L'allaitement maternel est un sujet qui suscite de nombreuses interrogations et opinions, en particulier lorsqu'il s'agit de l'allaitement non écourté, c'est-à-dire au-delà de la première année de l'enfant. Cette pratique, bien que naturelle et bénéfique, est souvent perçue comme inhabituelle, voire étrange, dans de nombreuses sociétés occidentales. Cet article vise à explorer en profondeur l'allaitement non écourté, en s'appuyant sur des avis éclairés et des expériences personnelles, afin de changer les perceptions et d'aider les mères à faire des choix éclairés.

Introduction : Allaiter au-delà des normes

Allaiter après un an est souvent considéré comme inutile, et allaiter un bambin de deux ans est le plus souvent (et tristement) vu comme un événement étrange et dérangeant. Pourtant, l'allaitement non écourté est une pratique naturelle qui offre de nombreux avantages pour la santé de l'enfant et de la mère. Il est essentiel de remettre en question les normes sociales et de se concentrer sur les bienfaits réels de l'allaitement prolongé.

L'allaitement non écourté n'est pas la norme

Il est compréhensible que l'allaitement non écourté puisse surprendre, car il reste inhabituel dans de nombreuses cultures. Dans notre société, les bébés qui parlent et marchent boivent du lait au biberon, tandis que les enfants de deux ans tètent leur pouce ou leur tétine pour s'apaiser, rarement le sein de leur mère. Cette absence de visibilité médiatique contribue à alimenter la curiosité, les questions et parfois le malaise.

Pourtant, dans d'autres parties du monde, comme au Japon ou en Suède, l'allaitement non écourté est la norme et passe inaperçu. En Angleterre, le NHS (service de santé publique anglais) recommande un allaitement d'au moins deux ans, ce qui témoigne d'une approche plus ancrée dans les mœurs.

Loin de l'idée de créer un débat, l'objectif est de partager des informations sur un sujet peu abordé, afin d'aider les mères qui souhaitent un sevrage naturel de leur enfant. Malgré les regards et les remarques parfois blessantes, il est important de se sentir en accord avec soi-même et avec son enfant, car l'allaitement est une expérience merveilleuse, magique et sacrée.

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Les Peurs et les Préjugés Liés à l'Allaitement Non Écourté

De nombreuses peurs et idées fausses circulent au sujet de l'allaitement non écourté. Il est essentiel de les déconstruire pour permettre aux mères de prendre des décisions éclairées et sereines.

Un bébé qui tète ne fait pas ses nuits

Il est souvent avancé qu'un bébé allaité ne fera pas ses nuits. Cependant, l'expérience montre que ce n'est pas une fatalité. Dès les premiers jours de son enfant, il est possible de faire les choses de façon instinctive, en écoutant son corps et ses besoins. Dormir avec son bébé, le porter et l'endormir au sein ne sont pas des "mauvaises habitudes", mais des réponses naturelles aux besoins de l'enfant.

Même si l'enfant s'endort au sein, il peut dormir seul dans sa chambre et faire ses nuits. L'allaitement n'est pas un obstacle au sommeil, mais plutôt un moyen de réconforter et d'apaiser l'enfant, facilitant ainsi son endormissement et son sommeil.

Bébé sera trop dépendant de sa maman

Une autre crainte fréquente est que l'allaitement prolongé rende l'enfant trop dépendant de sa mère. Cependant, il est important de se demander pourquoi pousser les bébés à être indépendants si tôt. Ils ont toute la vie pour être autonomes et ne plus avoir besoin de leur maman. Il est essentiel d'apporter tout le réconfort possible à l'enfant, car c'est ainsi qu'on le sécurise et qu'on lui offre toute l'indépendance dont il aura besoin dans sa vie d'adulte.

L'allaitement n'empêche pas l'enfant d'être épanoui, dégourdi et sociable. Au contraire, il lui apporte la sécurité affective dont il a besoin pour explorer le monde et développer son autonomie.

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Bébé ne saura pas s'apaiser seul

Il est également avancé que l'enfant allaité ne saura pas s'apaiser seul. Cependant, l'enfant évolue naturellement dans son rapport à la tétée en grandissant. Il peut commencer à refuser le sein lorsqu'il a un chagrin ou après une chute, et apprendre à se consoler autrement, par un câlin ou une parole de réconfort.

Il est important de laisser l'enfant choisir et d'être complètement autonome dans sa relation à la tétée. Il n'est pas nécessaire de forcer les choses, mais plutôt d'accompagner l'enfant dans son développement et de répondre à ses besoins de réconfort et d'apaisement.

Les Bienfaits de l'Allaitement Non Écourté : Pourquoi Continuer ?

L'allaitement non écourté offre de nombreux avantages pour la santé de l'enfant et de la mère, ainsi que des aspects pratiques et émotionnels importants.

Parce que cela parait naturel

L'allaitement est avant tout une question de ressenti et d'instinct. Lorsque l'on décide d'allaiter son enfant, on se dit souvent "je vais essayer". Puis, lorsque le bébé naît, le discours change et l'on devient catégorique : on souhaite allaiter et on va allaiter son enfant.

Malgré les difficultés initiales, l'allaitement exclusif pendant les six premiers mois passe très vite, et l'on a envie de continuer. Parce qu'on adore allaiter son enfant, et qu'il adore aussi ! L'allaitement est un réel plaisir, un moment privilégié avec son enfant que l'on chérit. Il est simple, sain et normal.

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Continuer à allaiter son enfant paraît tellement naturel que décider d'arrêter serait contre nature. Pourquoi vouloir enlever à son enfant une source de réconfort, de bien-être et de santé alors que cela convient à toutes les deux ?

Parce que c'est bon pour la santé

Peu de gens le savent, mais l'OMS recommande d'allaiter exclusivement jusqu'à six mois et au moins jusqu'à deux ans en complément de la nourriture. L'allaitement réduit les risques de cancer chez la mère et l'enfant, et plus l'allaitement est long, plus ces risques diminuent.

L'allaitement non écourté offre une protection continue contre les infections, les allergies et les maladies chroniques. Il favorise également le développement cognitif et émotionnel de l'enfant.

Parce que c'est la norme

Même si cela n'est pas la norme dans de nombreux pays européens, l'allaitement non écourté est la norme dans de nombreux pays du monde et c'est la norme de notre espèce. Le sevrage naturel d'un enfant se situe entre deux ans et demi et sept ans. Un enfant dont on n'induit pas le sevrage ne cessera donc naturellement pas de téter avant deux ans et demi et pourra téter jusqu'à ses sept ans, âge de la fin des dents de lait.

Parce que c'est pratique

L'allaitement évite d'avoir à préparer des biberons, les laver, penser à prendre la poudre, etc. C'est super pratique parce qu'on a le lait partout où on va ! En balade, en voyage, on n'a pas à réfléchir ou à anticiper.

Il en est de même pour l'apaisement. Certaines pourraient trouver cela contraignant, mais c'est tellement pratique de pouvoir apaiser son enfant facilement lorsqu'il en a besoin ! Bien sûr, en grandissant, l'enfant s'apaise aussi autrement, mais il y a des moments où le sein est salvateur (déménagement, maladie, etc.) et où l'enfant peut y trouver le réconfort dont il a besoin.

Parce que c'est un formidable médicament

Le lait maternel est un véritable médicament naturel pour l'enfant. Lors de maladies, il apporte les nutriments et les anticorps nécessaires pour lutter contre l'infection et favoriser la guérison. Il est rassurant de voir son bébé se rassurer, s'apaiser et se nourrir à volonté au sein lorsqu'il est malade.

Le lait maternel peut également être utilisé pour soulager les petits maux du quotidien, comme les rougeurs ou les rhumes.

Comment Se Passe l'Allaitement d'un Bébé de Plus d'un An ?

Le rythme des tétées évolue considérablement entre un an et deux ans. Il est important de s'adapter aux besoins de l'enfant et de ne pas se fixer de règles strictes.

L'évolution du rythme des tétées

De 12 à 18 mois, le rythme des tétées de jour est moins intense, car l'enfant découvre son environnement et est moins intéressé par le sein. Il tète environ trois à quatre fois par jour (au réveil, pour les siestes et au coucher). Par contre, la nuit, il tète encore très fréquemment, six à sept fois par nuit.

De 18 à 22 mois, l'enfant tète toujours trois à quatre fois par jour, en ajoutant une ou deux tétées supplémentaires (pas pour s'endormir) mais vraiment pour un câlin ou parfois une vraie collation. Il ralentit petit à petit la demande la nuit, pour passer à trois ou quatre tétées à 20 mois, puis deux tétées de 22 à 23 mois et demi.

Vers 22 mois, le pic de croissance des deux ans arrive, entraînant une augmentation du nombre de tétées. Certains jours, l'enfant tète de nouveau toutes les heures. Puis, après le pic, le rythme se stabilise progressivement.

À deux ans, l'enfant tète au lever, lors de sa sieste, et une ou deux fois pendant la journée en collation ou petit câlin, puis la tétée du coucher. Il ne tète plus du tout la nuit et dort toute la nuit sans se réveiller (sauf exceptions bien sûr, comme tous les enfants !).

L'évolution de la communication

Un bébé de 12 mois ne tète pas comme un bébé de 24 mois. À 12 mois, l'enfant réclame la tétée en signant "téter". Aujourd'hui, il demande tout simplement "téter". Et s'il veut dormir, il dit "Téter dodo".

À 12 mois, lorsque l'enfant a besoin de téter, il ne peut pas attendre. Aujourd'hui, à deux ans, il peut et sait patienter. Il est possible de lui demander d'attendre un peu si l'on est occupée ou si l'on est dans une situation où l'on n'a pas envie d'allaiter (par exemple dans les transports). On peut lui demander s'il a faim ou soif, ou s'il veut juste un câlin.

À 12 mois, les tétées sont sportives, car l'enfant bouge dans tous les sens et repart parfois vaquer à ses occupations en oubliant de lâcher le sein. À deux ans, c'est beaucoup plus cool ! Les tétées sont devenues des instants câlins remplis de douceur.

À deux ans, l'enfant commente les tétées ("hum bon tétée !"). Il demande aussi à changer de sein lui-même ("L'autre !").

Allaiter et Travailler : C'est Possible !

Allaiter en travaillant est tout à fait possible, même si cela demande de l'organisation et de l'adaptation.

Les solutions pour concilier allaitement et travail

Si l'on travaille à la maison, il est plus facile d'allaiter son enfant pendant la journée. Si l'on travaille à l'extérieur, il est possible de laisser son enfant à la crèche ou chez la nounou la journée et d'allaiter le matin et le soir. Apparemment, les enfants profitent ensuite à fond du week-end pour téter plus !

De nombreuses mamans partagent leur expérience et montrent qu'il est tout à fait possible de concilier allaitement et travail, en s'organisant et en adaptant son rythme de vie.

Les Difficultés et les Doutes : Comment les Surmonter ?

L'allaitement, même non écourté, peut être source de fatigue, de doutes et de difficultés. Il est important de ne pas rester isolée et de chercher du soutien auprès d'autres mamans ou de professionnels de l'allaitement.

La fatigue et les doutes

Il est normal d'avoir des moments de doute et de fatigue, surtout au début de l'allaitement. Il est important de ne pas culpabiliser et de se rappeler pourquoi l'on a choisi d'allaiter son enfant.

Il est également important de prendre soin de soi, de se reposer et de se faire aider par son conjoint, sa famille ou ses amis.

Le regard des autres

Le regard des autres peut être pesant et blessant, surtout lorsque l'on pratique l'allaitement non écourté. Il est important de se rappeler que l'on fait ce qui est le mieux pour son enfant et pour soi-même, et de ne pas se laisser influencer par les opinions des autres.

Il est possible de répondre aux questions et aux remarques avec un sourire ou d'éviter le regard. L'important, c'est la relation avec son enfant, qui est si précieuse, bien plus que ce que pensent les gens.

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