L'histoire des colonies est un sujet complexe et multidimensionnel, imprégné d'enjeux politiques, économiques, sociaux et moraux. Cet article explore la définition du concept de "berceau des colonies", son contexte historique, les débats qu'il suscite et ses implications contemporaines.
Introduction : Un Passé Qui Hante le Présent
La question coloniale continue de hanter la politique nationale, ravivant des fractures profondes et des sentiments persistants de ségrégation et d'injustice. Des débats passionnés émergent, tant dans les sphères politiques que médiatiques, concernant la qualification juridique et morale de la colonisation.
L'Afrique du Sud : Un Berceau de l'Humanité et de la Colonisation
L'Afrique du Sud, souvent considérée comme l'un des berceaux de l'humanité en raison de ses riches découvertes paléontologiques, offre un exemple frappant de la complexité de l'histoire coloniale.
Racines Préhistoriques et Migrations Bantoues
Depuis la préhistoire, la région était peuplée par des hominidés. Des chercheurs sud-africains ont découvert des squelettes australopithèques, datant de 3,3 millions d’années, dans les grottes de Sterkfontein. Les populations San ont peuplé la région avant les Khoi-Khoi. La migration progressive des populations bantouphones d’Afrique centrale et orientale vers le sud s’opère entre le VIIIe et XVIe siècle.
Colonisation Européenne et Apartheid
Les Néerlandais fondent la colonie Le Cap en 1652, y installant une escale de la Compagnie des Indes Orientales. Les Boers, descendants des premiers colons, rencontrent les populations Bantous en 1775. Après des conflits anglo-boers et bantous-boers, le traité de Paris de 1814 attribue la colonie aux Britanniques, qui abolissent l’esclavage en 1833. L’Union sud-africaine naît en 1910, et en 1911, les Afrikaners et les Britanniques mettent en place les premières lois de l’Apartheid.
Lire aussi: Avantages et Inconvénients : Berceau d'Entreprise
Vers une Nation Arc-en-Ciel
L’Afrique du Sud prend le statut de république indépendante de la Grande-Bretagne en 1961. En 1996, Nelson Mandela devient le premier Président noir de l’Afrique du Sud. Une gestion exceptionnelle du passé est mise en place pour promouvoir l’unité nationale et la réconciliation, donnant naissance à la nation arc-en-ciel.
La Colonisation : Définition et Contexte Historique
La colonisation se définit comme un événement historique marqué par l’annexion, l’assujettissement et l’exploitation de peuples par des puissances colonisatrices. Le continent africain fut l’épicentre de cet événement pendant près d’un siècle, partagé comme un gâteau entre les puissances européennes lors de la conférence de Berlin (1884-1885).
Causes et Conséquences de la Conquête Coloniale
Les désirs colonialistes de l’Europe se manifestèrent de façon factuelle au tournant de 1880, motivés par la découverte de richesses telles que l’or, le diamant et le cuivre, ainsi que par la disponibilité de populations laborieuses. La conquête coloniale européenne débuta au Congo, que Belges, Français et Portugais se disputèrent pour y commercer. La conférence de Berlin consacra un accord sur le malentendu sans opérer de partage du continent dans les textes, mais dans les faits, les puissances participantes se lancèrent dans une course de vitesse pour l’occupation du continent.
La "Balkanisation" de l'Afrique
La France ratissa large de la Méditerranée à l’Afrique occidentale ; l’Angleterre du Cap au Caire ; l’Italie, la Belgique et le Portugal se partagèrent le reste. Des mésententes entre ces forces envahisseuses dans la cohabitation conduisirent plus tard à la fixation des frontières, causant la "balkanisation" politique et la déstructuration ethnique, culturelle et sociale du continent.
Colonisation : Crime Contre l'Humanité ?
La qualification juridique et morale de la colonisation fait l'objet de vifs débats. Si certains la considèrent comme un crime contre l’humanité, d’autres estiment qu’une telle qualification ne correspond pas aux textes en vigueur.
Lire aussi: Berceau à roulettes : est-ce un bon choix ?
Les Horreurs du Passé Colonial
Les faits ayant symbolisé la colonisation en Afrique incluent l’extermination systématique, l’expropriation, l’assujettissement, l’exploitation et la négation de la dignité humaine. Les chiffres sont atrocement affligeants : environ 30.000 victimes pour la confection du chemin de fer Brazzaville-Pointe noire au Congo, 80.000 victimes lors de la répression des populations malgaches par l’armée coloniale française en 1947, environ 8.000 victimes à Sétif en Algérie en 1945, plus de 60.000 victimes au Cameroun entre 1950 et 1960, sans oublier le massacre de Thiaroye (Sénégal) en 1944.
Avantages Évoqués et Discours Ambivalents
À l’opposé de ce bilan macabre et inhumain, certains avantages sont évoqués : la construction des routes, des hôpitaux, des écoles et des centres de santé. On évoque même une mission de civilisation et d’émancipation. Cependant, Aimé Césaire affirmait : « On me parle de progrès, de réalisations, de maladies guéries, de niveaux de vie élevé au-dessus d’eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées (…). Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, (…) ».
Le Droit International et la Colonisation
En droit international, les mots comme torture, exécution, massacre sont significatifs de crime contre l’humanité sous réserve de certaines conditions. L’ONU a condamné la guerre coloniale et la politique colonialiste de l’État portugais sur les peuples africains administrés en 1967, qualifiant le fait de crime contre l’humanité. En 2001, la sous-commission de la promotion et de la protection des droits de l’homme de l’ONU condamnait et suggérait « la reconnaissance de la responsabilité et les réparations pour les violations flagrantes et massives des droits de l’homme en tant que crime contre l’humanité qui se sont produites pendant la période de l’esclavage, du colonialisme et des guerres de conquêtes ».
Une Qualification Juridique Complexe
Pour que la colonisation soit un crime contre l’humanité, il faut qu’elle en constitue un des actes prévus par les textes. Au regard de la définition des statuts de la CPI, les déportations de population, les meurtres, les emprisonnements, la réduction en esclavage sont potentiellement constitutifs de crime contre l’humanité sous réserve que ces actes aient été menés dans le cadre d’une attaque perpétrée de façon systématique et généralisée contre une population civile.
Les Débats Politiques et la Question de la Repentance
La question de la colonisation divise les opinions politiques en France. La gauche a longtemps considéré la colonisation comme une lumière de civilisation pour les peuples considérés non civilisés. Cependant, des voix s'élèvent pour reconnaître la colonisation comme un crime contre l'humanité et appeler à la repentance.
Lire aussi: Berceau Magique : Votre liste de naissance idéale
L'Ambivalence des Discours Politiques
L'ambivalence de certains discours politiques sème le doute sur la sincérité des démarches de reconnaissance. La droite fustige toute démarche de repentance, tandis que d'autres estiment que la colonisation ne peut recevoir une qualification adéquate autre que crime contre l’humanité.
Néocolonialisme et Indépendance de la Conscience
La colonisation, muée en néocolonialisme incarnée par la fameuse "Françafrique", continue à sévir. La question que se posent les peuples colonisés est de savoir à quand l’indépendance de la conscience de leurs dirigeants.
La Colonisation Française : Un Aperçu Historique
Au tournant du XVIe siècle, le monde est entré dans une nouvelle ère, marquée par l'expansion européenne à travers les mers. La domination turque sur Byzance et sur la Méditerranée orientale troubla profondément les courants commerciaux de l’époque, incitant à la recherche de nouvelles routes vers l’Ouest.
Les Explorations Portugaises et Espagnoles
L’Espagne et le Portugal, intéressés au premier chef par ce commerce, prirent l’initiative de l’opération. C’est ainsi que Christophe Colomb ouvrit à l’Occident le Nouveau Monde. Avant toutefois que les Espagnols n’ouvrent la route et la conquête des Amériques, ce sont d’abord les Portugais qui, dès le début du XVe siècle, ont exploré toujours plus loin la côte ouest de l’Afrique, s’appuyant largement sur les anciennes cartes et récits des grandes civilisations maritimes européennes.
Les Vikings : Précurseurs de la Découverte de l'Amérique
Les Vikings avaient déjà, près de 600 ans auparavant, explorés (et même colonisés) les côtes d’un continent nouveau situé de l’autre côté du vaste Atlantique. Depuis leurs établissements du Groenland, grâce à leurs langskip, des Scandinaves s’aventurent jusqu’à l’actuelle Terre-Neuve, y fondant même une petite colonie.
La France dans la Course Coloniale
Le voyage de Christophe Colomb et la date de 1492 ne constitue qu’un jalon parmi d’autres d’une vaste séquence historique, que nous retenons aujourd’hui sous le nom de « Grandes Découvertes ». Certes, grâce au voyage de Colomb, les Espagnols ont découvert un nouveau continent tout entier, dont le traité de Tordesillas leur accordera même bientôt l’exclusivité ! Cependant, l’objectif de la Couronne de Castille qui finance le navigateur génois n’a jamais été la découverte de nouvelles terres à exploiter - encore moins d’espaces à coloniser.
Partage du Monde et Concurrence Européenne
La première ère de la grande période d’exploration maritime puis d’établissement colonial européenne sera avant tout espagnole et portugaise. Dans le cadre de cette première séquence de la conquête du Nouveau Monde, l’état des choses est plutôt simple : aux Espagnols, tout ce qu’il y a à l’Ouest, et aux Portugais, tout ce qui se trouve à l’Est. Durant ce premier round (1450-1550) s’apparentant à vrai dire presque exclusivement à un duel hispano-portugais, les Français, les Anglais et les Hollandais ne sont pas encore véritablement entrés dans la danse.
Colonies Israéliennes en Territoires Palestiniens : Un Cas Contemporain
La colonisation ne se limite pas au passé. La construction de colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967 est un exemple contemporain de colonisation, considérée par une grande partie de la communauté internationale comme un obstacle majeur à un règlement du conflit israélo-palestinien.
Chiffres et Statuts des Colonies
Quelque 475 000 Israéliens résident dans des colonies en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967, où vivent 2,9 millions de Palestiniens. Ils sont également 230 000 à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé depuis 1967 puis annexé par Israël, où résident plus de 360 000 Palestiniens. Toutes les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international.
Motivations et Conséquences
De nombreux colons israéliens se sont installés en Cisjordanie et à Jérusalem-Est à la recherche de logements moins chers que sur le territoire israélien. Le gouvernement les encourage à s'installer dans des colonies devenues de véritables villes. Les Palestiniens considèrent les colonies israéliennes comme un crime de guerre et un obstacle majeur à la paix.
Colonisation et Organisation de l'Espace : Une Perspective Critique
L'analyse critique de la conception et de l’organisation de l’espace permet de comprendre comment ces deux notions servent d’instruments à l’exercice du pouvoir à l’époque moderne. La cartographie, en particulier, s’inscrit dans un processus d’abstraction qui tend à homogénéiser les espaces pour les rendre fonctionnels.
La "Raison Cartographique" et la Violence de l'Abstraction
L’intervention de l’État sur la sphère urbaine est le résultat de ce que Franco Farinelli appelle la « raison cartographique » et de l’histoire coloniale. L’espace abstrait est à la fois homogène, hiérarchisé et fragmenté, et constitue l’instrument privilégié du capital pour affirmer son hégémonie dans la société.
Cartographie et Pouvoir Colonial
La cartographie moderne a été l’un des premiers vecteurs du processus colonial. La transformation des lieux dans le monde en un espace homogène unique (mais hiérarchiquement structuré) a été la condition préalable aux conquêtes impériales et coloniales. Les cartes transforment les territoires colonisés : elles détruisent les toponymes indigènes et réduisent les perceptions directes de l’espace à des perceptions déterminées de façon cartographique.
tags: #berceau #des #colonies #définition
