La langue maternelle, un concept riche et complexe, est bien plus qu'un simple outil de communication. Elle est intimement liée à notre identité, notre culture et notre développement cognitif. Ce texte explore la définition de la langue maternelle, son rôle crucial dans la construction de l'identité, les défis liés à sa préservation, et les bénéfices du bilinguisme.

Qu'est-ce que la Langue Maternelle ?

L'image du colloque "Langue maternelle, langue première" évoque immédiatement l'importance de cette langue fondatrice. La langue maternelle est souvent définie comme la première langue entendue, celle dans laquelle un individu est baigné dès sa naissance, voire même avant. Elle est la langue du cœur, celle qui marque l'identité profonde. C'est la langue dans laquelle on a évolué lors de notre enfance, sans oublier que les bébés sont déjà exposés aux langages dans le ventre de leur mère. Les bébés ont de surcroît des façons de pleurer caractéristiques à leur langue maternelle. Par exemple, les bébés français ont un cri dont le pic d’intensité est situé à la fin tandis que les bébés allemands pleurent de l’aigu au grave.

C’est la langue la plus parlée dans le foyer, et dont l’expression se fait de manière la plus naturelle. La langue maternelle joue un rôle fondamental pour l’avènement de la parole et pour la construction du rapport de chaque être humain au monde. Elle est le fondement sur lequel se construisent les apprentissages ultérieurs, y compris ceux des langues étrangères.

Le Rôle Crucial de la Langue Maternelle dans la Construction de l'Identité

La langue maternelle fait partie de notre patrimoine culturel car c’est la langue familière dans laquelle on a évolué depuis tout petit. Nos premières découvertes, nos premiers mots ont été appris dans cette langue transmise par nos parents. Elle est le véhicule de nos premières expériences, de nos souvenirs d'enfance, de nos valeurs familiales et culturelles. Elle est intimement liée à notre identité personnelle et collective. Perdre sa langue maternelle, c'est perdre une part importante de soi-même, un phénomène appelé attrition linguistique.

La langue maternelle est donc un pilier à entretenir chez l’enfant pour faciliter les apprentissages dans une autre langue. C’est le principe de Donovan et Brandford qui consiste en la réactivation des expériences préalables pour construire sur des bases solides. La langue maternelle est indispensable pour se forger un bilinguisme équilibré et joue un rôle important dans la construction psychique et identitaire de l’enfant.

Lire aussi: Dirty Dancing : Explication d'une réplique mémorable

Les Défis de la Préservation de la Langue Maternelle

La langue maternelle est très fragile et peut se perdre très facilement jusqu’à l’âge de 12 ans, surtout lorsque l’école creuse un fossé énorme entre identité de l’enfant et l’école. L’enfant est aliéné et doit mettre de côté son identité pour s’intégrer. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à cette perte :

  • La pression sociale et scolaire: Souvent, les enfants sont amenés à renoncer à parler leur langue maternelle pour la réussite linguistique scolaire. Les hommes politiques et les médias entretiennent cette fausse croyance qui a des conséquences graves sur les enfants et les parents concernés. Certains pédagogues pensent encore que les langues maternelles, plus particulièrement celles qui sont non européennes, sont une cause de trouble de langage et de retards dans les apprentissages des enfants concernés. L’idée de « résoudre le problème » des différences linguistiques et culturelles est une idée dominante dans les pays européens. Cette conception peut provoquer des conséquences graves entre les élèves comme les incidents raciales.
  • Les craintes des parents: Les parents ne parlent plus ou peu la langue maternelle par crainte que leurs enfants fassent la confusion avec la langue majoritaire et qu’ils ne s’intègrent pas à l’école (échec scolaire). Les craintes des enfants et des parents face à la perception que les gens ont d’une langue qui est stigmatisée. La hiérarchisation et la stigmatisation des langues peuvent susciter un sentiment de honte aux parents qui peuvent éviter de parler leur langue maternelle avec leurs enfants. Les enfants ressentent bien évidemment cette gène et répondent souvent à leurs parents en Français.
  • La dominance de la langue de l'école: La langue de l’école devient plus naturelle, l’enfant remarque qu’il est beaucoup moins à l’aise dans sa langue maternelle et n’ose plus la parler car il a honte de faire des erreurs en la parlant.

« Quand l’école rejette la langue de l’enfant, elle rejette l’enfant » Jim Cummins. La langue maternelle est malheureusement encore souvent perçue comme un moteur d’échec scolaire, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de langues non européennes qui sont sujets à des préjugés et dévalorisations. On a notamment observé un phénomène d’acharnement dans les médias en été 2018 concernant l’enseignement de la langue arabe à l’école pour provoquer le choc des cultures. Une autre conséquence grave de la volonté de vouloir décourager les enfants à parler leur langue maternelle est la rupture dans les relations parents-enfants.

Les Avantages du Bilinguisme et du Multilinguisme

Contrairement aux idées reçues, le bilinguisme précoce apporte de nombreuses vertus aux enfants. De nombreuses études prouvent que le bilinguisme apporte de nombreuses vertus aux enfants. L'acquisition simultanée de deux langues, appelée bilinguisme précoce, est un atout majeur pour le développement cognitif et social de l'enfant.

  • Amélioration des capacités cognitives: Le bilinguisme favorise la flexibilité mentale, la résolution de problèmes et la créativité.
  • Ouverture culturelle: Le bilinguisme permet de mieux comprendre et apprécier d'autres cultures.
  • Facilitation de l'apprentissage d'autres langues: Les enfants bilingues ont plus de facilité à apprendre d'autres langues par la suite.

L'Importance de la Langue Maternelle dans l'Éducation

Il est crucial que la langue maternelle soit valorisée et encouragée dans l'éducation des enfants, que ce soit à la maison ou à l'école. Qu’il s’agisse d’une langue étrangère, d’une langue régionale ou d’un dialecte, la langue maternelle devrait être mieux considérée dans l’instruction des enfants pour leur bien-être.

L'école maternelle a un rôle primordial à jouer dans la prévention de l'échec scolaire en faisant de l'enseignement du langage une priorité, dès le plus jeune âge. En effet, la qualité lexicale et syntaxique des énoncés compris et produits par les élèves conditionne l'accès aux apprentissages tout au long de la scolarité. Le cycle des apprentissages premiers est mis à profit pour faire progresser les élèves depuis la petite section jusqu'à la grande section vers la compréhension et l'usage d'une langue française orale de plus en plus élaborée sur laquelle ils pourront s'appuyer lors de l'apprentissage de la lecture. La stimulation et la structuration du langage oral d'une part, l'entrée progressive dans la culture de l'écrit d'autre part, constituent des priorités d'enseignement. Ces objectifs sont communs à tous les domaines d'apprentissage de l'école maternelle. Ils s'appuient sur des choix réfléchis, déclinés et précisés à court terme (la séance et la période), mais incluant aussi des mises en perspective à plus long terme (l'année, le cycle) pour structurer les apprentissages des élèves. Cette recommandation souligne les principaux points sur lesquels fonder une programmation des enseignements du langage pour permettre à tous les élèves de réaliser les apprentissages attendus et de poursuivre leur appropriation de la langue à l'école élémentaire dans les meilleures conditions.

Lire aussi: Idées créatives pour le coin lecture

Stimuler et Structurer le Langage Oral

L'enfant apprend à parler en s'appropriant la langue des adultes, celle de ses parents, de sa famille et de ceux avec qui il vit au quotidien. L'intensité de l'exposition des enfants au langage parlé et la qualité de ce langage sont essentielles dans ce processus d'appropriation. C'est l'une des raisons qui conduit à encourager les parents à engager le plus souvent possible des dialogues avec leur enfant ainsi qu'à leur lire des histoires. Dès qu'il va à l'école, l'élève poursuit ce processus d'appropriation en prenant modèle sur les professeurs des écoles, et tous les adultes présents. Le langage des enseignants devient donc un langage de référence qui se doit d'être lexicalement précis et syntaxiquement correct en toute situation, de même que le langage de tous les adultes dans la classe.

En situation scolaire, le langage correspond aux activités de compréhension (écouter, lire) et aux activités de production (parler, écrire). L'appropriation par les élèves d'un langage oral riche, organisé et compréhensible requiert la mise en œuvre d'un enseignement structuré et systématique. L'enfant apprend à parler principalement avec l'adulte. L'apprentissage par les pairs n'est pas suffisant, et l'échange avec un adulte, attentif au maintien de l'attention de l'enfant, est beaucoup plus efficace. Sollicités et stimulés par les professeurs qui ont à leur égard une exigence adaptée, les élèves affinent leur capacité à parler et à comprendre, dans des situations de jeu, d'action, d'exploration et de vie quotidienne au sein de la classe.

Tous les adultes présents, les enseignants comme les Atsem, engagent un dialogue adapté avec l'élève, se montrent désireux de mieux comprendre, sollicitent des précisions, des reformulations, posent des questions ouvertes. Ils conduisent ainsi les jeunes élèves à dire ce qu'ils voient, ce qu'ils font, ce qu'ils imaginent, ce qu'ils ressentent, mais aussi à enrichir leur capacité de nommer, de désigner, de dire. L'école accompagne aussi les élèves, dès la petite section, dans le développement d'un langage oral de plus en plus construit, diversifié dans ses fonctions. L'enseignant concentre progressivement son action sur le développement des compétences communicationnelles : écoute, attention partagée, mémoire, expression. L'évolution attendue des compétences des élèves dans ce domaine est très importante. En grande section, les élèves doivent en effet pouvoir se faire comprendre par le seul usage du langage. L'enjeu est de les rendre capables de raconter, d'expliquer une réalité passée ou à venir, de créer une histoire portant sur des événements, lieux ou personnages inconnus d'au moins un des partenaires de l'échange.

Il est nécessaire d'accorder autant d'attention au lexique qu'à la syntaxe et à la phonologie. Ainsi que le précisent les programmes de l'école maternelle, « l'enseignant met les élèves sur le chemin d'une conscience des langues, des mots du français et de ses unités sonores ». Beaucoup de mots sont acquis de manière occasionnelle et incidente au cours des interactions familiales ou scolaires. Néanmoins, pour assurer la mémorisation et le réemploi du lexique, la simple fréquentation du vocabulaire et des formes syntaxiques en situation ne suffit pas. De multiples emplois sont requis pour en garantir l'acquisition par les élèves : l'élève découvre les nouveaux mots en contexte, puis il est conduit à réutiliser ces mots nouveaux hors contexte pour structurer leur emploi et les mémoriser, enfin il les réinvestit en contexte.

En prenant appui sur des objets, des jeux, des imagiers, des albums, le professeur organise les apprentissages, introduit des activités spécifiquement programmées avec des intentions précises. Il fixe les objectifs et les attentes en fonction du développement de chaque enfant et met en place des situations d'entraînement. Il est attentif au choix des mots travaillés, à leur maniement correct, à leur mise en réseau (champs lexicaux, catégories lexicales, synonymes, antonymes, familles de mots). Mettre en relation des mots connus en utilisant différents critères de catégorisation, associer des mots et leurs définitions, trouver « différentes manières de dire » sont des activités privilégiées lors des phases de structuration et de mémorisation du vocabulaire.

Lire aussi: Test de la Jané Powertwin

Un enseignement structuré revient à ne pas isoler des mots mais à les présenter dans des regroupements sémantiques et logiques qui vont permettre d'en faciliter la représentation : l'insertion d'un mot dans un champ lexical avec d'autres mots qui relèvent du même thème, permet d'utiliser des synonymes, des antonymes, par exemple, lorsque l'on dit « ce n'est pas froid, c'est chaud » ou « ce n'est pas gentil, c'est méchant ». En replaçant un terme dans un champ lexical (par exemple le bonnet, l'écharpe, les gants, les pantalons, qui appartiennent à la catégorie des vêtements), les activités de catégorisation permettent une structuration encore plus explicite et une mémorisation efficace, et donnent à l'élève la faculté d'ordonner la langue et de comprendre le monde.

Enfin, il ne peut y avoir d'acquisition sans mémorisation. La mémoire est à la fois le moteur, le ressort et le produit des apprentissages. Travailler la mémoire lexicale avec l'enfant nécessite que le mot soit bien articulé, répété souvent par l'enseignant et l'enfant, afin d'en favoriser l'appropriation, puis de le réactiver régulièrement, dans différentes situations qui permettront son utilisation en contexte. C'est à ce prix que la mémorisation sera profonde, donc durable.

L'appropriation des structures syntaxiques fait l'objet, au même titre que le lexique ci-dessus, d'une attention quotidienne et structurée. Elle se développe dans le cadre de toutes les activités de la classe, par une approche transversale mais fait aussi l'objet de séances spécifiquement dédiées, avec des objectifs définis et précis. Les élèves sont régulièrement mis en situation fonctionnelle de produire des phrases simples, affirmatives ou négatives, qui relèvent de différents types : déclaratives, interrogatives, exclamatives, impératives. Progressivement, les élèves sont entraînés à effectuer des enchaînements de phrases de plus en plus complexes.

Conjointement à l'enrichissement lexical et syntaxique du langage oral des élèves, l'attention du maître porte aussi sur l'entraînement de la compréhension de consignes collectives : dès la petite section, en situation d'élève, chaque enfant doit se sentir concerné par les consignes qui sont données collectivement, et pas seulement lorsque l'adulte s'adresse à lui individuellement.

Les cinq domaines d'apprentissages de l'école maternelle offrent la possibilité de découvrir des champs lexicaux extrêmement divers et des structures syntaxiques variées, toujours en relation avec le vécu et les intérêts des élèves. Ils permettent aussi de développer le langage pour décrire, rendre compte, expliquer, justifier, donner une consigne, comparer, questionner, exprimer un point de vue ou une préférence, imaginer, etc. Toute situation de jeu peut être également l'occasion de mobiliser le langage et d'en permettre différents usages. L'enfant est ainsi confronté et entraîné à comprendre et utiliser un langage oral de plus en plus riche, il développe un bagage de connaissances sur lequel s'appuiera l'apprentissage du lire-écrire à l'école élémentaire.

Développer la Compréhension de Messages et de Textes Entendus

L'action de l'école est capitale pour que tous les élèves s'approprient, avant de savoir lire, les formes langagières et les activités cognitives que suppose la lecture. L'aménagement de la classe favorise la fréquentation quotidienne d'écrits variés, de formes et finalités différentes. Les livres, autant que les jeux et les jouets, doivent pouvoir bénéficier d'un investissement spontané par les élèves, l'aménagement du « coin lecture » doit être pensé à cet effet. On y trouve - outre les livres lus par le maître, que les enfants doivent pouvoir reprendre pour se redire les histoires - d'autres livres et d'autres supports écrits en rapport direct avec des activités en cours dans la classe. Parmi les écrits présents en classe, le livre tient une place prépondérante.

La lecture à haute voix par l'enseignant est quotidienne, en particulier d'histoires, de contes, de récits, qui permettent à l'élève « d'entendre du langage écrit », de développer sa capacité à écouter, à se projeter, à se représenter une situation. Les compétences de compréhension à l'oral et de traitement du langage écrit entretiennent une relation étroite. La connaissance du vocabulaire, la maîtrise morphosyntaxique, les capacités de traitement de l'organisation textuelle, l'élaboration d'inférences mobilisées lors de la compréhension à l'oral joueront un rôle fondamental dans la compréhension des élèves en lecture au cycle 2.

Un travail sur la compréhension est d'autant plus nécessaire dès l'école maternelle que cette activité langagière est invisible pour un enfant. Il ne suffit pas d'écouter pour comprendre. L'enseignant conduit un travail spécifique sur la compréhension qui s'élabore dans les échanges autour du texte entendu. La médiation de l'enseignant est essentielle :

  • il installe un climat d'écoute et de sécurité en aménageant un espace dédié respectant les codes et usages sociaux (rappeler les règles de l'écoute, éviter d'asseoir tous les élèves par terre) ;
  • il sollicite l'attention des élèves et les prépare à être dans une écoute active, notamment en indiquant des points d'attention avant de commencer à lire (par exemple, « dans cette histoire, tu vas rencontrer un ogre et un petit garçon… ») et il précise quelles seront ses attentes après l'écoute (par exemple, « vous devrez me dire ce que vous avez retenu, ce que vous avez aimé… ») ;
  • pendant qu'il lit à haute voix, l'enseignant ne s'interrompt pas afin de maintenir l'attention des élèves tout au long de la lecture et d'en maintenir le fil ;
  • après l'écoute, il engage les élèves à prendre la parole et il montre de l'attention pour ce qu'ils disent ;
  • il favorise les questionnements des élèves sur le personnage principal, les liens avec d'autres personnages, leurs actions, leurs ressentis ; il sollicite l'avis des élèves, leur point de vue, leurs interprétations ;
  • il suscite des débats, favorise et étaye l'émergence des représentations ; il sollicite en particulier quelques élèves par séances et prend soin d'assurer une rotation effective, sans oublier les plus réservés ; de séances en séances, tous les élèves prennent la parole sur des temps suffisamment longs ;
  • il propose de revenir au livre pour valider les interprétations, les hypothèses, les points de vue ;
  • dans ces moments centrés sur la réception et la production orale, il veille à donner le temps nécessaire pour qu'un élève puisse aller au bout de son propos, il stimule la production de phrases complètes et structurées : il invite l'élève à utiliser ses propres mots et reformule ses éventuelles approximations en restant dans l'échange ;
  • il prend soin de gérer le temps pour conserver l'attention nécessaire.

Ce type d'enseignement produit rapidement des progrès dans la compréhension des textes entendus. À cette fin, l'enseignant cible des objectifs de plus en plus complexes. En fin d'école maternelle, il est attendu des élèves qu'ils comprennent des textes écrits sans autre aide que le langage entendu. Pour cette raison, il est nécessaire de travailler à partir de textes écrits dans un langage soutenu correspondant à l'univers de référence de la langue écrite. Les contes traditionnels, les contes mythologiques, les textes du patrimoine permettent d'une part l'accès à la langue écrite de référence et d'autre part, l'entrée dans la culture commune de référence.

À travers la lecture à haute voix par le professeur mais aussi à travers les écrits qu'il produit, les élèves prennent aussi conscience que l'adulte peut dire ce qui est écrit et qu'il peut écrire ce qui est dit, en utilisant un code qu'ils ne connaissent pas. Ils prennent également conscience de la permanence des signes qui composent l'écrit, parce que les textes lus demeurent identiques de lecture en lecture et qu'il y a une exacte correspondance entre ce qui est dit et ce qui est écrit. Les ressemblances perçues entre l'oral et l'écrit, les explications de l'enseignant sur son activité d'écriture, permettent peu à peu aux enfants de comprendre que les rapports entre oral et écrit sont régis par un système qui code les sons de la langue orale grâce aux lettres.

Développer et Entraîner la Conscience Phonologique

La compétence de lecteur repose sur un faisceau de composantes. Qu'il entende un mot ou qu'il le lise, l'être humain sollicite les mêmes aires dans son cerveau. Il apprend d'abord à parler, développe son langage et ses capacités de compréhension, puis découvre que la langue peut aussi être codée sous forme de signes tracés sur un support. Le langage est fait de mots, de phrases, d'intentions, de prosodie ; il apparait fluide. L'enfant parle mais il ignore que ce langage peut se découper en plusieurs catégories - la phrase, le mot, la syllabe, le phonème. Les compétences phonologiques (capacité à manipuler les unités de paroles) et la connaissance du nom des lettres sont essentielles à travailler car elles préparent l'apprentissage ultérieur du code. Leur développement doit prendre une juste place dans l'ensemble des apprentissages prévus par le programme d'enseignement de l'école maternelle.

L'Instruction en Famille (IEF) et la Préservation de la Langue Maternelle

Les avantages de l’IEF (Instruction En Famille) dans la préservation de la langue maternelle sont considérables. Les enfants en IEF passent un temps considérable avec leurs parents qui sont les transmetteurs de la langue maternelle. Ils passent donc plus de temps en contact avec leur langue maternelle et apprennent plus sereinement. L’IEF permet également aux parents de se perfectionner ou de redécouvrir leur langue maternelle lorsqu’ils enseignent à leurs enfants. Pas de panique, des recherches prouvent que la langue maternelle peut s’oublier très facilement avant l’âge de 12 ans mais qu’elle laisse des traces dans le cerveau. Il suffit de s’y replonger pour réactiver les connaissances.

L’IEF devrait être l’occasion de multiplier les rencontres et éventuellement en apprendre sur les éventuelles différentes langues et cultures. On peut participer à des ateliers et par exemple mettre en évidence les emprunts linguistiques et culturels. Les enfants en IEF ne connaissent pas ou peu la hiérarchisation et les catégorisations qui sont une norme dans les écoles. Ils sont plus ouverts aux autres et ont moins de préjugés.

Conseils pour Préserver la Langue Maternelle de Votre Enfant

  • Valoriser la langue maternelle: Apprendre à l’enfant la valeur de la langue maternelle. Expliquer que c’est un don précieux à préserver pour son épanouissement.
  • Parler la langue maternelle: Ne pas avoir honte de parler la langue maternelle en présence de personnes ne la comprenant pas : traduisez au besoin , expliquez…
  • Lire et raconter des histoires: Lire beaucoup d’histoires dans la langue maternelle.
  • Utiliser la langue maternelle dans la vie quotidienne: Cuisiner des plats traditionnels, chanter des chansons, regarder des films dans la langue maternelle.
  • Créer des opportunités de parler la langue maternelle: Trouver des groupes de jeux, des cours de langue, des correspondants.

tags: #langage #maternelle #définition

Articles populaires: