Aux États-Unis, plus de 2% des enfants sont conçus grâce aux techniques de procréation médicalement assistée (PMA). La fécondation in vitro (FIV), technique de PMA la plus courante depuis 1978, a permis la naissance de plus de 12 millions d'enfants dans le monde, selon le National Committee for Monitoring Assisted Reproductive Technologies. Cet article explore les aspects clés de la FIV, en s'appuyant sur les connaissances actuelles et les témoignages d'experts.

L'Essor de la PMA : Contexte et Facteurs

Contrairement à une idée reçue, la PMA n'est pas une révolution technique récente. Elle est l'aboutissement d'un long processus d'intervention croissante de la médecine dans les projets reproductifs. Dès le début du XVIIIe siècle, les médecins justifiaient leur présence lors des accouchements difficiles par l'utilisation d'objets techniques comme le forceps. Les connaissances scientifiques sur la reproduction se sont ensuite étendues, incitant les médecins à proposer des solutions innovantes aux couples rencontrant des difficultés à concevoir.

Aujourd'hui, la panoplie des interventions techniques sur la reproduction est si vaste que le recours à des professionnels compétents est devenu une démarche courante. Cette transformation progressive de la procréation en problème biomédical, nécessitant un examen, un suivi et l'intervention de spécialistes, constitue une véritable révolution.

Facteurs Socio-Économiques et Logistiques

Les couples recourant à la FIV sont souvent aisés, car cette technique est coûteuse. Ils sont généralement âgés de 30 à 40 ans. À 35 ans, les chances de concevoir naturellement sont de 15% par mois, un chiffre qui diminue à 5% à 40 ans. Certains couples évoquent également des contraintes logistiques. Le Dr Denis Vaughan, endocrinologue de la reproduction au Boston I.V.F., explique que de nombreux patients travaillant dans le conseil ou ayant leur propre entreprise voyagent fréquemment, réduisant ainsi leurs chances de concevoir naturellement.

Les Motivations Derrière le Recours à la FIV

La FIV est envisagée par les couples pour diverses raisons, allant de l'infertilité aux préoccupations génétiques.

Lire aussi: Guide d'Achat : Poussette Noir ou Boston

Dépistage Génétique et Choix du Sexe

Certains couples utilisent la FIV pour dépister des mutations génétiques et éviter de donner naissance à un enfant porteur de ces mutations. Sarafina El-Badry Nance, une astrophysicienne de 30 ans porteuse d'une mutation du gène BRCA, a ainsi décidé de recourir à cette technique. D'autres couples souhaitent choisir le sexe de leur enfant, comme Faith Hartley, 35 ans, et son mari, qui ont eu recours à la FIV pour garantir la naissance d'une deuxième fille.

Tests Prénataux et Bébé Sur Mesure

Des entreprises investissent le marché en proposant des tests prénataux toujours plus larges, parfois déconnectés des questions de santé. La société BillionToOne a récemment lancé BabyPeek, un test non invasif permettant de connaître les caractéristiques non médicales des bébés à naître, comme la couleur probable de leurs yeux et de leurs cheveux, dès la dixième semaine de grossesse. Ces avancées soulèvent des questions éthiques sur le devenir de l'humanité et la possibilité de concevoir des bébés sur mesure.

Les Étapes Clés de l'Histoire de la PMA

L'histoire de la PMA est marquée par trois étapes clés :

  1. La séparation entre reproduction et sexualité: Les expériences scientifiques ont conduit à l'idée qu'il est possible de séparer la reproduction des rapports sexuels.
  2. L'externalisation de la fécondation: Des recherches et expériences ont été menées sur la fécondation en dehors du corps.
  3. La conservation des cellules reproductrices et des embryons: Des innovations techniques ont permis la conservation hors du corps des cellules reproductrices et des embryons fécondés in vitro.

Ces étapes ont été rendues possibles grâce à la capacité de certains chercheurs à imaginer que la fécondation pouvait se réaliser dans des conditions distinctes de son contexte naturel.

Se Reproduire Sans Sexualité : Les Débuts de l'Insémination Artificielle

Les fondements de la PMA ont été posés à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les scientifiques ont commencé à analyser les processus naturels pour les reproduire en laboratoire. L'abbé et biologiste italien Lazzaro Spallanzani a joué un rôle important dans ces réflexions, concluant que la conception d'un organisme vivant peut se produire sans rapport sexuel, en utilisant des instruments qui imitent la nature.

Lire aussi: Tout savoir sur les Birkenstock Boston enfants

Cette idée a été rapidement adoptée par des médecins traitant des patients ayant des difficultés à concevoir. Le chirurgien écossais John Hunter a réalisé l'un des premiers cas connus d'insémination artificielle en 1790. L'insémination artificielle était utilisée pour contourner divers obstacles à la fécondation, principalement masculins, malgré le manque de connaissances sur le processus exact de la conception et la réprobation morale du milieu médical.

Externaliser la Fécondation : La Naissance de la FIV

La deuxième étape de l'histoire de la PMA est l'externalisation du processus de fécondation. Bien que Robert Edwards et Patrick Steptoe soient crédités du développement de la FIV, Gregory Pincus a été l'un des premiers biologistes à étudier les ovules de mammifères et les conditions de leur maturation et de leur fécondation in vitro.

Pincus et Edwards ont rencontré une forte opposition à leur travail, souvent manifestée par un retrait de soutien financier. Edwards a persisté dans son projet et a finalement trouvé un collaborateur enthousiaste en la personne de Patrick Steptoe. Ensemble, ils ont fait progresser les techniques nécessaires à la FIV.

Contrairement à l'insémination artificielle, la FIV repose sur une collaboration entre des professionnels spécialistes de la médecine et de la biologie de la reproduction. Elle nécessite un appareillage de laboratoire et des techniques spécifiques d'intervention chirurgicale. La possibilité de concevoir des embryons hors du corps a également créé les conditions d'une recherche en biologie du développement embryonnaire.

Conserver les Cellules Reproductrices Hors du Corps : La Cryoconservation

La troisième étape ayant contribué au développement de la PMA est la conservation hors du corps des cellules reproductrices et des embryons. Spallanzani a été l'un des premiers à observer que des spermatozoïdes viables pouvaient être trouvés dans du liquide séminal préalablement congelé. Un médecin italien du XIXe siècle, Paolo Mantegazza, a mené des expériences similaires et a suggéré la création d'une banque de sperme pour les hommes partant à la guerre.

Lire aussi: L'évolution de l'enseignement technique au XXe siècle

Les Facteurs de Succès de la FIV

Plusieurs critères doivent être pris en compte pour optimiser le taux de réussite d'une FIV.

L'Âge de la Mère et du Père

L'âge de la mère est un facteur important, car la fertilité féminine commence à baisser à partir de 37 ans. Non seulement le nombre d'ovules diminue, mais leur qualité baisse également. Une étude de l'Université de Boston a montré que l'âge du père contribue aussi au taux de succès de la FIV, mais dans une moindre mesure (20%). Lorsque l'homme dépasse 40 ans, sa fertilité diminue également.

L'étude a analysé plus de 19 000 tentatives de FIV réalisées par 7 753 couples entre 2000 et 2014. Les résultats ont confirmé que le taux de réussite est plus faible chez les femmes de 40 à 42 ans, quel que soit l'âge du père. Si la femme est plus jeune (30-35 ans) mais que l'homme est plus âgé (40-42 ans), les chances de concevoir sont de seulement 11%, contre 70% si l'homme a le même âge qu'elle. La dégradation de l'ADN des spermatozoïdes avec l'âge pourrait être une cause de la baisse de la fertilité masculine.

Le Nombre de Cycles de FIV

Une étude portant sur 6 164 patientes ayant reçu 14 248 cycles de FIV ou d'ICSI a montré qu'en moyenne, les patientes avaient reçu 2,3 cycles, mais certaines en avaient reçu jusqu'à 10. En France, seules quatre tentatives sont prises en charge par l'assurance maladie. Entre quatre et six cycles, les chances d'obtenir une naissance vivante s'améliorent de 10 points de pourcentage dans une hypothèse optimiste, mais quasiment pas (seulement deux points) dans une hypothèse plus prudente.

Questions Éthiques Autour de l'Avortement et du Statut de l'Embryon

Le problème éthique de l'avortement, comme celui de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, tourne principalement autour du statut moral de l'embryon/fœtus humain et des droits moraux et juridiques qui en découleraient. Le désaccord entre partisans et opposants à l'avortement porte essentiellement sur les questions suivantes : l'embryon est-il un être humain ? Est-il un être humain à partir de la fécondation, ou bien ultérieurement ? Est-il aussi une personne humaine ? Si oui, à partir de quel moment ? Est-il actuellement ou potentiellement une personne humaine ?

La notion de personne renvoie traditionnellement à une entité capable de manifester certaines propriétés mentales : être conscient de soi, vouloir, prendre des décisions et faire des choix pour le futur, communiquer, transmettre son savoir mais aussi exprimer de la frustration à être privé de liberté, ou encore entretenir des liens affectifs. Ces critères sont néanmoins discutables en ce qu'ils excluent les jeunes enfants, les individus dans le coma ou ayant un handicap cognitif sévère.

L'Avortement en France : Aspects Juridiques

La législation française distingue l'avortement comme interruption volontaire de grossesse (IVG) de l'avortement comme interruption médicale de grossesse (IMG). L'IMG est autorisée en France depuis 1994 sans restriction de délai et peut être pratiquée uniquement pour motif médical, lorsque la vie de la mère est en danger, ou que l'enfant à naître présente ou est susceptible de présenter une anomalie sévère.

Du point de vue légal, l'avortement est toujours réputé volontaire : la notion juridique d'interruption involontaire de grossesse n'existe pas. La raison est que les entités anténatales ne jouissent pas de droits civiques puisque la personnalité juridique ne s'octroie qu'à la naissance. Le fait que la vie de l'embryon/foetus dépende de celle de sa mère empêche de lui conférer le statut juridique de personne et les droits civils qui en découlent.

Le Droit au Respect de la Dignité de l'Embryon

S'il n'existe pas dans les textes juridiques de droit à la vie pour l'embryon/foetus, dès le début de sa vie, l'embryon a droit au respect de sa dignité et l'avortement doit rester une nécessité médicale. L'article 1er de la loi sur l'IVG affirme que « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l'être humain dès le commencement de sa vie. Il ne saurait être porté atteinte à ce principe qu'en cas de nécessité et selon les conditions définies par la présente loi ».

tags: #boston #ivf #faq

Articles populaires: