Introduction

Le Bien Public, un nom familier pour les habitants de Bourgogne, possède une riche histoire qui s'étend sur plus d'un siècle et demi. De ses origines à son rôle actuel au sein du groupe EBRA, ce journal a été témoin et acteur des événements marquants de sa région. Cet article explore l'évolution du Bien Public, son impact sur la communauté locale, et son adaptation aux défis de l'ère moderne.

Naissance et Premières Années

Le Bien Public naît le 31 août 1868 de la fusion de L’Impartial bourguignon et de L’Union bourguignonne. L’Impartial bourguignon était lui-même issu du Moniteur de la Côte-d’Or, fondé en 1854, et L’Union bourguignonne de L’Union provinciale, un journal fondé en 1849. Eugène Jobard, le baron Paul Thénard et Hippolyte Marinoni sont les fondateurs de ce qui deviendra le vice-doyen de la presse quotidienne française. Le journal s'installe rue Docteur-Maret et place Darcy, des lieux qui resteront associés à son histoire jusqu'en 1972, date à laquelle il déménage boulevard Chanoine-Kir.

L'Épreuve de la Guerre et la Résistance

Le 15 juin 1940, face à l'avancée des troupes allemandes, Le Bien Public prend la décision difficile de se "saborder" afin de ne pas paraître sous contrôle ennemi. Cet acte de résistance témoigne de l'engagement du journal envers ses valeurs et son public.

L'Après-Guerre et les Évolutions du Paysage Médiatique

Après la guerre, Le Bien Public reprend sa publication et s'adapte aux évolutions du paysage médiatique. Il se rapproche du Courrier de Saône-et-Loire, un autre quotidien régional, et s'associe temporairement avec son concurrent dijonnais Les Dépêches pour créer un journal du dimanche. Cette période est marquée par des rapprochements et des changements de contrôle capitalistique. L’Est Républicain prend le contrôle des Dépêches et la famille Thénard cède 40 % du capital du Bien Public à la Compagnie luxembourgeoise de Télédiffusion (RTL).

L'Ère Hersant et la Fusion des Titres

Un tournant majeur intervient lorsque le Groupe Hersant, propriétaire de titres prestigieux tels que Le Figaro et France-Soir, acquiert Les Dépêches en février 1989, puis Le Bien Public en mars 1991. Cette acquisition conduit à la fusion des deux titres au profit du Bien Public, renforçant ainsi sa position dominante dans la région.

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L'Intégration au Groupe EBRA

En 2015, Le Bien Public rejoint le Groupe EBRA (Est Bourgogne Rhône Alpes), le premier groupe de la presse quotidienne régionale française. Cette intégration marque une nouvelle étape dans l'histoire du journal, lui permettant de bénéficier des synergies et des ressources d'un groupe puissant. Le groupe EBRA, créé en 2006, est détenu depuis septembre 2009 par la Banque fédérative du Crédit Mutuel.

Le Bien Public Aujourd'hui

Essentiellement diffusé en Côte-d’Or, Le Bien Public dispose de trois agences à Beaune, Montbard et Châtillon-sur-Seine.

Une Nouvelle Charte Graphique pour l'Ère Numérique

En juin 2023, Le Bien Public a adopté une nouvelle charte graphique pour sa version papier, conçue par Quintin Leeds. Cette refonte vise à améliorer la lisibilité, la clarté et la modernité du journal. Le repérage des articles, la nouvelle police de caractère et le fond blanc offrent une qualité de lecture optimale et mettent en valeur les photos.

L'Agence de Beaune: Un Lieu de Rencontre et d'Information

Dans ses éditions des 28 et 29 octobre 1967, Le Bien public célébrait le dixième anniversaire de son agence de Beaune. À l’époque, le hall était très vaste. Les habitants venaient y regarder la télévision en noir et blanc, encore peu répandue à cette époque. Ils pouvaient déjà consulter gratuitement les pages du journal et découvrir les photos de l’AFP (Agence France-Presse). L’étage était le logement de fonction du premier chef d’agence, Jean Clerc, qui a aujourd’hui 86 ans. La rédaction était équipée d’un laboratoire photos, d’un télex, puis, un peu plus tard, d’un bélinographe pour transmettre les photos au siège, à Dijon. Jean Clerc faisait ses reportages dans la Dauphine, puis la 2 CV de service. Depuis, l'agence n’a pas changé de lieu mais l’info se traite différemment…

Les Histoires Locales au Cœur du Journal

Le Bien Public continue de mettre en avant les histoires locales qui font la richesse de sa région. En décembre 2025, le journal a mis en lumière sept récits marquants de l'année, choisis par les journalistes de l'édition de Dijon. Parmi ces histoires, on retrouve celle de Marie, un bébé abandonné à la naissance en 2003, dont le parcours a ému les anciens lecteurs du journal. Le Bien Public a retrouvé Marie, devenue une jeune femme épanouie, et a raconté son histoire touchante. D'autres récits ont également été mis en avant, tels que l'ascension fulgurante des Dijonctés, un groupe de coureurs devenu un phénomène urbain, et l'initiative de vétérinaires bénévoles qui soignent les animaux des personnes en situation de précarité. Le retour d’un pleurant au musée des Beaux-Arts, le parcours d’Edwin, aujourd’hui patron de boulangerie, les lettres qui éclairent le quotidien de « mamie Jo’ », et la success-story d’Ekin.

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Exemples d'Histoires Locales Récemment Couvertes

  • Marie, le bébé abandonné retrouvé: L'histoire poignante de Marie, abandonnée à la naissance en 2003, a été ravivée par Le Bien Public. Les anciens lecteurs se souviennent de ce fait divers survenu à Corpeau. Le journal a retrouvé Marie, aujourd'hui âgée de 22 ans, et a partagé son histoire de résilience et de bonheur retrouvé auprès de sa mère adoptive.

  • Les Dijonctés, un phénomène urbain: Le Bien Public a suivi l'ascension fulgurante des Dijonctés, un groupe de coureurs passionnés qui a conquis les rues de Dijon. Fondé par Antoine Loth et Augustin Cheynel, deux étudiants en médecine, ce mouvement rassemble aujourd'hui plus de 300 personnes. Le journal a mis en lumière l'ambiance conviviale et l'énergie communicative qui attirent de nouveaux participants chaque semaine.

  • Les vétérinaires bénévoles au service des plus démunis: Le Bien Public a salué l'initiative de vétérinaires bénévoles qui offrent des soins aux animaux des personnes en situation d'exclusion à Dijon. Cette action solidaire, menée en partenariat avec l'association Sdat, permet aux propriétaires démunis de faire soigner leurs compagnons à quatre pattes à moindre coût. Le journal a souligné l'importance du lien affectif entre les animaux et leurs propriétaires, ainsi que l'impact positif de cette initiative sur la santé et le bien-être des deux.

  • Le retour du pleurant au musée des Beaux-Arts de Dijon: Le 12 septembre 2025, le musée des Beaux-Arts de Dijon a vécu un moment d’histoire. Après 80 ans d’exil, le 10e pleurant néogothique sculpté vers 1825 par Joseph Moreau a réintégré les collections de l’établissement. Ce retour est dû à la générosité de Paul et Emma Williamson, collectionneurs d’art britanniques, qui ont choisi d’offrir la statuette au musée dijonnais après avoir été contactés par le personnel de ce dernier.

  • Edwin Igeleke, l’apprenti nigérian devenu patron de boulangerie: Du Nigeria à la France en passant par la Libye et l’Italie, Edwin Igeleke, ancien mineur isolé de 22 ans, est désormais le patron d’une boulangerie, Au pain généreux , avenue du Drapeau à Dijon. Parti du Nigeria à 17 ans, il a risqué sa vie tout au long d’un parcours d’exil durant lequel il a vu des gens mourir sous ses yeux.

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  • Les lettres qui redonnent le sourire à « mamie Jo’ »: À 84 ans, Josette Gevrey, installée au sein du quartier de la Toison-d’Or à Dijon, voit chaque jour sa boîte aux lettres se remplir de mots venus de toute la France. Très vite, inconnus, anciens collègues et amis lointains se sont mis à écrire à « mamie Jo’ », touchés par son histoire.

  • La success-story d’Ekin: En 2002, Ismayil Goz ouvre avec son frère Léon un petit kebab de 20 mètres carrés rue des Godrans à Dijon. Trois ans plus tard, ils déménagent et s’installent avenue Foch où ils forgent leur solide réputation grâce aux broches préparées par Ismayil et au pain maison dont la recette a été imaginée alors que le restaurant voyait sa clientèle réduire de moitié pendant les travaux du tramway.

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