La cocotte-minute, un ustensile de cuisine emblématique, a révolutionné la manière dont les repas sont préparés à travers le monde. Son histoire est un mélange d'innovation scientifique, d'ingéniosité industrielle et d'évolution des habitudes culinaires. Des premiers digesteurs aux modèles sophistiqués d'aujourd'hui, la cocotte-minute a traversé les siècles, s'adaptant aux besoins changeants des consommateurs et marquant de son empreinte la culture culinaire.

L'Ancêtre : Le Digesteur de Papin

L'histoire de la cocotte-minute remonte au XVIIe siècle, avec l'invention du digesteur par le scientifique et philanthrope français Denis Papin. En 1679, Denis Papin, mathématicien, physicien et inventeur français, souhaite permettre aux plus démunis de consommer autre chose que de la viande coriace. En 1681, il met au point une marmite spéciale, le digesteur, capable d'« amollir les os et de cuire toutes sortes de viandes en fort peu de temps et à peu de frais ». Le digesteur de Papin permettait une montée en pression et une montée en température. Selon les propres termes de Denis Papin, cette chaudière était un moyen de cuisson un peu brutal : « les os et les morceaux de la vache la plus vieille et la plus dure, se transforment en gelée ».

Cependant, ce mode de cuisson à 150 °C entraînait une perte de saveur, de couleur et de vitamines dans les aliments. Bien que le digesteur de Papin n'ait pas connu un succès immédiat, il a posé les bases du concept de cuisson sous pression, qui allait être perfectionné au fil des siècles. Le digesteur est l’ancêtre de la Cocotte minute.

Les Premiers Autocuiseurs

La version moderne de la cocotte minute ® naît au XIXème siècle. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que les premiers autocuiseurs soient commercialisés, par la société De Dietrich notamment. En 1926, l’« Auto-Thermos » des Ateliers de Boulogne, dévoilé lors du Salon des arts ménagers, remporte le concours Lépine qui récompense les inventions. En 1929, l’entreprise Manufrance crée une « marmite automatique ». Ces premières cocottes se diffusent essentiellement dans les milieux populaires.

La Révolution de la Cocotte-Minute SEB

Après la Seconde Guerre mondiale, le besoin de cuire les aliments rapidement et à moindre coût se fait sentir. Dans une casserole ordinaire, l'eau bout à 100 °C et s'évapore, ce qui nécessite une surveillance constante et une consommation d'énergie importante. Comment fermer le récipient pour empêcher à la fois l’évaporation, une pression trop forte (risque d’explosion) et les risques de brûlures avec la vapeur à l’ouverture ? La solution trouvée par les frères Lescure et leur Société d’emboutissage de Bourgogne (SEB) en 1953 est une vraie révolution !

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En 1857, Antoine Lescure crée une usine de ferblanterie, qui fabrique et vend des outils ou ustensiles en fer-blanc souvent ménagers tels que par exemple les autocuiseurs. En 1944, l’usine de ferblanterie devient l’usine SEB (Société d’Emboutissage de Bourgogne). En 1948, l’entreprise SEB intègre le procédé de fabrication de la cocotte minute dans son usine. Elle dépose de nom de « Cocotte Minute » qui devient propriété de la société SEB. En 1953, SEB lance la super cocotte en aluminium : un immense succès. La cuve est emboutie d’un seul tenant et le système de fermeture se compose d’un étrier qui s’encastre entre deux oreillons pour bloquer le couvercle. Un succès instantané.

La cocotte de Frédéric Lescure est refusée au Salon des arts ménagers de 1954 sous le prétexte qu’elle est trop moderne ! Qu’à cela ne tienne, puisqu’on ne peut pas l’exposer à l’intérieur du Salon, on l’expose à l’extérieur : Frédéric Lescure construit un mur de cocottes devant les portes. Succès immédiat : 130.000 exemplaires sont vendus en 1954, 500.000 en 1960 ! Toutes les publicités mettent en avant l’atout essentiel de l’appareil : la division par plus de deux du temps de cuisson des viandes ou des légumes, donc des économies d’énergie considérables.

L'Ascension de la Super Cocotte

La formidable histoire de l’entreprise SEB commence en 1857 quand Mr Antoine Lescure qui était rétameur (il remettait une couche d’étain sur les ustensiles qui pouvaient rouiller en raison de la disparition de la couche de protection originale) décide de créer un atelier de ferblanterie. La ferblanterie est une usine où sont fabriqués des objets en fer-blanc (tôle de fer doux recouvert d’étain). La majeure partie de la production est constituée d’objets destinés à l’utilisation journalière comme les casseroles, les seaux, les passoires, les bols… En 1904, son fils Jean Lescure prend les rênes de l’entreprise et continue la production d’articles ménagers. En 1926, René Lescure prend la succession de son père dans l’entreprise familiale et achète une presse à emboutir, ce qui permet de mécaniser la production et d’entrer dans l’aire industrielle par la grande porte. À partir de ce moment, l’entreprise va s’appeler SEB (Société d’Emboutissage de Bourgogne). Plutôt que de reproduire les objets traditionnels d’antan, la nouvelle société SEB va s’engager dans la recherche et l’innovation destinées aux produits de cuisine. En 1952, l’entreprise familiale devient une SA (Société Anonyme) dirigée par Frédéric Lescure qui en fut le président jusqu’en 1972. En 1953 SEB commence à produire « la Super Cocotte SEB ». Le succès fut incroyable, avec ce modèle d’autocuiseur l’entreprise écrasa la concurrence et se positionna en tête des ventes d’autocuiseurs. La différence avec les concurrents était importante car au lieu de réaliser une cuve en fonte d’aluminium, SEB proposa une cuve en tôle d’aluminium emboutie qui était beaucoup plus légère, bien plus robuste et surtout très sécurisante.

La Super Cocotte SEB est le premier autocuiseur français fabriqué par emboutissage - d’où le nom Société d’Emboutissage de Bourgogne - en aluminium laminé à 99,5 %, qui est un matériau très pur, léger et deux fois plus résistant que l’aluminium fondu. Son couvercle est muni d’une soupape de sécurité à ressort, d’une soupape de fonctionnement tournante et d’un étrier qui, en cas de pression trop élevée, laisse fuir la vapeur. En quelques mois, la Super Cocotte SEB est devenue un vrai phénomène, aidée par les méthodes du marketing moderne et par des créations publicitaires innovantes : concours de décoration de vitrine, véhicules publicitaires qui sillonnaient les routes, affiches ou encore slogans accrocheurs comme l’inoubliable « SEB, c’est bien !

Plus de 500 000 exemplaires furent vendus en moins de 10 ans et depuis sont arrivée sur le marché en 1953, la « Super-Cocotte » a été vendue à plus de 60 millions d’exemplaires. En termes de succès, ce fut une révolution qui transforma la cuisine française et bouleversa les habitudes culinaires en France. La société française découvre le confort et recherche tout ce qui peut apporter de la modernité, des performances, du bien-être et diminuer la lourdeur des tâches répétitives.

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De Super Cocotte à Cocotte-Minute : Une Marque Iconique

Appelé « super-cocotte » à ses débuts, l’appareil change officiellement de nom en 1977 pour prendre celui de cocotte-minute. Depuis, Cocotte-Minute est une marque déposée qui ne peut être utilisée que par SEB. La Cocotte-Minute est l'autocuiseur star de nos cuisines depuis 70 ans. Elle voit le jour en 1953, à l'usine SEB (Société d’Emboutissage de Bourgogne) de Selongey, en Bourgogne. Ustensile de cuisine révolutionnaire, la Cocotte-Minute a permis à SEB d'avoir une renommée mondiale.

Évolution et Innovation Constantes

Depuis sa naissance en 1953, la Cocotte-Minute® a connu plusieurs innovations en offrant aux consommateurs des services complémentaires avec son fameux livre de recettes qui deviendra lui aussi un incontournable traduit dans des dizaines de langues. En 1965, la première cocotte SEB en inox est lancée. En 1969, elle se couvre d’or pour fêter son dix-millionième appareil vendu puis, années 1970 oblige, se pare de rouge et de motifs fleuris. En 1986 : cocotte SEB équipée d’une poignée longue : la Sensor. En 1993 est ainsi apparu, sur le marché sifflotant de la cuisine familiale, un appareil aux parois intérieures antiadhésives. La soupape tournante et le système de fermeture à étrier ont disparu. En 1994, la Cocotte-Minute® connaît une révolution technologique majeure avec le lancement de Clipso. L’ouverture et la fermeture se commandent désormais d’un seul clic grâce à un bouton poussoir et le sifflet de la soupape devient silencieux. La dernière née de chez SEB est même dotée d’un hublot pour surveiller la cuisson.

Aujourd’hui, à partir d’un iPad, d’un Smartphone ou d’une tablette où sera installée l’application « Mon Autocuiseur » (avant d’acheter, il est préférable de vérifier la compatibilité de votre matériel), vous réaliserez facilement tout un tas de recettes pour cinq ou huit personnes. Si vous le souhaitez il vous sera possible de régler préalablement vos temps de cuisson. Le panier est conçu pour accélérer la cuisson (2 à 3 fois plus vite) en préservant les vitamines jusqu’à 97%.

La Cocotte-Minute au Cœur de la Culture Française

Blanquette de veau, bœuf bourguignon ou poulet basquaise… Le livre de recettes qui accompagne les Cocottes-Minutes depuis leur lancement est tout aussi emblématique. La cocotte joua également un rôle certain dans l’égalité des sexes, en incitant les hommes à être plus présents derrière les fourneaux. La cocotte-minute fête ses soixante-dix ans. Une invention qui a changé notre quotidien, et qui symbolise à la fois l’accélération moderne et la chaleur familière du foyer.

Un Engagement pour la Durabilité

Chaque acheteur d’une cocotte-minute bénéficie d’un engagement de « réparabilité » de quinze ans de la part d’un fabricant qui se présente comme un fervent défenseur du « réparer plutôt que jeter ». Parce qu’elle est plus rapide, la cocotte-minute est également censée consommer 50 % d’énergie en moins qu’un faitout et préserver 80 % des vitamines des légumes.

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La Cocotte-Minute Aujourd'hui

Depuis 1953, SEB a élargi son catalogue. Son site propose aujourd’hui 17 modèles de cocottes-minute. Cela va de l’« Authentique 4,5 l » de base à 117,99 € au « Nutricook » de luxe à 209,99 €, en passant par le « Clipso Minut Eco Respect 9 l » à 141,99 €. Tous sont fabriqués à Selongey, dans l’usine « historique » du groupe, d’où sortent 800 000 cocottes-minute chaque année. En 2013, soixante ans après sa création, on comptait 70 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Avec plus de 75 millions d’exemplaires vendus à ce jour, cet objet inusable est toujours fabriqué depuis l’usine de Selongey en Bourgogne.

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