La maternité est un moment unique et souvent intense dans la vie d'une femme. À Angers, plusieurs établissements proposent des services d'accompagnement à la naissance, notamment le CHU d'Angers et des cliniques privées comme la clinique de l'Anjou. Les expériences varient considérablement d'une femme à l'autre, et il est essentiel de considérer divers témoignages pour se faire une opinion éclairée.
Expériences contrastées à la maternité : entre bienveillance et traumatisme
Dans les colonnes d'Ouest-France, deux Angevines ont partagé des récits poignants de leurs accouchements, révélant des expériences très contrastées. L'une d'elles, Éléonore, 33 ans, décrit ce qu'elle considère comme un "acte illégal" subi à la maternité du CHU d'Angers à l'été 2024. Elle relate qu'une sage-femme a pratiqué un décollement des membranes de la paroi de l'utérus "sans [son] accord" lors d'un examen de contrôle. Éléonore souligne qu'elle n'a reçu "aucune information préalable sur cet acte médical d'intervention" et n'a donc jamais donné son consentement. Elle insiste sur le fait que la réalisation d'une pratique par surprise est interdite par la loi, ce qui a profondément marqué son expérience.
À l'opposé, d'autres femmes ont vécu des accouchements positifs et respectueux de leurs choix. Sur les sept histoires recueillies par Ouest-France, quatre femmes racontent avoir choisi d’être « actrices » du moment, selon leur terme, en donnant naissance à leur enfant de manière physiologique, c’est-à-dire avec le moins d’intervention médicale possible. Elles avaient toutes écrit un projet de naissance, transmis aux équipes soignantes.Le ressenti des femmes rencontrées par Ouest-France ne reflète pas la majorité des prises en charge au CHU d’Angers et à la clinique de l’Anjou.
Le CHU d'Angers : un environnement modernisé et une approche individualisée
La maternité du CHU d'Angers a subi une rénovation en septembre 2011, offrant un environnement neuf et spacieux. En 2012, elle a accueilli 4 298 naissances. Le professeur Philippe Descamps, gynécologue-obstétricien et chef du pôle femme-mère-enfant, souligne l'importance de "se mettre à l'écoute des futures mères" pour que "ce moment privilégié doit être réussi".
L'architecture des lieux a été pensée pour favoriser la sérénité. Les onze salles de naissance sont disposées autour d'un patio agrémenté de palmiers, apportant une lumière naturelle. Chaque salle, portant le nom d'une île, est décorée dans des couleurs douces et dispose d'une lumière apaisante. Les couples ont la possibilité d'apporter leur propre musique.
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Les salles d'accouchement physiologique : un espace pour la naissance naturelle
Le CHU d'Angers propose deux salles d'accouchement physiologique destinées aux femmes souhaitant un accouchement naturel, sans perfusion ni péridurale. En 2012, 135 accouchements s'y sont déroulés. Ces salles se distinguent par leur matériel médical dissimulé et la présence d'un anneau au plafond permettant d'accrocher une liane, à laquelle la future mère peut se suspendre pour mieux gérer la douleur. Catherine, 37 ans, a accouché de son quatrième enfant dans cet espace et décrit une expérience "comme [elle] le rêvait, de façon naturelle et intimiste". Elle a particulièrement apprécié le bain d'eau chaude et l'utilisation de la liane pour faciliter l'accouchement.
Martine Hérault, cadre sage-femme, explique que les équipes ont suivi des formations en yoga, acupuncture et homéopathie pour accompagner au mieux les femmes souhaitant un accouchement sans péridurale. L'équipe du CHU s'est également inspirée des pratiques en Allemagne et à Strasbourg.
L'importance du projet de naissance et de l'accompagnement individualisé
Le choix d'une salle physiologique donne lieu à une consultation spécifique où le couple peut discuter de son projet de naissance avec les soignants. Le professeur Loïc Sentilhes, gynécologue obstétricien, souligne l'importance de concilier "cocooning et sécurité", tout en reconnaissant qu'il n'est pas possible de "dire oui à tout". Les soignants insistent sur certains gestes médicaux essentiels, comme la pose d'un cathéter et le prélèvement gastrique du nouveau-né si la mère a contracté une infection au streptocoque B.
Martine Hérault rappelle que les soins étaient autrefois "très protocolisés et uniformisés". Aujourd'hui, le défi consiste à proposer un accompagnement individualisé tout en gérant une douzaine d'accouchements par jour. Anne Delion, sage-femme formée aux postures de l'accouchement et préparant un diplôme en acupuncture, constate que "les mamans sentent que nous sommes moins bousculées". Aude, 32 ans, témoigne avoir eu "l'impression d'être seule au monde pour [son] accouchement".
La place du père : un rôle de plus en plus affirmé
La place du père est également mise en avant à la maternité du CHU d'Angers. Martine Hérault se souvient qu'avant, "on l'installait à la tête du lit et on lui demandait d'ouvrir la bouche le moins possible". Désormais, le père est encouragé à participer activement, comme le mari de Catherine qui a prodigué des massages à sa femme lors de la naissance de Lucile. L'équipe de la maternité souhaite même ouvrir des chambres avec un grand lit pour accueillir les pères, au moins durant la première nuit, afin de renforcer les liens avec le bébé.
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Défis et améliorations possibles
Malgré les efforts pour offrir un accompagnement personnalisé et respectueux, des défis persistent. Le témoignage d'Éléonore met en lumière l'importance du consentement éclairé et du respect des choix de la patiente. Les violences obstétricales, définies par Marie-Hélène Lahaye comme "tout comportement, acte, omission ou abstention commis par le personnel de santé qui n’est pas justifié médicalement et/ou qui est effectué sans le consentement libre et éclairé de la femme enceinte ou de la parturiente", restent une réalité.
Il est essentiel que les établissements de santé continuent à se remettre en question et à mettre en place des formations pour sensibiliser le personnel aux droits des patientes et à l'importance d'une communication claire et respectueuse. L'écoute active des femmes et la prise en compte de leurs projets de naissance sont des éléments clés pour garantir une expérience de maternité positive.
Informations pratiques pour les futurs parents
Séjour à la maternité
La durée moyenne de séjour est de 3 jours pour un accouchement par voie basse et de 5 jours après une césarienne. Une sortie précoce peut être envisagée, mais doit être organisée pendant la grossesse avec une sage-femme libérale ou un médecin traitant. Pour un départ avant 48 heures de vie, l'examen pédiatrique obligatoire des 8 premiers jours devra être réalisé en externe.
Chambres et repas
Les chambres particulières sont attribuées en priorité sur les indications médicales, puis selon l'ordre d'admission. Toutes les chambres sont équipées pour que le bébé puisse rester auprès de ses parents jour et nuit. Des berceaux cododo peuvent être mis à disposition pour faciliter l'allaitement. Les repas sont adaptés aux besoins des patientes, et il est possible de faire part de ses habitudes alimentaires au personnel soignant. Le petit-déjeuner est en libre-service de 7h à 9h.
Visites
Les visites sont autorisées tous les jours de 12h à 20h, mais il est conseillé de les restreindre au proche entourage (co-parent et fratrie) pour favoriser le repos et l'apprentissage des premiers soins. Les autorisations de visite peuvent évoluer en fonction des épidémies.
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Déclaration de naissance
La déclaration de naissance à l'état civil doit être faite dans les 5 jours qui suivent la naissance. Elle peut être effectuée par l'un des parents ou un proche de confiance, muni d'une pièce d'identité. Deux bureaux d'état civil sont à disposition : sur rendez-vous (à prendre rapidement avant la sortie de la maternité) ou ouverts du lundi au vendredi.
Informations complémentaires
Pour plus d'informations sur le parcours de la future maman et du nouveau-né, ou pour une visite guidée de la maternité du CHU d'Angers, il est possible de consulter le site Naître au CHU d'Angers.
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