L'allaitement maternel est une expérience précieuse, tant pour la mère que pour l'enfant. Cependant, les couples confrontés à des problèmes de fertilité peuvent s'interroger sur la compatibilité entre l'allaitement et les traitements de procréation médicalement assistée (PMA) tels que la fécondation in vitro (FIV) ou l'insémination artificielle (IAC). Cet article explore les questions soulevées par cette combinaison, en s'appuyant sur des témoignages et des informations médicales.
Allaitement et traitements de stimulation ovarienne
De nombreuses femmes allaitantes se demandent si les traitements de stimulation ovarienne, nécessaires à la FIV ou à l'IAC, sont compatibles avec l'allaitement. Ces traitements impliquent souvent la prise de médicaments tels que le Puregon, l'Ovitrelle, le Clomid, ou encore le Duphaston.
Puregon et Ovitrelle
Le Puregon contient de l'hormone folliculo-stimulante (FSH), tandis que l'Ovitrelle contient de la béta-HCG artificielle. Ces deux médicaments sont administrés par injection. Selon les informations disponibles, ce sont de grosses molécules, et il est improbable qu'elles puissent passer dans le lait maternel. De plus, elles seraient de toute façon digérées par le bébé, car elles sont utilisées uniquement en injections et n'ont pas de biodisponibilité orale. Par conséquent, ces produits sont généralement considérés comme compatibles avec l'allaitement.
Duphaston
Le Duphaston® est un progestatif (une hormone) utilisé par voie orale. Il n'y a pas de contre-indication formelle à son utilisation pendant l'allaitement, bien qu'une baisse éventuelle de la lactation soit possible. Il est utilisé notamment dans les troubles liés à une insuffisance lutéale et l’endométriose.
Décapeptyl et Pergoveris
Le Décapeptyl® (triptoréline) est un décapeptide de synthèse administré par voie sous-cutanée ou intramusculaire. Le Pergoveris est un autre médicament utilisé dans les protocoles de FIV. Bien qu'il n'existe aucune donnée sur leur éventuelle excrétion lactée, ce sont de grosses molécules avec une biodisponibilité orale nulle. Ils peuvent être utilisés pendant l’allaitement. Un impact sur la production lactée est possible (une étude portant sur des hommes a constaté une augmentation du taux de prolactine suite au traitement).
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Pourquoi les notices indiquent-elles une incompatibilité ?
Malgré ces informations rassurantes, les notices de ces produits indiquent souvent qu'ils ne doivent pas être utilisés en cas d'allaitement. Cela s'explique par le fait que les fabricants de médicaments doivent réaliser des études spécifiques et consulter la littérature internationale pour pouvoir affirmer une compatibilité. En l'absence de ces données, ils préfèrent indiquer une contre-indication par précaution.
La biodisponibilité est un facteur essentiel à prendre en compte. Elle représente la quantité de substance ingérée qui atteint la circulation générale. Un produit excrété dans le lait mais dont la biodisponibilité orale est faible a peu de risque d'atteindre le compartiment sanguin du bébé, car il sera détruit dans son tube digestif ou au niveau de son foie.
Allaitement et réussite de la FIV
Une autre question importante est de savoir si l'allaitement peut compromettre les chances de succès d'une FIV, notamment en empêchant la nidation de l'embryon. Certaines femmes se sont même senties "accusées" d'avoir échoué leur FIV en raison de leur obstination à allaiter.
Il est vrai que l'allaitement peut influencer l'équilibre hormonal de la mère, notamment en augmentant le taux de prolactine. Cependant, de nombreux témoignages et études suggèrent que l'allaitement n'est pas nécessairement incompatible avec la nidation.
Une étude a même montré que les mères qui allaitent encore lorsqu’elles se retrouvent enceintes peuvent poursuivre l’allaitement lorsqu’elles redeviennent enceintes. Le taux de fausse couche spontanée a été de 7,3% dans le groupe étudié, et de 8,4% dans le groupe témoin.
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Impact de la grossesse sur la lactation
Il est important de noter que la grossesse elle-même peut avoir un impact sur la lactation. Certaines femmes constatent une baisse de leur production de lait très rapidement, tandis que d'autres ont les seins tellement sensibles que les tétées deviennent pénibles. Certaines femmes ne rencontrent aucun problème, tandis que certains bébés sentent un changement de goût du lait.
Il est donc prudent de réfléchir à la manière de faire face à une éventuelle baisse de lactation, un détournement du sein ou un sevrage induit, non seulement pendant le traitement de FIV, mais aussi pendant la grossesse.
Le point de vue des professionnels de santé
Il est frappant de constater que peu de gynécologues semblent accepter de suivre un parcours de PMA chez une maman qui allaite. Certaines femmes préfèrent même ne pas informer leur centre de PMA qu'elles allaitent, de peur de se voir refuser le traitement ou de subir des pressions pour sevrer leur enfant.
Cette attitude peut s'expliquer par un manque d'information ou par une approche excessivement prudente. Il est important de souligner que chaque situation est unique et qu'une discussion ouverte et honnête avec les professionnels de santé est essentielle pour prendre les décisions les plus éclairées.
Témoignages et expériences personnelles
De nombreux témoignages de femmes ayant mené de front allaitement et PMA montrent qu'il est possible de concilier les deux. Certaines ont réussi à tomber enceintes et à mener leur grossesse à terme tout en continuant à allaiter, tandis que d'autres ont dû faire face à des difficultés et à des choix difficiles.
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Ces témoignages soulignent l'importance de l'écoute de son corps, de la communication avec son partenaire et les professionnels de santé, et de la flexibilité. Il n'y a pas de solution unique, et chaque femme doit trouver ce qui lui convient le mieux.
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