Introduction

Le XIXe siècle, période de bouleversements sociaux, économiques et artistiques, a vu une renaissance de l'intérêt pour les techniques artisanales ancestrales. Parmi celles-ci, le travail des métaux, et plus particulièrement du laiton, a connu un regain de popularité. Cet article explore l'histoire et les caractéristiques des berceaux en laiton fabriqués au XIXe siècle, en tenant compte du contexte historique et des influences stylistiques de l'époque.

L'histoire du travail des métaux, du cuivre au laiton

Historiquement, le cuivre est le premier métal à avoir été modelé par l’Homme. Sa couleur naturelle présente la particularité remarquable de varier au cours du temps, passant du rouge-brun au vert-de-gris. Le bronze, aussi appelé airain par les anciens, est connu dès les origines de l’humanité. Il correspondait alors à tous les alliages de cuivre, qu’il s’agisse d’étain, de zinc ou de plomb. Des aiguilles martelées datant de 9 000 ans avant J.C. sont les objets en cuivre les plus anciens qui aient été retrouvés.

A l’époque mérovingienne, la vallée de la Meuse représente déjà un haut lieu de la fabrication d’objets en cuivre, et ses « orfèvres » sont déjà renommés. A partir du XI ème siècle, la ville de Huy en Belgique devient le berceau de la dinanderie. Elle est cependant supplantée dès le siècle suivant par Dinant qui impose à un tel point le monopole de la production d’objets en cuivre que la ville finit par donner son nom à ce savoir-faire. La création d’objets domestiques obtenus par martelage du cuivre et d’autres matériaux comme le laiton, le bronze, l’étain ou l’argent va petit à petit s’ouvrir à la production de précieux objets liturgiques, comme des chandeliers ou des lutrins.

Le travail du laiton va lui-même se mettre en sommeil jusqu’au début du XIXème siècle, même si au cours des XVIIème et XVIIIème siècle la dinanderie représentera l’activité principale du bassin d’Aurillac. Durfort, située au pied de la Montagne noire, tire également son épingle du jeu.

Le renouveau de la dinanderie au XIXe siècle

Le XIXe siècle redécouvre le Moyen-Âge et se passionne pour cette période. Dans ce contexte, on s’intéresse à diverses techniques ancestrales dont celle de la dinanderie, et l’on remet à l’honneur le métal martelé. Le maître hôtel néo-gothique de la cathédrale de Clermont- Ferrand, présenté à l’exposition universelle de 1855 puis installée dans le chœur en 1856, constitue l’une des pièces maîtresses de l’époque et combine plusieurs innovations techniques. En effet, les plaques de cuivre, non fondues mais travaillées au repoussé, sont clouées et non soudées.

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Au XXème siècle, le savoir-faire ancestral de la dinanderie est remis au goût du jour grâce au mouvement stylistique Art Déco. La renaissance de la dinanderie passera par le travail d’artistes comme Bonvalet, Gallerey, Berthe, Cazin ou Frank Scheidenecker. Le sculpteur Jean Dunand (1877-1942), qui se passionna pour le travail du cuivre, du nickel ou du plomb l’enrichit d’incrustations d’or et d’argent. Son élève Claudius Linossier (1893-1953) rénovera la technique du travail de battage du métal et créera au marteau, dans son atelier de la Croix Rousse à Lyon, des vases et des plats aux formes à la fois simples et amples. Le martelage du cuivre et du laiton sera également utilisé pour l’ornementation de meubles : Les poignées de tirage, la gaine des pieds et même des panneaux décoratifs recouvrant les portes seront obtenu grâce au travail des dinandiers, conférant ainsi aux meubles des tonalités rouge et doré en parfaite harmonie avec le bois.

Le contexte socio-économique du XIXe siècle

Renversant le régime féodal, abolissant les ordres privilégiés, la Révolution marque l’avènement d’une société bourgeoise et la naissance de l’économie capitaliste. La disparition des corporations qui réglementaient la production artisanale, la création du Conservatoire des arts et métiers favorisent l’essor des arts industriels.

L’Empire parachève l’unité de la France et consolide les principales conquêtes sociales de la Révolution. Le blocus continental contre l’importation de denrées britanniques favorise les progrès de l’industrie française. Sous la monarchie de Juillet (1830-1848), l’essor du capitalisme industriel voit peu à peu le développement d’un prolétariat ouvrier. Avec la stabilité politique, le Second Empire (1852-1870) ouvre une période de grande prospérité. Les premiers grands magasins apparaissent, les chemins de fer se développent, le canal de Suez est percé. En 1863, le Salon des refusés, où Manet fait scandale, consacre la rupture de l’avant-garde artistique avec le système académique. Chef de file de l’école naturaliste, Émile Zola fait de ses romans une vaste fresque sociale.

L'évolution de la chambre à coucher et du mobilier au XIXe siècle

Aux XIXe siècle, et particulièrement à partir des années 1840, l’évolution de la chambre à coucher est marquée par deux facteurs nouveaux : la recherche d’un environnement salubre, l’apparition du lit conjugal. Les exigences d’une hygiène accrue amènent à simplifier les draperies qui entourent le lit. On proscrit les étoffes de laine, qui fixent la poussière, au profit du coton ou de la soie. Au château d’Eu comme au palais des Tuileries, le roi Louis-Philippe fait désormais chambre commune avec la reine. Le lit s’élargit, reprenant une habitude d’origine anglaise. Une seconde table de nuit apparaît. Cette tendance est adoptée par la bourgeoisie. Le cabinet de toilette séparé ne figure que dans les appartements d’un certain confort.

Les lits anciens, véritables témoins du passé, apportent charme et caractère à toute chambre. Leur diversité de styles et d'époques permet de trouver la pièce idéale pour chaque intérieur, qu'il soit classique ou éclectique. Les lits de la période Louis XIII sont connus pour leur robustesse et leurs ornements sculpturaux. Le bois utilisé, principalement du chêne, est travaillé avec des motifs géométriques et des colonnes torsadées. Le style Louis XV est marqué par des formes courbées et une élégance rococo. Les lits de cette période arborent souvent des courbes gracieuses et des motifs coquilles, avec une prédilection pour le noyer finement sculpté. En contraste, le style Louis XVI se caractérise par des lignes droites et des motifs néoclassiques comme les guirlandes et les rubans. Sous le règne de Napoléon, le style Empire se distingue par des formes plus imposantes et une inspiration antique. Les lits en bois sombre comme l'acajou sont souvent décorés de bronzes dorés représentant des motifs égyptiens ou romains. Les lits bateau sont emblématiques de cette période, avec leurs formes enroulées et leurs finitions imposantes. Le style Napoléon III est un mélange éclectique de diverses influences, créant des pièces avec des ornements lourds et des bois noircis. Les lits peuvent incorporer des éléments gothiques, renaissance, et rococo. L'Art Nouveau, en revanche, introduit des formes organiques et des motifs naturels. Explorer les lits anciens, c'est voyager à travers l'histoire et découvrir l'évolution de l'artisanat et du goût. Chaque style, de Louis XIII à l'Art Nouveau, raconte une histoire unique et offre un aperçu de la culture de son époque.

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Caractéristiques des berceaux en laiton du XIXe siècle

Les berceaux en laiton du XIXe siècle reflètent les styles artistiques en vogue à l'époque. On retrouve ainsi des berceaux de style Empire, caractérisés par des lignes droites, des motifs inspirés de l'Antiquité et l'utilisation de l'acajou et du bronze doré. Les berceaux de style Restauration se distinguent par leur élégance et leur sobriété, avec des formes douces et des ornements discrets. Le style Louis-Philippe, quant à lui, se caractérise par un mélange d'influences, avec des motifs décoratifs variés et l'utilisation de bois noircis.

Outre le style, les berceaux en laiton du XIXe siècle se distinguent également par leur qualité de fabrication. Les artisans dinandiers mettaient en œuvre leur savoir-faire ancestral pour créer des pièces uniques, travaillées avec minutie et souci du détail. Le laiton était martelé, ciselé et repoussé pour créer des motifs décoratifs complexes, tels que des frises, des guirlandes, des motifs floraux ou des scènes mythologiques.

La literie de ces berceaux était souvent luxueuse, avec des matelas en plumes, des draps en lin fin et des couvertures en soie ou en brocart. L'intérieur était retapissé, doublé de tissu damassé et présente une literie en dentelle aux fuseaux faite à la main.

L'attrait des objets anciens et la fragilité des tôles peintes

Les objets en tôles peintes séduisent par leur forme et leur polychromie. Les collectionneurs de tôles peintes sont nombreux. Au XVIIIème siècle, la tôle peinte épouse fréquemment la forme des pièces de porcelaine de Sèvres ou orientales. Il en est de même pour les décors. On trouve beaucoup de rafraichissoirs à verre ou à bouteille, verrières, caches pot, encriers ou jardinières et brule-parfum. Les décors sont souvent inscrits dans des réserves comme à Sèvres et représentent des scènes champêtres, des pécheurs, des bouquets de fleurs, ou des chinois. Les fonds sont généralement unis. Les œuvres les plus remarquables sont peintes sur l’ensemble de la pièce et sont parfois ornées de bronzes ciselés et dorés.

Le XIXème siècle se caractérise par un fort développement d’objets usuel tels que : flambeaux, appliques, lampes à huile, mais également fontaines, vases et garnitures. C’est principalement dans le luminaire que la tôle peinte connaît son plus grand succès. Contrairement au XVIIIème siècle ceux sont surtout des pièces en bronze doré qui servent de modèle. Les décors reprennent les motifs alors au gout du jour que ce soit sous le Directoire, l’Empire ou la Restauration et Louis-Philippe en particulier, palmettes, fleurs et feuilles de lotus, rosaces et autres motifs tirés de l’antiquité.

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Il est vraisemblable que le succès des tôles peintes soit en grande partie dû à son cout relativement faible à l’époque. C’est à partir des années 30 qu’un certain nombre de collectionneurs s’intéressent à nouveau aux tôles peintes. La fraicheur de leur décor, leur originalité et leur charme incontestable attirant de plus en plus d’amateurs aujourd’hui encore. Il faut cependant souligner que les tôles peintes sont des œuvres fragiles et que beaucoup ont été excessivement restaurées ce qui les dévaluent fortement.

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