L'élection présidentielle suscite un vif intérêt quant aux orientations que prendra la France. Au cœur des débats, les questions de société, notamment celles liées à la famille, à la religion et à la parité, occupent une place prépondérante. Cet article vise à comparer les positions de plusieurs candidats sur des sujets sensibles tels que la GPA (Gestation Pour Autrui), la PMA (Procréation Médicalement Assistée), ainsi que leurs visions sur l'emploi, les impôts et l'éducation.

Emploi, Chômage et Retraite : Des Divergences sur les 35 Heures

La question du temps de travail est un point central des programmes des candidats. Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé et Bruno Le Maire se prononcent pour la suppression des 35 heures, laissant la possibilité aux entreprises de négocier avec leurs salariés à partir de quel seuil ils sont payés en heures supplémentaires.

  • Nicolas Sarkozy propose de porter le temps de travail à 37 heures hebdomadaires, payées 37 heures, tant dans le secteur public que privé.
  • Alain Juppé souhaite laisser deux ans aux entreprises pour négocier une durée comprise entre 35 et 39 heures, avec une durée par défaut de 39 heures au bout de deux ans.
  • François Fillon prône une négociation plus "libre", dans la limite des 48 heures posée par le droit européen.

La simplification des modalités de licenciement est également un objectif commun à la plupart des candidats, notamment François Fillon, Jean-François Copé, Alain Juppé, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy. Ils estiment que cela encouragerait les entreprises à embaucher davantage en CDI. Bruno Le Maire souhaite plafonner à 15 mois les condamnations judiciaires en cas de licenciement abusif, tandis que Nicolas Sarkozy propose de plafonner et d'établir un barème concernant les indemnités de licenciement.

Concernant les indemnités chômage, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet sont favorables à une dégressivité. François Fillon propose de plafonner ces indemnités à 75%, tandis qu'Alain Juppé souhaite une somme plancher de 870 euros. Jean-François Copé et Nathalie Kosciusko-Morizet souhaitent réduire la durée du versement de ces indemnités.

Le report de l'âge légal du départ à la retraite fait également consensus parmi Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet. Nicolas Sarkozy souhaite un passage à 63 ans en 2020 puis à 64 ans en 2025, tandis que les autres proposent un report progressif à 65 ans.

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Impôts et Budget : Des Choix Divergents

Les candidats divergent sur la question de la fiscalité. Alain Juppé, François Fillon et Jean-François Copé sont favorables à une augmentation de la TVA, tandis que Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy s'y opposent. Alain Juppé souhaite une TVA à 21%, François Fillon à 22% et Jean-François Copé à 23%.

La baisse de l'impôt sur le revenu (IR) est soutenue par Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et Jean-François Copé, mais François Fillon et Bruno Le Maire ne la considèrent pas comme une priorité. Nathalie Kosciusko-Morizet prône le remplacement de l'IR par une "flat taxe".

La suppression de l'ISF est envisagée par Alain Juppé, François Fillon, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy, tandis que Nathalie Kosciusko-Morizet souhaite le transformer en l'orientant uniquement sur le financement des entreprises.

Tous les candidats se prononcent pour une baisse des charges qui pèsent sur les sociétés et pour une réduction des dépenses publiques. La plupart souhaitent également tailler dans les effectifs de la fonction publique, avec des propositions allant de 250 000 à 500 000 suppressions de postes.

Famille, Religion et Parité : Des Valeurs en Débat

Les questions liées à la famille suscitent des débats passionnés. Sur la PMA pour les couples homosexuels, Jean-Frédéric Poisson, Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé et Bruno Le Maire s'y opposent, tandis que Nathalie Kosciusko-Morizet y est favorable. Nicolas Sarkozy ne s'est pas prononcé sur le sujet.

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Le mariage pour les couples homosexuels est accepté par Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, François Fillon, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et Bruno Le Maire, mais rejeté par Jean-Frédéric Poisson.

L'adoption pour les couples homosexuels divise également, avec une opposition de Jean-Frédéric Poisson et de François Fillon (contre l'adoption plénière), et un soutien de Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Jean-François Copé ne s'est pas prononcé sur le sujet.

Tous les candidats à la primaire sont contre la GPA.

Sur la question des allocations familiales, François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Frédéric Poisson souhaitent rétablir l'universalité, tandis que Nicolas Sarkozy ne s'est pas prononcé. Tous les candidats, à l'exception de Jean-Frédéric Poisson, sont pour le statu quo concernant l'avortement.

En matière de religion, les candidats proposent diverses mesures, allant de la taxation des produits halal pour financer l'islam de France (Nathalie Kosciusko-Morizet) à l'interdiction du voile à l'université (Nathalie Kosciusko-Morizet) et à la suppression du conseil français du culte musulman (Jean-Frédéric Poisson).

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Éducation : Autonomie et Sélection

Les candidats s'accordent sur la nécessité de réformer le système éducatif. Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Jean-Frédéric Poisson, François Fillon et Nathalie Kosciusko-Morizet sont favorables au collège unique, tandis que Jean-François Copé et Bruno Le Maire s'y opposent.

François Fillon et Alain Juppé souhaitent laisser les communes décider du sort de la réforme des rythmes scolaires, tandis que Bruno Le Maire, Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy s'y opposent.

La plupart des candidats souhaitent accorder plus d'autonomie aux collèges et lycées. Jean-François Copé va même jusqu'à proposer de les rendre totalement autonomes.

Les candidats proposent diverses mesures pour améliorer le système éducatif, telles que la création de conseils éducatifs d'établissements (Alain Juppé), la création d'un corps unique d'encadrement (Bruno Le Maire) et la mise en place de contrats d'objectifs entre établissements autonomes et rectorat (Jean-François Copé).

Concernant l'enseignement professionnel, François Fillon souhaite développer l'apprentissage dès 15 ans et à l'université, tandis que Nicolas Sarkozy veut généraliser l'apprentissage pour le bac professionnel.

L'autonomie des universités est soutenue par Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet. La sélection à l'entrée de l'université est envisagée par Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé, mais rejetée par Bruno Le Maire et Alain Juppé.

La suspension des allocations familiales aux parents d'élèves absentéistes est proposée par Alain Juppé, François Fillon et Nicolas Sarkozy.

Mariage pour tous : flou politique autour d'un sujet qui fâche

Les trois leaders ont eu du mal à appréhender le mariage pour tous. Faut-il l'abroger? Que faire des mariages et adoptions déjà confirmés? Nicolas Sarkozy, qui appelle à un grand débat au sein de sa famille politique, n'est toujours pas décidé. Interrogé à plusieurs reprises sur cette question depuis son retour, l'ancien chef de l'Etat s'est refusé à dire si oui ou non il reviendra sur la loi. François Fillon a, lui, tranché : en cas de retour de la droite au pouvoir, il souhaite restreindre les possibilités d'adoption par les couples homosexuels sans abroger pour autant le mariage. "Je ne crois pas qu'on reviendra sur les mariages des homosexuels, et je ne le souhaite pas", indique pour sa part Alain Juppé. Jeudi soir sur France 2, il a souhaité toutefois une clarification législative sur la PMA et la GPA.

Immigration : faut-il abolir l'espace Schengen?

C'est François Fillon qui a relancé le débat sur l'espace Schengen. L'ex-Premier ministre, reprenant l'un des thèmes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, a proposé un "Schengen II", qui permettrait à chaque Etat de se doter d'une politique migratoire plus ou moins stricte. Comme il défendait déjà cette idée il y a deux ans, Nicolas Sarkozy reprend logiquement cette proposition, la précisant dans le Figaro magazine : "Le principal défaut du traité de Schengen, c'est de supprimer les frontières entre les pays membres sans exiger au préalable une harmonisation des prestations sociales accordées aux immigrés." Alain Juppé? Sa position n'est pas si éloignée de celle, commune, de ses deux concurrents. S'il ne parle pas de "Schengen II", l'édile bordelais veut remettre la France "en situation de contrôler les frontières extérieures".

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