Faire dormir un bébé toute la nuit est un défi auquel de nombreux parents sont confrontés. Comprendre les raisons pour lesquelles un bébé ne dort pas la nuit est la première étape pour mettre en place des solutions adaptées. Cet article explore les causes courantes des troubles du sommeil chez les bébés et propose des stratégies pour favoriser des nuits plus paisibles pour toute la famille.
Pourquoi mon bébé ne dort-il pas la nuit ? Comprendre les causes
Les réveils nocturnes sont physiologiques et normaux, surtout chez les nouveau-nés. Un nouveau-né se réveille en moyenne 2 à 3 fois par nuit et il faut environ 3 mois pour qu'il fasse une nuit complète de 10 à 12 heures continues. Plusieurs facteurs peuvent perturber le sommeil de votre bébé :
- Besoins physiologiques : Les bébés ont besoin de se réveiller toutes les quelques heures pour se nourrir, car leur estomac n'est pas encore assez grand pour stocker la nourriture nécessaire toute la nuit. Durant 9 mois, le tout-petit a été nourri en continu via le cordon ombilical. Il ne peut donc pas réorganiser ses besoins instantanément à sa naissance.
- Rythme circadien : À la naissance, les bébés ne sont pas calés sur un rythme circadien de 24 heures. Il leur faut un peu de temps pour acquérir ce rythme cyclique et différencier le jour et la nuit.
- Pics de croissance : Les pics de croissance sont des périodes où les besoins des nourrissons sont plus intenses, ce qui peut perturber ses nuits.
- Inconfort : Un bébé peut se réveiller la nuit parce qu'il a faim, que sa couche est pleine, qu'il a trop chaud ou trop froid, ou qu'il semble avoir mal quelque part.
- Besoin de réconfort : Après avoir passé 9 mois dans le ventre de sa maman, il n'est pas naturel pour lui de se retrouver tout seul : il est entièrement dépendant de vous pour se rassurer.
- Maladie : En tant qu'adultes, nous avons la capacité de dire « je suis en train de tomber malade ». Que les symptômes soient visibles ou non, la maladie a donc un impact majeur sur le sommeil de l’enfant.
- Troubles digestifs : Les coliques et autres troubles gastriques peuvent perturber le sommeil de votre bébé.
- Environnement : Un environnement trop stimulant (bruits, lumières fortes, etc.) peut empêcher votre bébé de dormir paisiblement.
- Anxiété : Les parents peuvent traverser des périodes de stress, qui rejailliront inévitablement sur le sommeil de l'enfant.
- Changements : Même un petit changement dans la routine de votre bébé peut le déstabiliser et causer des réveils nocturnes. Vous avez déménagé récemment ? Vous attendez un enfant ? Vous l'avez changé de chambre ? Votre petite tête blonde est perturbée par ce chamboulement et en perd le sommeil.
Mettre en place une routine du coucher
Il n’est jamais trop tôt pour commencer une routine du coucher. Elle doit être simple et durable, de sorte qu’il vous soit facile de la suivre chaque soir. Un coucher entre 19 heures et 20 heures donne de bonnes habitudes de sommeil à votre enfant et lui permet de faire concorder son horloge circadienne avec un rythme nuit-jour. Votre enfant essayera de veiller plus tard, surtout s’il est très fatigué et agité, mais je vous encourage à résister et à garder un rythme très régulier tous les soirs.
Voici quelques conseils pour une routine du coucher efficace :
- Heure du coucher régulière : Essayez de coucher votre bébé à la même heure chaque soir.
- Activités apaisantes : Incluez des activités apaisantes dans la routine du coucher, comme un bain tiède, un massage, une histoire ou une berceuse.
- Environnement calme : Créez un environnement calme et sombre dans la chambre de votre bébé.
- Dernière tétée/biberon : Assurez-vous que votre bébé est bien nourri avant de le coucher, mais évitez de le laisser s'endormir en tétant le sein ou le biberon.
Aménager la chambre de bébé pour favoriser le sommeil
La chambre de votre bébé doit être un endroit sobre et chaleureux, propice au sommeil. Privilégiez les meubles bas, les coussins, les tapis, l’atténuation des résonances des sons. La température idéale est de 19°C, il est important de vous assurer que votre bébé n’ait pas trop chaud pour dormir. Si votre bébé a du mal à s’endormir, il y a peut-être des bruits ou des lumières qui viennent déranger ses mécanismes de sommeil.
Lire aussi: Solutions pour un meilleur sommeil avec l'allaitement
Quelques conseils pour aménager la chambre de bébé :
- Lit adapté : Installez bébé dans son propre lit dès la naissance. Un lit à barreau peut accompagner bébé longtemps. Dans tous les cas, le lit doit comporter le marquage CE ou NF avec la mention « conforme aux exigences de sécurité ».
- Matelas ferme : Choisissez un matelas ferme, adapté aux dimensions du lit et fixez bien le drap housse dessus.
- Sécurité : Avant six mois, tous les objets mous qui risquent de couvrir la tête ou le visage de bébé peuvent être dangereux. On couche bébé toujours sur le dos, à plat, sans oreiller, coussin, couverture, tour de lit, ni doudou à proximité. Pour la turbulette (ou « gigoteuse ») l’important c’est qu’elle soit à la bonne taille.
- Obscurité : Assurez-vous que la chambre est suffisamment sombre pour favoriser la production de mélatonine, l'hormone du sommeil. Le premier mois, vous pouvez un peu tricher en mettant une veilleuse si vous n’avez pas l’esprit tranquille. Les bruits et lumières forts ne sont pas ainsi les bienvenus.
- Température : Maintenez une température fraîche dans la chambre (environ 19°C).
- Calme : Évitez les bruits forts et les distractions visuelles. La chambre de bébé ne doit pas être à proximité d’une pièce ou d’une cour bruyante.
- Pas d'écrans : Avant 3 ans, votre bébé est trop petit pour regarder un écran. Les bébés qui sont placés devant un smartphone, une tablette, ou la télévision, dormiront moins que les autres et auront plus de mal à trouver le sommeil.
Comment réagir face aux pleurs nocturnes ?
Ne vous alarmez pas si votre bébé pleure dans son lit la nuit. Il est important pour lui de savoir se rendormir et d’enchaîner sereinement ses cycles de sommeil. Il est normal que bébé bouge en dormant, et il n’est généralement pas nécessaire d’intervenir. Par moments, il peut bouger beaucoup, faire des mimiques, pleurnicher, grogner. C’est ce qu’on appelle le « sommeil agité » et c’est une phase tout à fait normale du sommeil. Mais si on sent bébé trop agité, qu’il gémit ou qu’il est inconfortable, on peut intervenir pour le rassurer, l’apaiser par notre présence et l’aider à se rendormir.
En pratique, lorsque votre bébé ne dort pas, intervenez physiquement auprès de lui : une caresse, le porter vont le rassurer instantanément. Exit toutes les méthodes à l’ancienne qui préconise de laisser pleurer votre bébé ! Il est aujourd’hui scientifiquement prouvé que laisser pleurer un bébé, au moment de l’endormissement, a une action néfaste sur le cerveau. En effet, cela créé un état de stress chez votre tout-petit.
- Vérifiez les besoins de base : Pour commencer, on vous invite à vérifier tous les éléments présentés plus haut : est-ce que votre enfant a faim ? Sa couche est-elle pleine ? A-t-il chaud ? Froid ? Est-ce qu’il semble avoir mal quelque part ? Est-ce qu’il a besoin d’être rassuré par votre présence ? Est-ce qu’il y a eu des changements dans sa vie dernièrement ? A-t-il acquis de nouvelles compétences ?
- Cododo : Si vous êtes à l’aise avec le cododo, installez le lit de votre bébé dans votre chambre. Votre enfant sera instantanément rassuré par votre présence. Pendant ses six premiers mois au moins, il est préférable d’installer le lit de bébé dans la même chambre que nous. C'est mieux pour sa sécurité. En plus, pendant la nuit, c'est aussi plus simple pour nous, pour réagir la nuit quand il s'agite, commence à pleurer, ou montre des signaux de faim. Passé l’âge de six mois, bébé peut dormir dans une autre pièce que nous, si notre logement s’y prête.
- Rassurez votre bébé : Si votre bébé pleure, allez le rassurer en lui parlant doucement ou en le caressant.
- Évitez de le stimuler : La nuit, faites le moins de bruit possible, chuchotez et évitez les lumières violentes.
- Soyez patient : Il faut parfois un peu de temps pour que votre bébé apprenne à se rendormir seul.
Distinguer le jour et la nuit
Les bébés ne se savent pas distinguer le jour et la nuit. Raison pour laquelle certains sont très agités la nuit au dépens de ses parents. Pour qu’il puisse savoir qu’il fait jour, il faut que la lumière puisse entrer dans sa chambre. Contrairement à ce que l’on pense, assombrir la pièce par le biais des rideaux lors de la sieste de bébé ne va pas l’aider à faire la différence entre le jour et la nuit. En même temps, il faut continuer à parler normalement à voix haute. Dans cette optique, n’hésitez pas le faire dormir dans l’obscurité le soir.
En diminuant l’intensité de la lumière le soir et ouvrant grand les volets le matin, on marque la différence entre l’environnement de la journée et celui de la nuit. Cela fait des points de repères pour les rythmes de bébé qui se construisent.
Lire aussi: Comprendre les pleurs nocturnes de bébé
Aidez votre bébé à faire la différence entre la journée et la nuit en agissant différemment selon le moment de son éveil. La nuit, faites le moins de bruit possible, chuchotez et évitez les lumières violentes. Couchez-le dès que vous repérez des signes de fatigue, sans attendre l’épuisement : bébé pleurniche, a des mouvements un peu plus saccadés que d’habitude, son humeur change, il suce son pouce, bâille, se frotte les yeux…
Les terreurs nocturnes et les cauchemars
Il est important de distinguer les terreurs nocturnes des cauchemars. Les terreurs nocturnes surviennent au cours d’un cycle de sommeil. Elles ne peuvent donc pas être qualifiées d’éveil de l’enfant, car il continue à dormir - même s’il perturbe son entourage. Ces terreurs nocturnes peuvent survenir dès les 8 mois de votre bébé, mais sont le plus fréquentes vers 3 ou 4 ans, et peuvent durer jusqu’à l’âge de 6 ans. L’enfant crie, semble terrifié, il transpire, se débat. Si on le réveille, il est extrêmement confus, et ressent un vrai malaise. Si les terreurs nocturnes de votre enfant vous angoissent et que vous culpabilisez à l’idée de ne pas intervenir et de laisser votre enfant aux prises avec ses peurs, n’hésitez pas à en parler à votre pédiatre.
Les cauchemars sont des rêves angoissants qui se produisent en fin de sommeil paradoxal, donc généralement dans la deuxième partie de nuit (à partir de 2 ou 3 heures du matin), et qui peuvent réveiller l’enfant du fait de l’intensité de la peur générée. L’enfant a alors besoin de réconfort et pleure pour appeler ses parents. Les cauchemars sont occasionnels et surviennent fréquemment entre 1 et 6 ans, période durant laquelle l’enfant fait de nombreuses acquisitions que son cerveau a besoin de digérer et de trier par le biais des rêves, bons ou mauvais. Contrairement à la conduite préconisée en cas de terreurs nocturnes, il est important de rassurer l’enfant qui a fait un cauchemar et appelle à l’aide.
Quand consulter un professionnel ?
Si les problèmes de sommeil persistent, n’ayez pas honte ni peur d’en parler à un professionnel. Le sommeil du nourrisson est rarement un long fleuve tranquille. Il est également une source de stress pour les parents. Avoir des connaissances sur le fonctionnement du sommeil d’un bébé est l’une des meilleures façons de dédramatiser et de l’accompagner au mieux. En effet, rappelons-nous que le sommeil est un processus évolutif : il change tout au long de la vie, de la période prénatale jusqu’à la vieillesse. Et oui, le bébé dort déjà dans le ventre de sa maman! Le sommeil de l’enfant est en construction, depuis la période de gestation.
Vous ne supportez plus le fait que votre bébé ne dorme pas, ou se réveille la nuit ? Aucune hésitation : consultez ! Ne restez pas seul(e) avec votre fatigue et votre angoisse de ne pas réussir à endormir votre bout de chou. On peut aussi parler de tout cela au centre de PMI ou au médecin qui suit notre enfant pour être écouté, conseillé et aidé.
Lire aussi: Types et matières de sous-vêtements pour bébé
tags: #bébé #ne #dort #pas #la #nuit
