Introduction
Le cycle menstruel est un aspect fondamental de la vie des femmes, et son traitement varie considérablement à travers les cultures et les religions. En Islam, la question des menstruations est souvent abordée sous l'angle de la pureté rituelle, ce qui peut entraîner des restrictions et des tabous. Cet article vise à explorer les différentes perspectives sur le cycle menstruel en Islam, en examinant les interprétations traditionnelles, les arguments coraniques, et les réalités vécues par les femmes musulmanes.
La Notion d'Impureté et les Interdictions Rituelles
Traditionnellement, en Islam, la question de l’impureté est d’ordre général, mais du point de vue rituel, elle concerne particulièrement les femmes. Les notions de pureté et d’impureté sous-tendent celles de ḥalâl/ḥarâm et sont un calque du concept de pur/tahor et impur/tamé emprunté au judaïsme. Le sang, en particulier, est symboliquement intéressant : offert aux divinités, il est pur, mais s’écoulant de l’être humain, il est considéré comme impur. Cette vision pourrait être la subsistance d’anciennes craintes, le sang représentant la vie et sa perte évoquant la mort. Dans le cas des règles, l’impureté attribuée à ce sang repose sur une peur archaïque de ce phénomène cyclique inexpliqué.
La femme ayant ses menstruations est considérée comme étant dans un état d’impureté qui lui interdit principalement de prier, de jeûner, de toucher le Coran et de séjourner dans une mosquée. Ces restrictions sont similaires à celles que l’on retrouve dans le judaïsme. Il est ainsi institué une dysmétrie cultuelle entre l’homme et la femme, situation entérinée par ce propos bien connu : « la femme est en religion inférieure à l’homme du fait qu’elle ne prie ni ne jeûne durant ses règles ».
Ancrage Coranique: Pureté et Impureté
La question centrale est de savoir s’il existe réellement un ancrage coranique au concept islamique de pureté/ṭahâra et d’impureté/najâsa. Pour répondre à cette question, il est nécessaire d’examiner les versets mis en jeu par l’Islam afin d’étayer son propre système juridico-théologique.
Les Impuretés Matérielles
L’Islam se réfère au verset suivant : « Dis : Je ne trouve en ce qui m’a été révélé rien d’autre qui ne soit tabouisé/muḥarraman, quant à ce que tout mangeur mange, si ce n’est la bête trouvée morte, le sang répandu, la viande de porc - car, certes, c’est une infamie/rijs [d’en consommer] - De même est une abomination/fisq [de consommer ce qui est] sacrifié à un autre que Dieu. Quant à celui qui y a été contraint, sans transgresser ni exagérer, alors, certes, Dieu est Tout pardon et Tout miséricorde. », S6.V145. Du point de vue de l’analyse lexicale, les termes arabes rijs et fisq ne connotent pas la notion d’impureté. Rijs qualifie ce qui est sale, souillé, et au sens figuré l’infamie. Fisq signifie l’immoralité, l’abomination. Le qualificatif « rijs/infamie » ne s’applique pas à ces tabous alimentaires eux-mêmes, mais au fait de les transgresser. De même, ce n’est pas les bêtes immolées aux divinités qui sont une « abomination/fisq », mais le fait d’en consommer. Il n’y a donc pas en ce verset d’arguments scripturaires justifiant le statut d’impureté des catégories d’aliments tabous cités en ce verset comme en d’autres. En particulier, le sang animal n’y a pas été déclaré impur, et il ne s’agit donc pas de la raison justifiant l’interdiction de le consommer.
Lire aussi: Apaiser la douleur des coliques chez l'adulte
Concernant l’impureté du vin/khamr, le verset mis en référence est le suivant : « Ô croyants ! En vérité, le vin, la divination, les bétyles et les flèches sacrées ne sont qu’une infamie/rijs, œuvre du Shaytân, alors évitez-le/ijtanibû-hu ! Puissiez-vous ainsi connaître la réussite ! », S5.V90. Rien n’indique ici l’impureté du vin/khamr, et l’infamie/rijs mise en lien avec l’« œuvre du Shaytân » indique précisément la condamnation morale de tels comportements et habitudes.
Concernant l’impureté des excrétions, c’est à partir de l’interprétation forcée d’un verset que les juristes ont décrété par analogie que l’ensemble des excrétions humaines étaient impures, sauf le lait. Le verset en question est le suivant : « Ô vous qui croyez ! Lorsque vous vous apprêtez à prier, alors lavez-vous le visage et les mains jusqu’aux coudes et humectez-vous la tête et les pieds jusqu’aux chevilles. Et, après un rapport/junuban, nettoyez-vous/iṭṭahharû et, si vous êtes malades ou en voyage ou que l’un de vous revient du lieu d’aisance ou que vous ayez “caressé” femme, mais que vous ne trouviez point d’eau, alors ayez-en l’intention en recourant à un sol propre dont vous toucherez votre visage et vos mains. Dieu ne veut point vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire Sa grâce à votre égard ; puissiez-vous être reconnaissant ! », S5.V6. L’Exégèse a manipulé deux termes-clés : le mot junub et le verbe iṭṭahhara. Le nom junub est dérivé de la racine janaba qui signifie se mettre à l’écart, éloigner sur le coté, éviter, s’écarter. Logiquement, junub signifie donc côté, flanc, voisin proche, éloignement, retrait, rien qui étymologiquement n’est en rapport avec le sens que l’exégèse juridique lui a conféré : être en état d’impureté majeure légale ! Or, il suffit d’examiner le Coran pour vérifier que les nombreuses occurrences du verbe janaba, de ses dérivés et du terme junub sont toujours conformes au champ lexical que nous avons rappelé. Si l’on reste dans les limites véritables de la langue arabe préislamique, le syntagme coranique in kuntu junuban est un euphémisme signifiant mot à mot « quand vous êtes sur le coté, ou le flanc » et évoquant prudemment l’idée de s’être retiré à la fin d’un rapport sexuel et d’être alors couché sur le flanc.
Le verbe iṭṭahhara est la forme V de la racine ṭahara dont la signification première est éloigner, écarter, être propre, être non souillé, et qui au sens figuré seulement signifie se purifier moralement ou spirituellement, c’est-à-dire en se tenant éloigné de ce qui salit les comportements et l’âme. L’Exégèse a fortement investi la racine ṭahara et toutes ses dérivées afin de lui attribuer le sens de se purifier, être purifié au sens concret et légal lié à un processus de purification. Le Coran donne pour synonyme de la forme iṭṭahhara en S5.V6 le verbe ightasala en S4.V43 lequel signifie sans équivoque lexicale possible se laver avec application, se nettoyer. Ceci confirme donc que le verbe iṭṭahhara ne signifie pas pour le Coran se purifier ou, pire, « prendre un bain rituel », comme le risque ici la traduction standard, mais tout simplement se nettoyer.
Les sécrétions coïtales masculines et féminines ne sont donc pas selon le Coran impures, mais seulement des émissions qu’il faut laver pour être propre. Précisément, le lavage en question ne concerne que les parties génitales ou celles atteintes par les sécrétions sexuelles « après un rapport/junuban ». La notion de bain de purification rituelle/ghusl de tout le corps destiné à se purifier n’est donc pas coranique.
Les Impuretés Rituelles
Le verset principal est en rapport avec les règles et l’état d’impureté que l’on suppose alors aux femmes : « Et ils t’interrogent sur la menstruation des femmes. - Dis : « C’est un mal/adhâ. Éloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures/yaṭhurna. Quand elles se sont purifiées/taṭahharna, alors cohabitez avec elles suivant les prescriptions d’Allah car Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient. », S2.V222. L’Exégèse a interprété ce verset dans le sens que les menstrues sont impures et entraînent un état d’impureté nécessitant une purification. Pour ce faire, il a été à nouveau dévié le sens de la racine ṭahara/yathurna et de la forme V iṭṭahhara/taṭahharna.
Lire aussi: Comment refuser une assistante maternelle ?
Les Menstruations: Une Pause Imposée et ses Implications
Les menstrues peuvent entraîner l’arrêt de certains actes religieux, ce qui peut être confrontant pour certaines femmes. Cette pause imposée dans les obligations religieuses peut impacter le lien avec le Créateur. Passer de cinq prières par jour à zéro peut logiquement casser quelque chose. La baisse de foi est un sentiment d’éloignement entre le cœur et la religion, qui peut se manifester par une grande paresse, un manque de motivation dans les actes d’adoration, des doutes, etc.
Allah, dans sa grande miséricorde, a dispensé les femmes de la prière et du jeûne durant leur période menstruelle. Les règles peuvent être une période difficile physiquement et émotionnellement, où la discipline journalière est plus difficile. Ce n’est pas le moment où l’on a le plus envie de se lever à l’aube ou de se priver de nourriture. Allah ne punit pas, Il considère juste la femme dans sa féminité, dans son entièreté. Ce n’est pas qu’une question d’impureté, c’est une période où la femme a besoin d’une pause, et son Créateur le lui impose.
Stratégies pour Maintenir sa Foi Pendant les Menstruations
Il existe plusieurs manières de maintenir sa foi et sa connexion spirituelle pendant la période menstruelle :
- Le Dhikr: Réciter des formules de dhikr (ex: 100 fois subhanAllah, Allahu akbar, al hamdu lillah) à l’heure de chaque prière. On peut également pratiquer l’istighfar (le fait de dire astaghfiruLlah) à chaque moment de prière.
- La Lecture du Coran: Lire le Coran via son téléphone ou une tablette. On peut également l’écouter et en lire le tafsir.
- Les Invocations: Continuer à faire les invocations du matin et du soir, et invoquer pour ce qui tient à cœur et surtout pour la préservation de sa foi.
- L'Écoute de Conférences et Cours: Écouter une conférence ou un cours par jour sur le Tawhid, la biographie des prophètes ou encore l’explication des hadiths afin de rester connectée à son deen.
- La Méditation: Prendre du temps pour réfléchir sur la création d’Allah, sur sa miséricorde et sa sagesse, est une manière puissante de renforcer sa foi.
Diversité des Opinions Juridiques
Les oulémas ont divergé concernant la durée maximum des menstrues de la femme. Certaines femmes peuvent avoir des périodes plus longues que d’autres. Pour d’autres, aucune durée n’est estimée. La fin des menstrues sera considérée au moment de la pureté de celles-ci. La pureté se caractérise par un liquide épais et blanchâtre, dénué de sang ou de tâches.
De la menstruation découlent de nombreux règlements présents dans le Coran et la Sounnah. Les savants ont divergé quant au fait de préciser leur durée minimale ou maximale. Mais il n’y a pas de textes qui établissent de manière formelle ce point.
Lire aussi: vérifier le cœur de bébé
Distinguer les Menstruations des Saignements Anormaux
Il existe également des saignements extraordinaires indépendants du sang des règles. Il diffère de la menstruation. De ce fait, s’applique sur eux un règlement différent de celui de la menstruation. Ces caractéristiques permettent de distinguer le sang des règles du reste des saignements. La purification de la femme musulmane dépend notamment de ces caractéristiques puisqu’elles permettent de définir si elle doit faire son ghusl (grande ablution) ou pas.
La menstruation fait partie des éléments incompatibles avec la pratique de la prière, contrairement aux saignements inhabituels. Cependant, la femme sujette à ces saignements doit prendre ses précautions et faire ses ablutions lors de chaque salât s’ils persistent. Elle peut donc introduire un coton dans la vulve pour constater sa propreté. Si celui-ci ressort propre, elle est en état de pureté et peut prendre son bain. Après la propreté, la femme ne doit pas prendre en compte la présence de liquide jaunâtre et noirâtre. En effet, ils n’impliquent pas d’impureté rituelle et elle ne doit pas abandonner la prière. En revanche, si après avoir cru qu’elle était propre, alors, elle doit appliquer l’observation des caractéristiques mentionnées plus haut.
Les Pertes Marrons: Menstruations ou Métrorragies?
Dans l'Islam, il est essentiel pour les femmes de connaître les règles entourant leur cycle menstruel, en particulier lorsqu'elles rencontrent des situations inhabituelles telles que des pertes marrons. Les pertes marrons sont généralement définies comme un écoulement vaginal de couleur brunâtre, constitué de sang oxydé et de tissus endométriaux.
Les règles de prière sont différentes pour les menstruations (hayd) et les métrorragies (istihadah). Pendant les menstruations, il est interdit aux femmes de prier et de jeûner. Elles doivent également s'abstenir de toute relation sexuelle avec leur mari. Après la fin des menstruations, la femme doit effectuer une purification complète de son corps (ghusl) avant de pouvoir retourner à ses obligations religieuses. Si une femme a des saignements non menstruels, elle est considérée comme souffrant de métrorragies. Dans ce cas, elle est autorisée à prier et à jeûner, à condition d'accomplir la purification mineure (wudu) avant chaque prière.
Il peut parfois être difficile pour une femme de distinguer entre des pertes marrons menstruelles et non menstruelles. Que les pertes marrons soient considérées comme des menstruations ou des métrorragies, il est essentiel pour une femme de se purifier correctement avant d'accomplir la prière.
Le Cycle Menstruel: Aspects Biologiques
Les menstrues font partie intégrante d’une activité cyclique appelée cycle menstruel. Les premières hormones à intervenir sont la FSH et l’oestradiol. Durant la phase folliculaire, une substance recouvre le col de l’utérus et se retrouve aussi dans le vagin: la glaire cervicale. À la moitié du cycle, vers le 14e jour, il se produit un évènement appelé l’ovulation durant lequel l’ovule est libéré des ovaires pour rejoindre les trompes puis l’utérus. Cette ovulation est déclenchée par la FSH et surtout par une autre hormone, la LH. Ensuite, on entre dans une phase lutéale durant laquelle une autre hormone fait son apparition, la progestérone. Cette dernière est fabriquée par le corps jaune. La progestérone va modifier l’aspect de la glaire cervicale, elle devient opaque, épaisse et cassante créant ainsi un milieu inapproprié à la survie des spermatozoïdes. Enfin, vers le 26e jour, s’il n’y a pas eu de fécondation, le corps jaune dégénère et se transforme en cicatrice fibreuse qu’on appelle le corps blanc. C’est ce qu’on appelle les menstrues.
Syndrôme Prémenstruel (SPM)
Une carence en calcium est également incriminée dans le SPM. Plusieurs études médicales ont démontré qu’une supplémentation en calcium était un moyen simple et efficace d’atténuer le SPM. Les baies de gattilier (séchées et broyées), ou leurs extraits, sont aussi reconnus pour leur efficacité dans le traitement du SPM. Pour qu’il soit efficace, il doit être pris quotidiennement les 15 derniers jours du cycle menstruel et durant 3 cycles consécutifs au minimum. Certains médicaments sont parfois utilisés tel que des anti-inflammatoires ou des diurétiques voire des anxiolytiques et des anti-dépresseurs, en cas d’échec des thérapeutiques sus-citées.
Métrorragies: Causes et Traitement
On distingue des causes fonctionnelles aux métrorragies, c’est à dire « liées aux fonctionnement naturel du corps », elles sont essentiellement rencontrées pendant la puberté. Durant l’ovulation (éjection de l’ovule), il est aussi possible de voir des métrorragies, on parle d’hémorragie inter menstruelle (=au milieu du cycle). Cependant, si les métrorragies persistent et/ou s’accompagnent d’autres symptômes: fatigue, prise de poids inhabituelle, dé-épilation (=perte des poils du corps), il faut penser à une hypothyroïdie. Enfin, il existe une maladie héréditaire (y penser quand plusieurs membres d’une famille sont atteints) qui passe souvent inaperçue et qu’il faut rechercher: la maladie de Willebrand. Les contraceptifs oraux tels que les oestroprogestatifs peuvent être responsables de petits saignements appelés spotting ainsi que les dispositifs intra-utérins.
Les Sécrétions Vaginales
Ce « liquide blanc » n’est pas une souillure mais il annule les ablutions. Les leucorrhées pathologiques se manifestent dès lors que l’écoulement change de couleur (gris, jaune, vert…), de consistance (grumeaux, purulent…), qu’il soit malodorant voire nauséabond ou associé à d’autres symptômes: brûlure, démangeaison, douleur du bas ventre ou durant un rapport sexuel, envie d’uriner plus fréquente… alors il s’agit d’une vulvo-vaginite. Les germes les plus fréquents sont des mycoses mais parfois ce sont des bactéries qui sont responsables de cet état.
Le Ramadan et les Menstruations
Il est possible de mettre en pause le jeûne pendant les règles et de rattraper les jours manqués plus tard. Le Ramadan est un moment fort de spiritualité et de partage pour les musulmans. Mais pour les femmes qui ont leurs règles, les consignes peuvent parfois sembler floues et susciter des questionnements. Peuvent-elles jeûner malgré tout ? Quelles sont les consignes du Ramadan pendant les règles ?
L'autorisation de ne pas jeûner peut être due à des raisons de santé : la condition physique est parfois affaiblie par les menstruations et les douleurs liées (endométriose, SOPK etc). Mais elle peut aussi être due à l'idée que les règles sont impures. En termes de santé, il faut savoir que durant les règles, "le corps dépense plus d'énergie" et les femmes menstruées peuvent être "plus à risque de faire un épisode d'hypoglycémie et de souffrir d'une déshydratation". De plus, pendant les règles, le corps a besoin d'un apport en fer pour compenser la perte de ce nutriment causée par les saignements, principalement chez les femmes qui ont des règles abondantes. Il peut y avoir un risque plus important d'anémie. De manière générale, "il est prescrit aux musulmanes et musulmans de ne pas jeûner s'il y a un risque pour leur santé".
Les Tabous et les Croyances Autour des Menstruations
Dans certains endroits du monde, les femmes sont même carrément rejetées et mises en danger pendant cette période. Dans certaines régions rurales du Népal, les femmes sont obligées de fuir le village pendant leurs règles car elles sont considérées comme « impures ». Elles ont aussi la réputation de pouvoir jeter des sorts à ce moment de leur cycle, donc elles inspirent la peur. Cette tradition est appelée « le Chaupadi ». Les femmes sont également considérées comme impures au moment de leurs menstruations dans certaines régions d’Afrique, Kenya, Rwanda, Bénin et bien d’autres. A certains endroits comme la Bolivie, lors de leurs menstruations, les femmes sont considérées comme étant malades.
Dans de nombreuses familles, partout dans le monde, les règles sont un tabou qui ne peut être parlé, ce qui génère beaucoup de peurs chez les jeunes filles, beaucoup de moqueries qui entraînent un mal-être certain.
tags: #cycle #menstruel #islam
