La progestérone est une hormone stéroïdienne essentielle au cycle menstruel féminin et au maintien de la grossesse. Cet article explore en détail son rôle, son importance et son impact sur la fécondation et la grossesse, en abordant les aspects clés tels que la production de progestérone, son rôle dans la nidation, les traitements à base de progestérone et les déséquilibres hormonaux.
Le Processus de Fécondation et le Rôle Initial de la Progestérone
Dans un couple ayant une vie sexuelle régulière et désirant un enfant, la grossesse survient généralement de manière naturelle en quelques mois. Ce processus complexe résulte de la fusion de deux gamètes : le spermatozoïde (cellule reproductrice masculine) et l’ovocyte (cellule reproductrice féminine). La fécondation donne naissance à l'embryon, première étape du développement humain, qui s'implante ensuite dans l'utérus.
Chez l'homme, les spermatozoïdes sont produits en continu dans les testicules. Lors d'un rapport sexuel, ils sont déposés dans le vagin, puis migrent vers l'utérus et les trompes de Fallope pour rencontrer l'ovocyte, si le rapport a lieu près de l'ovulation. Chez la femme, les ovocytes se développent dans les ovaires. Chaque femme possède deux ovaires, contenant des milliers d'ovocytes dès la naissance, dont seuls quelques-uns seront fécondés. Au début de chaque cycle menstruel, plusieurs follicules existent dans chaque ovaire, mais seul l'un d'entre eux devient dominant et libère l'ovocyte fécondable.
La montée des spermatozoïdes dans l'utérus est facilitée par la sécrétion de mucus au niveau du col de l'utérus, sous l'influence de l'œstradiol. La fécondation a lieu lorsqu'un spermatozoïde pénètre dans l'ovocyte. L'embryon ainsi formé se divise progressivement et atteint l'utérus environ cinq jours plus tard, où il s'implante dans la muqueuse utérine.
La progestérone joue un rôle crucial dans cette phase. Après l'ovulation, le follicule qui contenait l'ovocyte se transforme en corps jaune, qui commence à produire de la progestérone en plus de l'œstradiol. En présence d'un embryon, la production de progestérone augmente progressivement, permettant le maintien de la grossesse.
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Rôle Essentiel de la Progestérone dans le Cycle Menstruel et la Grossesse
La progestérone est une hormone stéroïdienne principalement produite par les ovaires après l'ovulation, durant la seconde moitié du cycle menstruel. Elle est aussi sécrétée en petites quantités par les glandes surrénales et, pendant la grossesse, par le placenta.
Rôle dans le Cycle Menstruel
La progestérone est essentielle à la régulation du cycle menstruel. Après l'ovulation, le corps jaune produit de la progestérone, préparant l'utérus à une éventuelle grossesse.
- Préparation de l'endomètre : La progestérone épaissit la paroi utérine (endomètre) pour qu'elle soit prête à accueillir un ovule fécondé.
- Stabilisation de la grossesse : Si la fécondation a lieu, la progestérone aide à maintenir l'endomètre et soutient la grossesse jusqu'à ce que le placenta prenne le relais de la production hormonale.
- Régulation des menstruations : Si l'ovule n'est pas fécondé, la production de progestérone diminue, entraînant la dégradation de l'endomètre et le début des menstruations.
Importance Pendant la Grossesse
La progestérone est indispensable au maintien de la grossesse. Elle empêche les contractions utérines précoces et prépare les seins à l'allaitement. Durant la grossesse, le placenta devient la principale source de progestérone, soutenant le développement du fœtus et maintenant un environnement utérin stable.
Le principal rôle de la progestérone, avant la grossesse, est de préparer l’endomètre (la paroi de l’utérus) à accueillir un ovule fécondé. Si la fécondation n'a pas lieu, l’endomètre se dessèche et est évacué sous la forme des règles. En cas de fécondation de l'ovule, le taux de progestérone augmente pour maintenir la grossesse.
Quand l'ovaire libère un ovule, la phase lutéale commence : le corps jaune se forme à partir du follicule d’ovule non fécondé, et commence à produire de la progestérone. Le corps jaune est une glande temporaire qui agit au début d’une grossesse si l'ovule est fécondé. La progestérone provoque un épaississement de la muqueuse utérine, ce qui crée un environnement favorisant l’implantation de l'ovule s'il est fécondé. Si l'ovule n'est pas fécondé, le corps jaune se décompose.
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En revanche, si un ovule est fécondé par un spermatozoïde, le corps jaune continue de libérer de la progestérone. Celle-ci va rendre la muqueuse utérine épaisse et riche en vaisseaux sanguins, qui vont fournir des nutriments essentiels au développement de l’ovule fécondé. L’ovule fécondé est maintenant devenu un embryon. Une fois le placenta formé, c'est cet organe qui assurera la production de progestérone pendant la grossesse.
Pendant la grossesse, le taux de progestérone augmente chaque trimestre. Il atteint son niveau le plus élevé au cours du troisième trimestre de grossesse.
Traitements à Base de Progestérone et leurs Applications
Un traitement par progestérone est souvent proposé après une stimulation de l’ovulation, car la stimulation ovarienne peut perturber les sécrétions de FSH et LH, essentielles à une bonne production de progestérone. Bien que certaines femmes n'en aient probablement pas besoin, il est difficile de le déterminer à l'avance. La progestérone peut également être utilisée en l'absence d'ovulation, dans un cycle artificiel, pour remplacer la progestérone naturelle, soit pour provoquer les règles, soit pour permettre une grossesse. En cas de menace de fausse couche, la progestérone peut également être prescrite.
La progestérone est disponible sous plusieurs formes (capsules vaginales, injections sous-cutanées ou intramusculaires, gel, suppositoires, patch), qui ne sont pas interchangeables. Par exemple, les capsules vaginales ne sont pas aussi efficaces par voie orale. La progestérone naturelle en capsule vaginale peut également être prise par voie orale, mais cela peut entraîner des étourdissements ou de la somnolence.
Dans la majorité des cas, dès le test de grossesse positif, la production de progestérone par l'ovaire est suffisante et le traitement externe peut être arrêté. Cependant, dans certains cas, il est indispensable de poursuivre la progestérone jusqu'à 10-12 semaines d'aménorrhée pour éviter une fausse couche, notamment en cas de transfert d'embryon congelé avec préparation du cycle uniquement par hormones.
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La progestérone, administrée par voie vaginale, sous-cutanée ou orale, se diffuse dans tout le corps et agit sur divers tissus, en particulier l'utérus et le col (transformation de l'endomètre et diminution des contractions utérines), ainsi que sur le cerveau. Il est conseillé de prendre le traitement à heures fixes, suffisamment espacées sur la journée.
Quand Prendre de la Progestérone Naturelle Pendant la Grossesse ?
Certains médecins ont parfois prescrit des traitements contenant de la progestérone à des femmes enceintes ayant fait des fausses couches auparavant, dans l'espoir d'en réduire les risques. Toutefois, la prescription de progestérone aux femmes enceintes présentant un risque accru d'accouchement prématuré ou de fausse couche est remise en question par différentes études. La prise de progestérone au cours de la grossesse ne semble pas vraiment contribuer à prévenir les fausses couches chez les femmes pour lesquelles la conception a été naturelle. Au contraire, la prise de progestérone par voie vaginale est non seulement inefficace chez les femmes sous menace de faire une fausse couche, mais elle pourrait même être dangereuse dans ce cas-là. La prescription de progestérone chez les femmes enceintes présentant des risques de fausse couche doit se faire dans un cadre bien précis.
En revanche, une supplémentation en progestérone est obligatoire et impérative pour la femme enceinte grâce à une méthode de procréation médicalement assistée (PMA), et notamment par fécondation in vitro (FIV). C'est une condition pour mener la grossesse à terme dans ce cas-là.
Pourquoi Prendre de la Progestérone en Début de Grossesse ?
Un supplément en progestérone pendant la grossesse est recommandé seulement pour certains cas spécifiques. La progestérone peut s’administrer par voie orale, par voie intramusculaire ou par voie vaginale. Cependant, la voie vaginale est toujours privilégiée, pour plusieurs raisons. La supplémentation par voie orale est évitée, car les doses nécessaires pour atteindre l’utérus sont importantes, ce qui expose à des risques d’effets secondaires comme la cholestase hépatique (la progestérone étant une hormone stéroïde dérivée du cholestérol).
Les injections intramusculaires sont également peu utilisées, car ces dernières sont douloureuses et doivent être effectuées très régulièrement. La supplémentation par voie vaginale est prescrite dans le cas d’un parcours de fécondation in vitro, pour favoriser la nidation et le maintien du blastocyste. Il est ensuite recommandé de ne pas continuer la supplémentation en progestérone au-delà du premier trimestre, car l’action bénéfique de la progestérone n’est plus prouvée.
La supplémentation en progestérone pendant la grossesse peut également être prescrite dans des cas particuliers de menace d’accouchement précoce, notamment quand il s’agit d’une grossesse monofoetale asymptomatique avec un col court et sans antécédent d’accouchement prématuré.
Quand Arrêter la Progestérone Pendant la Grossesse ?
La progestérone par voie vaginale doit se prendre dans des cas très spécifiques : recours à une technique de procréation médicalement assistée, ou dans certaines situations de menace d’accouchement prématuré. La progestérone se prend ainsi la plupart du temps au premier trimestre.
En cas de supplémentation pendant la phase lutéale, la progestérone est généralement prise deux fois par jour à compter du moment où le prélèvement d’ovocytes a lieu. Si une grossesse est confirmée, la prise doit se poursuivre plusieurs semaines. Par exemple, pour une dose de 400 mg de progestérone, la prise devra être continuée 38 jours.
Si la progestérone est prise dans le cadre de la prévention d’une menace d’accouchement prématuré avec un col court, la prise devra être arrêtée à 34-36 semaines d’aménorrhée, car, au-delà de cette période, aucun bénéfice prouvé n’a été établi.
Effets Secondaires et Précautions
Il y a peu d'effets secondaires de la voie orale et sous-cutanée en dehors des réactions locales. Pour la voie vaginale, le principal désagrément sont les pertes vaginales qui peuvent varier d'une femme à l'autre et être parfois très abondantes. Il est important d'essayer de retirer le maximum de progestérone avec le doigt avant de remettre une nouvelle capsule vaginale pour favoriser l'absorption de la nouvelle capsule. La progestérone naturelle en capsule vaginale peut également être prise par voie orale (efficacité moindre) mais dans ce cas elle entraine souvent des problèmes d’étourdissement ou de somnolence.
En cas d'oubli, il est recommandé de prendre immédiatement le traitement et la dose suivante à l'heure prévue, deux doses pouvant être prises simultanément. Les rapports sexuels peuvent continuer pendant le traitement.
Si des pertes vaginales sont constatées, il est conseillé de parler avec votre médecin qui peut adapter la voie de traitement et vérifier s’il s’agit bien d’une mycose et non pas d’une allergie aux capsules.
Déséquilibres en Progestérone : Causes, Symptômes et Diagnostic
Un déséquilibre en progestérone peut entraîner divers symptômes et problèmes de santé.
Niveaux Bas de Progestérone
- Cycles menstruels irréguliers : Les niveaux insuffisants de progestérone peuvent perturber la régularité du cycle menstruel.
- Infertilité : Un manque de progestérone peut rendre difficile la préparation de l’endomètre pour l’implantation de l’ovule fécondé.
- Symptômes prémenstruels sévères : Un faible taux de progestérone peuvent entraîner des symptômes prémenstruels plus intenses, accentuant par exemple les maux de tête, l’irritabilité, et les ballonnements.
- Risques pendant la grossesse : Un déficit en progestérone pendant la grossesse peut augmenter le risque de fausse couche.
Niveaux Élevés de Progestérone
- Maux de tête : Un excès de progestérone peut entraîner des maux de tête.
- Variation de poids : Les niveaux élevés peuvent provoquer une prise de poids.
- Sensibilité des seins : Une progestérone élevée peut rendre les seins douloureux et sensibles.
Causes des Déséquilibres Hormonaux
Les déséquilibres en progestérone peuvent être causés par divers facteurs, notamment :
- Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Ce trouble hormonal peut perturber la production de progestérone.
- Le stress : Un stress chronique peut affecter la production hormonale globale, y compris la progestérone.
- La ménopause : Pendant la périménopause et la ménopause, les niveaux hormonaux fluctuent considérablement, entraînant souvent une baisse de la progestérone.
- Les troubles thyroïdiens : Les troubles de la thyroïde peuvent également influencer les niveaux de progestérone.
Diagnostic
Pour diagnostiquer un déséquilibre en progestérone, votre médecin traitant ou votre endocrinologue peut recommander :
- Des bilans sanguins : Mesurer les niveaux hormonaux à différents moments du cycle menstruel peut aider à identifier un déséquilibre.
- Un suivi des symptômes : Tenir un journal des symptômes peut aider les médecins à comprendre les fluctuations hormonales.
- Une échographie : Dans certains cas, une échographie peut être nécessaire pour visualiser les ovaires et l’utérus.
Taux de Progestérone et Fécondation
La progestérone est une hormone qui joue un rôle important dans la deuxième partie du cycle féminin, mais elle joue également un rôle clé dans le contrôle de l’ovulation. Le dosage de progestérone peut ainsi se réaliser dans le cadre d’un dépistage d’un problème ovulatoire. Généralement, on admet que si le niveau de progestérone dépasse les 5 ng/ml en phase lutéale, cela indique qu’une ovulation a bien eu lieu. Une concentration inférieure à cette valeur peut ainsi diminuer les chances d’ovulation à chaque cycle.
Des taux faibles (dont la norme varie d’une femme à l’autre) peuvent signer une insuffisance lutéale. En cas de suspicion, plusieurs prélèvements sont alors nécessaires pour poser un diagnostic précis.
Le dosage de cette hormone est effectué quasi systématiquement en cas de recours à une technique de procréation médicalement assistée. Ce dosage permet alors de mettre en évidence le pic préovulatoire et de suivre l’éventuelle implantation. Au premier trimestre, le dosage peut être réalisé en cas d’antécédents de fausses couches à répétition ou de saignements. Pendant la grossesse, le taux de progestérone est très élevé. Pendant les premières semaines d’aménorrhée, le taux peut varier entre 15 et 50 ng/ml, pour atteindre plus de 95 ng/ml en fin de grossesse.
Traitements pour les Déséquilibres en Progestérone
Thérapies Hormonales
Pour traiter les déséquilibres hormonaux, les professionnels de santé peuvent prescrire des thérapies hormonales. Cela peut inclure :
- L’administration de progestérone de substitution : Souvent administrée sous forme de comprimés, de crèmes, ou de suppositoires.
- La prise de contraceptifs hormonaux : Les pilules contraceptives peuvent aider à réguler les cycles menstruels et à équilibrer les niveaux de progestérone.
Changements de Mode de Vie
Des modifications du mode de vie peuvent également aider à équilibrer les niveaux hormonaux. Vous pouvez par exemple :
- Adopter une alimentation plus équilibrée : Une alimentation riche en nutriments essentiels, comme le magnésium, le zinc, et les vitamines B6 et C, peut soutenir la production hormonale.
- Gérer votre stress : Pratiquer des techniques de gestion du stress comme le yoga, la méditation, la cohérence cardiaque et la respiration profonde peut aider à réguler les hormones.
- Faire du sport régulièrement : L’activité physique modérée peut améliorer la régulation hormonale.
Alimentation et Phytothérapie
Au sujet de l’alimentation, la vitamine C permettrait d’augmenter naturellement le taux de progestérone (agrumes, fruits rouges, kiwi, poivrons, persil) tout comme le sélénium, qui selon de récentes études, participerait à la bonne formation du corps jaune et donc a une bonne production de progestérone (noix de brésil, fruits de mer et poisson).
En phytothérapie, deux plantes sont dites « progestérone-like » c’est-à-dire qu’elles agissent sur l’équilibre hormonal, en mimant l’activité de la progestérone et ainsi en la régulant. Il s’agit du gattilier et de l’alchémille. Le Gattilier est LA plante du déséquilibre hormonal, elle a une action anti-œstrogène et progestérone-like. Des études scientifiques ont montré que le gattilier peut être efficace pour réguler les cycles menstruels, notamment dans le cadre du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
Progestérone et Contraception
La progestérone est au centre de la composition de nombreux contraceptifs hormonaux et traitements hormonaux de substitution. Les pilules contraceptives combinent souvent la progestérone et les œstrogènes pour prévenir l’ovulation et réguler les cycles menstruels. Les dispositifs intra-utérins (DIU), aussi appelés stérilets hormonaux, libèrent de la progestérone pour épaissir la glaire cervicale et empêcher la fécondation. Les injections et implants de progestérone offrent une protection contraceptive à long terme en libérant l’hormone progressivement.
Progestérone et Santé Globale
La progestérone a des effets au-delà de la reproduction et du cycle menstruel. Elle contribue à la santé générale de plusieurs façons :
- Santé osseuse : Elle joue un rôle dans le maintien de la densité osseuse, en collaboration avec les œstrogènes.
- Fonction cérébrale : La progestérone a des effets neuroprotecteurs et peut aider à stabiliser l’humeur.
- Santé cardiovasculaire : Elle peut influencer la santé cardiovasculaire en régulant la tension artérielle et en réduisant l’inflammation.
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