La sécurité incendie est un enjeu majeur pour tout type de construction, que ce soient des Établissements Recevant du Public (ERP), des immeubles d’habitation ou des locaux professionnels. Parmi les dispositifs de sécurité incendie, les portes coupe-feu jouent un rôle essentiel. Elles sont conçues pour ralentir la propagation des flammes et des gaz chauds lors d’un sinistre.
Définition d'une Porte Coupe-Feu
Une porte coupe-feu est un dispositif de sécurité spécialement conçu pour résister au feu pendant une durée déterminée. Leur qualité se mesure à travers plusieurs critères de performances techniques qui déterminent sa capacité à résister efficacement lors d’un incendie. Pour garantir leur efficacité en cas d’incendie, les portes coupe-feu doivent impérativement respecter des exigences strictes.
Normes et Réglementations
La réglementation relative à la sécurité incendie de l'habitat et des Établissements Recevant du Public (ERP) émet différents niveaux d’exigences en fonction du bâtiment à protéger. Ainsi, habitat privé et établissements recevant du public ne sont pas soumis aux mêmes obligations.
Plusieurs normes encadrent la fabrication et l'installation des portes coupe-feu, notamment :
- Norme NF EN 1154/A1: Créée en février 1997 et modifiée en juin 2003, cette norme occupe une place centrale dans la réglementation. Elle concerne spécifiquement les ferme-portes montés sur les vantaux des portes coupe-feu. Pour s’assurer qu’elle respecte la réglementation en vigueur, il est essentiel de savoir décrypter les marquages de produits.
- Norme européenne 13501-2: Appliquée depuis 2004, elle encadre en Europe le classement des équipements soumis au feu. Elle demande une validation de la stabilité au feu (SF), l’effet pare flamme (PF) et la protection coupe-feu (CF). Les euroclasses R, E et I remplacent les classes SF, PF et CF, mais celles-ci sont encore régulièrement mentionnées. Aujourd'hui, en France, la classe REI 120 est la plus élevée et recommandée.
- Arrêté du 22 mars 2004: Cet arrêté fixe les méthodes et les conditions d’évaluation des performances de résistance au feu.
Classes de Résistance au Feu
La réglementation française distingue différentes classes de portes coupe-feu selon leur degré de résistance au feu. Elles sont classées selon leur capacité à résister aux flammes pendant une durée déterminée. La désignation PCF (Porte Coupe-Feu) est suivie d’un chiffre qui indique cette durée en minutes. Le choix de la classe appropriée dépend de plusieurs facteurs, notamment le type de bâtiment, sa destination et le niveau de risque.
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La résistance au feu est évaluée selon plusieurs critères :
- R (Résistance mécanique): La capacité de résister à une exposition au feu dans des conditions mécaniques spécifiées sans perte de stabilité.
- E (Étanchéité): La capacité d'un composant ayant une fonction de cloisonnement à résister à la pénétration du feu du côté non enflammé.
- I (Isolation thermique): La capacité d'empêcher le transfert de chaleur lors d'une exposition unilatérale au feu dans la mesure où aucune surface ou matériau n'est enflammé du côté non enflammé (ΔT <180 K).
Ces critères sont combinés pour définir la classification REI, suivie d'un chiffre indiquant la durée de résistance en minutes (ex: REI 120).
Installation et Maintenance
Pour assurer leur bon fonctionnement en cas d’incendie, les portes coupe-feu doivent faire l’objet d’une maintenance régulière. Selon l'arrêté du 31 janvier 1986, non seulement des équipements anti-incendie sont obligatoires, mais leur entretien annuel aussi. Ces vérifications doivent alors être consignées sur un registre de sécurité, tenu par le syndic.
De nombreuses exigences doivent être respectées lors de l’installation de portes coupe-feu, afin de garantir une bonne protection contre l’incendie. GEZE assemble et documente de manière fiable les solutions de protection contre l’incendie. Les portes coupe-feu doivent faire l’objet d’un entretien à intervalles réguliers. En Europe, les portes coupe-feu ne peuvent généralement être contrôlées que par des techniciens compétents habilités. L’entretien et la maintenance réguliers par des personnes qualifiées sont essentiels pour assurer le bon fonctionnement et la longévité des portes coupe-feu.
Autres Mesures de Sécurité Incendie
Afin de limiter la propagation du feu lors d’un incendie dans un bâtiment, il est possible d’installer un certain nombre d’équipements qui permettra aux résidents de réagir vite. C’est principalement dans les immeubles, les entreprises, les collectivités, les centres commerciaux et tout bâtiment accueillant un grand nombre de personnes que ces équipements sont les plus installés. En principe, les risques incendies sont moins importants dans une maison individuelle. Toutefois, tous ces équipements peuvent être utiles afin de limiter les dégâts.
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Parmi ces équipements, on peut citer :
- Détecteurs de fumée: Leur rôle est d’alerter les résidents d’un départ de feu. La nuit, quand tout le monde dort, un détecteur de fumée peut ainsi sauver des vies. Depuis la loi Morange de 2016, tout logement doit être équipé d’un détecteur de fumée.
- Extincteurs: Leur rôle est de réduire la propagation du feu. Pour pouvoir être utile en cas d’incendie, il est important que l’extincteur soit placé au bon endroit.
- Murs et Plafonds Coupe-Feu: Pour protéger un bâtiment contre la propagation du feu en cas d’incendie, il est possible d’installer un mur coupe-feu. Les matériaux choisis pour la conception du mur permettent ainsi de faire gagner du temps aux habitants en attendant l’arrivée des pompiers. Pour limiter la propagation du feu, il est possible d’installer un plafond coupe-feu.
- Télésurveillance anti-incendie : La télésurveillance anti-incendie se compose de capteurs de chaleur et de capteur de fumées qui permettent, en cas d’alerte, à une société de surveillance de vérifier via la vidéo si un incendie s’est bel et bien déclenché. Un contrat de télésurveillance doit être signé.
La Prévention des Risques d'Incendie
La prise en compte du risque incendie s'inscrit dans la démarche globale de la prévention des risques aboutissant notamment à la rédaction du document unique. En France, le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) permet de transcrire les résultats de la démarche de prévention des risques professionnels pour les travailleurs d’une structure et de la pérenniser. 1. L'évaluation du risque d'incendie doit être réalisée par une personne compétente. Tous les facteurs pertinents pour l’émergence, la propagation et l’impact d’un incendie doivent être pris en compte. Les dangers pour les employés ou autres personnes résultent notamment de la fumée, d'autres produits toxiques (résultant d'incendies), de la chaleur et de la défaillance de composants. Des activités sont-elles menées avec des substances combustibles ou oxydantes ? Ou des substances inflammables ou oxydantes peuvent-elles être générées ou libérées pendant ces activités ?Existe-t-il une possibilité de substitution de substances dangereuses ou de modification du processus de traitement, ce qui minimiserait les risques ?À quels endroits, en quelles quantités et dans quel état se trouvent les substances dangereuses inflammables ou oxydantes ?Quelles sont les propriétés des substances dangereuses, quel est le risque d’incendie et quels autres produits pourraient être impactés suite à l'incendie des premières ?Notre conseil : consultez les fiches de données de sécurité. Celles-ci contiennent des informations importantes du fournisseur en matière de sécurité concernant les substances respectives. Lors de l'évaluation, il faut prendre en compte le fait que les paramètres de test peuvent différer en fonction de la méthode de test.Quelles sont les propriétés physico-chimiques et les paramètres de sécurité des substances inflammables ?ex. pour les solides / poussières : température minimale d'inflammation d'une couche de poussière (température de combustion lente), point de combustion, température d'auto-inflammation, point de combustion, température d'inflammationex. pour les liquides : point d'éclair, point d'inflammation, température d'inflammationex. Quelle est l'influence des équipements, machines ou installations ainsi que de leur fonctionnement ?Comment les conditions structurelles, locales et opérationnelles ainsi que les conditions de travail, l'organisation et l'environnement affectent-ils le risque d'incendie ?Y a-t-il des interactions possibles ?Comment évaluer le risque d’incendie en tenant compte de diverses conditions de fonctionnement ?Celles-ci comprennent : l’utilisation normale, la mise en service et le déclassement d’équipements ou d’équipements de travail, les pannes, une mauvaise utilisation prévisible.Existe-t-il des conditions d’exploitation nécessitant des mesures distinctes ?Quelles personnes sont attendues sur place et en quel nombre ?Est-ce que des conditions de travail spéciales (par exemple, des issues de secours longues ou gênantes ou des échafaudages) doivent être prises en compte ?À quelle vitesse les pompiers peuvent-ils être sur place et de quel équipement disposent-t-ils ?Comment évaluer les conditions physiques annexes ?ex. Quelles sont les exigences de la réglementation concernant la construction en matière de protection anti-incendie préventive et défensive ?ex : arrêté du 24 septembre 2020 pour le stockage de substances inflammables, classification REI 120Les exigences sont-elles déjà connues dans les rapports précédents ?ex. 2. La nécessité de prendre des mesures spéciales de protection coupe-feu dépend en grande partie du niveau de risque d'incendie. On distingue entre le risque d’incendie normal, le risque accru et le risque élevé. En cas de risque normal d'incendie, des mesures de protection spéciales peuvent être supprimées. Il n'est pas non plus nécessaire de disposer d'une documentation détaillée. Tout ce qui dépasse un risque d'incendie normal déclenche des mesures de protection spéciales. Un risque d'incendie normal correspond à un "risque faible". 3. En cas de risque d'incendie accru ou élevé, des mesures allant au-delà du "cas normal" et des obligations de base générales doivent être appliquées. Il faut d'abord examiner si l'utilisation de substances inflammables ou oxydantes peut être empêchée ou minimisée. Si le remplacement n'est pas possible, le risque d'incendie doit être limité par des mesures de protection appropriées, de manière à garantir la protection des employés et des autres personnes. Par exemple, lors de la planification d’un local pour produits dangereux, prenez en compte les aspects suivants (remarque : les mesures mentionnées en cas de risque d'incendie accru ou élevé se renforcent en partie. Utilisation de dispositifs de mesure, de commande et de réglage, par ex. Respecter les exigences au matériel par ex. Mesures opérationnelles de lutte contre les incendies (p.ex. Fourniture équipement spécial, par ex. 4. Dans le cadre de l'évaluation des risques, il faut également vérifier l'efficacité des mesures de protection. Comme cela est difficile en pratique avant qu'un incendie ne se produise, une évaluation théorique doit être utilisée. Les mesures de protection retenues doivent être examinées pour voir si elles peuvent individuellement ou en combinaison mener au succès souhaité - mais également pour étudier les interactions négatives possibles. En cas de changements de procédures ou d'autres changements pertinents, l'évaluation des risques doit être mise à jour et, si nécessaire, les mesures de protection contre l'incendie doivent être ajustées. Les mesures techniques de protection doivent également être soumises à des tests fonctionnels réguliers. Le document unique doit être mis à jour au minimum une fois par an et lors de tout changement de situation. Il doit également être revu après chaque accident du travail. Les résultats de l'évaluation des risques et des tests fonctionnels réguliers doivent être documentés sous une forme appropriée. L'Institut National de Recherche et de Sécurité propose un résumé des dispositions à prendre pour une prévention des incendies sur les lieux de travail. En particulier en ce qui concerne la protection contre l'incendie lors du stockage de produits dangereux, il convient de prendre en compte les risques particuliers que présentent ces substances.
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