Christine Boisson, actrice française discrète mais appréciée des cinéphiles, a récemment partagé un témoignage poignant sur son enfance et les abus qu'elle aurait subis de la part de sa mère. Ce récit, dévoilé après un événement déclencheur, met en lumière un sujet tabou : l'inceste maternel.

Un Déclic Inattendu

C'est après que sa fille soit tombée sur un site internet annonçant sa mort que Christine Boisson a eu un déclic. Cet événement inattendu l'a poussée à lever le voile sur sa vie difficile et les traumatismes qui l'ont marquée.

Une Relation Mère-Fille Toxique

La relation entre Christine Boisson et sa mère, Colette, était des plus compliquées. Dès son plus jeune âge, Christine entend sa mère lui répéter qu’elle a failli mourir en la mettant au monde et a ensuite enchaîné les menaces du type « Si tu fais ça, je me suicide ! ». Devenue actrice, elle se rappelle que Colette, sa maman, faisait tout « pour [la] sabo­ter », allant jusqu’à la pous­ser à arri­ver en larmes le premier jour d’un tour­nage impor­tant. « Il y a des mères Médée qui dévorent leurs enfants.

L'Inceste Maternel : Un Tabou Brisé

Pire, Chris­tine révèle que sa maman aurait abusé d’elle : « Comment appe­ler une mère qui, pour me dire bonjour, me cares­sait les seins et les fesses et s’adon­nait à des caresses, distrai­te­ment, en regar­dant la télé ? On parle rare­ment des mères inces­tueuses, mais cela existe.

Ce témoignage courageux brise le silence autour de l'inceste maternel, un sujet rarement abordé. Les abus décrits par Christine Boisson soulèvent des questions importantes sur la dynamique familiale et les conséquences psychologiques de tels actes.

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Les Conséquences Traumatiques

Écra­sée par la figure mater­nelle, Chris­tine Bois­son ira jusqu’à taire un viol dont elle a été victime à l’âge de 18 ans par « peur de se faire engueu­ler par [sa] mère. S’en­sui­vront des années de drogue et d’al­cool. « Ma colère, explique Chris­tine, je l’ai retour­née contre moi.

Les abus subis ont eu des conséquences profondes sur la vie de Christine Boisson. Elle a sombré dans la drogue et l'alcool pour faire face à sa colère et à sa douleur. Le silence imposé par sa mère l'a empêchée de chercher de l'aide et de se reconstruire.

Une Mère Atteinte de Dégénérescence Sénile

Aujourd’­hui, les rela­tions ne sont pas apai­sées entre les deux femmes. Colette Bois­son est toujours en vie mais « est atteinte de dégé­né­res­cence sénile, avec des crises para­noïaques aiguës qui la rendent dange­reuse pour elle-même et pour les autres », raconte l’ac­trice. Pour preuve, leur dernière entre­vue il y a deux ans : « Elle a voulu me balan­cer un presse-papier en verre à la figure.

La maladie de sa mère rend la situation encore plus complexe. Christine Boisson a tenté de tourner la page, réalisant que sa mère ne changera jamais.

Tourner la Page et Pardonner

Depuis, Chris­tine a pris le parti de tour­ner la page, réali­sant que sa mère ne chan­ge­rait jamais. « Elle n’en­tend pas, elle ne fait que mono­lo­guer, explique-t-elle fata­liste. C’est sans fin. J’ai essayé de lui écrire il y a deux ans (…) mais elle est d’une noir­ceur effrayante. « Je lui pardonne dans le sens où c’est une personne malade (…) Elle n’a pas eu ma peau.

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Malgré la douleur et les traumatismes, Christine Boisson a choisi de pardonner à sa mère. Elle reconnaît que sa mère est une personne malade et qu'elle n'a pas réussi à la détruire.

Le Parcours d'une Actrice

Chris­tine a 17 ans lorsqu’elle décroche son premier rôle dans Emma­nuelle. Alors que ses parents ont signé une décharge afin que, mineure, elle puisse tour­ner dans le fameux film érotique, comme elle le révèle à Gala, sa mère ne cesse dès lors de la rabais­ser, lui répé­tant « Tu crois que ton père est fier d’avoir une fille qui tourne dans Emma­nuelle ?

Jeune mannequin, elle se retrouve encore mineure, à 17 ans, recrutée par le réalisateur Just Jaeckin pour jouer Marie-Ange, adolescente délurée qui restera célèbre pour une scène de masturbation dans le film érotique devenu culte « Emmanuelle » (1974).Elle multipliera alors pendant les années 1970 les rôles souvent dénudés, avant de les refuser systématiquement et de se consacrer au théâtre.

Formée au conservatoire, l’actrice a tourné dans une cinquantaine de films sous la direction notamment d’Alain Robbe-Grillet, Yves Boisset, Claude Lelouch, Olivier Assayas, Philippe Garrel ou Laetitia Masson et plus récemment avec Maïwenn dans « Le bal des actrices ».Elle se nomme Jeanne-Maria Hollard, d’après un article de L’Est républicain daté du 14 mai 1931, plus exactement Jeanne Hollard, comme on peut le lire dans Le Télégramme des Vosges du même jour.

En 2010, cette actrice, qui s’était dite victime d’inceste maternelle dans la presse, avait tenté de se défenestrer. L’actrice Christine Boisson, qui avait débuté au cinéma dans « Emmanuelle », est morte lundi à 68 ans à Paris d’une maladie pulmonaire, a indiqué sa fille. « Elle a rejoint les étoiles et je voudrais que l’on se souvienne d’elle avec grâce car c’était une actrice gracieuse », a déclaré Juliette Kowksi.

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L'Affaire Grégory : Une Histoire de Violence Intrafamiliale

L’assassinat sacrificiel d’un enfant de quatre ans par des parents proches (cousin, oncle, tante…) est un événement exceptionnel, presque sans équivalent, impensable. L’exceptionnalité de cet événement se réduit un peu dès lors qu’on considère ceci : le père du petit Grégory descend d’une lignée paternelle qui a connu un infanticide (involontaire) et d’une lignée maternelle qui a connu un inceste. Il descend de deux lignées frappées par ce que la violence intrafamiliale peut revêtir de plus extrême (des maltraitances qui conduisent à la mort, un inceste qui provoque une naissance). C’est de cette violence intrafamiliale qu’il faut partir. C’est avec cette violence intrafamiliale que Jean-Marie a voulu rompre. C’est cette configuration de violence intrafamiliale qui l’a diaboliquement rattrapé. La sociologie peut contribuer à éclairer un tel processus. Mais elle se heurte inévitablement à l’énigme du passage à l’acte meurtrier. Rien, cependant, n’empêche d’approcher scientifiquement une telle énigme. Il ne s’agit pas de chercher à la résoudre. Il s’agit de se décentrer de « la mécanique du crime » (qui, remarquait Denis Robert, conduit immanquablement les personnes qui essayent de la pénétrer « dans une impasse »14) pour s’intéresser, plutôt, à certains mécanismes profonds qui ont pu jouer. Il y a une condition : que la psychanalyse vienne épauler la sociologie. De ce point de vue, le travail du psychanalyste et psychiatre Paul-Claude Racamier (1924-1996) autour des psychoses et de la perversion a permis de mettre au jour des mécanismes psychiques-interactifs mal connus.

Selon un récit désormais dominant, il apparaît clairement - c’est la piste suivie par les juges et gendarmes qui ont relancé l’enquête en 2008 - que le « projet de meurtre du fils du “chef” Jean-Marie Villemin a été fomenté et réalisé par plusieurs personnes du même clan »15. La journaliste Patricia Tourancheau, spécialiste des dossiers criminels et des cold cases, documente et développe cette thèse dans le livre d’enquête et de synthèse le plus complet publié à ce jour sur l’affaire. Elle cite un extrait du « carnet » (rendu public en 2017) du deuxième juge chargé de l’enquête, entre 1987 et 1990 : « L’assassin était à Aumontzey dans le triangle A (Bernard Laroche et son entourage), B (Michel Villemin et sa femme), C (Marcel Jacob et sa femme) »16. Aumontzey est le village où résidaient également Albert et Monique Villemin, les grands-parents de Grégory.

Il ne fait aucun doute que « le corbeau » qui leur a empoisonné la vie pendant un an et demi habitait dans leur voisinage proche - très vraisemblablement sur les hauteurs d’Aumontzey, à un kilomètre de leur maison, là où Bernard Laroche et son oncle Marcel Jacob avaient élu domicile. Ce « corbeau » a multiplié les appels téléphoniques anonymes malveillants à partir du mois de septembre 1981. Ses obsessions tournaient autour des trois thèmes suivants : la sexualité, la mort et l’argent. La sexualité de Monique (enceinte de Jacky lorsqu’elle rencontra Albert), à laquelle « le corbeau », « le gars », prêtait maints amants, suggérant l’existence d’un autre « bâtard » au moins. La mort d’Albert, dont le père s’était pendu et qui lui-même était acculé à commettre le même geste fatal. L’argent de Jean-Marie, enfin, « le chef », qu’il fallait exclure de la famille sous peine de représailles. « Le corbeau », qui faisait mine de défendre Jacky, avait enfin l’insulte facile à l’égard des autres enfants Villemin (Jacqueline, Michel et Gilbert) et de leurs conjoints.

Le journaliste Thibaut Solano, lui aussi spécialisé dans les affaires criminelles, a consacré une enquête dense et passionnante à ce « corbeau ». Il offre une mise à plat précise et vivante - synthétisant auditions et expertises. Il conclut qu’un couple aurait été à la manœuvre : un homme à la voix rauque et essoufflée, manifestement déguisée, et une femme à la voix plus naturelle. On peut déduire de son travail que la femme a été en première ligne s’agissant notamment de passer des appels pour annoncer le suicide par pendaison d’Albert, sa mort des suites d’un arrêt cardiaque ou des accidents imaginaires ; tandis que l’homme à la voix rauque l’a été s’agissant notamment de menacer de s’en prendre physiquement à Christine, au « chef », puis au petit Grégory.

Contrairement à Patricia Tourancheau, qui parle d’un « corbeau à deux têtes »17 à propos de Jacqueline et Marcel Jacob, Thibaut Solano se garde d’associer directement des noms à ces voix. De fait, de nombreux éléments de suspicion, énumérés dans l’arrêt du 3 février 1993, incitent à penser que Bernard Laroche fut « l’un des Corbeaux s’il y en a eu plusieurs »18. Avant ces deux enquêtes de référence, Laurence Lacour (née en 1957), qui avait couvert l’affaire pour Europe 1 dès le début, avait publié une somme vertigineuse : Le bûcher des innocents (1993). Elle dissèque parfaitement le concours de circonstances qui a produit des interférences délétères entre cette affaire et le climat politique de l’époque. Surtout, elle ne s’épargne guère dans le bilan qu’elle livre du traitement journalistique de l’affaire. Elle raconte tout et va jusqu’au bout de ses analyses. C’est long, car il me faut rassembler, lire, relire et analyser les 2 000 articles qui sont parus dans la presse nationale et lorraine. Je vais mettre les gens devant l’irresponsabilité de leurs actes et de leurs écrits. Je citerai leurs noms et ceux de leurs employeurs. Jeune journaliste, beaucoup moins établie que Jean-Michel Bezzina (le correspondant de RTL dans l’Est, qui présidait par exemple l’Union des clubs de la presse de France), Lacour était a priori encline, comme l’écrit Bourdieu, à « opposer les principes et les valeurs du “métier” aux exigences, plus réalistes ou plus cyniques », des « “anciens” »21. Elle aimait son « métier par-dessus tout »22. Or elle fut elle-même amenée, sous la double pression de sa direction (uniquement soucieuse des verdicts du marché et des audiences) et de la concurrence sur place (« une lutte fratricide »23), à sacrifier le principe d’objectivité qui fait l’honorabilité de sa profession. Conformément à la logique spécifique du champ journalistique, « champ orienté vers la production de ce bien hautement périssable que sont les nouvelles, la concurrence pour la clientèle tend à prendre la forme d’une concurrence pour la priorité, c’est-à-dire pour les nouvelles les plus nouvelles (le scoop) »24. Lacour n’y échappa pas : « Je suis victime […] de la précipitation ambiante et du besoin de livrer de “l’info” vivante à tout prix. Toujours plus fort, toujours plus vite que les autres »25, note-t-elle en repensant, honteuse, à sa manière d’annoncer l’inculpation (et de certifier par là même la culpabilité) de Bernard Laroche, le 5 novembre 1984, sur les ondes d’Europe 1. Puis, lorsque l’étau se resserra autour de Christine Villemin, elle pas…

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