L'histoire d'une avenue, d'une rue ou d'un lieu-dit est souvent le reflet de l'histoire d'une ville, d'une région et même d'un pays. C'est un voyage à travers le temps, où chaque pierre, chaque bâtiment, chaque nom raconte une histoire. Cet article propose d'explorer l'histoire de différents lieux emblématiques, de la rue des Berceaux à Étaples, au Petit Trianon de Versailles, en passant par Kiev et Pralognan-la-Vanoise.

Kiev : Berceau de la Civilisation Slave Orientale

Kiev, avec ses rues larges et colorées et ses monuments prestigieux, incarne une certaine douceur de vivre. Mais son histoire remonte à des temps immémoriaux. Selon les archéologues, les premières traces d'occupation humaine datent de 3 000 av. J.-C. La ville elle-même aurait été fondée au VIe siècle de notre ère avant de s'étendre sur sept collines.

Le site de Kiev a été choisi avec discernement, car il borde le large fleuve Dniepr, qui allait devenir une voie de communication indispensable sur la fabuleuse « route de l'ambre ». Au IXe siècle, les Varègues venus de Suède s'intéressent à leur tour à cette région agricole. Oleg le Sage, l'un de leurs chefs, déjà maître de Novgorod, s'empare en 882 de la ville par traîtrise pour en faire la capitale du premier État slave oriental : la Rus'.

La renommée religieuse de la ville prend de l'ampleur au XIe siècle grâce à un moine du mont Athos, en Grèce. De retour dans son pays natal, il se retire dans une grotte située dans la colline dominant le Dniepr et sera dès lors connu sous le nom de saint Antoine de Kiev. Il s'ensuit la création de tout un réseau de galeries de plusieurs kilomètres, transformé par la suite en nécropole des saints orthodoxes.

Cependant, l'histoire de Kiev est également marquée par des moments sombres. La Russie n’a jamais digéré l’humiliation de l’indépendance de l’Ukraine, son « berceau historique ». Dans les années 1930, l'Ukraine a tout pour elle, mais Joseph Staline va s'appliquer à affamer les Ukrainiens, pillant leurs productions pour nourrir la Russie et financer son développement industriel. Cette Holodomor - grande famine organisée - tuera cinq à sept millions de personnes.

Lire aussi: Poussettes Quax Avenue et Crooz 2 : laquelle choisir ?

Indépendante depuis trente ans, l’Ukraine n’en demeure pas moins tiraillée entre ses influences orientales (russes) et occidentales (européennes). Illustration la plus symbolique de la dualité ukrainienne : son bilinguisme rampant. En 2013, quatre Ukrainiens sur dix parlent encore quotidiennement russe ; ils sont majoritaires à l’Est. À l’Est et au Sud, plus russophiles, vivent encore de nombreux pieds rouges. L’Ouest et le centre ont les yeux tournés vers l’Europe.

Pralognan-la-Vanoise : Berceau de l'Alpinisme en Savoie

Berceau de l’alpinisme en Savoie, station pionnière du tourisme de montagne en été et en hiver, Pralognan-la-Vanoise s’affirme, depuis 1860, comme une destination emblématique de la montagne française. Le passé de Pralognan est celui des alpages et de l’hospitalité. Le village, qui signifie « le champ éloigné », vit de l’élevage et de la production de lait, au rythme des saisons.

Avec les beaux jours, le Col de la Vanoise, praticable par les mulets, devient un haut lieu de passage entre la Tarentaise, la Maurienne et le Piémont italien. « En août 1860, un chasseur de chamois de Pralognan, réputé pour son endurance et son adresse, rentre un soir au village et raconte une curieuse histoire. Un voyageur anglais lui a demandé, la veille, de l’accompagner dans la montagne et ils ont gravi… la Grande Casse. » C’est ainsi que, dès le 19ème siècle, le petit village de montagne alpestre s’éveille au tourisme.

En 1875, un visiteur écrit : « Position merveilleuse à la base des glaciers, centre des mieux choisis pour les plus belles courses de montagne, forêts, torrents et prairies magnifiques, rien ne manque à cet admirable site que la possibilité de s’y loger. » C’est chose faite la même année, avec la création du premier hôtel de Pralognan, bientôt suivi par le premier grand hôtel de la station.

Fief de l’alpinisme savoyard depuis 1860, Pralognan s’intéresse au « ski de haute route » (ancêtre du ski de randonnée), dès les années 1900. Le ski devient un compagnon de tous les jours. En 1937, les premiers téléskis sont installés au Barioz et au Plan et, en 1953, l’ouverture du téléphérique reliant le village au Mont-Bochor (à 2023 mètres), fait grand bruit.

Lire aussi: Aperçu de l'École Maternelle au 111 Avenue Parmentier

Aujourd’hui, le petit village de montagne savoyard continue à écrire l’histoire des sports d’hiver et du tourisme estival, dans les Alpes françaises. Dotée d’un territoire naturel grandiose labellisé « Terre d’Alpinisme » et d’un patrimoine culturel riche et authentique, la station village se prête aussi bien à la pratique du ski (alpin, de fond et de randonnée) et de nombreuses activités de plein air, qu’à la découverte du milieu montagnard.

Le Petit Trianon : Un Pavillon Royal Chargé d'Histoire

En 1758, Louis XV envisage la construction d’un nouveau petit château au milieu des jardins qu’il a développés et embellis depuis une petite dizaine d'années. Il commande à Ange-Jacques Gabriel, son premier architecte, un pavillon de taille suffisamment conséquente pour y habiter et y loger une partie de sa suite.

Achevé par Ange-Jacques Gabriel en 1768, le nouveau château de Trianon est nommé Petit Trianon pour le distinguer du Trianon de marbre voisin qui prend quant à lui le nom usuel de Grand Trianon. C’est à Trianon, en avril 1774, que Louis XV ressent les premières atteintes de la petite vérole qui l’emporte quelques jours plus tard, amenant les jeunes Louis XVI et Marie-Antoinette à monter sur le trône.

Le Petit Trianon est ensuite offert par le nouveau monarque à son épouse, qui en fait son séjour favori et entreprend d’importants travaux extérieurs. Le jardin botanique de Louis XV est bientôt remplacé par un jardin anglo-chinois dans le goût du temps, que Marie-Antoinette n’aura de cesse d’embellir et de développer.

Au moment de la Révolution, le Petit Trianon est transformé pendant quelques temps en auberge tandis que les jardins n’échappent que de justesse au lotissement. Napoléon redonne ensuite son lustre à l’ensemble, faisant restaurer château et jardins, pour sa sœur Pauline d’abord, puis pour l’impératrice Marie-Louise, sa seconde épouse. Plus tard, le Château est mis à la disposition du duc d’Orléans, fils aîné du roi Louis-Philippe. Enfin en 1867, l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, transforme le Petit Trianon en musée consacré au souvenir de Marie-Antoinette.

Lire aussi: Analyse de la Crèche 117

Gabriel a su éviter la monotonie en variant le traitement réservé à chacune des façades du château. Les proportions de l’ensemble en font un chef-d’œuvre d’harmonie et d’élégance. À l’intérieur, l’espace des deux premiers niveaux s’organise autour d’une vaste cage d’escalier.

Louis XV souhaita un temps doter le Petit Trianon de « tables volantes » comme il en avait déjà au château de Choisy. Marie-Antoinette, bien que préférant les repas intimes, appréciait le luxe et le raffinement à sa table. Elle commanda plusieurs services à la manufacture de Sèvres.

Reflétant la volonté de Louis XV de mêler à Trianon l’intérieur et l’extérieur, la pièce permet un accès direct à la terrasse et au Jardin français. Dans le même esprit, Marie-Antoinette choisit de réduire encore la séparation entre le dedans et le dehors en faisant remplacer les petits carreaux des fenêtres par de grandes vitres, ce qui était à l’époque considéré comme un luxe.

Sous le règne de Louis XV, elle comportait deux poêles situés de part et d’autre de la porte donnant accès à la salle à manger et utilisés pour chauffer les deux pièces.

Les pièces qui suivent l’appartement du roi ont récemment été réaménagées pour évoquer les personnalités féminines qui vécurent au Petit Trianon. Les salles consacrées à Madame Elisabeth et à Madame Royale sont meublées en partie avec du mobilier provenant de Trianon.

Marie-Antoinette avait remanié les deux appartements centraux pour en faire une chambre plus grande qui donnerait sur le Jardin français. Cette pièce présente aujourd’hui le mobilier fourni pour l’impératrice Marie-Louise, dont la chambre se trouvait à l’étage inférieur.

C’est elle qui, sous le Second Empire, décide de faire revivre le Petit Trianon en y rassemblant un certain nombre d’objets ayant appartenu à la reine et qu’elle présente au public en 1867. Aujourd’hui, cette pièce de l’attique conserve le souvenir de cet aménagement et présente un ensemble mobilier que l’impératrice avait fait placer dans la chambre de la reine au premier étage.

La Rue des Berceaux à Étaples : Un Témoignage de l'Urbanisation au XVIIIe Siècle

Il est rare de trouver mention pour Étaples de la création d’une nouvelle « rue » à l’époque moderne. La rue des Berceaux est composée aujourd’hui d’une double courbe : elle prend naissance, au nord, à la rue Désiré-Deboffe et termine son premier parcours, au sud, à l’extrémité de la rue Robert-Wyart ; son second parcours commence de l’autre côté du boulevard Jacques-Lefebvre et s’achève à l’extrémité nord de la rue de (du) Verdun. Au total, la rue mesure actuellement moins de 450 m de longueur.

Ce n’était pas là son tracé d’origine puisqu’au début du XIXe siècle, elle s’achevait à l’est de la route de Boulogne, actuelle route de Fromessent (D113). Au milieu de ce siècle, les travaux d’installation de la voie ferrée Amiens-Boulogne vont en partie modifier ce tracé. Puis, au début du siècle suivant, celui-ci outrepasse le parcours initial, mais ne forme encore qu’une seule courbe jusqu’à l’extrémité est de la rue de Montreuil. Ce sont les travaux de restructuration du quartier après la Seconde Guerre mondiale qui vont offrir à cet axe de circulation son profil actuel.

Au début du XVIIIe siècle, cette partie de la ville est encore marquée, topographiquement, au nord par un ancien fossé défensif. Dans ce secteur de la ville, s’élevait, depuis le XVIe siècle au moins, l’hôpital d’Étaples. À l’époque moderne, une portion du fossé et des terres qui s’étendaient vers le nord, jusqu’au Mont Levin, appartenaient à cet hôpital.

Les terres situées à l’est du « terrain de l’hôpital » appartenaient à la famille De Rocquigny du Fayel : au XVIIIe siècle, elles étaient en grande partie recouvertes du sable qui s’était accumulé après les nombreuses tempêtes qui frappaient régulièrement Étaples à l’époque moderne. Cette famille possédait également une autre portion du fossé qui, depuis le XVIIe siècle au moins, portait le nom de « Berceaux ».

Comme son nom l’indique, c’est probablement dans cette partie précise du fossé que s’effectuait, à l’époque moderne, le tir à l’arc dit « au berceau » ou « beursault ». Au XIXe siècle, Gustave Souquet rappelait que les Berceaux avaient été transformés en un espace dédié aux loisirs. Les dimanches et jours de fête, les Étaplois se livraient à la danse et s’exerçaient au jeune de paume, à l’ombre des arbres qui y avaient été plantés.

Au cours du XVIIIe siècle, les possessions de l’hôpital sont démembrées et les terrains situés au nord du presbytère sont désormais habités. Afin de permettre l’accès à ces trois propriétés et aux Berceaux, a donc été créée, et à travers l’ancien domaine de l’hôpital, une rue ou chemin qui mène aux Berceaux : c’est ce dernier espace qui a donné son nom à la rue dont l’odonyme, fixé pour des décennies, est encore usité aujourd’hui.

Les articles de l’Aveu insistent sur la caractère récent de la création de la rue : elle y est appelée « petitte rue nouvellement faitte dans le terrain dudist ancien hôpital qui conduist aux Berseaux et au moulin dudit Estaples » et « petitte rue faitte nouvellement sur le terrain de l’anciens hôpitalle, qui conduist au berceaux ». La rue des Berceaux a donc été créée entre 1716 et 1753, et probablement autour de cette dernière date.

La rue des Berceaux témoigne de l’urbanisation de la partie nord-est de la ville d’Étaples au milieu du XVIIIe siècle, à l’emplacement d’un ancien fossé défensif, d’abord, et des terrains de l’hôpital, ensuite. Créée entre 1716 et 1753, elle voit son odonyme fixé dès le XIXe siècle : celui-ci perpétue le souvenir d’un espace de jeux, de détente et de promenade - les Berceaux - aujourd’hui disparu.

Saint-Jean-le-Thomas : Entre Mer et Histoire

L’histoire de Saint-Jean-le-Thomas commence avec la mer. A marée haute, elle fait le bonheur des âmes du pays, des pêcheurs de sole et de saumon. Quand elle est basse, la mer laisse la place à ceux qui vivent sur son rivage et jouent avec la tangue, le sable, l’eau et les coquillages.

Trois grandes rivières se jettent dans la Baie : la Sélune, la Sée et le Couesnon. Trois monts émergent de la baie, trois jumeaux : le Mont Tombe à 9 km du village qui deviendra le Mont Saint Michel, le petit mont Tombe ( Tombelaine), à 6 km, et le Mont Dol à 20 km de Saint-Jean-le-Thomas.

Au cours de trois songes, l’évêque d’Avranches, Aubert reçoit la visite de l’un des trois archanges : Saint Michel, qui ordonne de construire un édifice en son honneur sur le Mont Tombe. Commence alors un petit oratoire, édification de ce qui deviendra plus tard la pyramide de la mer.

En l’an de grâce 917, le village de Saint-Jean est donné, par les Ducs de Normandie, à l’abbaye du Mont Saint Michel, avec son église, ses vignes et ses prés. Dans son appellation, le village rend hommage à Thomas. On le représente en guerrier et comme il vole, les parachutistes en ont fait leur patron… Il est aussi le peseur d’âmes et en cela le successeur du dieu Mithra ramené d’Iran en Europe par les soldats Romains.

tags: #avenue #du #berceau #monte #histoire

Articles populaires: