L'alimentation d'un bébé au sein, de manière naturelle, semble être la chose la plus simple et évidente. Cependant, pour diverses raisons, cette harmonie entre le lait maternel et la tétée au sein n'est pas toujours possible. Cet article explore les différentes facettes de cette réalité, en se penchant sur les défis rencontrés par les mères qui ne peuvent ou ne veulent pas allaiter, les alternatives comme le tire-allaitement, et les récits poignants de femmes confrontées à ces difficultés. Il aborde également des thèmes plus larges comme la mémoire de la Shoah et la détresse infantile à travers le monde, en tissant des liens entre ces différentes histoires.
L'Allaitement Maternel : Un Idéal Parfois Inatteignable
De nos jours, avec la reconnaissance croissante des bienfaits du lait maternel, les mères qui, pour diverses raisons, ne peuvent ou ne veulent pas allaiter, cherchent de plus en plus à offrir à leur enfant au moins un aspect de l'allaitement : soit le lait, soit la succion et le contact du sein. Ainsi, certaines femmes pratiquent le "tire-allaitement", en tirant leur lait pendant des mois pour le donner à leur bébé au biberon ou par d'autres moyens.
Le Tire-Allaitement : Une Alternative Exigeante
Claire, une mère ayant pratiqué le tire-allaitement, témoigne de sa difficulté. Elle souligne le temps considérable que cela exige et le peu de temps libre que cela laisse à la mère. Un nouveau-né tète une douzaine de fois par jour et par nuit. Au début, tirer le lait et le donner peut prendre une demi-heure à chaque fois, laissant à peine le temps de laver le tire-lait et les biberons, et de changer le bébé. Les tâches quotidiennes comme faire les courses, préparer les repas et faire le ménage sont alors négligées.
Claire mentionne également qu'elle aurait pu mieux gérer la situation si elle avait connu l'association La Leche League (LLL) pour son premier enfant. Elle a allaité son premier enfant pendant deux mois et demi, le deuxième pendant environ un mois, et le troisième exclusivement au tire-lait pendant dix mois et demi. Elle aspirait à allaiter naturellement, mais elle a rencontré des difficultés et a souffert.
Elle souligne l'importance d'inclure l'allaitement maternel dans les cours sur la sexualité et au planning familial. Avant d'avoir des enfants, elle avait une vision limitée de la maternité et de l'allaitement, considérant la poitrine comme un simple ornement féminin.
Lire aussi: Biberon Mimijumi : Est-ce le Bon Choix ?
Claire évoque également les avantages et les inconvénients du tire-allaitement. L'avantage est de moins souffrir, mais l'inconvénient réside dans les déplacements, car il est difficile de préparer des biberons à l'avance. De plus, au début, on ignore que le lait conservé peut prendre une odeur de savon sans pour autant incommoder le bébé, ce qui peut entraîner le gaspillage du lait.
Un autre inconvénient est que donner le biberon nécessite les deux mains, alors que l'allaitement au sein permet de garder une main libre. Elle ne se sent pas comblée par cette expérience, la considérant comme de la "cuisine". Le sevrage de son troisième enfant a été difficile, et elle a eu du mal à trouver la nourriture appropriée par la suite.
Enfin, Claire mentionne qu'elle présentait tous les symptômes de la candidose, mais son médecin a affirmé que ses douleurs n'étaient pas liées à cela, mais plutôt à une mauvaise succion de son bébé.
Les Difficultés de la Mise au Sein : Le Témoignage de Magalie
Magalie raconte l'histoire de son allaitement avec sa fille Marion, née en septembre. Malgré sa préparation minutieuse à l'allaitement, elle a rencontré des difficultés dès le début. Marion avait du mal à prendre le sein correctement, même avec l'aide des puéricultrices. Magalie se sentait déstabilisée, car elle n'avait jamais imaginé que son bébé ne sache pas téter.
Une puéricultrice lui a conseillé d'utiliser des bouts de sein en silicone, ce qui a permis à Marion de manger et de reprendre du poids. Cependant, Magalie s'inquiétait de la capacité de Marion à prendre le sein sans téterelle. Avec l'aide d'une puéricultrice, elle a réussi à ce que Marion tète sans téterelle.
Lire aussi: Bébé : couche propre, ventre plein ?
Malgré ce succès initial, des crevasses et des douleurs sont apparues une semaine après la naissance. Magalie ressentait des sueurs lors de la mise au sein et la douleur irradiait jusqu'à son omoplate. Elle utilisait de la crème Lansinoh® après chaque tétée, mais une croûte s'est formée au niveau des crevasses.
Après une semaine, une masse dure et douloureuse est apparue. Magalie a consulté une spécialiste de l'allaitement à la maternité, où un diagnostic de mastite a été posé. Un tire-lait double pompage lui a été prescrit pour drainer efficacement le sein.
Les médecins l'ont rassurée sur la position au sein et ont affirmé que les crevasses allaient cicatriser rapidement. Magalie a continué à allaiter Marion au sein et à tirer son lait pour drainer le canal bouché. La mastite a disparu rapidement, mais les crevasses et la douleur persistaient.
Elle a alors contacté La Leche League (LLL). L'animatrice au téléphone s'est étonnée du temps de cicatrisation et a suggéré que Marion entretenait les crevasses. Elle l'a orientée vers une animatrice expérimentée pour revoir sa position d'allaitement. Celle-ci lui a conseillé d'essayer la position de la madone inversée, mais cela a provoqué une nouvelle crevasse.
Désespérée, Magalie a pris rendez-vous avec l'animatrice à la PMI. En attendant, elle nourrissait Marion sur le sein le moins abîmé et tirait le deuxième. La mise au sein était un supplice.
Lire aussi: Synchroniser les repas et le bain de bébé
L'animatrice a constaté l'importance des lésions et a proposé d'appliquer du violet de gentiane à 1 % une fois par jour au coucher, et du Mycolog® après chaque tétée pour éviter une surinfection. Elles ont également convenu de pratiquer le tire-allaitement pendant une semaine pour permettre aux lésions de cicatriser, puis de retenter la mise au sein.
Après une semaine de tire-allaitement exclusif, les crevasses n'avaient toujours pas cicatrisé. Une consultation avec une dermatologue "amie de l'allaitement" a été prise. La dermatologue l'a encouragée à "y croire", et l'amélioration est survenue lorsqu'elle a abandonné tous les traitements.
Les crevasses ont cicatrisé très lentement, mettant plus de douze semaines à guérir sans mise au sein. Jusqu'alors, Magalie tirait du lait dès que Marion prenait un biberon. Mais Marion réclamait jusqu'à douze fois par jour, ce qui l'épuisait.
Le père de Marion a commencé à donner le biberon à Marion pendant que Magalie tirait son lait. Magalie était moins fatiguée, mais elle passait peu de temps avec sa fille, ce qui la rendait malheureuse. Elle a alors demandé à l'animatrice si elle pouvait diminuer la fréquence des tirages de lait, passant de 12 à 5 fois par jour.
À plusieurs reprises, elle a refait des lymphangites, mais elle n'a pas ré-augmenté le nombre de tirages journaliers. La première fois qu'elle a essayé de tenir la nuit sans tirer son lait, son coussinet d'allaitement était rempli de pus le lendemain matin. Elle a jeté ce lait et a complètement vidé ses seins à chaque tirage. Le lendemain, tout était rentré dans l'ordre.
À présent, elle tire environ 900 ml par jour en cinq tirages, et elle peut enfin passer plus de temps avec sa fille. Elle envisage de remettre Marion au sein, peut-être avec des téterelles, car elle appréhende l'apparition de nouvelles crevasses. Dans tous les cas, Marion continuera à être nourrie exclusivement avec son lait, que ce soit au biberon ou au sein, aussi longtemps qu'elle en aura besoin.
Magalie conclut en disant qu'elle a traversé des moments de doute et de détresse, mais qu'elle a tenu bon. Elle se sent récompensée de ses efforts et se considère comme une maman qui allaite, même au biberon. Son histoire d'allaitement lui a beaucoup apporté et l'a "nourrie" intérieurement. Elle a rencontré des personnes formidables qui l'ont encouragée et réconfortée.
L'Expérience de Marie : Un Allaitement Exclusif au Tire-Lait
Marie témoigne qu'avant d'être enceinte de son premier enfant, elle savait déjà qu'elle voulait donner son lait à ses enfants. Cependant, elle n'avait jamais imaginé qu'elle devrait l'exprimer au tire-lait.
La naissance de sa première fille, Alexandra, a été très difficile en raison d'une hémorragie qui a nécessité une césarienne d'urgence. Elle n'a pas pu voir sa fille avant plusieurs heures et n'a donc pas eu la chance de la mettre au sein tout de suite. Quand elle a pu la tenir pour la première fois, Alexandra avait déjà reçu plusieurs biberons de complément et une tétine. La mise au sein a été difficile, voire impossible. Alexandra n'a jamais voulu prendre son sein malgré de nombreuses tentatives.
Pendant quelques jours, Marie a essayé en vain de tirer son lait avec un tire-lait manuel pour le donner à la seringue, mais la montée de lait ne venait pas. Alexandra s'est vite déshydratée et on lui a fait comprendre qu'elle devait lui donner des compléments, ce qui a entraîné des coliques et des régurgitations gastro-œsophagiennes causées par une allergie aux protéines de lait de vache.
Une infirmière lui a alors apporté un tire-lait électrique Elite d'Ameda et lui a expliqué la technique d'extraction. En quelques jours à peine, en tirant son lait toutes les deux ou trois heures, elle a réussi à amorcer sa montée de lait. Moins de deux semaines plus tard, elle pouvait facilement tirer un bon litre et demi par jour.
Entre-temps, pendant un mois, elle a tenté à plusieurs reprises de remettre Alexandra au sein, mais en vain. Elle a alors décidé de l'allaiter exclusivement au tire-lait et a fait l'acquisition d'un tire-lait électrique personnel Purely Yours d'Ameda. Elle a également testé d'autres tire-laits, tels que l'Ameda à une main et le MiniElectric de Medela, qui lui étaient très utiles pour exprimer son lait lors de son retour au laboratoire où elle terminait sa maîtrise en biologie moléculaire.
La Mémoire et la Détresse Infantile : Un Lien Indissociable
Au-delà des défis de l'allaitement, l'article aborde également des thèmes plus larges comme la mémoire de la Shoah et la détresse infantile à travers le monde. L'histoire d'Aline Korenbajzer, une petite fille juive déportée avec sa mère, devient emblématique des milliers d'enfants martyrisés pendant la Shoah. Sa photo, envoyée par sa mère à son père interné dans un camp, témoigne de l'horreur de cette période.
Cette histoire résonne avec la mémoire personnelle de l'auteure, dont le père, Jean Zay, a été assassiné pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle souligne l'importance de se souvenir de ces enfants et de lutter contre l'indifférence et l'oubli.
L'article établit un lien entre la détresse des enfants pendant la Shoah et celle des enfants victimes de la violence et de la misère dans le monde contemporain. Il évoque le visage de la petite Myriam, assassinée à Toulouse en 2012, d'Aylan, mort noyé sur une plage méditerranéenne, et de tant d'autres enfants victimes de la guerre, de la pauvreté et de l'injustice.
La Méditation de Pleine Conscience : Un Outil pour Faire Face à la Détresse
L'article aborde également la méditation de pleine conscience comme un outil pour faire face à la détresse et à la souffrance. La pleine conscience est définie comme une concentration sur le présent, une observation attentive des sensations et des émotions sans jugement. Elle peut être pratiquée dans la vie quotidienne, en se concentrant sur des tâches simples comme laver la vaisselle ou respirer.
La pleine conscience présente un intérêt psychiatrique, notamment pour prévenir les récidives de dépression. Elle permet de fixer son attention sur des représentations inoffensives et d'échapper aux ruminations douloureuses du passé ou aux anticipations anxieuses.
Dans certaines pensées orientales, la pleine conscience constitue une introduction à l'expérience spirituelle. La concentration sur la respiration est un exercice essentiel de l'ascèse bouddhiste, et la pratique intensive de la méditation chez les moines bouddhistes est un facteur d'équilibre et de sérénité.
Mayotte : Un Territoire Oublié Rongé par la Misère et la Violence
L'article évoque également la situation alarmante de Mayotte, un département français d'outre-mer rongé par la misère, la violence et l'immigration clandestine. Le roman "Tropique de la violence" de Nathacha Appanah est cité comme un témoignage poignant de cette réalité.
L'histoire de Moïse, un enfant abandonné à Mayotte et adopté par une infirmière, illustre les difficultés rencontrées par les jeunes de l'île, confrontés à la pauvreté, à la délinquance et à l'absence d'avenir. Le roman dénonce l'indifférence et l'oubli dont est victime ce territoire français, où la beauté du paysage contraste avec la dureté de la vie quotidienne.
tags: #biberon #message #de #detresse #plage #histoire
