Aujourd'hui, nous allons parler des poissons, un aliment important dans l'alimentation de bébé. Nutritionnellement, ils font partie de la famille des viandes-poissons-œufs, incluant également les mollusques et les crustacés. Cet article répondra aux questions les plus fréquemment posées sur l'introduction du poisson chez les bébés, en abordant les formes, les quantités, les intérêts nutritionnels, et les types de poissons à privilégier ou à éviter.

Quand et comment introduire le poisson dans l'alimentation de bébé ?

Il est tout à fait possible d'introduire les produits de la mer dès le début de la diversification alimentaire, généralement entre 4 et 6 mois révolus. En effet, les poissons, mollusques et crustacés font partie des 14 allergènes à déclaration obligatoire, et il est préférable de les introduire pendant cette « fenêtre de tolérance » afin de limiter le risque d’allergie par la suite.

Les bienfaits nutritionnels du poisson

Les produits de la mer sont intéressants à proposer à bébé car ils apportent des protéines et des acides gras insaturés, appelés communément les bonnes graisses. Ils sont aussi riches en minéraux comme le sélénium, le fer, le cuivre ou l’iode, ainsi qu’en vitamine D. Le poisson participe au développement du cerveau et des yeux grâce à son apport en oméga 3, notamment contenu dans les poissons gras. Tout comme la viande et les œufs, le poisson est une excellente source de protéines de haute qualité, essentielles pour la croissance et les muscles de votre bébé. Le poisson contient également des vitamines A, B, D et E, qui sont indispensables pour être en bonne santé. Enfin, le poisson a un apport certain en minéraux (comme le phosphore) et en oligoéléments (comme l’iode, le zinc, le cuivre, ou encore le fluor).

Quelles quantités de poisson donner à bébé ?

Concernant les quantités, il est recommandé de donner 10g jusqu’à 1 an de vie, 20g jusqu’à 2 ans, 30 g jusqu’à 3 ans. Cette quantité est à proposer à l'un des deux repas de votre enfant, de préférence le midi, ou le soir s’il n’en a pas eu le midi, voire midi et soir en divisant la portion journalière recommandée à chacun des deux repas.

Quels types de poissons privilégier et lesquels éviter ?

Une consommation de deux poissons par semaine, dont un poisson gras, est idéale. Les poissons dits « gras » sont ceux riches en oméga 3, comme la sardine, le hareng, le maquereau, la truite ou le saumon. Au contraire, les poissons « maigres » concernent plutôt les poissons « blancs » tels que le cabillaud, le lieu, le merlan, la limande, la sole.

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Il est conseillé de limiter les poissons dits « prédateurs » chez les jeunes enfants car ils sont plutôt bio-accumulateurs, comme la dorade, la raie, le flétan, la lotte, le thon ou le bar. Les poissons d’eau douce comme la brème, la carpe, l’anguille ou le barbeau sont également à limiter pour les mêmes raisons.

Poissons à limiter

  • Thon
  • Bar
  • Dorade
  • Raie
  • Brochet
  • Lotte
  • Flétan

Poissons à éviter

  • Espadon
  • Siki
  • Requin
  • Lamproie
  • Anguille
  • Marlin
  • Carpe

Il est également préférable d’enlever la peau et l’excédent de gras du poisson, car ce sont à ces endroits que se retrouvent les polluants. Enfin, l’espadon, le marlin, la lamproie ou le requin sont à éviter pour risque de haute concentration en méthyl mercure due à la pollution de nos océans.

D’après l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation), certains poissons sont à éviter ou à limiter pour les bébés, les femmes enceintes et les femmes allaitantes, en raison de leur risque de contamination au méthyle-mercure et d’autres contaminants, comme les BPC, qu’ils peuvent contenir.

Comment cuisiner le poisson pour bébé ?

Deux conseils importants pour la préparation des poissons :

  • Cuisson : Veiller à ce que vos poissons soient bien cuits à cœur. Pour cela, vous pouvez opter pour une cuisson à la vapeur ou à la poêle par exemple.
  • Arêtes : Assurez-vous de bien retirer toutes les arêtes du poisson avant de le servir à votre bébé.

Pour éviter toute contamination chez les bébés et les jeunes enfants, il est essentiel de bien faire cuire ces aliments à cœur et de ne pas donner de poisson cru, séché ou fumé tel que les sushis aux poissons crus, le saumon fumé, les huîtres ou tout poisson insuffisamment cuit. Soyez également vigilants avec les arêtes ! Elles sont bien évidemment à enlever par rapport aux risques que cela comporte, sauf pour la sardine ou le maquereau, en conserves, où les arêtes se broient très facilement sous le palais et peuvent donc être laissées. Ces arêtes présentent un intérêt car elles sont effectivement très riches en calcium et en vitamine D !

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Il est possible d'acheter du poisson frais ou surgelé. Les conserves de poissons peuvent aussi être utilisées de temps en temps. On vous suggère alors de préférer les boites sans sel ajouté et avec une liste d’ingrédient réduite. Vous pourrez par exemple opter pour des sardines ou des maquereaux.

Allergie au poisson : ce qu'il faut savoir

Le poisson et les crustacés sont présents dans la liste des allergènes majeurs. Il est conseillé d’introduire le poisson progressivement et de surveiller toute réaction allergique. Si toutefois il y a des antécédents dans votre famille, il est recommandé d’en discuter avec le pédiatre avant d’introduire cette famille d’aliments. A noter : l’allergie au poisson concerne souvent plusieurs espèces de poissons. Il arrive, dans de rare cas, qu’elle se limite à une seule espèce. En cas de réaction allergique, il faudra quoiqu’il en soit s’orienter vers le pédiatre et un allergologue.

Conseils supplémentaires

  • Variez les sources de poissons afin d’apporter tous les nutriments, minéraux et vitamines dont votre enfant a besoin.
  • Variez les modes de cuisson : au four, en papillote, à la poêle, en soupe. Il est tout de même nécessaire d’attendre un peu que bébé grandisse pour lui proposer du poisson pané.
  • Privilégiez les poissons issus de pêche durable pour veiller à la préservation des ressources marines.
  • Conserves de poissons : Les conserves de poissons peuvent être utilisées ponctuellement pour un bébé. Dans ce cas, préférez celles sans sel ajouté et avec la liste d’ingrédients la plus courte possible. Privilégiez les conserves de maquereaux, harengs ou de sardines et limitez celles de thon (qui se situe au bout de la chaîne alimentaire).
  • Risque de contamination par l'anisakis : Saviez-vous que les poissons, mollusques et crustacés représentent un risque accru de contamination dû à un parasite nommé « anisakis » pouvant entraîner une anisakidose ?

En conclusion

Introduire le poisson dans l'alimentation de bébé est essentiel pour son développement et sa santé. En respectant les recommandations sur les types de poissons à privilégier et à éviter, les quantités appropriées, et les méthodes de cuisson sécuritaires, vous pouvez offrir à votre enfant tous les bienfaits de cet aliment tout en minimisant les risques.

Tiffany DEROYERDiététicienne - Nutritionniste spécialisée en pédiatrie

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