Introduction

L'histoire est un vaste domaine d'étude, et il est souvent nécessaire de l'aborder sous différents angles pour en saisir toute la complexité. Cet article explore l'histoire à travers une variété de perspectives, allant de l'analyse régionale à l'étude des institutions, en passant par l'examen des mémoires et des perceptions. L'objectif est de mettre en lumière la richesse et la diversité des approches possibles pour comprendre le passé, tout en soulignant l'importance de replacer les événements dans leur contexte.

La Bretagne comme Indice : Une Approche Métonymique de l'Histoire

N’en déplaise aux bretonistes, la Bretagne dont il est question au sein de ce carnet de recherche, appréhendée à travers le fait militaire et guerrier essentiellement entre les années 1860 et 1962, n’a d’intérêt qu’à titre d’indice. Pour le dire autrement, ce n’est pas tant pour elle-même que la péninsule armoricaine me préoccupe que, dans une approche métonymique, pour ce qu’elle peut révéler à plus large échelle. Même lorsque le propos porte sur le sentiment régional et les questions identitaires, les mécanismes décrits n’ont de sens qu’en comparaison de ce que l’on peut observer ailleurs. Tout est dès lors question d’intensité… ce qui invite à détourner le regard de la pointe bretonne pour mieux comprendre ce qui s’y passe.

L’historiographie s’est en effet intéressée au cours des années 2010 au fait régional en Grande Guerre et a, en conséquence, produit un certain nombre d’analyses portant sur des espaces de forte intensité tels que l’Alsace, la Corse et bien entendu la Bretagne, c’est-à-dire autant de cas où l’identité régionale sert de support à des mouvements politiques tout au long du XXe siècle. Il est vrai que la granularité de ces phénomènes étant plus dense, ils sont aussi plus aisément saisissables. Mais, la contrepartie d’une telle démarche est que l’effort s’est très peu porté sur les espaces de plus faible intensité, c’est-à-dire où ce sentiment régional n’est peu ou pas l’objet de revendications politiques.

Récits et Accusations : La Guerre de 1870-1871 à travers les Yeux d'un Volontaire de l'Ouest

Présenté comme étant le récit de la campagne d’un Volontaire de l’Ouest pendant la guerre de 1870-1871, ce texte né de la plume de Sylvain Trouillard est en réalité bien plus que cela. Sous la forme d’un classique récit de campagne, ces pages tiennent autant de l’historique régimentaire - celui des Zouaves pontificaux - que de l’acte d’accusation fournissant par la même occasion une explication de la défaite.

La Mémoire de la Guerre de 1870 : Une Perspective Diachronique

C’est un ouvrage fort bienvenu que cette synthèse sur l’histoire de la mémoire de la guerre de 1870 que vient de faire paraître J.-F. Lecaillon. Publiée par un spécialiste d’histoire culturelle doublé d’un excellent connaisseur de ce conflit, cette enquête est assurément destinée à occuper une place de choix dans les bibliothèques. Alors qu’il est aujourd’hui de bon ton de s’offusquer de la perte de mémoire, énième syndrome d’un déclin qui serait désormais inéluctable, J.-F. Lecaillon rappelle en prenant appui sur les neurosciences que l’oubli est chose non seulement naturelle mais nécessaire (p. 10). Aussi, mis à part les cas relevant de logiques de chocs post-traumatiques, le souvenir doit être pensé dans le cadre de ses différentes fonctions, le pluriel s’imposant ici du fait de la nécessaire perspective diachronique inhérente à la démarche historienne. Or là est précisément l’objet de ce livre, à savoir exposer la manière dont les Français ont perçu et raconté les faits relatifs à la guerre de 1870 et « cerner les variations dans le temps et dans l’espace » de ces différents récits (p. 17). Ce faisant, se distinguent deux grandes périodes qui, toutes deux, conduisent assez naturellement à des questionnements différents.

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Condamnations à Mort pour Collaboration : Un Regard sur la Justice Criminelle

Il n’est pas utile de dire ici tout l’intérêt de l’ouvrage que l’historien F. Lostec consacre aux condamnées à mort pour faits de collaboration, volume paru il y a désormais quelques mois chez CNRS Éditions. Non seulement ce livre s’impose déjà comme une référence incontournable en ce domaine mais, n’y connaissant pas grand-chose, je ne suis pas certain d’avoir les moyens de produire une recension digne de ce nom. Un point, toutefois m’a frappé : il s’agit d’un graphique publié page 76 et réalisé à partir de données produites pour le Compte général de l’administration de la justice criminelle, une source par ailleurs fascinante. Figurant une courbe donnant une tendance de 1826 à 1980, on y voit le nombre des condamnés hommes et femmes ainsi que le volume des exécutions.

Le Conseil d'État pendant la Grande Guerre : Une Source Précieuse

L’ouvrage que publient A. Falgas, F. Garnier et G. Kalflèche est de ceux dont l’aridité apparente ne doit pas induire en erreur. En effet, cette présentation commentée des 122 avis rendus entre le 1er août 1914 et le 11 novembre 1918 par le Conseil d’État constitue une somme aussi impressionnante, et intimidante, que précieuse. Si l’histoire de cette juridiction administrative pendant la Grande Guerre est globalement connue, notamment grâce aux actes d’un important colloque organisé à Paris à l’automne 2015, son œuvre, elle, l’est beaucoup moins. Aussi, ne trouve-t-on dans ces pages pas le détail des parcours de ces éminents juristes, à commencer par le plus célèbre d’entre eux, l’ancien préfet du Finistère et secrétaire général de l’Élysée Henri Collignon (p. 231), mais un exposé rigoureux des analyses rendues pendant le conflit, sur sollicitation du Gouvernement, par cette instance sise au Palais Royal.

Voyages de Noces sur les Champs de Bataille : Une Analyse Indiciaire

Étranges noces de cendres que vient de faire paraître C. Vidal-Naquet, volume intégralement consacré à une seule et unique source : l’album photographique d’un voyage de noces effectué moins d’un an après l’Armistice du 11 novembre 1918 sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Se livrant à un exercice qui n’est pas sans faire songer à l’analyse de la canne sculptée de Claude Burloux à laquelle s’adonne S. Audoin-Rouzeau, les deux artefacts provenant du reste des collections de l’Historial de Péronne (p. 8), l’historienne mène une démarche indiciaire qui, disons-le franchement, a a priori tout pour séduire. Pourtant, en refermant ce petit livre, écrit d’une plume délicatement légère, presqu’évanescente, c’est bien la perplexité qui domine.

Micro-histoire et Libération : Le Pays de Loudéac sous les Projecteurs

Alors que le 80e anniversaire de la Libération charrie, opportunité éditoriale oblige, un lot assez impressionnant de publications, il est parfois difficile de trier le bon grain de l’ivraie et de faire la part des choses entre les titres dispensables et ceux que l’on ne saurait trop vivement recommander. L’ouvrage que consacrent Y. Lagadec et F. Lostec au pays de Loudéac est indéniablement à ranger dans cette dernière catégorie. Fruit de plusieurs décennies de travail (p. 116 et 378), ce livre propose moins une synthèse qu’une sorte de biopsie historique, carotte géologique rappelant combien ces approches, peu privilégiées par une historiographie demeurée très thématique dans ses questionnements (p. 11) et n’ayant en définitive pas intégré le tournant spatial cher aux géographes, sont pourtant prometteuses. Pour le formuler autrement, c’est bel et bien de micro-histoire dont il s’agit, c’est-à-dire de l’analyse en profondeur d’un secteur pour en distinguer les singularités et les convergences : « une étude locale, par le bas, peut en effet mieux permettre de comprendre le global » (p.

Séréndipité Bibliophile : Découverte de Vies Politiques

On ne dira jamais combien les boites à livres sont des inventions merveilleuses, géniales incitations à se livrer à la sérendipité bibliophile, en un mot comme en mille à la curiosité intellectuelle. Il y a quelques années, j’avais déjà eu l’occasion de me plonger dans une biographie de Georges Pompidou, deuxième président de la Ve République. Mais cet été, c’est une vie de Jacques Chirac que j’ai eu l’occasion de lire ; ouvrage touffu et texte probablement de commande tant il est manifestement engagé. Publié en 1983, deux ans donc après l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, par les droitières éditions de La Table ronde et signé par Thierry Desjardins, une des grandes plumes du Figaro, ce volume n’en demeure pas moins particulièrement intéressant pour peu qu’on s’astreigne à le lire avec distance.

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Les Jeux Olympiques de Paris : Une Opportunité pour l'Histoire du Sport

Les Jeux olympiques de Paris constituent pour l’histoire du sport une formidable opportunité. Avec cet événement planétaire, des travaux méconnus bénéficient d’une lumière bienvenue, ce dont on ne peut que se réjouir. Certes, demande sociale oblige, parmi les dizaines de publications que l’on a pu répertorier au cours des dernières semaines, toutes ne sont pas nécessairement indispensables. Là est la loi du genre et l’on avait pu observer le même phénomène pendant le Centenaire de la Première Guerre mondiale. Mais tel n’est pas le cas du formidable catalogue de l’exposition Coup d’envoi.

L'Armée Française et le Communisme : Une Enquête Incontournable

Spécialiste de l’histoire politique de l’armée française, et plus particulièrement de ses rapports difficiles avec le drapeau rouge, G. Vidal est de ces historiens discrets mais dont le travail est à bien des égards incontournable. Portant sur la séquence 1939-1935, cette Armée française et le communisme se situe dans le prolongement d’une réflexion poussée sur le rapport de cette même institution à la figure de l’ennemi intérieur, excellente enquête déjà publiée aux Presses universitaires de Rennes. Du fait d’un emploi du temps particulièrement chargé, je n’avais pu rendre compte de cet ouvrage sorti à la fin de l’été 2023. C’est donc avec beaucoup de retard que je me permets de m’atteler à cette recension qui m’apparaît doublement nécessaire.

Dictionnaire d'Histoire Militaire : Un Usuel de Grande Qualité

Devenu trop rare ces dernières années et manquant singulièrement à une historiographie du fait guerrier qui oublie trop souvent les armées, R. Porte publie un utile Dictionnaire d’histoire militaire de la France dont on ne peut que conseiller la lecture tant il s’agit là d’un usuel de grande qualité, et qui rendra maints services. Rassemblant plus de 780 notices, l’ouvrage est dense tout en proposant des entrées diversifiées (les hommes, les lieux, les événements, les organisations, les armes) ainsi que des définitions claires et accessibles au plus grand nombre. Synthèse très pédagogique de décennies de lecture et d’une pratique intense des archives, le volume permet de faire le point sur des points aussi divers que les grades ainsi que quelques batailles emblématiques, des éléments de matériel ou encore quelques grands noms.

La Justice à l'Épreuve de la Guerre : Une Synthèse Essentielle

La Justice à l’épreuve de la Guerre est de ces volumes qu’il faut impérativement connaître tant il s’impose au lecteur par sa densité. Avec cet ouvrage, la juriste A. Deperchin propose plus qu’une enquête fouillée sur un aspect paradoxalement méconnu de la séquence 1914-1918, car trop souvent réduit à la seule justice militaire et plus encore aux conseils de guerre (p. 18). C’est en réalité de la synthèse de décennies de travaux, milliers de cartons d’archives dépouillés à travers toute la France, y compris au sein de nombreux barreaux, et au moins autant de livres, articles, thèses et autres mémoires constituant la littérature juridique sur la période, dont il s’agit ici. On se plongera donc avec d’autant plus d’intérêt dans cet ouvrage que la Bretagne n’en est pas absente - on y retrouve par exemple le commandant Jean Appleton, avocat que l’on sait aux premières loges américaines à Saint-Nazaire à partir du 26 juin 1917 (p. 74) - et que l’approche nationale permet, justement, de mettre en perspective ce qui s’observe à l’échelle de la péninsule armoricaine. Pour autant, il convient de formuler ici une mise en garde à quiconque souhaiterait se plonger dans ces pages dans l’espoir d’y trouver une prosopographie fine des groupes sociaux-professionnels spécifiques que sont les avocats (7 400 individus, stagiaires compris en 1914) et les magistrats (6 000 en 1914, juges de paix et suppléants compris, p. 16). En effet, ce n’est pas à cet exercice que se livre A.

Ferdinand Foch : Principes et Conduite de la Guerre

On ne saurait trop remercier M. Motte d’avoir assuré la réédition critique et commentée de deux textes importants de Ferdinand Foch : Des Principes de la guerre, publié en 1903, et De la Conduite de la guerre, sorti l’année suivante. C’est en effet une manière de rendre beaucoup plus accessible un propos qui, il faut bien l’avouer, ne l’est pas nécessairement sans un éclairage extérieur. Surtout, c’est soumettre à la sagacité du lecteur des pages qui, tirées de cours donnés à l’École de guerre entre 1895 et 1901 (p. 7), peuvent être lues de deux manières, ce qui en creux dit non seulement leur profondeur mais leur aptitude à stimuler la réflexion. De surcroît, et à la différence de ce volume qui n’évoque que les origines tarbaises de Foch, on rappellera que le vainqueur cultive de sérieuses attaches bretonnes. Non seulement il sert à la fin des années 1870 au 10e RAC en garnison à Rennes mais il épouse en 1883, en l’église Saint-Michel de Saint-Brieuc, Julie Bienvenüe, petite cousine de Fulgence Bienvenüe, père du métropolitain parisien. Trois ans plus tard, le couple achète le manoir de Traonfeunteuniou, à Ploujean, près de Morlaix.

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La Société Générale pendant la Première Guerre Mondiale : Une Histoire Bancaire

Historien prolifique, H. Bonin publie chez Droz une histoire de la Société générale pendant la Première Guerre mondiale, troisième tome d’une vaste enquête au long cours consacrée à cette banque, qui mérite d’être connue. Certes, un tel sujet pourra paraître bien aride, et pour tout dire peu engageant, ce d’autant plus que la documentation fait souvent défaut et que le propos se limite fréquemment à d’austères tableaux comptables. Mais il n’en demeure pas moins que s’intéresser à la guerre sans prendre en compte ce qui fait son nerf relève d’une démarche dont on parvient rapidement à toucher les limites.

Datavisualiser la Compagnie sur le Temps Long ?

Dans « l’histoire immédiate » de la guerre en Ukraine qu’ils ont proposée il y a quelques semaines, M. Goya et J. Lopez rappellent que « chaque kilomètre carré conquis par les Russes a donc été payé par le sacrifice de l’effectif et de l’équipement d’une compagnie ». Et d’ajouter : « C’est évidemment très cher payé et on peut se demander si le but n’était pas plutôt de saigner l’armée ukrainienne ». Efficace, ce propos doit néanmoins être considéré à sa juste mesure. En premier lieu, on observera que l’étalon que constitue la compagnie, sous-entendu d’infanterie, est éminemment biaisé puisque jamais une arme n’est censée opérer seule sur le champ de bataille. Non seulement la liaison interarmes est chose essentielle mais c’est le propre des armées modernes que de voir les fonctions logistiques prendre une part de plus en plus prépondérante. Autrement dit, l’infanterie a beau être la « reine du champ de bataille », l’indice que constitue la compagnie n’en demeure pas moins éminemment trompeur. De surcroît, on observera que celui-ci est moins un indicateur de la performance militaire de troupes - avec un résultat ici assez modeste - que du coût humain, et donc politique, accordé au mètre carré de terrain conquis. C’est d’ailleurs à ce moment que les comparaisons avec les grignotages de 1915, ces « expériences à coup d’hommes » pour reprendre les termes de M. Goya dans un autre ouvrage, devenu classique, viennent spontanément à l’esprit.

Correspondance d'un Paysan Briard pendant la Grande Guerre

Publiée aux Presses universitaires de Rennes avec une introduction de Yann Lagadec, cette correspondance du paysan briard Maurice Gastellier, que la Grande Guerre trouve sous l’uniforme du 76e RI de Coulommiers en train de f…

La Guerre Froide : Origines et Conséquences

Moins de deux ans après leur victoire commune, Etats-Unis et Union soviétique allaient s’opposer dans une forme de guerre inédite - qualifiée de « guerre froide » - dont les origines immédiates se trouvent passionnément discutées par les historiens : les uns (traditionalistes) attribuant la responsabilité du conflit de domination américaine et à l’agressivité du nouveau président Truman ; d’autres encore (réalistes) soulignant le caractère inévitable d’une confrontation entre les deux plus grandes puissances du moment. Mais la Guerre froide se caractérisa surtout par ses affrontements indirects, qui furent de deux types : la subversion et la guerre ouverte par des satellites interposés. A l’issue de cette âpre lutte, au cours de laquelle le monde craignit, à plusieurs reprises, l’éclatement d’une troisième guerre mondiale, deux énormes blocs s’étaient constitués, avec leurs structures militaires (OTAN, en 1949, Pacte de Varsovie en 1955…), économiques (OECE, COMECON en 1948…), et leurs réseaux d’alliés et de satellites.

L'Affaiblissement de l'Europe et les Puissances Messianiques

René Rémond souligne que la guerre froide est née de l’affaiblissement dramatique de l’Europe. Elle est la fille de la Deuxième guerre mondiale. C’est qu’en 1945, à l’exception des Etats-Unis et de l’Union soviétique qui ont souffert inégalement du conflit, il n’y a que des vaincus. L’Allemagne et l’Italie, d’un côté, la Grande-Bretagne et la France, de l’autre, ont perdu l’essentiel de leur influence. Les deux supergrands sont face à face. Les Etats-Unis et l’Union soviétique sont deux puissances messianiques, encore que leurs messianismes soient contradictoires. Chacune des sociétés propose un modèle, non point seulement un modèle politique ou économique, mais un modèle de civilisation, un choix fondamental. Chacune considère qu’il est de son devoir, de sa mission, voire de son essence de se faire le champion de cette civilisation, de se porter à la tête d’un camp. De toute évidence, chacun des supergrands perçoit mal les intentions de l’autre. Ou bien les exagère.

La Guerre Froide : Un Conflit Total et Permanent

Selon P. Moreau Defarges, la période de la guerre froide est dominée par la notion de bloc, c’est-à-dire l’existence d’ensembles, en fait deux, s’opposant l’un à l’autre dans tous les domaines. Tout pays, toute situation se trouvent en quelque sorte contraints de se définir par rapport à cette notion, de se lier à l’un-ou-l’autre des blocs. Cette logique de la guerre froide, selon laquelle celui qui n’est pas un allié ne peut être qu’un ennemi, implique l’organisation de blocs. Le concept de guerre froide suggérant un conflit total et permanent, l’alliance classique ne saurait convenir : le dispositif doit, lui aussi, être total et permanent. Le caractère quasi-religieux de l’affrontement idéologique efface toute frontière entre politique intérieure et politique extérieure. Enfin, le bloc tend à imposer une manière de vivre à l’Ouest, l’« American way of life »; à l’Est, les lendemains qui chantent. Le bloc s’appuie sur une puissance directrice. Celle-ci est à la fois le protecteur incontesté - même s’il est parfois pesant - et la synthèse presque parfaite des valeurs, qui assurent et justifient la solidarité du bloc.

Partage d'Influence dans les Balkans : L'Accord Churchill-Staline

Winston Churchill décrit sa rencontre avec Staline en octobre 1944, où ils ont discuté du partage d'influence dans les Balkans. Churchill a proposé que la Russie prédomine à 90% en Roumanie, tandis que la Grande-Bretagne aurait 90% d'influence en Grèce, et que la Yougoslavie soit partagée à 50-50. Staline a approuvé cette proposition en cochant le papier avec son crayon bleu.

La Question Polonaise : Un Enjeu Central

Charles de Gaulle relate ses discussions avec Staline en décembre 1944 concernant la Pologne. De Gaulle a insisté sur l'importance d'une Pologne indépendante, tandis que Staline a souligné la nécessité pour la Pologne de fermer le "couloir" utilisé par les Allemands pour attaquer la Russie. Staline a critiqué le gouvernement polonais de Londres et a loué le Comité de Lublin, formé sous l'égide des Soviets.

L'Inquiétude de Churchill face à l'Expansion Soviétique

Churchill exprime son inquiétude face à l'interprétation erronée des décisions de Yalta par les Russes, leur attitude envers la Pologne, leur influence écrasante dans les Balkans, et la possibilité qu'ils ont d'entretenir d'immenses armées en campagne. Il anticipe qu'un "rideau de fer" s'abaissera sur les régions situées à l'est de la ligne Lübeck-Trieste-Corfou.

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