Introduction
Le château de Rocquigny, situé dans les Ardennes, est un lieu chargé d'histoire, notamment en raison de son lien avec l'aviateur Jean Mermoz. Cet article explore l'histoire du château, son architecture et son association avec la vie de Jean Mermoz, héros de l'Aéropostale. Nous plongerons dans le passé de cette demeure, en examinant son architecture, ses transformations au fil du temps et son importance dans la mémoire collective.
Jean Mermoz : un héros de l'aviation lié aux Ardennes
Jean Mermoz (1901-1936) est un héros de l’aviation française, célèbre pour ses vols audacieux entre la France et l’Amérique du Sud. Il a marqué l’histoire de l’aviation, notamment lors de la traversée des Andes. Son enfance est liée aux Ardennes, ayant passé une partie de son enfance chez ses grands-parents à Mainbressy. Adulte, il a souvent rendu visite à sa mère, Gabrielle Gillet, dite « Mangaby », à Rocquigny. Une plaque de la rue Jean Mermoz à Rocquigny rend hommage à l’aviateur français, figure emblématique de l’Aéropostale, disparu en mer en 1936. Un bas-relief d'Ernest Charles Diosi immortalise Jean Mermoz, soulignant ses traits et son regard, encadré de palmes de laurier, symbole de sa gloire.
Le château de Rocquigny : un aperçu architectural
Le château de Rocquigny est une bâtisse carrée de deux étages, surmontés de combles, construit sur une cave. Les aérations et les soupiraux disposés régulièrement au ras du sol assurent une ventilation pour lutter contre l’humidité. Cette humidité est due à la fois au climat et à la proximité d’un petit ruisseau, dont les débordements provoquent quelques montées d’eau visibles sur les murs. Le bâtiment est entièrement réalisé en briques, et présente sur ses deux façades, orientées est et ouest, l’inscription 1727 en fer forgé, interroge sur cette datation. Des ancres de tirants de formes diverses assurent le maintien des murs. Une partie du toit en ardoises a fait l’objet d’une réfection par la commune, afin de préserver l’intégrité du bâtiment et de garantir sa durabilité face aux intempéries. Le toit en ardoise est très pentu, et dominé par quatre grandes cheminées en pierre, qui présentent des chaperons en brique. Trois marches donnent accès à la porte d’entrée, dont le linteau est en pierre de taille, tout comme celui de la porte arrière et des appuis des fenêtres. Les fenêtres, protégées par des volets récemment refaits, sont identiques sur la façade principale : quatre pour le rez de chaussée, et trois pour le premier étage. Les fenêtres sont disposées symétriquement, et l’encadrement en briques se termine par un voûtain faiblement arrondi. A l’arrière, les ouvertures sont de tailles différentes, les grandes fenêtres semblent plus étroites, et un peu plus hautes que celles de la façade est. Le château de Rocquigny se distingue par des détails architecturaux en pierre, tels que les encadrements des portes ou les appuis des fenêtres. Le mur de la façade ouest porte des traces visibles qui suggèrent qu’il supportait autrefois une cloche.
Transformations et évolutions du domaine
Autrefois, une haie touffue encerclait le château de Rocquigny, formant un mur végétal. Cette barrière naturelle, aujourd’hui disparue, demeure visible sur cette source iconographique, témoin d’un paysage transformé. Le parc arboré autour du château a disparu avec le temps. À la place, une étendue d’herbe a été aménagée pour la pâture, transformant le paysage et son utilisation. Les pratiques agricoles ont pris le pas sur l’aménagement paysager. Le château de Rocquigny n’arbore plus le jardin décoratif qui ornait jadis sa façade est, transformant l’aspect visuel de l’édifice avec ses parterres soignés et ses arrangements floraux. Sur la droite du bâtiment principal, se trouve une aile assez longue, dont l’utilisation a été diverse selon les propriétaires, et qui a subi d’innombrables transformations. Autrefois, ces derniers abritaient des écuries, remplacées par un préau.
Intérieur du château : entre tradition et modernité
Dès que l’on pénètre par trois marches à l’intérieur, un couloir central carrelé relie les quatre pièces du rez-de-chaussée. A droite, la première est parquetée, la deuxième au fond est une salle à manger avec une grande cheminée. Au fond du couloir, à droite et en partie sous l’escalier on a deux petits débarras et les escaliers menant à la cave. Le premier étage est celui des chambres, dont certaines sont dotées de cheminées. Les escaliers, au design fonctionnel et simple, relient les différents niveaux du château, tandis que l’échelle de meunier, plus étroite et plus raide, permet d’atteindre les combles. Dans la cuisine du rez-de-chaussée, on compte une chaudière pour le chauffage central, une ancienne cheminée, un placard de rangement, un évier, ainsi qu’une pompe à eau à pression. Le sol est recouvert de pavés carrés rouges, typiques de l’aménagement de l’époque. Un carrelage quadrilobé et fleurdelysé au motif complexe, à la fois géométrique et floral, orne le sol du couloir d’entrée et d’une partie de la salle à manger, qui communique avec le petit salon, à droite de l’entrée, au rez-de-chaussée du château de Rocquigny. La cuisinière, en fonte ou en métal, permet de préparer les repas dans la cuisine, tandis que le ballon d’eau chaude assure l’approvisionnement en eau pour la cuisine et la salle de bains, offrant ainsi un certain confort moderne. Fabriqué dans un matériau robuste et durable, l’évier de pierre, situé dans une zone pratique du château, est utilisé notamment pour laver les légumes du jardin potager. Cette pièce communique avec l’office. A côté de ce dernier, se trouvent un débarras, un évier en pierre, et un W.-C. probablement destiné au personnel. Dans le salon, au rez-de-chaussée, à gauche de l’entrée, se trouve une fontaine décorative et commémorative dédiée à Jean Mermoz.
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Rocquigny, un lieu de mémoire pour Jean Mermoz
Après la disparition de l’aviateur Jean Mermoz, ce vestibule devient une sorte de sanctuaire dédié à sa mémoire, dans lequel une fontaine lumineuse évoque les éléments (eau et air) qu’il affrontait lors de ses vols. Deux jardins donnant sur la grande rue, séparés par une allée de sapins, prennent entrée sur la place, le pré, les vergers. Lorsque Gabrielle Gillet Mermoz les achète, ces bois ne sont plus qu’à l’état de taillis, par suite de leur exploitation. Lors de cette acquisition de bois à La Romagne, madame Gillet devient, par le même acte notarié, propriétaire du château de Rocquigny. L’acte notarié actant la vente du bâtiment est cependant formel : daté du 19 août 1935, établi auprès de son notaire parisien, et signalé dans un registre de la conservation des hypothèques de Rethel, il mentionne uniquement « madame Gabrielle Georgette Gillet sans profession acquéreur ici présente et qui accepte ». Ce serait peut-être un premier signe qu’elle souhaite rompre avec sa vie ardennaise, et se consacrer encore davantage aux œuvres en souvenir de son fils.
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