L'histoire de Camille Bockel est une histoire poignante de deuil, de souvenir et d'espoir, intimement liée à la perte tragique de son fiancé, le lieutenant Pierre Bockel, et à l'attente de leur premier enfant. Cet article explore les événements qui ont marqué sa vie, son témoignage poignant et l'héritage de Pierre Bockel.
Un deuil national : Pierre Bockel, un visage de l'Alsace meurtrie
Le 25 novembre 2019, treize militaires français ont perdu la vie au Mali dans un accident d'hélicoptère. Parmi eux, le lieutenant Pierre Bockel, fils de Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d'État à la Défense et sénateur centriste du Haut-Rhin. Sa disparition a plongé sa famille, ses amis et toute l'Alsace dans le deuil.
Pierre Bockel était un homme discret, pudique et humble. Ami d'enfance, membre du « Club des cinq », il était aussi militaire. Il avait 28 ans et pilotait le Cougar dédié au transport de troupe.
Le lundi 2 décembre, Emmanuel Macron a rendu hommage aux treize soldats morts au Mali dans la cour des Invalides. Pierre Bockel a été décoré de la Légion d'honneur à titre posthume.
Camille, la fiancée endeuillée, enceinte de cinq mois
Camille, la compagne de Pierre Bockel, attendait leur premier enfant. Elle était enceinte de cinq mois lorsque Pierre est décédé. Le jour de l'accident, elle avait rendez-vous chez le médecin pour sa deuxième échographie. Elle devait mettre la photo dans le colis qu'elle lui préparait pour Noël, une surprise pour qu'il puisse découvrir leur premier enfant, un garçon, qui verra le jour au printemps.
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Camille et Pierre s'étaient rencontrés grâce au travail de Camille dans l'immobilier. À la fin de l'année 2016, Pierre devait s'installer à Pau pour être proche de la base du 5e RHC. Leur relation a débuté par une amitié, prenant son temps, avant de se transformer en un amour profond et solide. Ils habitaient dans une petite maison et partageaient les choses du quotidien. "Lui jamais sans moi. Moi jamais sans lui. On découvrait la vie ensemble, y puisant chaque jour une force mutuelle."
Ils avaient prévu de se marier en août prochain et avaient célébré leurs fiançailles à Bilbao en juillet 2019. Leur passion commune était les voyages. En avril, ils avaient exploré l'Europe de l'Est, de Hambourg à Riga, dormant chez l'habitant et accumulant des souvenirs précieux.
Un militaire pacifiste
Pierre Bockel était un militaire pacifiste, qui a servi la France pendant plus de huit ans en tant que pilote. "Sa passion, c’était l’aviation. Il adorait son métier. Mais il détestait la guerre." Camille témoigne qu'il ne s'énervait jamais et qu'il ne supportait pas la violence. Avant de le rencontrer, elle n'aimait pas les militaires, mais elle a réalisé qu'il fallait des hommes aussi bons et équilibrés que lui.
Camille ne souhaite pas que la disparition de Pierre et de ses douze frères d'armes soit un appel à la haine. Au contraire.
Faire vivre le souvenir de Pierre
Camille se souvient de la dernière fois qu'elle a vu Pierre, lorsqu'elle l'a déposé sur le parking de la base militaire de Pau-Uzein. Elle n'aurait jamais imaginé que cet au revoir serait un adieu.
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Elle a la chance d'être bien entourée par sa famille, ses amis et la famille Bockel, qui la soutiennent beaucoup. Elle tente de transmettre un peu de Pierre à leur fils. "Je lui dis qu'il est né d'amour, et j'espère qu'on lui a transmis. Un père et un époux dont elle était particulièrement fière : "J'étais fière de l'homme, de voir qu'il menait jusqu'au bout ses idées et ses projets"."
Elle rappelle notamment qu'il pensait aussi aux pertes du côté malien quand il y avait des attaques. "Il avait envie d'aider, de servir, de paix, et surtout de piloter… Mais pas de faire la guerre."
Le Mali : une situation préoccupante
Camille observe avec "tristesse" la situation qui se délite entre Paris et Bamako. Pour elle, l'expulsion des forces françaises est une décision "très radicale, très violente". "Je ne suis pas particulièrement politisée, mais ça pose question et ça fait peur. On se demande toujours à quoi va ressembler l'après" au Mali, avoue-t-elle. Elle espère que le retrait des forces se fera dans la concertation et le dialogue.
Alors que les forces françaises déployées au Sahel sont désormais officiellement désengagées du nord du Mali, 53 soldats français sont morts dans ce pays depuis 2013. Pour autant, elle refuse de dire "qu'ils sont morts pour rien". "Quand ils sont partis, leur mission avait un sens."
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