Introduction

Belfort, ville chargée d'histoire et de patrimoine industriel, est intimement liée à l'épopée du TGV et à l'entreprise Alstom (anciennement Alsthom). Cet article explore l'histoire riche de Belfort, son rôle crucial dans le développement du TGV, les menaces qui ont plané sur son site industriel, et les perspectives d'avenir qui se dessinent pour ce haut lieu de l'innovation ferroviaire française.

Belfort, Berceau Historique du TGV

L'histoire de Belfort et du TGV remonte à plus d'un demi-siècle. Bien avant l'inauguration de la première ligne Paris-Lyon en 1981, l'usine Alsthom de Belfort était déjà le théâtre de l'élaboration du prototype du TGV, alors appelé "super turbo train" ou "avion sur rail". En mars 1972, la rame expérimentale 001 sortait des ateliers belfortains, et dès le mois suivant, elle entamait sa campagne de tests sur les rails entre Belfort et Mulhouse.

Bien que les ouvriers de Belfort n'aient pas été conviés à l'inauguration de la ligne Paris-Lyon en 1981, ils ont marqué l'événement par un débrayage, revendiquant leur participation à la fête et regrettant la lenteur des progrès sociaux.

Belfort a dû attendre 2011 pour être enfin desservie par le TGV avec le lancement de la LGV Rhin-Rhône et l'inauguration de la gare TGV de Meroux-Moval.

Alstom à Belfort : Un Pilier de l'Industrie Locale

L'usine Alstom (anciennement Alsthom) de Belfort est un pilier de l'industrie locale, employant environ 500 salariés. Son histoire est étroitement liée à celle de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques (SACM) puis d'Alstom, entreprises qui ont dynamisé l'économie belfortaine dès la fin du XIXe siècle.

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En 2016, l'usine a traversé une période difficile, menacée de fermeture. Cependant, elle a finalement été sauvée et se tourne désormais vers l'avenir avec le projet "TGV M", le TGV du futur, dont la SNCF a commandé 100 rames. Les équipes de Belfort travaillent actuellement sur le prototype des motrices de ce nouveau train à grande vitesse, présenté comme plus connecté, plus modulable et moins énergivore, et dont la mise en service est prévue à partir de 2024.

Jean-Baptiste Eyméoud, président d'Alstom France, a confirmé le rôle central de l'usine de Belfort dans le contrat pour les 130 locomotives de fret commandées par l'Ukraine, notamment pour la chaudronnerie.

Menaces et Mobilisations

Malgré son rôle historique et son expertise reconnue, le site Alstom de Belfort a été confronté à des menaces de suppression d'emplois et de délocalisation de la production. En 2016, l'annonce d'un plan social avait suscité une vive émotion et une forte mobilisation des salariés, des élus locaux et des organisations syndicales.

Le patron du groupe Henri Poupart-Lafarge avait affirmé que le maintien de la production de trains à Belfort était "aujourd'hui impossible" en raison de la pénurie de commandes. Cependant, face à la mobilisation générale, des discussions ont été engagées avec le gouvernement pour trouver des solutions et assurer la pérennité du site.

Le président de la République s'est engagé à tout faire pour que le site de Belfort puisse être pérennisé pour de nombreuses années, soulignant la nécessité d'une mobilisation de tous et d'une prise de conscience du groupe Alstom de ce qu'il représente à l'échelle du monde.

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La Recherche de Solutions et l'Implication des Acteurs

Face à la crise, plusieurs pistes ont été explorées pour assurer l'avenir du site de Belfort. Le gouvernement s'est engagé à accélérer les prises de commandes dans le cadre de marchés existants, tandis que les élus locaux ont souligné la nécessité de laisser du temps à la négociation pour trouver des réponses complexes aux défis auxquels est confronté Alstom.

Le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, a rencontré des élus franc-comtois à Paris et a semblé ouvert à une solution, tout en insistant sur le besoin de commandes pour le maintien du site. Le maire de Belfort, Damien Meslot, a également souligné l'ouverture du gouvernement à une solution.

Les salariés d'autres sites Alstom, comme celui de Séméac, ont également manifesté leur solidarité avec leurs collègues de Belfort, soulignant l'importance de ce site historique pour le groupe.

Perspectives d'Avenir et Nouveaux Projets

Malgré les difficultés rencontrées, l'avenir du site Alstom de Belfort semble aujourd'hui plus assuré. La commande de 100 rames de "TGV M" par la SNCF constitue une bouffée d'oxygène et offre de nouvelles perspectives de développement pour le site.

De plus, le rôle central de l'usine de Belfort dans le contrat pour les 130 locomotives de fret commandées par l'Ukraine témoigne de son expertise et de sa capacité à répondre aux besoins du marché ferroviaire.

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Le développement du secteur tertiaire, incarné par le parc d'activités du Techn'hom, offre également de nouvelles opportunités pour Belfort et sa région.

Belfort, Ville d'Art et d'Histoire

Outre son rôle industriel, Belfort est également une ville riche en histoire et en patrimoine. Sa situation stratégique dans la trouée de Belfort en a fait une place forte militaire convoitée au fil des siècles.

La ville a résisté à trois sièges mémorables (1814, 1815 et 1870-1871), ce qui lui a valu une réputation de citadelle imprenable, immortalisée par le célèbre Lion de Bartholdi.

Belfort possède également un riche patrimoine architectural, témoignant de son histoire et de son évolution. La Maison du Peuple, réalisée par l'architecte Paul Giroud, est un exemple remarquable de l'architecture Art Déco de la ville.

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