L'allaitement maternel est une étape cruciale pour le développement du nourrisson et la santé de la mère. L'alimentation de la mère joue un rôle essentiel dans la qualité du lait maternel et le bien-être du bébé. Cet article explore les avantages et les inconvénients potentiels de la consommation de chou-fleur pendant l'allaitement, ainsi que des recommandations alimentaires générales pour les femmes allaitantes.
Le rôle de l'alimentation pendant l'allaitement
L'alimentation de la mère allaitante doit être adaptée pour limiter l'apport de substances potentiellement néfastes pour le nourrisson et privilégier les nutriments essentiels pour sa croissance et son développement.
Substances à limiter ou à éviter
- Caféine, théophylline et théobromine: Ces substances passent facilement dans le lait maternel et, en excès, peuvent perturber le sommeil et le développement du nourrisson, surtout s'il est prématuré. Il est recommandé de limiter la consommation de café à 2-3 tasses standards par jour et de thé à 1 litre par jour maximum. Opter pour du café ou du thé décaféiné peut être une bonne alternative. La consommation d'aliments à base de chocolat doit également être limitée à environ 50 g par semaine. Évitez les boissons énergisantes, les barres énergétiques, les boissons aux colas, la poudre de guarana et le maté.
- Acides gras trans: Ces acides gras peuvent réduire la lipidémie du lait maternel, alors que les lipides sont indispensables au développement des nourrissons (ils représentent 50 % de l'apport énergétique total). De plus, les acides gras trans seraient susceptibles d'augmenter les risques d'eczéma chez l'enfant. Il est donc conseillé de privilégier la cuisine maison et les matières grasses "naturelles" comme les huiles végétales pressées à froid, le beurre et la crème fraîche, tout en évitant les margarines hydrogénées et les produits ultra-transformés.
- Phytoœstrogènes: Ces molécules présentes dans les aliments d'origine végétale peuvent diminuer l'absorption de l'iode, affectant les teneurs en iode dans le lait maternel. En excès, ils favorisent les troubles du développement thyroïdien chez le nourrisson. Il est recommandé de limiter la consommation de produits à base de soja à un produit par jour maximum. En cas de consommation régulière, il est préférable d'augmenter les apports en iode en consommant des produits de la mer, des algues marines et du sel iodé.
- Phytostérols: Ces composés présents dans les plantes peuvent interférer avec l'absorption d'autres nutriments, dont le bêta-carotène, important pour la croissance des bébés. En excès, on observe une baisse de la concentration de bêta-carotène dans le lait maternel et dans le sang des nourrissons. Il est préférable de privilégier le beurre pour les tartinades et la cuisson à l'huile végétale plutôt que les margarines enrichies en phytostérols.
- Mercure: Ce métal lourd peut perturber le développement du cerveau et du système nerveux de l'enfant. Il est important d'éviter l'espadon, le marlin, le siki, la lamproie et le requin. La consommation de poissons prédateurs sauvages comme la lotte, le loup-bar, la bonite, le thon (frais ou congelé), le saumon, le sabre, la raie, l'anguille, l'empereur, le grenadier, le flétan, le brochet et la dorade doit être limitée à 150 g par semaine. Les poissons d'eau douce fortement bioaccumulateurs comme l'anguille, le barbeau, la brème, la carpe et le silure doivent être consommés maximum 1 fois tous les 2 mois. La consommation de conserves de thon blanc (germon ou albacore) doit être limitée à 300 g par semaine. Il est conseillé de varier l'origine, les lieux de pêche et les modes d'approvisionnement (sauvage ou élevage).
- Alcool: L'alcool passe dans le lait maternel 30 à 60 minutes après sa consommation et l'organisme immature du nouveau-né est incapable de le métaboliser, ce qui trouble son développement. La consommation d'alcool diminue également la lactation. Il est recommandé de ne pas consommer d'alcool et d'éviter les préparations culinaires contenant de l'alcool. Pour les plats déglacés à l'alcool, il est conseillé de laisser mijoter au minimum 2 heures pour laisser s'évaporer l'alcool.
Nutriments à privilégier
- Eau: Les besoins hydriques augmentent chez la femme allaitante, car le lait maternel est constitué à 90 % d'eau, ce qui représente en moyenne 450 mL à 810 mL d'eau par jour utilisée pour la confection du lait. Il est recommandé de boire minimum 2 L d'eau tout au long de la journée et d'opter pour les tisanes pour aider à couvrir les besoins hydriques. L'anis, le fenouil, le fenugrec, le cumin et le carvi sont des plantes galactogènes qui stimulent la production de lait maternel. Il est possible d'optimiser ses apports en calcium en utilisant des eaux minérales sources de calcium comme Hépar®, Courmayeur®, Contrex®, Salvetat®, Vittel®, etc.
- Calcium: Dans 100 mL de lait maternel, on retrouve en moyenne 30 mg de calcium. Sur les quantités consommées par un bébé en une journée, on monte entre 150 et 270 mg de calcium utilisé pour la confection du lait. Augmenter les besoins en calcium préserve l'intégrité du squelette de la mère.
- Vitamine D: La vitamine D améliore le coefficient d'utilisation digestive (CUD) et la fixation osseuse du calcium.
- Vitamine A: La vitamine A entre dans la composition du lait et est indispensable à la croissance du nourrisson. Pour assurer les besoins du nourrisson ainsi que les siens, les besoins en vitamine A augmentent chez les femmes allaitantes, passant à 1300 µg/jour (les besoins sont de 650 µg/j chez les femmes).
- Vitamine B9: Les besoins de vitamine B9 augmentent chez les femmes allaitantes : 500 µg/j, contre 330 µg/j chez les femmes. Cette vitamine contribue au développement du système nerveux chez les nouveaux nés et participe aux métabolismes cellulaires de la femme allaitante (synthèse de l'ADN, de l'ARN, des globules rouges, des neurotransmetteurs, des globules blancs, etc.).
- Oméga-3: Un déficit en oméga-3 ou un déséquilibre entre le ratio oméga-6 et les oméga-3 augmenteraient les risques de pathologies (obésité, troubles cutanés) du nourrisson. Un lait maternel riche en oméga-3 favorise une meilleure maturation neurologique chez le nouveau-né.
- Magnésium: Lorsque vous allaitez, l’apport recommandé en magnésium augmente, il faut donc trouver des sources pour éviter les carences. Pour cela, vous pouvez consommer des céréales complètes, du chocolat, ainsi que des légumes verts comme les haricots, les épinards, ou encore l’artichaut qui est aussi riche en fer.
Aliments à privilégier pour préserver la santé de la maman
Hormis la nature des lipides, les recommandations alimentaires de la femme allaitante ont pour but de préserver les réserves de la mère. L’organisme puise dans les réserves de la mère, même si ces dernières sont minces : les besoins du nouveau-né passent avant ceux de la mère. Il est donc plus que nécessaire de constituer des réserves nutritionnelles solides en misant sur les nutriments suivants :
Les produits laitiers : Les produits laitiers apportent plusieurs micronutriments intéressants pour les femmes allaitantes :
- Eau : le lait est composé à plus de 85 % d’eau. Il participe à la couverture des besoins hydriques.
- Calcium : les produits laitiers sont les aliments les plus riches en calcium. De plus, ce calcium est bien absorbé, car le rapport phosphocalcique est légèrement supérieur à 1, c’est-à-dire que le phosphore ne fait pas concurrence au calcium lors de l’absorption.
- Vitamine D : les produits laitiers apportent de la vitamine D. La vitamine D améliore l’absorption du calcium.
- Vitamine A : on retrouve des apports intéressant en rétinol. Les fromages sont plus riches, avec 90 µg de rétinol pour une portion (30 g), 37 µg de rétinol pour 1 yaourt (125 g) et 35 µg pour 100 mL de lait.
- Probiotiques : les fromages et les laits fermentés (yaourt, lait ribot, kéfir, lassi, etc.) sont ensemencés par des bactéries lactiques. Ces bactéries peuvent appartenir aux genres Bifidobacterium ou Lactobacille. En nutrition, ces bactéries sont nommées probiotiques : des microorganismes vivants exerçant des effets positifs sur notre santé. Des études affirment que la prise de probiotiques chez la femme enceinte ou allaitante aident à prévenir et traiter les maladies atopiques.
Si vous ne consommez pas de produit laitier, il est possible de consommer les boissons végétales (lait d’amande, boissons au riz, boissons au soja, boissons à l’avoine, etc.). Bien qu’ils apportent moins de calcium et sont dépourvus de vitamine D et de vitamine A, ils contiennent plus d’AGPI.
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Il est recommandé de consommer 2 à 4 produits laitiers par jour et de privilégier les fromages de saison. Ils contiennent plus de vitamine A grâce au pâturage des vaches, brebis, chèvres ou juments. Il est également important d'éviter les laits écrémés. L’écrémage du lait supprime les vitamines liposolubles, tel que les vitamines A et D. Il est également conseillé de varier l'origine du lait : brebis, vache, chèvre, bufflonne…
Les fruits et les légumes : Comme toujours, les fruits et légumes sont à encourager. Ils regorgent de nombreux nutriments nécessaires au bon déroulement de l’allaitement :
- Eau : en majorité composée d’eau (80 à 90 %), ils aident à couvrir les besoins hydriques.
- Fibres : les fibres réduisent l…
La sardine et le maquereau : Les petits poissons gras sont parfaits pour accompagner l’allaitement grâce à leurs compositions nutritionnelles parfaites. Ils apportent :
- des oméga-3 : le maquereau et la sardine apportent en moyenne 3 mg d’oméga-3 (acide alpha-linolénique, EPA et DHA) pour 100 g de poisson consommé. De plus, ils contiennent peu d’oméga-6, environ 0,1 mg pour 100 g. Ils contribuent donc à rééquilibrer le rapport oméga-3/oméga-6. Cet atout améliorerait la qualité des lipides du lait maternel.
- de la vitamine D : ils contiennent en moyenne 5 µg de vitamine D pour 100 g. Ils comblent plus d’un tiers des besoins de la femme allaitante à eux seuls.
- de l’iode : avec leurs 35 µg d’iode dans 100 g de maquereau ou de sardine, ils participent aux apports d’iode. L’iode participe au fonctionnement de la thyroïde. Les besoins en iode augmentent chez la femme allaitante.
- Les quantités de mercure qu’ils contiennent sont faibles. L’organisme arrive à gérer le peu de mercure qu’ils transportent.
de plus, ils contribuent aux besoins de calcium et de vitamine B9. Les quantités sont faibles, mais notables.
Il est recommandé de consommer au minimum un plat à base de maquereau ou de sardine par semaine.
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Aliments pour limiter la fatigue de la maman
La production de lait est un coût énergétique non négligeable. Ainsi, il est judicieux de privilégier :
- les aliments à indice glycémique modéré à faible : l’indice glycémique est le reflet de la glycémie après l’ingestion d’un aliment. Plus le score est bas, plus la glycémie est équilibrée : l’absorption des glucides est lente, ce qui apporte de l’énergie tout au long de la digestion. Apporter de l'énergie tout au long de la journée prévient les hypoglycémies post-tétées et la fatigue qui les accompagnent.
Chou-fleur: bienfaits et précautions pendant l'allaitement
Bienfaits du chou-fleur
Le chou-fleur est un légume crucifère de la même famille que le brocoli, le chou de Bruxelles et le chou frisé. Il est riche en vitamines, minéraux et fibres, ce qui en fait un aliment nutritif pour la mère et potentiellement bénéfique pour le bébé.
- Riche en vitamines et minéraux: Le chou-fleur est une bonne source de vitamine C, essentielle pour le développement du système immunitaire fort chez le bébé. Il est également riche en vitamine K et fournit des fibres nécessaires à la digestion.
- Facilite le transit intestinal: Le chou-fleur est riche en fibres, ce qui peut aider à réguler le transit intestinal de la mère et prévenir la constipation.
- Source de fibres: Ce légume est très riche en fibre, et se range parmi les légumes excellents pour le transit notamment en cas de constipation.
Précautions à prendre
- Goût fort: Certains aliments ayant un goût prononcé comme le chou-fleur, peuvent parfois déranger bébé. Mais ce n’est pas une vérité générale et cela dépend de chaque bébé. Tu peux essayer d’en manger et si tu ne constates aucune réaction particulière chez ton enfant, tu n’as pas besoin de changer tes habitudes.
- Flatulences: Le chou-fleur peut provoquer des flatulences chez certaines personnes, y compris les bébés. Il est donc recommandé de le consommer avec modération et d'observer la réaction du bébé. Pour bébé, il faut le cuire au bain marie ou à la vapeur car sinon, gare aux flatulences. Pour les adultes, le blanchir à l’eau bouillante est aussi recommandé.
- Préparation: Pour peu qu’il soit trop cuit, il peut avoir un goût soufré, pas évident pour les débuts de diversification. L’idéal est une cuisson vapeur. Mais cela fait partie de l’apprentissage des goûts, et bébé doit s’y frotter.
Comment introduire le chou-fleur dans l'alimentation de bébé ?
L’introduction du chou-fleur, il est recommandé d’attendre jusqu’aux six mois de l’enfant. « Avant cet âge, le système digestif est encore immature. À partir de six mois, les parents peuvent cuire le chou-fleur à la vapeur avant de le mixer, afin de préparer une soupe ou purée bien lisse. À cet âge, un bébé n’a pas encore totalement acquis le réflexe de déglutition. En soupe ou en purée, on peut allier le chou-fleur avec des légumes considérés comme « doux » tels que les pommes de terre ou encore les carottes. En revanche, mieux vaut s’abstenir d’ajouter des légumes fibreux (poireaux, navets…) ou d’autres choux à une recette contenant déjà du chou-fleur.
- Âge conseillé : dès 6 à 9 mois.
- Comment introduire le chou-fleur dans l'alimentation de bébé ? En purée, en velouté, en gratin ou en salade, le chou-fleur se décline à toutes les sauces pour régaler bébé et toute la famille. Dès 6-9 mois (en DME, ou lorsque bébé tient bien assis et est habitué aux morceaux fondants), vous pouvez lui proposer des fleurettes cuites bien fondantes à manger avec les doigts. Dès 24 mois, vous pouvez peu à peu réduire le temps de cuisson des fleurettes. Pour régaler bébé, choisissez un chou aux fleurettes blanches dépourvues de taches et bien serrées.
- Avec quoi associer le chou-fleur ? Fruits et légumes : carotte, tomate, oignon, brocoli, courgette. Féculents : blé (farine), quinoa, pomme de terre, patate douce, riz. Viandes et poissons : lieu jaune, jambon, saumon, poulet, limande. Herbes et épices : curry, muscade, persil, basilic, ail.
Conseils supplémentaires pour l'introduction du chou-fleur
- Choisir un chou-fleur frais: Recherchez les choux-fleurs avec une tête compacte, sans taches brunes ni feuilles flétries.
- Cuire à la vapeur: La cuisson à la vapeur est idéale pour conserver le maximum de nutriments possibles.
- Préparer des purées: Les purées sont idéales pour débuter l'introduction alimentaire. Une simple purée de chou-fleur peut se réaliser en mijotant ce légume puis en le mixant jusqu'à obtenir une consistance douce.
- Attrait visuel: L'attrait visuel est également important pour encourager bébé à goûter de nouveaux aliments.
- Régularité et patience: La régularité et la patience sont clés lors de l'introduction d'un nouvel aliment. Commencez toujours par de petites quantités pour habituer progressivement le palais de bébé.
- Allergies: Bien que les allergies au chou-fleur soient rares, ils peuvent exister. Observez attentivement toute réaction après l'introduction de ce légume dans l'alimentation de votre bébé.
Recommandations générales pour l'alimentation pendant l'allaitement
- Manger de tout avec modération: Il n'y a pas d'aliments strictement interdits pendant l'allaitement, mais il est important de manger de tout avec modération et d'observer la réaction du bébé.
- Privilégier une alimentation variée et équilibrée: L'essentiel est de ne surtout pas te priver d’aliments nutritifs qui t’apportent de l’énergie, des fibres, des protéines, des glucides, du calcium, de bons acides gras oméga 3, des vitamines et des minéraux, et de privilégier une alimentation variée et équilibrée.
- Boire beaucoup d'eau: Les femmes qui allaitent ont besoin d’énormément d’eau ou autres boissons. En effet, le lait maternel étant constitué à presque 90% d’eau, il vous faudra donc augmenter votre consommation. N’hésitez pas à boire très régulièrement, y compris quand vous donner le sein, moment où vous aurez le plus soif .
- Se reposer et se détendre: L’allaitement est un moment important mais ne doit pas devenir une source d’angoisse, car bébé le ressentira également. Reposez-vous, détendez-vous et surtout, écoutez-vous !
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