Cet article explore la contraction de texte et l'essai, deux exercices cruciaux pour le baccalauréat de français, à travers des exemples corrigés et des conseils méthodologiques.

La Contraction de Texte : Un Art de Synthèse

La contraction de texte consiste à réécrire un texte de manière plus concise, en respectant un nombre de mots imposé, tout en conservant les informations essentielles. Cet exercice évalue la capacité du candidat à comprendre, analyser et reformuler un texte de façon synthétique.

Méthodologie de la Contraction de Texte

La méthode de contraction de texte se divise en deux phases : le travail au brouillon et la rédaction au propre.

Travail au Brouillon (1 heure)

  1. Lecture attentive du texte : Il est impératif de lire attentivement le texte original pour en saisir le sens global et les idées principales.
  2. Repérage des mots-clés : Identifier les mots et expressions clés qui structurent l'argumentation de l'auteur.
  3. Formulation de résumés concis : Élaborer des résumés courts pour chaque paragraphe ou section du texte, en utilisant ses propres mots. Il faut faire extrêmement attention à ne pas recopier les mots et les expressions du texte. Utiliser des synonymes. Remplacer les périphrases par un terme précis. Employer le mot juste. Remplacer une énumération par un seul terme ou un champ lexical. Ne pas reprendre les exemples illustratifs dans ta contraction (c’est-à-dire les exemples qui illustrent un argument). Éviter les phrases complexes.
  4. Identification de la thèse : Déterminer la thèse défendue par l'auteur, surtout si le texte est argumentatif. Il faut entourer les connecteurs logiques dans le texte (car, c’est pourquoi, donc, ainsi, parce que, or…). Il faut étudier la structure du texte et se demander si il contient-il plusieurs paragraphes et pourquoi.
  5. Analyse de la structure du texte : Identifier l'organisation du texte en paragraphes et les liens logiques entre les idées.

Rédaction au Propre (1 heure)

  1. Rédaction du résumé : Rédiger un résumé cohérent et fluide, en respectant le nombre de mots imposé.
  2. Fidélité au texte : Rester fidèle à la pensée de l'auteur, en utilisant les mêmes pronoms personnels et temps verbaux. Rester neutre et objectif. Bref, un seul mot d’ordre : sois fidèle au texte. Attention ! Or on te demande au contraire de te mettre à la place de l’auteur. Tout simplement parce que Victor Hugo emploie la première personne du pluriel dans son pamphlet (« Voyons : qu’ils donnent leurs raisons »).
  3. Comptage des mots : Compter les mots à la fin de la rédaction et ajuster si nécessaire. Ne pas « gruger » l’examinateur en lui annonçant le mauvais compte.
  4. Relecture : Relire attentivement le résumé pour corriger les erreurs de grammaire et d'orthographe.

Exemple de Contraction de Texte Corrigée

Texte à contracter (768 mots) : Jean de La Fontaine, Fables, livres VII à IX. Parcours : Imagination et pensée au XVIIe siècle. Texte d’après Janick Auberger : « Entre l’écrit et l’image, l’animal de fiction, un homme travesti ? », Contre-Jour, no 13, automne 2007.

L’animal fictif, le héros des fables, des contes et des recueils d’illustrations peut prendre divers aspects : par le zoomorphisme, un homme peut avoir des traits animaux, il peut être possédé par l’animal, réagir comme l’animal ; et par l’anthropomorphisme, un animal peut être humanisé, parler comme l’homme. Ce dernier cas de figure est connu depuis l’Antiquité et ne choque pas. Le zoomorphisme, lui, est beaucoup plus troublant. L’homme occidental accepte mal d’avoir de l’animal en lui, tant la religion que la philosophie ont largement concouru à lui interdire cette « déchéance ». Voyons l’un et l’autre, l’homme animalisé puis l’animal humanisé.

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Quand l’homme est complètement animalisé, il a pu être, dans la tradition, le résultat d’une métamorphose, le plus souvent punitive : Les Métamorphoses d’Ovide, ou celles de la mythologie grecque, voient souvent un être humain animalisé par une divinité jalouse (le chasseur Actéon transformé en cerf par Artémis, ou Arachné devenue araignée…). Évidemment, les auteurs jouent avec la métaphore : ce ne sont pas de vrais animaux, l’histoire naturelle et la réalité de l’animal n’y gagnent rien, mais les tendances de l’individu s’y voient travesties efficacement, permettant à l’homme de mieux se connaître…

Dans les contes pour enfants, la transformation est généralement achevée quand l’histoire commence, c’est le héros qui, depuis le début, est animalisé. Mais la métamorphose n’est heureusement pas définitive : le héros reprendra généralement sa morphologie humaine lorsqu’il aura triomphé de son apparence et aura gagné l’amour de son ou sa partenaire, comme La Belle et la Bête de Mme Leprince de Beaumont (1756). Mais ce passage de l’homme à l’animal n’est pas le plus facile à représenter. Il est plus difficile à accepter en tout cas que l’inverse, l’animal anthropomorphisé. Presque toujours, la métamorphose de l’homme devenu animal est une régression, une chute. Il est rare que le monde animal soit idéalisé. Les poètes se reconnaissent parfois en lui (Baudelaire dans « L’Albatros » ou dans « Le Chat »). Mais ce jugement est peu fréquent et il est ambigu : la femme-chatte de Baudelaire est dangereuse et volontiers fourbe, et l’Albatros est un prince incompris et déchu, un perdant. Plus sûrement, quand l’homme suit ses seules passions, il s’animalise.

L’anthropomorphisme est plus inoffensif que le zoomorphisme. Les animaux pensent, parlent comme des êtres humains, et tout leur comportement est un comportement humain. En fait, il semble bien que l’animal parle de l’homme et non de lui-même ; il n’est plus qu’un prête-nom, un prétexte à connaître l’humain. Les fables et les contes ont usé et abusé de ces animaux-prétextes, cachant sous la fiction une morale bien lisible. L’essentiel pour l’écrivain ou le fabuliste est de renvoyer au monde familier pour éclairer une pensée abstraite. Il est vrai que ces fictions se sont adressées d’abord aux adultes et continueront longtemps à le faire : les fabliaux du Moyen Âge en sont un bon exemple, le Roman de Renart également. Goupil, Ysengrin, Brun et les autres sont de merveilleux personnages dont les aventures peuvent faire rire un enfant, mais ils servent aussi à critiquer les mœurs et la société des hommes.

Les Fables de La Fontaine, inspirées d’Ésope et de Phèdre, avant d’être récupérées dans des éditions pour la jeunesse, étaient aussi une façon de critiquer le siècle de Louis XIV. Dans ces cas-là, il est clair que les animaux ne sont que prétextes, ils agissent comme des humains, mais avec plus de liberté d’action encore, puisque leur animalité leur permet de dépasser certaines limites que l’humain ne saurait franchir.

Le procédé qui consiste à passer par l’animal pour viser l’homme est un procédé de style qui apporte décalage et distanciation, légèreté et humour à une analyse qui, autrement, serait peut-être plus austère : une fable de La Fontaine paraît plus légère qu’un caractère de La Bruyère, et l’animal y est pour beaucoup, même si la morale est la même.

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L’écrivain, le conteur, le dessinateur, le cinéaste ont la liberté absolue de faire de l’animal absolument ce qu’ils veulent, à des fins ludiques, démonstratives ou esthétiques. L’animal est matériau pur de leur création, et au moins ils ne se cachent pas pour en jouer. Pour notre plus grand plaisir… Mais force est de constater que cela ne semble pas avoir changé le regard posé sur les rapports entre les hommes et les animaux.

Consignes : Vous résumerez ce texte en 192 mots. Une tolérance de +/- 10% est admise : votre travail comptera au moins 173 mots et au plus 211 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.

Contraction de texte corrigée (191 mots) :

La fiction littéraire ou la BD recourent souvent à l’animal par anthropomorphisme pour humaniser la bête ou par zoomorphisme qui animalise l’homme, mais la culture occidentale (religions et philosophie) refuse cet abaissement.

Dans l’Antiquité, la métamorphose de l’homme en bête résultait de la punition d’une divinité jalouse. Ce changement n’est (50 mots) qu’une apparence permettant à l’homme de mieux connaître sa nature profonde. Dans les contes, le héros redevient homme quand, malgré son aspect, il inspire de l’amour. Cette animalisation est toujours une faillite sauf chez quelques poètes comme Baudelaire, car elle est le signe d’un avilissement par les passions.

En revanche, (100 mots) l’humanisation de l’animal ne détériore pas l’image humaine : l’animal s’exprime, raisonne et se comporte comme un homme. Le récit animalier nous donne une leçon de sagesse : Il est adressé d’abord aux adultes en leur proposant une satire de la société comme dans les fabliaux médiévaux ou le Roman (150 mots) de Renart ou les Fables de La Fontaine. L’emploi de l’animal comme substitut donne plus de liberté aux propos ou aux comportements, plus d’agrément au récit.

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L’artiste joue de cet habillage bestial pour amuser, enseigner, émerveiller, mais cette fiction n’a pas modifié notre relation au monde animal.

Nombre de mots : 191.

L'Essai : Développer une Réflexion Personnelle

L'essai est un exercice d'écriture qui consiste à développer une réflexion personnelle et argumentée sur un sujet donné. Il évalue la capacité du candidat à mobiliser des connaissances, à structurer sa pensée et à exprimer ses idées de manière claire et convaincante.

Méthodologie de l'Essai

  1. Analyse du sujet : Comprendre les enjeux du sujet et les questions qu'il soulève.
  2. Formulation d'une problématique : Définir une question centrale à laquelle l'essai tentera de répondre.
  3. Recherche d'arguments : Identifier des arguments pertinents et des exemples concrets pour étayer sa thèse.
  4. Élaboration d'un plan : Organiser les arguments de manière logique et cohérente, en prévoyant une introduction, un développement et une conclusion.
  5. Rédaction de l'essai : Développer chaque argument de manière précise et nuancée, en utilisant un style clair et rigoureux.
  6. Relecture et correction : Relire attentivement l'essai pour corriger les erreurs de grammaire, d'orthographe et de syntaxe.

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