Les regroupements en maternelle sont des moments essentiels de la journée, des instants privilégiés pour l'apprentissage et la socialisation des jeunes enfants. Ils permettent de créer un sentiment d'appartenance au groupe, d'encourager l'expression orale et l'écoute, et d'acquérir de nouvelles connaissances. Un regroupement réussi est un moment propice aux apprentissages pour tous les élèves, dans une ambiance calme et participative.

L'Importance du Regroupement en Maternelle

Le regroupement est un moment ritualisé qui permet aux enfants de se repérer dans la journée de classe. C'est une transition entre la cellule familiale et le groupe classe, et cette transition peut être « traumatisante » pour certains élèves. Il permet de mobiliser les élèves, de capter leur attention et d'assurer l'entrée effective dans la journée de classe. En terme de gestion, c'est un moment où les individualités sont censées se mettre en retrait au profit du groupe classe.

Les regroupements sont des moments clés dans la vie d’une classe de maternelle. On y apprend à “faire groupe”, à parler devant les autres, à donner son avis et à écouter celui des autres. C’est ici qu’on parle de ce qu’on va faire, de ce qu’on a fait. En regroupement, on écoute des histoires et on y apprend des nouveaux mots. Ce sont des moments où les élèves travaillent sur plusieurs compétences à la fois, et acquièrent beaucoup de connaissances! Il est très important que ce soient des moments propices aux apprentissages pour tous.

Les Défis du Regroupement et Comment les Surmonter

Il est essentiel de reconnaître que les enfants de maternelle ont une capacité d'attention limitée. Leur cerveau étant encore en cours de maturation, beaucoup n’ont pas encore cette capacité que nous avons, adultes, à rester assis calmement en attendant que ça se passe quand ça ne nous intéresse pas trop. Pour la plupart des enfants, soit ils sont activement engagés dans l’activité, soit ils sont en train de rêvasser ou de déranger. Comme vous vous adressez à 25 enfants simultanément, c’est difficile de garder tout le monde activement engagé en tout temps. Lors d’un regroupement, il y aura toujours des élèves qui vont penser à autre chose à un moment donné. Ils vont voir le tshirt à paillettes de leur camarade et avoir envie de le toucher, ils vont sentir un besoin incompressible de bouger. Ou ils vont partir dans leur merveilleux monde intérieur et lutter contre des dinosaures. Ces enfants là, quand vous allez poser une question au groupe, ils ne vont pas lever la main.

Plusieurs facteurs peuvent perturber le bon déroulement d'un regroupement. Les déplacements des élèves, la tenue sur les bancs ou au sol, voire les querelles de places, peuvent être source de difficultés. La prise de parole, avec les interventions collégiales et l'interruption du camarade qui parle, est un autre défi. L'inattention ou plutôt l'attention détournée, le désintérêt, sont également des aspects difficiles à gérer.

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Pour y remédier, plusieurs stratégies peuvent être mises en place. Le recours au bâton de parole est une solution qui a été avancée pour que celui qui a le tour de parole soit visuellement repéré. L'aspect ludique du stratagème mobilise les élèves et apaise les frustrations. Dans le cas d'inattention ou de désintérêt, plusieurs possibilités existent : persévérer quitte à permettre le moment d'inattention passagère d'un ou deux élèves, conclure et proposer une activité remobilisatrice (comptine, jeu de doigts etc.).

Distribuer la Parole : Une Stratégie Essentielle

Un des enjeux majeurs du regroupement est de distribuer la parole de manière équitable et efficace. La méthode classique consistant à demander aux enfants de lever la main pour parler peut être limitante, car elle favorise les élèves les plus extravertis et les plus prompts à s'exprimer. Pour distribuer la parole en regroupement, il faudra aller les chercher. Interroger uniquement les enfants qui lèvent la main entretien une boucle de désengagement pour les élèves moins attentifs. Non seulement ils ne sont pas “rappelés à l’action”, mais ils sont confortés dans le fait que, sans action de leur part, personne ne viendra demander leur avis et ils peuvent rester dans leurs rêveries. Appeler un enfant qui commence à se désengager est une excellent moyen de le ramener à l’activité de façon positive, de lu montrer que son avis compte et que vous avez envie qu’il soit “avec vous”. C’est aussi une technique de prévention des comportements hors cadre très puissante, car un enfant qui répond à une question sur le livre qu’on vient de lire, c’est un enfant qui ne papote pas avec son voisin.

Pour encourager la participation de tous, il est important de varier les techniques de distribution de la parole. La technique la plus simple pour distribuer la parole, qui ne nécessite aucun matériel ou préparation, est simplement de poser la question directement à un enfant. “Inès, tu sais quel jour nous sommes aujourd’hui?”. “Marcus, qu’est-ce que tu vois sur la couverture du livre? Tu crois que ça va parler de quoi?”. Cela permet d’aller chercher l’enfant qui commence à “partir”, ou simplement l’enfant qui est timide et qui ne va pas se proposer spontanément pour répondre. Comme notre but est d’encourager la prise de parole, on prend soin de poser des questions plutôt faciles aux très timides, des questions fermées par exemple. Si prendre la parole devant le groupe est déjà difficile pour eux, on ne va pas ajouter une difficulté en posant une question complexe. Au fur et à mesure qu’ils se sentent plus à l’aise, on commence à les interroger comme tout le monde. On peut aussi utiliser des techniques de tirage au sort, avec des bâtons où on écrit le prénom des enfants par exemple. On peut ensuite les ranger dans un deuxième pot pour être sûrs d’appeler “tout le monde” à un moment donné. Quand on a une question simple à poser à tout le groupe, on peut faire le tour, très littéralement. Par exemple “tu viendras déguisé en quoi pour le carnaval?”. Je commence à ma droite et on fait le tour. Pour ce type de question, comme la plupart des enfants on TRES envie de répondre, ce système a l’avantage de réguler l’attente (on sait qu’on va passer, on sait même quand on va passer). Et puis bien sûr, quand un enfant lève la main désespérément en se tortillant dans tous les sens car il a très envie d’ajouter quelque chose, on peut aussi l’appeler! L’important est simplement de ne pas laisser quelques enfants dominer 90% du regroupement.

Nous avons besoin de garder tous nos élèves engagés pendant le regroupement. Quand on interroge un élève qui lève la main, on sollicite un enfant qui était déjà engagé dans l’activité. Interroger les élèves qui se désengagent est un moyen très efficace de les ramener dans l’activité. Choisir les élèves qu’on interroge plutôt que leur dire de lever la main nous permet de distribuer la parole à tous, pas qu’à ceux qui sont spontanément volontaires.

L'Aménagement de l'Espace de Regroupement

L'aménagement de l'espace de regroupement est un élément clé pour favoriser l'attention et la participation des élèves. L’emplacement malgré tout central permettait une répartition des ateliers et des coins cuisine, bibliothèque. Sur les murs, les affichages variaient selon les choix pédagogiques des enseignantes, mais là encore nous trouvions des éléments communs : les calendriers, les anniversaires, les services et responsabilités, l’inscription aux ateliers. Les bancs disposés en demi-rectangle autour du tableau accueillent les élèves. Selon le choix des enseignants, 4-5 élèves sont autorisés à s’asseoir au sol en tailleur et ne doivent pas bouger. Dans une classe, les élèves avaient leur place réservée sur le banc. La PE nous a expliqué que cela faisait gagner du temps dans les phases de transition vers la mise en regroupement et que les élèves appréciaient de retrouver leur place.

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Il doit être clairement identifié par les enfants et associé à une sensation agréable. Des photographies pour raconter, des dessins pour montrer ses réalisations, un calendrier pour se repérer dans le temps, des portraits d'élèves pour aider à faire connaissance et pour s’approprier le lieu, peuvent contribuer à créer un espace chaleureux et stimulant.

L'aménagement du coin regroupement est un espace rempli de contraintes généralement imposées par la configuration des locaux, de l'aménagement et des supports utilisés. Ainsi, il y a une dichotomie entre l'espace regroupement et le temps du regroupement : le temps du regroupement est central : construction des rituels, consignes pour les activités du matin, constitution du groupe classe. L'espace lui est relégué dans un coin, contre un mur et doit se positionner par rapport aux autres de la classe.

Les Coins en Maternelle : Des Espaces d'Apprentissage Diversifiés

En complément de l'espace de regroupement, les coins en maternelle offrent des opportunités d'apprentissage diversifiées et adaptées aux besoins des enfants.

  • Coin Lecture: Un coin lecture en maternelle amène des élèves curieux de la lecture (ce qui est primordial pour l’entrée en CP). Il peut être agrémenté de coussins colorés, de tapis moelleux, d'affiches de personnages de livres pour enfants, et d'un meuble à la hauteur des élèves pour ranger les ouvrages.
  • Table d'Autonomie: La table d’autonomie est un coin que les élèves aiment investir eux-mêmes.
  • Coin Sciences: Au Printemps, lorsque nous commençons le cycle de plantation, je laisse à disposition des élèves des petits pots de terre, des cuillères et des graines sur une petite table. Attention, c’est un coin très salissant !
  • Coin Arts-Plastiques: C’est un endroit que les élèves adorent. D’après mon expérience, il est important de ne pas sortir tout le matériel d’arts-plastiques de la classe. Cela n’aurait pas de sens pour les élèves et vous risquez d’être débordé(e).
  • Tableau de la Maîtresse: Les élèves appellent ce coin « le tableau de la maitresse ».
  • Coin Repli: C’est un espace où les élèves peuvent s’isoler des interactions sociales d’une classe ou juste se reposer. Ce coin est matérialisé par deux canapés en mousse répartis à différents endroits de la classe. Ainsi, plusieurs élèves peuvent se reposer en même temps. Sur l’un des canapés, je dispose un ou deux albums. Sur l’autre canapé, j’ai posé un doudou de la classe.
  • Coin Cuisine/Poupée: C'est un espace que l’on retrouve dans beaucoup de classes de Maternelle.
  • Coin Numérique: Les élèves peuvent retrouver une suite numérique jusqu’à 30, les quantités jusqu’à 9 et les formes géométriques grâce à des affichages dont je me sers aussi comme guide.
  • Coin de la Maîtresse: C’est mon bureau. Les élèves n’ont pas le droit d’y aller. Dans ce coin, je réunis des classeurs où je stocke mes fiches de préparation, mon cahier journal, des ressources pédagogiques et des guides du maître. En hauteur, je conserve les documents administratifs importants comme le PAI ou les programmations de l’année.

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