L'utilisation de médicaments pendant l'allaitement est une préoccupation majeure pour les mères. Il est essentiel de s'informer sur la compatibilité des médicaments avec l'allaitement afin de protéger la santé du nourrisson. Cet article se penche sur l'utilisation du Buscopan pendant l'allaitement, en tenant compte des informations disponibles et des recommandations actuelles.
Antispasmodiques et allaitement : le cas du Spasfon
Le Spasfon est un antispasmodique couramment prescrit pour soulager les contractions douloureuses de l'intestin, des voies biliaires, des voies urinaires et de l'utérus. Il est utilisé dans le traitement des spasmes d'origines digestive (colites spasmodiques), biliaire (coliques hépatiques), urologique (coliques néphrétiques) et gynécologique (règles douloureuses et contractions de l'utérus pendant la grossesse).
En ce qui concerne l'allaitement, les données disponibles ne permettent pas de savoir si le Spasfon passe dans le lait maternel. Par conséquent, il est déconseillé pendant l'allaitement sans avis médical.
AINS et allaitement : prudence
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont souvent utilisés pour soulager la douleur et l'inflammation. Cependant, leur utilisation pendant l'allaitement nécessite une attention particulière.
La prise d'AINS pendant l'allaitement ne doit se faire que si votre médecin le juge strictement nécessaire, à la dose efficace la plus faible et pendant la durée la plus courte possible. Certaines études ont suggéré que la prise d’AINS en début de grossesse pourrait légèrement augmenter le risque de fausses-couches, de malformations au niveau du cœur et de la paroi abdominale. En provoquant une fermeture prématurée du canal artériel (un vaisseau qui va de l'artère pulmonaire à l'aorte), ce qui peut entraîner une pression artérielle élevée dans les poumons du fœtus (hypertension pulmonaire), voire la mort du fœtus, même après une seule prise. Une prise brève ne doit être prescrite que si votre médecin le juge strictement nécessaire. Toute prise même ponctuelle est strictement contre-indiquée. Si vous avez pris par mégarde un AINS alors que vous êtes à votre 6ème mois de grossesse ou plus, consultez un professionnel de santé. Il pourra alors mettre en place une surveillance cardiaque et rénale, de votre fœtus ou de votre nouveau-né selon le terme d'exposition.
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Meteospasmyl et allaitement : à éviter ?
Le Meteospasmyl est un médicament parfois prescrit pour soulager les troubles digestifs. Cependant, des recherches sur Internet indiquent qu'il est à éviter pendant l'allaitement. Il est donc important de demander l'avis de votre médecin avant de le prendre.
Le Meteospasmyl est composé d'alvérine et de siméticone. L'alvérine est un antispasmodique dont le pic plasmatique est d'environ 9,7 µg/ml et celui du métabolite principal est de 486 ng/ml. La demi-vie plasmatique de l'alvérine est de 0,8 heure et celle du principal métabolite actif est de 5,7 heures. La siméticone est un composé chimique à peu près inerte dans l’estomac. Il n’existe aucune donnée sur l’excrétion lactée de la diméticone (Gel de polysilane Upsa®, Siligaz®) et de la siméticone (diverses spécialités où elle est associée à des adsorbants ou à des pansements intestinaux). Ces molécules sont très peu résorbées par voie orale, et leur toxicité potentielle est quasiment nulle. Elles sont par ailleurs employées chez les nourrissons souffrant de coliques.
Alternatives plus sûres
Il existe des alternatives plus sûres pour soulager les spasmes et les troubles digestifs pendant l'allaitement. Par exemple, le Spasfon peut être utilisé avec prudence et sous avis médical. De plus, des modifications du régime alimentaire et la prise de charbon peuvent également être envisagées.
Examens d'imagerie médicale et allaitement
Les examens d'imagerie médicale, tels que l'IRM, soulèvent également des questions quant à leur compatibilité avec l'allaitement. Dans le cas d'une IRM avec injection intraveineuse de produit à base de gadolinium, moins de 0,04 % de la dose administrée à la mère est excrété dans le lait, et moins de 1 % de ce qui passera dans le lait sera absorbé au niveau du tractus digestif du bébé allaité. Par conséquent, l’enfant sera exposé à moins de 0,0004 % de la dose administrée à la mère par voie intraveineuse. L’ACR souligne, dans sa brochure sur les produits de contraste, que la mère peut sans danger poursuivre l’allaitement après l’administration intraveineuse de produits de contraste à base de gadolinium. Cette recommandation est fondée sur de nombreuses études qui ont démontré l’efficacité et l’innocuité des produits de contraste à base de gadolinium chez les mères allaitantes. Le goût du lait maternel peut être légèrement altéré après l’administration en intraveineuse de produits de contraste à base de gadolinium, mais cela ne présente pas de danger pour le bébé allaité.
De même, les examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) pratiqués sur la mère n'affectent ni le lait maternel ni l'allaitement. Le champ électromagnétique et les ondes radio générés par cette technique ne provoquent pas de changements nocifs dans la composition du lait. Immédiatement après la fin de cette exploration, l'allaitement peut être repris avec succès. La plupart des sociétés scientifiques de radiologie s'accordent à dire qu'après une IRM, il n'est pas nécessaire de sevrer temporairement le bébé allaité. Les différents produits de contraste, dérivés du gadolinium, utilisés pour les explorations en Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) sont considérés comme compatibles avec l'allaitement, car ils sont rapidement éliminés (demi-vie d'élimination inférieure à 2 heures). Ils subissent très peu de modifications métaboliques et sont pratiquement non absorbables par voie orale. Ils sont structurellement très proches les uns des autres. Il a été démontré que certains d'entre eux ne sont pas ou peu excrétés dans le lait. Moins de 0,04 % de la dose administrée à la mère passe dans le lait. En raison de sa faible biodisponibilité orale, l'absorption intestinale devrait être inférieure à 1 % de la dose absorbée par le nourrisson.
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