Dans les représentations traditionnelles, le berceau a toujours joué le rôle d’accueil du petit enfant. Associé au bercement, il assure le bien-être de l’enfant et le prépare à un sommeil réparateur, nécessaire à son repos et à celui de sa famille. Le berceau joue alors au sens propre, comme au sens figuré, un rôle essentiel de protecteur. L'histoire du berceau, et plus particulièrement du berceau ancien ou "berce-l'onnette", est riche et complexe, reflétant non seulement l'évolution des pratiques de soins infantiles, mais aussi les préoccupations sociales, morales et médicales des époques passées.

Le berceau : plus qu'un simple lit

Au-delà de sa fonction première de couchage, le berceau ancien représente un symbole fort. Hérité ou chiné, il représente souvent bien plus qu’un simple mobilier : il incarne un lien affectif et une volonté de transmettre. Il est chargé d’histoire et d’émotions familiales. Il est un objet de transmission intergénérationnelle et de mémoire familiale.

Le berceau dans les traités du XIXe siècle : enjeux et controverses

Pourtant, en se penchant sur les traités de soins pour les nouveau-nés et les traités d’éducation rédigés par des médecins dans la première moitié du XIXe siècle, on comprend que la place du berceau dans la cellule familiale est source de différents enjeux. La question d’employer un berceau pour faire reposer l’enfant, si elle semble évidente, n’a pas toujours répondu à une volonté d’assurer plus de confort à l’enfant. Elle correspond au contraire à une demande forte de la part des différentes autorités (médecins, théologiens, moralisateurs) de bannir la cohabitation au sein du même lit entre enfants et parents, afin de proscrire les risques d’étouffement et d’infanticide. Pour autant, faire reposer un enfant dans un berceau, nécessite de bien définir les rôles de chacun (mère, nouveau-né, nourrice, père).

La lutte contre la cohabitation parents-enfants

Les autorités médicales et morales du XIXe siècle voyaient d'un mauvais œil la pratique courante de faire dormir les enfants dans le même lit que leurs parents. Elles y voyaient un risque accru d'étouffement et d'infanticide, et prônaient l'utilisation du berceau comme moyen de séparer les couchages et de protéger l'enfant.

Dans l’ouvrage collectif dirigé par Louis-Henri Parias, on trouve cette illustration très frappante du nouveau Rituel du diocèse du Mans en 1773, qui prescrit ceci aux curés lors du baptême : « En vue de prévenir un triste accident qui n’est arrivé que trop de fois, avertissez qu’on ne couche point cet enfant dans le même lit avec sa mère, ou sa nourrice, ou autre personne, qu’il n’ait deux ans accomplis ». Angélique-Marguerite Le Boursier du Coudray, célèbre sage-femme qui s’était engagée dans un tour de France obstétrical durant 25 ans, s’intéresse aussi dans son célèbre Abrégé de l’Art des accouchements, à la question du partage du lit entre la mère et l’enfant, ou plus particulièrement de la cohabitation entre nourrice et nouveau-né. Avant un an, il n’est pas question d’envisager cette situation. L’expérimentée sage-femme détaille avec minutie les risques encourus.

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Le rôle de la nourrice

Si les parents sont particulièrement visés par ces différentes interdictions, ce sont surtout les nourrices qui sont au cœur des réserves des médecins et moralisateurs. Si l’omniprésence de la nourrice dans leurs écrits peut nous étonner, en fait il n’en est rien. Comme nous le montre Marie-France Morel, cette mise à distance de l’enfant, par l’emploi d’une nourrice, n’est pas signe de désamour de la mère pour sa progéniture. S’il peut s’agir d’une pratique déroutante, il faut aussi la replacer dans les mentalités de l’époque. La mise en nourrice, telle qu’elle se pratique dans les grandes villes françaises des XVIIIe et XIXe siècles (qui ne représentent que 10 à 15 % de la population), consiste à envoyer à la campagne, pour y être allaité et élevé, un nouveau-né qu’on ne reverra pas avant un ou deux ans. Cette pratique est justifiée, soit par les occupations mondaines de la mère dans les milieux favorisés, soit par la nécessité de son travail dans les milieux populaires. Dès lors, les médecins qui adressent des conseils aux familles pour bien élever leurs enfants, insistent particulièrement sur la redéfinition des rôles et des fonctions de la nourrice. Ces dernières ne doivent plus suivre des pratiques séculaires et ignorantes, et sont pressées d’acquérir des méthodes répondant plus au besoin de l’enfant.

Berceau : un critère de moralité et de décence ?

Ces différentes accusations ne vont donc pas dans le sens de l’idée de Jean-Louis Flandrin et Philippe Ariès, qui suggéraient que l’usage de faire dormir le nouveau-né dans le lit des parents afin de permettre à l’enfant de prendre le sein quand il le désire, avait pu entraîner une sorte d’infanticide toléré. « Au contraire, séparer le coucher des parents et celui des enfants, est un critère de morale et de décence que guettent les enquêteurs lorsqu’ils pénètrent dans le logis du pauvre, flairant la lubricité dans les promiscuités de la misère. » C’est ce que soulignent les philanthropes anglais de la London Mission, le baron de Gérando (visiteur du pauvre) ou les disciples de Le Play pour les monographies de famille qu’ils réalisent sous l’égide de la Société d’Économie Sociale.

L'évolution du berceau à travers l'histoire

Sous l’Ancien Régime - depuis l’accession au trône d’Henri IV en 1589 et jusqu’à la Révolution française en 1789 - l’enfant exposé à une forte mortalité doit tout simplement être remplacé s’il ne survit pas. Ce refus en filigrane de notre appartenance au monde animal pose de sérieux problèmes d’hygiène. C’est une des façons dont on peut interpréter cette splendide toile d’Élisabeth Vigée Le Brun représentant « Marie-Antoinette et ses enfants ». On y voit le jeune Dauphin Louis désigner le berceau vide de sa petite sœur prématurément décédée.

La famille nucléaire, telle que nous la connaissons aujourd'hui, ne s'est imposée qu'au XIXe siècle. Dans la foulée au XIXᵉ siècle, pour définitivement bannir la cohabitation au sein du même lit entre parents et enfants propice aux risques d’étouffement des nouveau-nés, les berceaux vont investir progressivement tous les foyers.

L'essor du mobilier bourgeois

Le règne de Louis-Philippe Iᵉʳ, entre 1830 et 1848, est caractérisé par l’enrichissement rapide de la bourgeoisie manufacturière et financière, au détriment des classes ouvrières maintenues dans une extrême misère. On va pouvoir, dans les intérieurs bourgeois, s’accorder un peu de bon temps en se prélassant dans des fauteuils crapaud entièrement couverts de tissu, des fauteuils gondole aux dossiers incurvés et aux accotoirs terminés par de larges involutions, ou encore profiter du confort de fauteuils Voltaire, bas sur pieds et profonds. Les petits plaisirs et missions du quotidien trouvent aussi leur mobilier dédié : commode-toilette, coiffeuse, barbière, table tricoteuse, table de nuit ou de salon, console d’appui, guéridon, meubles à écrire, bureau plat ou de ministre, et bibliothèque font leur apparition. Les bois chauds et sombres sont à la mode.

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De la couverture au berceau : l'évolution sémantique de la "barcelonnette"

En 1777, la « barcelonnette » désigne la couverture de laine dont est enveloppé, dans sa corbeille, le nouveau-né. En 1787, un glissement sémantique survient. La barcelonnette désigne dorénavant le berceau lui-même.

Le berceau du Roi de Rome : un symbole de puissance impériale

La naissance du Roi de Rome, fils de Napoléon et de Marie-Louise d'Autriche, en 1811, est un événement majeur. La Ville de Paris offre à l'empereur un berceau d'apparat d'une richesse inouïe. Dessiné par le peintre Pierre-Paul Prud'hon à la demande du préfet de la Seine, il est réalisé par l'orfèvre Jean-Baptiste-Claude Odiot, assisté de Pierre-Philippe Thomire, bronzier, et de Victor Roguier, sculpteur.

Ce berceau exceptionnel, conçu comme un trône, est un symbole de puissance et de continuité dynastique. L'ornementation du meuble est composée suivant un programme iconographique qui célèbre l'héritier du trône et l'Empire. Ainsi, sur chacun des côtés du berceau, des bas-reliefs en bronze représentent le Tibre et la Seine, références à Rome et à Paris.

Le berceau ancien aujourd'hui : entre tradition et sécurité

Pour autant ces berceaux conservent un charme puissant. Un berceau ancien a ce charme unique, chargé d’histoire et d’émotions familiales. Hérité ou chiné, il représente souvent bien plus qu’un simple mobilier : il incarne un lien affectif et une volonté de transmettre. Mais lorsqu’il s’agit d’y coucher un nouveau-né, une question essentielle se pose : quel matelas pour berceau ancien ?

L'importance d'un matelas adapté

Les berceaux anciens ne répondent pas aux normes actuelles de tailles. Chaque modèle est unique, et il est donc souvent impossible d’y faire entrer un matelas standard sans provoquer un jeu dangereux ou une compression du couchage. C’est pourquoi choisir un matelas sur mesure est la seule solution fiable. En nous fournissant la longueur, la largeur, voire les découpes spécifiques si le fond du lit est arrondi, vous obtenez un couchage qui épouse parfaitement la structure, sans espace vide sur les côtés. Cela évite tout risque de glissement, d’étouffement ou de mauvaise posture pendant le sommeil.

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Un matelas pour nourrisson doit allier douceur, respirabilité et fermeté. Les nouveau-nés ont besoin d’un matelas qui soutient bien leur corps, sans être trop souple.

Sécurité et confort : des critères essentiels

On ne le répétera jamais assez : un matelas mal ajusté dans un berceau peut présenter des risques. Trop petit, il laisse des interstices dans lesquels bébé pourrait glisser un bras ou un pied. Trop grand, il se déforme en forçant sur les bords, ce qui altère le maintien.

Les premiers mois de vie d’un bébé sont cruciaux pour son développement. Son sommeil, souvent fractionné, doit être le plus apaisant possible. C’est pourquoi nos matelas pour berceau sont conçus pour ne contenir aucune substance nocive. Grâce à l’utilisation de matières naturelles comme la fibre de bambou ou la fibre de coco, combinées à des mousses techniques haute résilience, nous assurons un environnement propre, ventilé et confortable. Ces matières limitent également les risques d’allergie, ce qui est essentiel dans un couchage pour bébé.

Opter pour un matelas adapté à un berceau ancien, c’est aussi prolonger l’histoire d’un objet qui traverse les générations. C’est faire vivre les souvenirs tout en respectant les normes actuelles de sécurité et de confort.

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