Introduction
Le don de sang est un acte de solidarité essentiel pour répondre aux besoins des patients. Parallèlement, la précarité menstruelle est une réalité préoccupante pour de nombreuses femmes, y compris en milieu carcéral. Cet article explore l'évolution des conditions de don de sang, notamment à Caen, et aborde la question de la précarité menstruelle, en particulier en prison, ainsi que les initiatives mises en place pour lutter contre ce phénomène.
Évolution des conditions d'éligibilité au don de sang
Dès le 1er septembre 2025, certains critères d’éligibilité aux dons de sang, de plasma et de plaquettes évoluent. Certaines situations médicales ou personnelles entraînaient jusqu’ici une exclusion temporaire aux dons. Bonne nouvelle : plusieurs de ces contre-indications voient leur durée réduite. Grâce à l’amélioration des tests de dépistage génomique viral (DGV), les personnes ayant subi un tatouage ou un piercing ne sont plus exclues à vie du don de sang. Le délai est réduit à deux mois après la réalisation du tatouage ou du piercing. De même, les examens de type coloscopie ou fibroscopie (réalisés avec un instrument souple) nécessitent désormais un délai de 2 mois, contre 4 précédemment. Ces précautions sont prises car les zones explorées (intestin, estomac, œsophage) sont particulièrement sensibles aux micro-organismes potentiellement pathogènes. Ce type d'examen peut entraîner des microtraumatismes muqueux ou un passage transitoire de bactéries dans le sang (bactériémie), même en l'absence de symptômes. Vous pensiez qu’un soin à l’aiguille vous empêchait de donner votre sang ? Vous avez reçu un implant dentaire avec substitut osseux ? Cette situation ne constitue plus une contre-indication au don. Pourquoi ? La viro-inactivation est un processus qui consiste à éliminer ou neutraliser les éventuels agents infectieux (virus, bactéries…) contenus dans un produit d’origine biologique, avant son utilisation médicale. Résultat : vous pouvez donner, même si vous avez eu recours à ce type de traitement dentaire. Pensez à demander à votre dentiste la nature de votre implant avant votre don. Les personnes porteuses d’hémochromatose génétique peuvent désormais donner directement en collecte comme en maison de don, sans avoir à effectuer d’abord cinq saignées dans un centre hospitalier. L’hémochromatose est une maladie génétique fréquente en France, qui entraîne une accumulation excessive de fer dans l’organisme.
Ces évolutions résultent de décisions réglementaires prises à l’échelle européenne et nationale, sur la base des dernières données scientifiques disponibles. Grâce à ces nouvelles consignes, vous êtes peut-être devenu donneur sans même le savoir ! Parlez-en autour de vous, motivez vos proches, partagez l’info… Chaque don compte.
La précarité menstruelle: un enjeu de société
La précarité menstruelle, c’est-à-dire le manque d’accès aux protections hygiéniques pour des raisons financières, est un problème qui touche de nombreuses femmes en France et dans le monde. En France, on estime qu’environ 4 millions de femmes sont en situation de précarité menstruelle, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas les moyens d’accéder à ces produits de première nécessité.
Des initiatives locales, comme celles menées dans l'agglomération d'Elbeuf, se multiplient pour lutter contre ce phénomène. Pour la deuxième année, des communes de l'agglo d'Elbeuf s'associent pour collecter des produits d'hygiène féminine, les redistribuer et lutter contre la précarité menstruelle. Des petites boîtes seront disposées dans des endroits stratégiques, pour offrir des protections gratuites à celles qui en ont besoin.
Lire aussi: Aider les familles endeuillées
En 2024, la première collecte mutualisée entre plusieurs communes membres du Contrat local de santé (CLS) du territoire elbeuvien a été une réussite. Le lundi 10 mars 2025, plusieurs d’entre elles se sont donc donné rendez-vous pour acter le renouvellement de l’opération Sang tabou. Le principe ? Organiser la collecte de produits d’hygiène féminine et leur redistribution dans l’agglo d’Elbeuf (Seine-Maritime).Djoudé Merabet, le maire d’Elbeuf, souligne que c’est un sujet important sur le territoire, avec des habitants qui ont un rapport à la santé qui n’est pas le plus soutenu. Il ajoute que c'est un sujet qui pèse pour des dizaines de filles, leur scolarité ou leur possibilité de faire du sport. Les communes se chargeront de maintenir remplies avec les dons récoltés.
La précarité menstruelle en milieu carcéral
La situation est particulièrement préoccupante en milieu carcéral, où les femmes sont souvent confrontées à un manque d'accès aux produits d'hygiène menstruelle adaptés. Pendant leurs règles, les prisonnières dépendent des protections distribuées par l’administration pénitentiaire et des livraisons de cantines. Un système défaillant, si l’on en croit les nombreux témoignages de femmes reçus à l’OIP. De nombreuses détenues sont contraintes d’utiliser des protections périodiques de fortune pendant leurs règles. En cause notamment, le caractère inadapté des lots fournis depuis 1985 aux arrivantes et aux « personnes reconnues comme sans ressources suffisantes ». Les détenues signalent en effet la trop faible quantité de protections fournie à l’arrivée : de quatre à vingt serviettes selon les établissements, d’après les témoignages recueillis, quand l’administration indique de son côté que « les marchés nationaux prévoient le renouvellement mensuel de dix-huit serviettes hygiéniques ».
En plus de conduire à des situations dégradantes, le manque de produits d’hygiène contraint de nombreuses femmes à enfreindre le règlement intérieur (ou les interprétations qui en sont faites) pour s’en procurer - et donc à s’exposer à des sanctions. Par crainte d’une stigmatisation en cas de tache visible sur leurs vêtements, certaines détenues renonceraient à des activités. Les restrictions impliquent donc des conséquences réelles sur la vie quotidienne en détention. Celles qui ont eu recours au « kit arrivantes » ou aux aides de l’administration s’indignent aussi de la faible qualité du produit - des serviettes hygiéniques bas de gamme. Au-delà de son aspect peu pratique et inesthétique, ce type de produit renforcerait le sentiment de dévalorisation.
Le manque de diversité des produits disponibles en cantine est également un problème. Pour compenser, plusieurs établissements proposent des « cantines exceptionnelles » permettant de commander des produits inaccessibles en « cantine classique ». Dans les quelques prisons où les cantines sont encore en gestion publique, les prix des produits d’hygiène sont en principe similaires à ceux de la grande distribution. Mais dans les établissements où ce service est délégué à un prestataire privé, les prix sont souvent plus élevés qu’à l’extérieur.
Initiatives et recherches pour améliorer la situation
Face à ce constat, des initiatives se multiplient pour lutter contre la précarité menstruelle en prison. Des militantes du collectif féministe Georgette Sand ont déployé des banderoles et des tampons géants sur la place Vendôme pour alerter sur la précarité menstruelle des femmes incarcérées et dénoncer l’absence de mesures concrètes sur le sujet. Parmi leurs revendications, « que soit créé un bloc hygiène féminine avec des prix préférentiels » ou encore l’installation en prison de distributeurs de protections gratuites. La précarité menstruelle en prison avait pourtant été officiellement reconnue comme un problème public au printemps. En juin, Marlène Schiappa déclarait une « mobilisation inédite » du gouvernement contre cette atteinte aux droits fondamentaux. La secrétaire d’État confiait alors à la sénatrice du Haut-Rhin Patricia Schillinger (LREM) et à la députée de l’Essonne Laëtitia Romeiro-Dias (LREM) une mission sur l’expérimentation de la gratuité des protections dans des lieux collectifs - dont les prisons.
Lire aussi: Aide aux bébés à Avignon
Par ailleurs, des recherches sont menées pour mieux comprendre les liens entre les règles et certaines pathologies, comme l'endométriose. À Paris, l’Institut Cochin lance la première collecte structurée de sang menstruel en France pour accélérer le diagnostic de l’endométriose. L'étude qui manque encore de volontaires n'en est qu'à ses débuts. Depuis septembre, l’Institut Cochin à Paris conduit l’étude MultiMendo, une recherche exploratoire analysant le sang menstruel de patientes diagnostiquées d’endométriose. En lançant la première collecte structurée de sang menstruel en France, l’Institut Cochin veut repérer des biomarqueurs qui pourraient, à terme, réduire les délais de diagnostic qu’ils estiment encore entre 7 et 10 ans.
Les services de santé étudiante à Caen
Le Service de Santé Étudiante (SSE) de Caen est accessible aux étudiants du campus et propose des consultations dans de nombreuses spécialités (gynécologie, médecine générale, relaxation et sophrologie, examen de santé, addictologie, vie affective et sexuelle, santé mentale, etc).
Lire aussi: Allaitement : Utiliser les biberons Spectra
tags: #collecte #sang #caen #conditions #menstruations
