Introduction

Milly-la-Forêt, un nom intimement lié à l'histoire des plantes médicinales et aromatiques en France, continue de cultiver son héritage. Cet article explore le passé florissant de cette région, son déclin temporaire, et son renouveau actuel, tout en mettant en lumière les acteurs clés qui façonnent son avenir.

Un Héritage Ancien : Milly-la-Forêt, Pionnière de la Culture des Plantes

Depuis le Moyen Âge, et plus particulièrement depuis la fin du XVIIIe siècle, Milly-la-Forêt et la vallée de l'École se sont distinguées comme le berceau de la culture des plantes médicinales et aromatiques. Cette prospérité est due à un ensemble de facteurs favorables.

Des conditions géographiques idéales

Le sol sablonneux, bordé de zones humides et d'humus, offre un environnement propice à la croissance d'une grande variété de plantes.

Un savoir-faire ancestral

Des savoir-faire particuliers se sont développés au fil des siècles, assurant prospérité et notoriété à la région. Par tous les temps, environ 150 familles ont planté, biné, sarclé, récolté et séché les plantes médicinales.

L'âge d'or : 1850-1960

De 1850 à 1960, la région de Milly devient « la première région de France pour la qualité et la quantité de production ». La culture des « simples » -- c'est ainsi qu'on nomme les plantes -- « s'appuie pourtant sur une exploitation rudimentaire » : chaque famille de la région possède un petit bout de jardin dédié. « Ce qui n'empêche pas cette production de revêtir un caractère tout à fait industriel », souligne le Congrès national des plantes médicinales de 1931.

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Une renommée internationale

Dès la fin du XIXe, les plantes de Milly ont acquis une renommée internationale en participant à l'exposition universelle de Paris en 1889 et à l'exposition française de Moscou en 1891, conquérant une clientèle lointaine.

L'innovation d'Armand Darbonne

En 1890, Armand Darbonne -- l'une des familles importantes dans la culture des plantes, devenue depuis l'entreprise Darégal -- achève d'asseoir leur réputation : il invente le premier séchoir à claies, long de 100 m et large de 4. Jusqu'ici, toutes les familles de cultivateurs-herboristes faisaient sécher les productions en les accrochant en guirlandes dans les greniers, les hangars… « Cette révolution technologique sera imitée partout dans le monde, lit-on dans le livre Histoire de plantes, mémoire d'hommes. Et cela assurera à Milly une place de choix sur le marché européen. »

L'apogée : 1920-1950

Au fil de l'exposition, le public découvre l'âge d'or des plantes de Milly : 1920-1950. En 1923 par exemple, 120 familles cultivent environ 200 ha. La menthe et la mélisse jouissent « d'une renommée internationale grâce à la finesse de leur parfum ». Bien sûr, on parle de Milly, mais il ne faut pas oublier Oncy-sur-Ecole, Noisy-sur-Ecole et Courances. Ces quatre communes se sont d'ailleurs réunies en 1923 en créant l'office des plantes médicinales de Milly.

Le Déclin et la Mutation

La crise survient dans les années 1960, avec la quasi-disparition des petits producteurs. La qualité est toujours là, mais la concurrence fait rage, en particulier avec les pays d'Europe de l'Est. Il faut aussi faire face à l'apparition des produits de synthèse et à la désaffection des zones rurales : les employés des fermes préfèrent intégrer des grosses usines comme IBM ou la Snecma qui s'installent à Corbeil-Essonnes ou Melun (Seine-et-Marne). A cette époque, Marc Darbonne arrête totalement les plantes médicinales pour ne se consacrer qu'aux aromatiques : persil, cerfeuil, ciboulette et estragon. Il développera, via Darégal, la vente de ces plantes surgelées. A la fin des années 1970, l'engouement du grand public pour la phytothérapie permet un retour en grâce des simples.

Un Renouveau Prometteur

Depuis quelques années, une nouvelle dynamique voit le jour, en lien avec les travaux d’une association locale, l’ADéPAM. Milly-la-Forêt est une région ayant un lien historique fort avec les plantes médicinales et aromatiques. En effet, elle a été la première région productrice au niveau national au début du XXe siècle, et le berceau de certains organismes de la filière PPAM. La production de plantes médicinales s’était peu à peu délocalisée à partir des années 1960.

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Des acteurs engagés

Darégal

L'entreprise familiale Darégal, fondée en 1887, continue d'innover dans le domaine des plantes aromatiques. Charles Darbonne, Président de Darégal, a ouvert exclusivement ses portes au Réseau Frenchfood pour une visite exceptionnelle au moment de la récole des plantes aromatiques. Il nous a fait découvrir ses serres d’expérimentation autour de nouvelles plantes porteuses de nouveaux goûts pour notre alimentation et la technologie innovante de surgélation de cette entreprise familiale créée en 1887. C’est en 1887 qu’Armand Darbonne s’installe à Milly-la-Forêt, réputée pour la culture de ses plantes médicinales depuis le XIIème siècle. Débute alors une aventure agricole et entrepreneuriale qui va se transmettre de générations en générations… jusqu’à Charles ! Ancrée dans son territoire, l’entreprise est étroitement liée au Conservatoire National des Plantes à Parfum, Médicinales, Aromatiques et Industrielles, où des centaines de variétés sont cultivées et conservées.

Neoherba

Découvrez Neoherba, une entreprise passionnée qui crée des produits élaborés à la ferme à partir de plantes aromatiques et médicinales cultivées dans leurs propres jardins. Neoherba transforme ces trésors de la nature en une gamme de produits uniques et savoureux. Leurs tisanes, préparées avec des mélanges harmonieux de plantes sélectionnées, offrent des saveurs riches et des bienfaits pour le bien-être. Leurs sels aux plantes et sucres aux plantes apportent une touche d'originalité à votre cuisine, en mariant les arômes délicats des plantes à la subtilité des sels et des sucres. Rejoignez-les dans leur aventure au cœur de la nature, et laissez-vous séduire par la richesse et la diversité des plantes aromatiques et médicinales.

SIPAL/CMPA

Chez SIPAL-CMPA, nous avons associé nos compétences pour former un groupe complémentaire spécialisé dans la production et distribution d’herbes aromatiques et piments. Notre expérience acquise au fil des années nous a permis de cultiver notre propre signature. Nous nous engageons à fournir, à travers un service personnalisé, une offre variée et renouvelée, avec comme seul objectif, la garantie d’une qualité sans pareille de produits, goûtus et respectueux de l’environnement. Dans cette démarche, notre entité de production a vu ses engagements récompensées par différentes certifications : BRC Food, Global GAP, GRASP, IFS FOOD, QS et SMETA. SIPAL/CMPA, une aventure humaine avant tout.

Iteipmai

À Melay, l’institut technique des plantes à parfum, médicinales et aromatiques ouvrait ses portes vendredi 27 septembre. Votre basilic a peut-être des origines chemilloises. De l’Iteipmai, pour être précis. À Melay, l’Institut technique interprofessionnel des plantes à parfum, médicinales, aromatiques et industrielles travaille depuis vingt ans sur de nouvelles variétés de plantes. Anne Buchwalder : « Avant de prendre la direction de l’Iteipmai, j’ai été chef de projet, pendant huit ans, au centre de recherche du groupe Nestlé, à Tours. J’étais chargée de créer de nouvelles variétés de cacao, mais aussi d’apprendre aux cultivateurs africains certaines pratiques agricoles, comme de tailler les cacaotiers, ce qui n’est pas naturel pour tout le monde. J’allais beaucoup en Afrique et en Amérique du Sud. Nous avions une ferme expérimentale en Équateur. Les règles du jeu sont les mêmes à l’Iteipmai : exploiter des variétés intéressantes pour les agriculteurs sans détériorer la nature. « Nous sommes sur la fin du processus concernant du persil résistant au mildiou. Il y a une demande forte des producteurs. Nous créons également une nouvelle variété de mélisse, afin de développer une mélisse riche en acide rosmarinique, un principe actif recherché. Mais aussi sur des espèces aromatiques de menthe pour un industriel angevin (N.D.L.R. : Giffard, producteur de menthe-pastille). Nous travaillons sur une bonne dizaine de variétés nouvelles, de thym, de romarin, de sauge, de basilic… Entre le début du projet et la mise sur le marché, il peut se passer de cinq à dix ans. « Il y a un marché de la semence, mais il n’existe que 50 000 hectares de plantes aromatiques et médicinales en France. Dont 28 000 hectares de lavande et de lavandin. Ce sont des cultures très morcelées, faites de petites surfaces. C’est trop petit pour qu’un gros industriel s’y intéresse. C’est pourquoi nous répondons surtout à des commandes publiques. Mais les plantes aromatiques médicinales sont le secteur dont la surface agricole a augmenté de plus de 40 % ces dernières années. C’est un type de culture très rentable, et qui peut permettre à un agriculteur de rallonger les cycles, entre une année de blé et une année de colza, par exemple. « Nous souhaitons notamment développer notre activité agronomie, c’est-à-dire comment l’on cultive. Nous travaillons beaucoup sur la façon de gérer les herbes adventices, (N.D.L.R., les « mauvaises herbes »), par exemple, avec des plantes couvre-sol. Nous donnons une sorte recette de culture aux producteurs. Parfois, ce sont simplement des astuces.

Des plantes aux propriétés variées

Le Thym à thuyanol

Ce chémotype présente un intérêt en aromathérapie, pour ses propriétés dans le traitement des affections des voies respiratoires supérieures.

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Le Périlla de Nankin, ou Shiso

Très utilisée en Asie comme condiment et produit de santé, cette belle et grande plante a la particularité de pouvoir après extraction donner à la fois de l’huile essentielle (par distillation des parties aériennes), et de l’huile végétale (à partir des graines).

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