L'omniprésence des écrans dans nos vies, même dès le plus jeune âge, soulève des questions cruciales quant à l'impact sur le développement des enfants et des adolescents. Une exposition excessive peut avoir des conséquences significatives sur leur santé physique, mentale et sociale. Face à ce constat, le Président de la République a mis en place une Commission d'experts issus de la « société civile » afin d'évaluer les enjeux liés à l'exposition des enfants aux écrans et de formuler des recommandations adaptées. Le rapport de cette commission, intitulé « Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu », remis en avril 2024, propose une analyse approfondie de la problématique et des pistes d'action.

Un Cadre Sociétal Plus Large

La Commission a rendu sa copie le 18 avril, formulant 29 propositions qui dépassent la simple relation enfants-écrans. Il est apparu à ses membres que cette relation n'est qu'un aspect d'un débat sociétal beaucoup plus large : quelle place accordons-nous aux enfants et aux adolescents dans notre société ? L'étude de la Commission s'étendait bien au-delà de la sphère de l'Éducation nationale et, partant, nombre de propositions dépassent ce cadre.

Propositions Clés et Pratiques Professionnelles

Quelques propositions concernent néanmoins intégralement nos pratiques professionnelles : la proposition 16 suggère de "fixer un cadre strict d'utilisation pour Pronote et les ENT avec mise en place de paramétrages par défaut protecteurs des enfants" (page 106 du rapport). Il est donc essentiel de prendre en compte ces recommandations dans nos pratiques quotidiennes.

Effets Délétères de la Surexposition Numérique

Le rapport met en lumière les nombreux effets délétères de la surexposition numérique. Les conséquences physiques sont bien documentées : l’usage excessif d’écrans dégrade la qualité et la quantité de sommeil, diminue l’activité physique, favorise la prise de poids et peut entraîner des troubles visuels, comme la myopie. Chez les tout-petits, l’utilisation d’écrans perturbe aussi les moments d’interaction avec les adultes.

Sur le plan psychologique, les risques sont également majeurs. L'attention de l'enfant doit se construire dans l'interaction avec son environnement réel et avec les adultes qui prennent soin de lui.

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Recommandations par Tranche d'Âge

Afin de mieux encadrer l'utilisation des écrans, la Commission a formulé des recommandations spécifiques pour chaque tranche d'âge :

  • Avant 3 ans : pas d’écran, même en bruit de fond. L’attention de l’enfant doit se construire dans l’interaction avec son environnement réel et avec les adultes qui prennent soin de lui.
  • Entre 3 et 6 ans : l’usage des écrans doit rester exceptionnel, limité à des contenus de qualité éducative, toujours accompagné par un adulte et dans un cadre bien défini.
  • De 6 à 11 ans : les enfants peuvent progressivement utiliser des outils numériques, à condition que l’accompagnement parental soit renforcé. Les parents sont invités à fixer des règles d’usage, à rester vigilants sur le temps d’écran, les contenus visionnés et à encourager les pauses régulières.
  • A partir de 11 ans : les enfants pourraient être dotés d’un téléphone sans accès à internet, ce dernier jouant un rôle important dans l’exercice de l’autonomie.
  • Avant 13 ans : il est fortement déconseillé de confier un smartphone connecté à Internet à un enfant. Cela l’expose à des risques pour lesquels il n’a ni la maturité, ni les outils de régulation nécessaires.
  • Avant 15 ans : les enfants ne devraient pas avoir accès aux réseaux sociaux.

Mesures et Actions Concrètes

Plusieurs mesures concrètes ont été prises pour protéger les jeunes enfants :

  • Interdiction des écrans dans les lieux d’accueil de la petite enfance : Dans les lieux d’accueil de la petite enfance, l’usage des écrans est désormais interdit pour les enfants de moins de 3 ans, conformément à la charte de l’accueil du jeune enfant modifiée par arrêté ministériel le 02 juillet 2025. Cette mesure vise à garantir un environnement favorable au développement et à éviter l’installation précoce d’habitudes numériques.
  • Développement des compétences psychosociales : L’État agit aussi en amont, avec une stratégie fondée sur le développement des compétences psychosociales. Ces dernières permettent aux enfants et adolescents de mieux gérer leurs émotions, de résister à la pression sociale en ligne, et de faire preuve d’esprit critique face aux contenus numériques.
  • Sensibilisation à l'école : L’école est également un lieu de sensibilisation. Un programme de certification des compétences numériques a été généralisé à toutes les classes de 6e depuis 2024. Il inclut une sensibilisation dès le CM1 et la remise d’un "passeport internet" pour mieux comprendre les outils numériques et leurs risques.
  • Campagnes de communication : Des campagnes de communication, notamment autour des 1000 premiers jours, rappellent l’importance des interactions humaines pour le développement du jeune enfant et cherchent à faire prendre conscience aux parents du temps passé sur leurs écrans en présence de leurs jeunes enfants.

Ressources et Plateformes d'Information

Pour permettre aux familles de s’informer, de poser leurs questions et de trouver des repères fiables, le gouvernement a lancé en 2021 la plateforme jeprotegemonenfant.gouv.fr. Ce portail propose des fiches pratiques, des conseils adaptés à chaque âge et des outils concrets pour encadrer les usages numériques à la maison.

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