconnaître que la décision d'avorter est un choix personnel et qu'il vous appartient, en fin de compte, de décider ce qui est le mieux pour vous et votre situation. Dans le couple, cette décision peut être source de conflits et de tensions, surtout si les partenaires n'ont pas les mêmes opinions ou le même niveau de préparation émotionnelle.
Le Rôle du Partenaire : Soutien ou Source de Tension ?
Si le choix d’avorter appartient aux femmes, certains hommes essaient d’épauler leurs partenaires dans cet événement. Un accompagnement parfois empreint de maladresse et d’impuissance, souvent synonyme d’épreuve pour le couple. Il est compréhensible que vous vouliez offrir une vie avec un père à votre enfant. Il est également compréhensible que vous soyez en colère contre votre partenaire qui n'a pas soutenu votre décision de garder le bébé. Il peut être très difficile de naviguer entre des opinions et des croyances divergentes sur une question aussi sensible et personnelle.
L'attitude du partenaire peut varier considérablement, allant d'un soutien inconditionnel à une opposition catégorique. Cette situation peut créer des tensions importantes au sein du couple, comme l'illustre l'histoire de Valérie et Matthieu.
L'Histoire de Valérie et Matthieu : Une Illustration des Difficultés Rencontrées
Mère de trois enfants dont un bébé de 6 mois, Valérie se doutait que l’arrêt de l’allaitement pouvait rimer avec retour de la fertilité. Elle l’avait d’ailleurs dit à Matthieu, son compagnon, l’informant au passage de son ras-le-bol de porter le poids de la contraception depuis des années. Il avait évoqué la possibilité de procéder à une vasectomie mais sans concrétiser le projet. En ce petit matin de décembre 2020, Valérie découvre qu’elle est enceinte et interroge l’homme qui partage sa vie depuis dix ans : « Qu’est-ce qu’on fait ? » Matthieu se sent envahi par la panique. « La perspective d’un quatrième enfant, c’était impossible pour moi, raconte-t-il. On était fatigués, en plein dans les couches avec notre troisième. Cette annonce, c’était le bouleversement de trop. J’ai immédiatement dit que je ne voulais pas en entendre parler. » Valérie n’a pas d’avis tranché. Elle se dit qu’un autre bébé pourrait compléter la famille, que ce test positif a des allures de « miracle » après leurs difficultés à concevoir trois enfants. Elle hésite mais constate que face à elle, il y a un mur. « Il a ajouté que ce serait ma décision, qu’il ne me forcerait à rien, mais que si je faisais le choix de continuer la grossesse, j’allais l’élever seule. » Matthieu, qui a aujourd’hui entamé un suivi psychologique et décortiqué cet épisode de son côté, revient avec lucidité sur son attitude de l’époque : « Elle espérait un dialogue… et j’ai fermé la porte. » Le couple traverse des jours et des jours de « guerre froide », tout en essayant de faire bonne figure devant leurs enfants. Face à l’ampleur de la crise, Matthieu change d’avis et envisage la possibilité d’un nouveau bébé dans la famille. « Je lui ai dit ce que je pensais qu’elle voulait entendre car j’avais peur de la perdre », commente-t-il. Valérie décide finalement d’avorter et opte pour la voie médicamenteuse. Elle se rend seule chez une sage-femme. « Matthieu n’a participé à aucun rendez-vous et ne s’est pas investi dans le processus », souligne-t-elle.
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Cette histoire illustre comment le manque de communication et de soutien émotionnel peut transformer une décision difficile en une crise de couple.
Les Conséquences Psychologiques de l'Avortement
Il s'agit d'une procédure très invasive pour les femmes dans tous les domaines, physique, émotionnel, psychologique, etc. Il est important de se donner du temps et de l'espace pour gérer ses émotions après un avortement. Sachez que vous n'êtes pas seul et qu'il existe des ressources pour vous aider pendant cette période. Avant tout, soyez consciente que le chamboulement hormonal du à la grossesse et à son interruption influe beaucoup sur votre état émotionnel actuel. Pour la remise en question de votre couple, il vous faudra dans un premier temps apaiser votre état émotionnel afin de faire preuve de discernement.
Le Deuil et l'Acceptation
Lorsque nous agissons contre notre gré, le regret, la culpabilité, le remords et d'autres affects viennent s'en mêler et s'emmêler. Vous êtes donc logiquement "perdue" dans ces affects qui ne peuvent que vous submerger. Je crois sincèrement qu'il serait bon que vous puissiez déposer librement auprès d'un tiers thérapeute ces affects afin de clarifier votre situation et vos sentiments: la tristesse est à dire, la colère à nommer et encore plus. Libérer la parole permet de décharger l'esprit, ainsi vous pourrez avancer, vous réconcilier avec vous même et vous réconcilier avec cette grossesse avortée. Aussi, un cheminement avec le thérapeute sur le lien à l'enfant sera à envisager car en effet, cet enfant a été en vous et des choses sont peut être à lui dire, à lui exprimer symboliquement.
Dans votre cas, ce choix a été effectué sous la contrainte, d'où le fait que vous ayez du mal à passer au-dessus. Vous êtes actuellement en plein processus de deuil dû à cet avortement. En plus de cela, il semblerait que votre conjoint ne vous ait pas réellement laissé la place pour vous exprimer. Vous avez dû taire vos émotions et votre vision de la chose, ce qui pèse énormément sur vous. En ce qui concerne votre compagnon, il serait important de pouvoir lui exprimer oralement ce que vous ressentez. Cette frustration, cette colère contre lui a besoin de sortir de votre esprit, car elle prend beaucoup de place et pèse sur vous. Si vous ne voulez pas directement aller à la confrontation, peut-être pourriez-vous écrire une lettre, qui lui est destinée, dans un premier temps. En ce qui concerne l'avortement, le mieux serait de consulter un.e psychologue afin de pouvoir avancer dans votre processus de deuil. Vous avez besoin d'avoir un espace pour exprimer tout ce que cette situation vous a fait ressentir. Vous semblez effectivement avoir des choses à dire, faire une thérapie vous permettrait de bien extérioriser tout ceci. Que vous vouliez ou non pardonner à votre compagnon est une chose mais l'important est de savoir où vous en êtes par rapport à votre choix. Vous êtes-vous pardonné à vous-même? Il est toujours douloureux de prendre ce chemin de l'avortement lorsque l'on veut être mère . Un soutien psychologique est important afin de vous permettre de faire le deuil. De plus, l'impact émotionnel que vous traversez est douloureux et semble remettre en question votre vie sentimentale. Je souhaite de retrouver de l'apaisement.
Colère et Culpabilité
Il vous faudra ensuite vous positionner face à cette violence subie, et cette colère envers votre conjoint : violence subie parce que votre avis/vie n 'a pas été prise en compte; porter la vie et aussi la mort; en sa propre chair; est parfois compliqué à comprendre pour un homme mais l impact sur vous est bien plus grand qu'un simple choix "oui/non", car la vie était déjà là en vous et il ne s agit pas d'un "clic" sur une question à choix binaire mais bien un acte que vous avez commis (sous la contrainte) et que vous portez en vous, ce qui induit de la culpabilité et de la colère; colère envers votre conjoint, mais colère envers vous même surtout. Votre souhait de le quitter émerge peut être de vos questionnements quant à sa capacité à vous respecter dans vos choix de vie, vous soutenir, vous accompagner dans les moments difficiles de la vie ? Vous pourrez dissiper vos doutes quant à la suite à donner à votre relation et prendre une décision qui soit juste une fois votre souffrance atténuée ou avec l'aide d'un thérapeute.
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Le Soutien Thérapeutique : Un Chemin vers l'Apaisement
Un soutient thérapeutique vous permettrait de ne plus vous sentir seule et si perdue dans cette épreuve…sur ce site il y a une myriade de thérapeutes et quelque soit notre spécialité, écouter, offrir du support est toujours notre premiere priorité. Offrez vous cette possibilité d'en parler et d'y voir plus clair afin de vous sortir de cette boucle negative et reprendre confiance dans ce que la vie vous reserve.
Le Rôle du Partenaire : Un Soutien Essentiel
Il est important de communiquer ouvertement avec lui et de parler de vos sentiments et de vos préoccupations. Il est également important de prendre soin de vous et de traiter vos propres émotions concernant l'avortement. Il est important de prendre le temps de réfléchir à vos propres besoins et à ce qui est le mieux pour vous dans cette situation. Si vous sentez que vous devez quitter votre partenaire, vous devez le faire pour votre propre bien-être et votre propre santé mentale.
Communication et Expression des Émotions
Vous avez besoin de mettre des mots sur tout cela et de raconter précisément tout ce que vous avez vécu. Votre colère contre lui est compréhensible : il vous a fait faire quelque chose que vous n'étiez pas prête à faire et qui est un acte très difficile à vivre physiquement et psychologiquement. Ce qui semble évident dans le récit que vous faites, c'est que plus vous vous écoutez plus vous serez satisfaite de votre vie. Vous êtes la seule à savoir ce qui est bon pour vous et ce dont vous avez besoin. Parfois on pense faire les choses par amour pour l'autre mais lui ne le vit pas comme ça et ne se rend pas compte de ce que cela vous fait vivre. Si vous vivez en fonction de ce que vous disent les autres, vous en sortirez toujours plus frustrée. Si vous vous écoutez et que vous faites ce qui vous semble juste pour vous, alors les autres vous respecteront et respecteront votre choix. Aujourd'hui, il est en effet important de vous faire accompagner, peut être seule dans un premier temps, pour pouvoir parler de votre ressentiment sans sa présence.
L'Importance de l'Accompagnement
Ce que j’entends souvent en consultation, c’est que la personne ne s’est pas sentie assez accompagnée, écoutée. Est-ce que le conjoint est venu le jour J ? Il y a des couples où la question ressort des années après, alors que la décision de pratiquer une IVG avait fait consensus. Parce que le souci c’est qu’elles ont eu le sentiment d’avoir vécu ça toute seule.“ Malheureusement, Noëmie et son compagnon n’ont pas réussi à se remettre, sur le long terme, de cet événement. “Il y a eu un climat de défiance mutuelle et une incompréhension sur nos besoins.
Comment Surmonter les Difficultés et Renforcer le Couple
Choisir d’interrompre une grossesse peut laisser des traces au sein du couple. Comme souvent, la clé pour se préserver est la communication. “Il faut pouvoir entendre les ressentis de l’autre, ses arguments, ses peurs, et oser exprimer ses propres ressentis, conseille Caroline Van Assche. Et ça, on ne peut le faire que quand on a suffisamment ce sentiment de sécurité dans le lien à l’autre.“ Consulter un.e thérapeute de couple, se rendre ensemble aux rendez-vous médicaux, peuvent être de bonnes solutions pour dialoguer. “Une personne tierce va permettre de faciliter la compréhension de l’un et de l’autre. Il est important enfin de remettre la décision dans une temporalité : si l’on ne veut pas d’un enfant à ce moment-là, pour X ou Y raisons, cela ne veut pas forcément dire qu’on n’en voudra jamais. Après son intervention, Claire a traversé une “période d’après choc“. Cependant, elle considère aujourd’hui que cet épisode les a rapprochés. “Il avait été très présent le jour où j’ai expulsé le ‘sac de grossesse’ et on a vécu une période de grande tendresse, sans sexualité, avec beaucoup de mots doux et de communication autour de ‘tu te rends compte, on aurait pu avoir un enfant’. On ressentait un peu de vertige tous les deux.“ Lorsque nous réalisons l’interview, Claire précise qu’il aurait été prévu qu’elle accouche ces jours-ci si elle avait maintenu sa grossesse. “On y a pensé tous les deux, ça a été l'occasion d’en rediscuter. A posteriori je pense que ça a renforcé notre couple : même si nous n’étions pas d’accord, nous avons su prendre soin l’un de l’autre et nous écouter. Et quand je vois mon couple évoluer aujourd’hui, je me dis qu’on a pris la bonne décision.
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Communication Ouverte et Honnête
Il faut pouvoir entendre les ressentis de l’autre, ses arguments, ses peurs, et oser exprimer ses propres ressentis. Et ça, on ne peut le faire que quand on a suffisamment ce sentiment de sécurité dans le lien à l’autre.
Soutien Mutuel et Empathie
Même si nous n’étions pas d’accord, nous avons su prendre soin l’un de l’autre et nous écouter.
L'Aide Professionnelle : Un Atout Précieux
Consulter un.e thérapeute de couple, se rendre ensemble aux rendez-vous médicaux, peuvent être de bonnes solutions pour dialoguer. “Une personne tierce va permettre de faciliter la compréhension de l’un et de l’autre.
L'Avortement en France : Aspects Légaux et Accompagnement Médical
Malgré les avancées, l'avortement est encore tabou en France. Preuve en est : il y a encore des manifestations et de nombreuses associations de pro-vie qui essayent de persuader les femmes du drame que serait l'IVG. L'IVG doit être fait dans la dignité. Mais les délais d'attente entre le premier rendez-vous et le jour de l'expulsion peuvent être assez longs. En plus de la potentielle souffrance physique, s'ajoute la souffrance psychologique provoquée par l'attente. «Vivre un avortement, c’est vivre une grossesse, avec tout ce que ça comporte au début. On subit les changements hormonaux, le fait de ne plus se reconnaître de l’intérieur. C’est très particulier comme état. On nous dit d’ailleurs souvent que les trois premiers mois de grossesses sont les plus éprouvants. Cette attente est généralement le moment où tout le monde y va de ses conseils sur la grossesse : «On a l’impression qu’on n’a plus le droit à l’intimité quand notre corps porte un embryon, il devient l’objet de la société. Pour toutes ces raisons et bien d'autres, les demandes d'interruption volontaire de grossesse devraient donc être considérées comme des urgences médicales.
Information et Accès à l'Avortement
«Je pense que globalement, on manque tous et toutes d'informations sur l'avortement. On en sait très peu sur la procédure et sur le fait qu’il existe deux types d'IVG : la médicamenteuse et celle par opération.
Accompagnement Psychologique Post-IVG
Après l’IVG les examens médicaux ont pour objectif de vérifier que la grossesse est bien interrompue. En plus de l’examen clinique qui peut être réalisé, si la consultation est en présentiel, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.
Parmi les idées reçues qui circulent autour de l’IVG, on retrouve fréquemment l’existence d’un syndrome post avortement. Pourtant, de nombreuses études scientifiques fiables ont montré que l’IVG n’est pas à l’origine de troubles psychologiques spécifiques. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.
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