Le catharisme, une hérésie chrétienne dualiste, a profondément marqué l'histoire du Midi de la France. Son développement au XIIe siècle et la croisade des Albigeois qu'il a engendrée ont laissé une empreinte indélébile sur la région. Cet article explore l'histoire du catharisme, son impact sur la région et la manière dont il est perçu à travers l'histoire et la mémoire collective.

Qu'est-ce que le Catharisme ?

Le catharisme est une hérésie chrétienne dualiste qui s'est développée au XIIe siècle. En forte contradiction avec les catholiques sur de nombreux points, tels que le baptême qui, pour les cathares, ne devrait être célébré qu’avec des adultes quand la conscience de l’individu est pleinement acquise, cette croyance critique la richesse ostentatoire et l'abus de pouvoir de l'Église romaine. Les Cathares revendiquent une religion plus proche de la chrétienté primitive respectant l'idéal de vie et de pauvreté du Christ. Cette croyance dualiste repose en fait sur l'existence de deux mondes : l'un est bon et l'autre mauvais. Le premier est le monde invisible des créatures éternelles résultant de la création de Dieu le Père. L'autre est le monde visible, qui est l'œuvre du diable. Le mot "cathare" vient du grec "katharos", qui veut dire "pur".

Le catharisme est rapidement considéré comme une hérésie par l'Eglise romaine, qui l'estime encore plus dangereuse que les infidèles juifs et musulmans, car elle va jusqu'à remettre en cause la religion catholique.

Origines et Expansion du Catharisme

Le catharisme est né en Orient. Il serait issu des croyances pauliciennes inspirées des Perses, apparues en Asie mineure au cours du VIIe siècle. Les pauliciens auraient ensuite profondément influencé les bogomiles de Bulgarie. Le mouvement manichéen à l'origine du catharisme aurait ensuite atteint l'Italie au cours du Xe siècle, avant de s'étendre au Midi de la France au XIIe siècle. C'est en effet à cette période qu'une assemblée cathare se réunit à Saint-Félix-de-Caraman (1176) pour organiser plus concrètement le culte et mettre en place une véritable Église. Les Cathares se réunissent à Saint-Félix-de-Caraman, près de Toulouse, sous la direction de l'évêque Nicétas de Constantinople. Provenant d'Asie mineure, le mouvement cathare s'est étendu progressivement à la Bulgarie avec les bogomiles, puis en Italie avec les patarins avant de s'ancrer dans le sud de la France. Ce concile des hérétiques permet de définir précisément le culte, de l'organiser et de mettre en place une véritable Église cathare.

Dès l’année 1178, Raymond V de Toulouse annonce au roi l’arrivée du catharisme et convoque plusieurs conciles pour enrayer cette hérésie cathare. Les chroniqueurs de l’époque, pour la plupart séjournant dans des abbayes du nord du royaume et donc peu informés de ces événements, affublent cette hérésie de noms d’anciennes dissidences. Et c’est seulement en 1163, soit quarante ans après la fin des croisades albigeoises, que le chroniqueur Eckbert de Schönau les gratifie du nom “cathare”.

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Le catharisme s'implante auprès des élites en région sud-ouest. Le phénomène cathare se développe d’abord et surtout dans les milieux bourgeois ou de la moyenne noblesse tels que les chevaliers et les aristocrates de la cour du comte de Toulouse. Ce n’est que progressivement qu’il trouve un écho parmi les populations rurales.

Différences entre Catharisme et Catholicisme

Dès la période médiévale, deux visions du catholicisme se font face. C’est un combat entre les barons du nord et les barons du sud, le christianisme contre le catharisme. Ainsi, en 1209, le pape Innocent III (1160-1216) lance une lutte contre les cathares « hérétiques », liée à leurs divergences, de peur qu’ils prennent la place de l’Église catholique romaine. En effet, ces « Bons hommes » gagnent de plus en plus d’importance dans les relations religieuses, dans les pratiques du culte et dans les croyances populaires, à tel point qu’ils concurrencent l’Église de Rome.

Par leur éloignement, les chroniqueurs inventent et exagèrent certains faits cathares comme par exemple leurs suicides ou leurs relations avec le diable.

La Croisade des Albigeois

Commence alors la Croisade des Albigeois qui va durer pendant vingt ans. Le pape Innocent III, inquiété par la remise en cause de l’hégémonie catholique romaine, appelle les puissants et le roi Philippe Auguste à lutter contre les hérétiques. D’abord laissé sans réponse, il n’entraîne le roi de France dans sa guerre sainte que difficilement quelques années en 1224. Au début du XIIIe siècle, sous le prétexte de combattre une hérésie religieuse implantée dans le Midi et protégée par les seigneurs locaux, le pape Innocent III lance une croisade « contre les Albigeois ». Cette guerre sanglante profite in fine à la couronne de France, qui récupère un vaste territoire s’étendant des rives de la Garonne à la Provence.

Les catholiques tentent tout d'abord de les convertir par la prédication. C'est à cette époque que sont construites les abbayes cathares (Lagrasse, Fontfroide, Saint-Hilaire…). Mais les Cathares étant difficiles à convaincre et leurs croyances prenant de plus en plus d'ampleur, l'assassinat du prélat Pierre de Castelnau, envoyé du Pape, est un prétexte pour lancer la croisade contre les Albigeois. Chargé de combattre l'hérésie albigeoise (cathare), Pierre de Castelnau est assassiné peu de temps après un rendez-vous avec Raymond VI, comte de Toulouse.

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L'armée des croisés, menée par le représentant du pape Arnaud Amaury (ou Arnaud Amalric) et le chef Simon de Monfort, est chargée par le pape Innocent III de mettre un terme à la religion cathare. Elle prend la ville de Béziers, qui est mise à sac et dont les habitants sont tous massacrés. Pourtant majoritairement catholique, Béziers protégeait les Cathares de sa communauté. Souhaitant éviter de faire des victimes innocentes, les croisés auraient demandé au légat du pape comment reconnaître les hérétiques. Il aurait répondu : "Tuez les tous ! Dieu reconnaîtra les siens !". La croisade contre les albigeois durera vingt ans.

Après le massacre de Béziers (1209) puis la mort de Raimon Roger Trencavel (vicomte d’Albi), la nouvelle excommunication de Raymond VI (comte de Toulouse) expose le comté de Toulouse à la menace des croisés. Les meurtres de chevaliers et la condamnation au bûcher des centaines de parfaits font de Simon de Montfort, croisé anti cathare, le nouveau comte de Toulouse par le concile du Latran. Par la suite, Raimon VII s’engage à pourchasser les hérétiques de son domaine en finançant l’inquisition qui apparaît en 1233. Enfin, il est aussi contraint de donner en héritage le comté au roi, ou aux descendants de l’époux de sa fille unique, le frère du roi. Contrainte qu’il cherchera vainement à solutionner.

Les Conséquences de la Croisade

Après le siège de Carcassonne, la même année, Simon de Montfort est nommé à la tête de la croisade. Il meurt en 1218, lors du siège de Toulouse. Dès 1226, le roi Louis VIII, qui a succédé à Philippe-Auguste en 1223, prend part à la croisade, tandis que Raymond VII, comte de Toulouse et fils du précédent, rassemble autour de lui les résistants cathares. Finalement, le comte de Toulouse, excommunié et affaibli, est contraint de signer le traité de Paris avec Blanche de Castille en 1229, pour mettre fin à la croisade.

La croisade des albigeois n'éliminera pourtant pas complètement le catharisme. Peu de temps après le massacre de Béziers, le vicomte Raimond-Roger Trencavel essuie une défaite cuisante à Carcassonne devant les croisés, commandés par Simon de Montfort. Dirigés par Simon de Montfort, les croisés poursuivent leur lutte contre les albigeois (Cathares) et atteignent la commune de Muret.

Les capétiens ressortent cependant eux aussi victorieux du conflit notamment par la saisine des vicomtés de Trencavel et du comté de Toulouse. Raymond VII, comte de Toulouse et principal défenseur de la cause cathare, meurt et laisse ses terres à son gendre héritier, Alphonse de Poitiers. À la mort de ce dernier, en 1271, le comté de Toulouse revient directement à la Couronne de France.

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L'Inquisition et la Fin du Catharisme

En 1233, l'Eglise adopte une nouvelle stratégie : les hérétiques sont jugés par les tribunaux de l'Inquisition, aux mains des dominicains. Les enquêtes menées au cours des XIIIe et XIVe siècles réduisent ainsi considérablement le nombre de Cathares. Par ailleurs, les menées inquisitoriales sont facilitées par la doctrine cathare qui interdit à ses fidèles de mentir. Un autre coup fatal est porté aux hérétiques avec la reddition de la forteresse de Montségur en 1244, qui était le siège de la hiérarchie.

Les hérétiques sont faits prisonniers et près de 200 d'entre eux sont brûlés vifs au pied des remparts de la forteresse. Ce bûcher est connu sous le nom de "Prat des cramats" (Pré des brûlés).

Le tribunal de l'Inquisition est alors à son apogée et a souvent recours aux bûchers et à la torture. Guilhem Bélibaste, dernier "parfait" cathare occitan connu, meurt sur le bûcher au pied du château de Villerouge-Termenès. Ayant assassiné un berger pour éviter d'être dénoncé, Bélibaste avait passé sa vie à fuir. Bien qu'il n'ait pas respecté scrupuleusement les règles de vie cathares, il n'en est pas moins le dernier représentant connu.

Les Sources Historiques sur le Catharisme

Le manque de sources sur les cathares a longtemps été un frein pour les historiens, cela pour plusieurs raisons. En effet, les cathares sont les grands perdants de la croisade et ils ont donc peu de temps pour justifier la sincérité de leur religion et laisser des écrits. La plupart sont morts, enfuis ou cachés dans le royaume. Quelques chanceux ont pu rester en vie, grâce à leur position au sein du royaume, mais l’inquisition les surveille. De plus, les cathares possèdent une tradition plutôt orale qu’écrite. Alors, cette absence de sources a compliqué le travail des chroniqueurs.

On trouve, dans les écrits du début des croisades albigeoises ordonnées par le pape Innocent III, deux traitements antinomiques des cathares. D’un côté, les clercs, proches du pouvoir des barons du nord et du roi, qui sont pour l’éradication des cathares par le feu (comme le chroniqueur Pierre de Vaux). De l'autre, les archives d’inquisition retrouvées dans les villes du sud nous permettent d’y voir plus clair.

Si cette complainte contribue à la représentation des cathares, elle manque cependant d’objectivité.

Le Catharisme à Travers l'Histoire et la Mémoire Collective

Après vous avoir conté la croisade albigeoise face aux cathares, nous pouvons nous poser la question de leur place à travers l’Histoire et la mémoire collective. Tout d’abord définissons l’Histoire et la mémoire collective. Ces termes sont-ils synonymes ? D’après le Petit Robert, l’Histoire est “une connaissance du passé de l’humanité et des sociétés humaines ; c’est une discipline qui étudie ce passé et cherche à le reconstituer par les sources, les matériaux, les méthodes de l’histoire.” La définition du Petit Robert présente l’Histoire comme une science ayant pour objectif d’étudier le passé à l’aide d’outils et de sources. Pour ce qui est de la définition de la mémoire collective, c’est un peu plus compliqué. En effet, certains hommes politiques ou États voient la mémoire collective comme de l’Histoire. Or, c’est une confusion pour certains et pour d’autres une instrumentalisation à des fins politiques. Pourtant, le Petit Robert définit la mémoire collective comme un “ensemble de faits passés qui restent dans le souvenir des hommes, ou d’un groupe”. La mémoire collective est une accumulation de faits qui se sont produits, ou vécus ou racontés, sans ressources pour appuyer ses dires. Ils sont basés sur la mémoire qui peut donc modifier, omettre ou oublier certains détails. De plus, la mémoire n’est pas objective car nous étudions une infime partie de la période sortie de son contexte. La mémoire collective est donc un moment identique du passé vécu par un groupe de personnes, qui oublie ou qui travestit les ressenties de cet instant.

Dès la Renaissance, avec l’arrivée du protestantisme, le sujet du catharisme revient alors dans la sphère publique et intellectuelle. En effet, le protestantisme est un mouvement religieux, provenant des milieux intellectuels et cléricaux, qui veut retourner à une Église plus charitable, plus pauvre et n’ayant pas besoin d’intermédiaire pour parler avec Dieu. De ce clivage entre la religion protestante et la religion catholique va naître un schisme. Rapidement ce mouvement protestant va se propager dans toute l’Europe. À l’apparition du protestantisme, l’Église catholique affronte une perte de ses fidèles. Pour y faire face, elle exploite la fin dramatique d’hérésies passées, exterminées par l’inquisition catholique. L’Eglise de Rome lutte, depuis longtemps, contre les ennemis de la foi chrétienne et compare les protestants aux cathares. Ils comparent la désobéissance au Pape de ces deux mouvements, issus tous deux pourtant de l’Eglise chrétienne. Enfin, un dernier élément commun aux deux mouvements est rapporté par les clercs et qui concerne leur localisation dans le sud de la France. Pour appuyer leur discours, ils utilisent d’anciennes chroniques de clercs virulents comme Pierre de Vaux de Cernay, et espèrent ainsi ramener de nombreux protestants dans le camp catholique. En 1589, l’Édit de Nantes fait retomber le sujet des cathares dans l’oubli.

Le sujet réapparaît lorsque les Lumières, mouvement intellectuel européen du XVIème siècle, où de nombreux philosophes vont critiquer l’Église sur son incohérence entre ses actes et ses paroles. Pour eux, elle prône la paix mais n’hésite pas pourtant à massacrer les populations qui s’opposent au dogme. Des clercs comme Claude-Adrien Nonnotte consacrent leur vie à la défense de l’Eglise contre les philosophes contemporains. Ils défendent avec érudition et pertinence les vérités essentielles de la foi et publient des controverses pour répondre aux attaques anti-chrétiennes. Du côté anticlérical, ce sont les protestants qui défendent en premier les cathares, certains se disent même leurs héritiers. Car en effet, les protestants tout comme les cathares reprochent à l’Eglise ses abus. Le clergé est déconsidéré par le relâchement de sa discipline et de ses mœurs. Les prêtres sont pauvres et peu instruits tandis que le haut clergé vit dans le luxe grâce aux revenus des charges ecclésiastiques. Les protestants considèrent les cathares comme leurs ancêtres, et veulent revenir comme eux à une église primitive. Pour eux, les cathares ne sont pas des hérétiques, mais des martyrs de la foi chrétienne. Ils ravivent le souvenir de la croisade des Albigeois pour démontrer la barbarie de l’Eglise catholique et son intolérance. Ils veulent revenir à un sud plus libre et plus humaniste. L’Église catholique et le roi représentent les anciens barons du nord.

Le sujet des cathares ne réapparaît que sous Voltaire avec son ouvrage Essai sur les mœurs et l’esprit des nations. Voltaire voit les cathares comme des vaudois et lui servent d’exemple pour dénoncer les faits infâmes de l’Église catholique. Il estime que le massacre cathare est dû au fanatisme religieux.

Interprétations Politiques et Régionalistes

L’épisode cathare a beaucoup été utilisé par les politiques. Du XIIIe au XIXe siècle, les anticléricalistes glorifient l’héroïsme des cathares, tandis que les conservateurs eux présentent ces hommes comme des nuisibles dont l’existence attentait à l’unité du royaume de France et de la foi chrétienne. Toujours du côté de la droite française, le catharisme est décrié. Il s’agirait d’un mouvement du bas peuple inculte, lié à l’ennemi espagnol. Les historiens comme Maurice Jallut dans Philippe Auguste fondateur de l’unité française reprennent les idées formulées par la droite française. Ils reconnaissent le caractère excessif de l’entreprise menée par les croisés, mais justifient sa violence par le bien commun, la nation, et la relativisent en soulignant la brutalité du monde dans lequel ils vivaient. Dans cette perspective, l’élimination de l’hérésie est présentée comme un moindre mal. Au contraire, les partisans de la gauche mettent l’accent sur deux éléments : l’iniquité des jugements dont ont souffert les cathares et la convoitise des croisés. Ce serait la perspective de s’accaparer les ressources de la région qui aurait motivé les croisés à se rendre dans le Languedoc. Le soulèvement de la population occitane est explicitement rattachée à une figure prérévolutionnaire, une sorte d’avant 1789. Olivier de Montégut dans Drame Albigeois : Dénouement tragique de l’Histoire Secrète du Moyen Âge partage la représentation d’un midi humaniste, aux troubadours heureux réceptifs aux valeurs nouvelles (hérésie).

Si au XIXème siècle le sujet se renforce dans sa dimension régionaliste, c’est l’influence du romantisme qui nous intéresse. Empreintes de nostalgie, les œuvres affiliées au courant sont résolument tournées vers le passé. L’abondance des représentations médiévales suscite ainsi un regain d’intérêt pour la question cathare comme c’est le cas de Napoléon Peyrat. Il participe à construire l’image d’une population unie et uniformément cathare luttant en chœur pour des idéaux nobles (tolérance, justice). Ce phénomène se traduit concrètement par l’exaltation du combat pour la liberté.

Le Néo-Catharisme et la Vulgarisation Historique

Parallèlement, la mémoire du catharisme s’observe à travers le phénomène néocathariste. Parti sur les traces de ce groupe aux tendances mystiques, Maurice Jallut explique que des croyances complotistes aux pratiques religieuses proches des cathares furent portées de génération en génération par des sociétés secrètes, avant de donner naissance au néocatharisme. Les années 60-70 sont marquées par l’essor du mouvement qui porte en lui la mémoire distordue de cathares victimes, “perpétuellement persécutés” ainsi que l’écrit André Nataf dans Le miracle cathare. Dans les années 60, la vulgarisation historique se développe elle aussi. Reprenant l’idée que la lutte contre le cathare a permis la construction du pays, elle s’inscrit tantôt dans la continuité d’historiens de droite tantôt de celle de gauche. C’est celle-ci qui est relatée par Dominique Paladilhe dans Les grandes heures cathares. La représentation magnifiée d’un Midi florissant aux troubadours choyés par une noblesse tolérante pénètre profondément la mémoire et l’imaginaire collectif.

C’est pendant la période contemporaine que le sujet cathare connaît une révision considérable. D’objet littéraire il devient un objet d’étude scientifique. Ainsi, c’est entre le XX et le XXIème siècle que les historiens tempèrent leurs propos en s’efforçant d’éviter les généralisations. Jean de Sismondi (1773 - 1843) : Cet historien suisse s’appuie sur les chroniques médiévales de la période en dressant le tableau d’un midi rayonnant par son commerce, son fonctionnement démocratique mais aussi tolérant grâce à la diversité de sa population (professeurs juifs, jongleurs sarrasins, troubadours). La région s’apparente alors à une sorte de berceau préhumaniste. Jules Michelet (1798 - 1874) : A l’inverse, il présente une vision antithétique avec un midi infesté par des chrétiens dévoyés, tandis que le roi ramène la paix dans son pays. Il s’inscrit dans la continuité d’un système manichéen au travers duquel les cathares sont les mauvais qui divisent le royaume. En somme, ce n’est qu’après une professionnalisation de l’histoire et l’acquisition d’une méthode scientifique qui différencie la discipline des productions littéraires et des enjeux mémoriels que se multiplient des études.

Lieux Emblématiques du Catharisme

Derrière l’appellation « châteaux Cathares », on retrouve onze principaux châteaux, dressés sur le sommet des collines des Corbières dans l’Aude comme des sentinelles défiant l’horizon entre ciel et terre. Leur origine remonte à l’issue de la croisade contre les Albigeois. Symbole de la résistance cathare, le château de Montségur, perché sur son pog, à 1207 mètres d’altitude et reconstruit au début du XIIIe siècle, fut un refuge pour de nombreux cathares pourchassés par l’Inquisition. A l’issue de la victoire sur les cathares, le roi de France entend alors asseoir son pouvoir sur un territoire nouvellement conquis. Pour y arriver, il fait ériger en quelques décennies une série de sites défensifs dominant les vallées et épousant les reliefs accidentés à l’image de Montségur. Erigés sur les sommets et les crêtes, les châteaux dominent les paysages et gardent une fonction défensive jusqu’en 1659 et le Traité des Pyrénées qui fixe la frontière avec l’Espagne plus au sud, sur la ligne montagneuse.

Bien que le catharisme et son histoire concerne une large partie du sud de la France, incluant, un triangle formé par , Albi, Toulouse et Carcassonne.

Carcassonne

Inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, les impressionnantes fortifications de la cité de Carcassonne gardent les traces de 1000 ans d’architecture militaire et de 2600 ans d’Histoire Dès lors et jusqu’à la signature, en 1659, du traité des Pyrénées, Carcassonne devient la pièce principale du dispositif de défense de la frontière entre la France et l’Aragon. Sauvée dela démolition grâce à la mobilisation d’érudits carcassonnais et de Prosper Mérimée, la Cité fera l’objet, entre 1844 et 1911, d’un immense chantier de restauration confié par l’Etat français à l’architecte Eugène Viollet-le-Duc.

Toulouse

Le rôle joué par Toulouse dans l'affaire albigeoise, et notamment la résistance de la ville aux trois sièges de 1211 , 1213 et 1217-18 , provoque une reprise en main par Simon de Montfort (1216) puis de larges concessions de la part des comtes Raymond Vi et Raymond VII. Malheuresement, si toute l'histoire cathare tourne autour de Toulouse et des comtes s'y rapportant, peu de constructions sont encore visibles. On ne retrouve presque que des églises et des basiliques : l'Eglise conventuelle des Augustins, l'Eglise des Jacobins, l'Eglise Notre-Dame de la Dalbade, l'Eglise Notre-Dame-du-Taur, l'Eglise Saint-Nicolas et la Basilique Saint-Sernin. L´EnsembleConventuel des Jacobins c'est un magnifique exemple de construction monastique. Entièrement réalisé en briques, il constitue un véritable joyau de l'art gothique languedocien. Dans l'église des Jacobins, on peut admirer l'incomparable palmier de 22 nervures soutenant le choeur polygonal. Église Saint Nicolas son clocher octogonal de style toulousain copie ceux de Saint-Sernin et de l’église des Jacobins.

Albi

Aux XIIe et XIIIe siècles, Albi est un centre du mouvement religieux cathare L'hérésie progresse rapidement et les diverses missions et prédications des prêtres de l‘Église catholique romaine n'empêchent pas son essor. Le catharisme est violemment réprimé lors de la croisade contre les Albigeois Albi passe pourtant dans le camp catholique sans résistance ; le vicomte de Carcassonne, Raimond-Roger Trencavel, perd son fief en 1209 lors de la prise de Carcasonne . Par la suite la construction du palais épiscopal fortifié de la Berbie et de l'imposante cathédrale Sainte-Cécile ancre la ville dans le giron de l'Église . La ville est aussi un important centre culturel connu pour son scriptorium. Il permet de copier des textes et des livres de la vie liturgique.

Au XIVe siècle, la structure de la ville se transforme de façon importante. Elle se divise en six quartiers, ou « gaches » entourés de murailles. Le pont Vieux est fortifié à la fois du côté du faubourg et de la ville, avec un point levis à chaque extrémité. Il est surmonté de maisons avec en son centre une chapelle dédiée à la Vierge. La Plassa est le cœur de la cité située au pied de la cathédrale La cathédrale Sainte-Cécile, classée avec la cité épiscopale d´Albi depuis le 31 juillet 2010 sur la liste du patrimoine mondial de l´UNESCO Est aujourd'hui l'une des cathédrales les plus visitées de France. Le siège archiépiscopal (d'Albi, Castres et Lavaur).

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