La région de Montauban a été marquée par des fermetures successives de maternités, suscitant des inquiétudes quant à l'accès aux soins pour les femmes enceintes et les futurs accouchements. Cet article explore les raisons de ces fermetures, leurs conséquences sur les services de maternité restants, et partage le témoignage poignant d'une femme affectée par ces changements.
La fermeture de la maternité de la clinique du Pont de Chaume
En décembre 2021, la maternité de la clinique privée du Pont de Chaume à Montauban a fermé ses portes. Cette décision, annoncée par le groupe Elsan, était motivée par une baisse du nombre de naissances et des difficultés financières. Le docteur Xavier Bezard Falgas, gynécologue-obstétricien à la clinique, a expliqué que le service n'était plus rentable, notamment en raison de la diminution du nombre de gynécologues et, par conséquent, du nombre de patientes.
Cette fermeture a eu un impact significatif sur l'offre de soins obstétriques dans le Tarn-et-Garonne, car la maternité du Pont de Chaume assurait 20 % des naissances du département en 2020. Les pouvoirs publics, notamment le maire de Montauban, Axel de Labriolle, ont dénoncé cette décision "unilatérale", prise sans concertation.
Conséquences de la fermeture
La fermeture de la maternité du Pont de Chaume a entraîné une augmentation de la pression sur les deux autres maternités de la ville : celle de l'hôpital public et celle de la clinique Boyé. Le maire de Montauban a souligné que cette situation risquait de "déséquilibrer le système" en augmentant significativement les seuils dans ces maternités et en les obligeant à assurer une permanence des soins plus importante.
Le docteur Bezard-Falgas a également évoqué la pénibilité du travail et le risque de poursuites judiciaires comme des facteurs contribuant à la désaffection des jeunes médecins pour l'obstétrique.
Lire aussi: Avis et comparatif poussettes doubles côte à côte
Témoignage de Marie : Une expérience traumatisante
Suite à la fermeture de la maternité du Pont de Chaume, une femme nommée Marie a décidé de témoigner de son expérience difficile dans cet établissement. Maman de trois enfants, Marie, alors âgée de 32 ans, était enceinte de son quatrième bébé lorsqu'elle a été admise à l'hôpital en raison de fortes douleurs.
Après son admission, une sage-femme lui a annoncé qu'elle allait s'occuper du déclenchement de son accouchement. Selon Marie, des complications sont survenues après la naissance de son bébé : "Dès que le petit est sorti, la gynéco est arrivée et elle a pris le relais. Elle a vu que je saignais au niveau du col et elle a donc fait des points pour refermer." Malheureusement, cette tentative a échoué et Marie a dû être transportée en urgence au bloc opératoire.
Son état s'est aggravé et les médecins ont annoncé à son conjoint que son pronostic vital était engagé. Finalement, Marie a subi une hystérectomie en urgence, une ablation du col et de l'utérus.
Aujourd'hui, Marie est encore bouleversée par cet épisode traumatisant et exprime de la colère. Elle affirme que le corps médical a tenté d'étouffer l'affaire et qu'elle n'a pas reçu de rapport médical malgré sa demande. Elle souligne l'importance de connaître les détails de ce qui s'est passé, notamment en raison des transfusions sanguines qu'elle a reçues.
La maternité de la clinique Boyé : Une fermeture annoncée
Malheureusement, les difficultés ne se sont pas arrêtées là. En octobre, il a été annoncé que la maternité de la clinique privée Boyé à Montauban fermerait également ses portes au printemps 2026. Cette décision est due à la baisse des naissances et à la difficulté de recruter des médecins.
Lire aussi: Joie Chrome : Test et Avis
Céline Navarro, déléguée CGT de la clinique Boyé, a exprimé son inquiétude quant à la sécurité des femmes du département et à leur liberté de choisir où accoucher. Après la fermeture de la maternité du Pont de Chaume en 2021, la fermeture de la clinique Boyé laissera seul l'hôpital public pour assurer la prise en charge des patientes sur un territoire de 260 000 habitants.
Inquiétudes et solutions envisagées
La CGT de l'hôpital de Montauban a tiré la sonnette d'alarme face à cette situation. Comment l'hôpital pourra-t-il assurer les centaines d'accouchements réalisés chaque année à la clinique Boyé, d'autant plus qu'il doit déjà prendre en charge des patientes venues de Cahors ?
L'organisation syndicale déplore que "l’accès au soin sur notre territoire ne saurait être ainsi dégradé, mettant en grave danger les vies des femmes enceintes et de leurs bébés". Elle souligne également que le taux de natalité dans le Tarn-et-Garonne est supérieur à la moyenne nationale.
Pour faire face à cette situation, l'hôpital de Montauban a mis en place des mesures pour augmenter les plages de consultation et la capacité en lits de la maternité. Une nouvelle salle de naissance a également été créée.
Une autre solution envisagée est un projet d'hospitalisation à domicile pré et post-partum, qui permettrait un suivi des femmes à domicile à partir de leur sixième mois de grossesse et juste après leur accouchement. Cependant, ce dispositif n'a pas encore été testé dans le département, ce qui suscite des inquiétudes.
Lire aussi: Joie Pact Flex : Notre comparatif
Le témoignage de Chloé : Un accouchement chamboulé par la grève
Une autre femme, Chloé, a témoigné de la manière dont la fermeture temporaire du service de maternité de la clinique Boyé en raison d'une grève a chamboulé son accouchement. Initialement inscrite à la clinique Boyé, elle a dû être dirigée vers l'hôpital de Cahors, puis finalement vers l'hôpital de Montauban, avant d'être transférée contre sa volonté à la clinique Boyé quelques heures après son accouchement.
Chloé a dénoncé le manque d'encadrement à la clinique Boyé et le fait qu'elle ne se soit pas sentie en sécurité. Elle a également exprimé sa colère envers la direction de la clinique, estimant que "le rapport à l’argent passe au-dessus du côté humain".
Réorganisation des services de maternité
Face à ces fermetures et aux difficultés rencontrées par les maternités restantes, il est urgent de se réorganiser selon Olivier Thiébaugeorges, président du Réseau Périnatal d'Occitanie. L'Agence Régionale de Santé (ARS) Occitanie a annoncé qu'elle allait réunir les directions des trois maternités pour organiser le suivi des femmes enceintes de la clinique du Pont de Chaume et l'avenir après la fermeture de la maternité de la clinique Boyé. L'ARS assure qu'elle va maintenir une "offre de qualité" pour "répondre aux besoins actuels et futurs" des habitants du département.
tags: #avis #pont #de #chaume #maternité
