La question de la péridurale est au cœur des préoccupations des femmes enceintes. De plus en plus de femmes souhaitent vivre pleinement la naissance de leur enfant de la façon la plus naturelle possible. Comment se préparer à un accouchement sans péridurale ? Quels avantages à choisir d’accoucher naturellement ? Comment faire participer le futur papa à la naissance ? Est-il possible de choisir sa position pour accoucher ?

Faire un choix éclairé et libre

La question de la péridurale est un leurre. Ce n'est pas tant le fait d'accoucher de façon médicalisée qui peut poser un problème, mais surtout la manière dont cette médicalisation est utilisée de nos jours. L'importance du libre arbitre est le vrai sujet. Le contexte de l'accouchement doit être le résultat d'une décision prise en couple et en couple uniquement ! Aucun médecin ne devrait dicter la position dans laquelle vous accouchez, vous imposer les produits injectés dans votre corps au moment de la naissance ou même choisir qui coupe le cordon. Un accouchement réussi est un accouchement que l’on a choisi et non pas subi.

Être actrice de son accouchement revient à (re)prendre le pouvoir et le contrôle sur la "douleur", c'est être à l'écoute de ses besoins et de ceux de son bébé.

L'importance de la préparation

Pour accoucher sans péridurale, il faut accepter que quelque chose se passe dans son corps, accepter d'accueillir des sensations très intenses, d'accompagner les contractions (utiles puisque le but est d'expulser le bébé, rappelons-le) et de ne pas lutter contre. Cela demande une préparation physique, psychologique et environnementale. Par ce dernier point, la sage-femme entend le fait de recréer à la maternité son cocon, enveloppant et rassurant : installer un tapis de sol, des coussins, une lampe diffusant une lumière douce, etc.

La première chose à faire est d'en parler à une sage-femme et d'écrire noir sur blanc un projet de naissance à discuter avec elle. Qu'est-ce que je veux pour la naissance de mon bébé (choisir ma position, bouger, le garder en peau à peau durant deux heures, etc.) ? Qu'est-ce que je ne veux pas (une péridurale, une épisiotomie, qu'on coupe le cordon ombilical tout de suite, etc.) ? Cela pose les choses et quand elles vous correspondent vraiment, tout est ensuite plus facile à vivre. Bien sûr, sont aussi nécessaires les huit séances de préparation à la naissance (quelle qu'elle soit, sophrologie, haptonomie, etc.) pour prendre confiance en soi et en son corps.

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Mon choix d'accoucher naturellement

Lorsque j’étais enceinte de Timéo, j’ai décidé assez tard de me préparer à un accouchement physiologique. J’aurais aimé être informée dès le début des avantages d’un accouchement naturel (je me disais seulement : pourquoi est-ce que je souffrirais alors que la péridurale existe ?). Au fil des blogs, des livres et des rencontres, j’ai pris conscience qu'il était vital pour moi d'être actrice de mon accouchement et que celui-ci soit le plus doux et le plus respectueux de mon corps et de mon bébé possible. J’ai donc regroupé dans cet article les informations qui m’ont aidé à prendre une décision, pour que vous puissiez vous aussi choisir en toutes connaissances de cause.

L'accouchement physiologique

L'accouchement physiologique c'est une naissance qui respecte entièrement les processus naturels spontanés. Il s'oppose à l'accouchement médicalisé. Il s'agit de faire confiance à son corps et de le laisser gérer la mise au monde de notre enfant. La femme sait accoucher, elle a cette capacité en elle.

Michel Odent, le précurseur

Michel Odent, obstétricien français, est l'un des précurseurs de la mise en lumière de l'accouchement physiologique. Il explique dans ses nombreux ouvrages que le bébé est un mammifère et que la femme qui le met au monde aussi. C'est pourquoi le retour à l'état animal est primordial pour accoucher. Une femme qui accouche a besoin de sécréter un certain nombre d'hormones et cela est impossible dans un environnement trop médicalisé. Michel Odent met l'accent sur l'utilisation de notre cerveau reptilien lors de l'accouchement, c'est le cerveau "primitif" qui s'oppose au néocortex (partie qui gère les raisonnements par exemple). Afin de protéger la femme du retour dans son néocortex, Michel Odent insiste sur l'importance d'un environnement soigné et favorable.

La péridurale : avantages et inconvénients

Aussi appelée “épidurale”, il s'agit de l'analgésie des membres inférieure et de l'abdomen. Elle est injectée par un cathéter et a la possibilité d'être dosée en goutte à goutte. En cas d'urgence, il arrive que les médecins procèdent à une rachi-anesthésie, une anesthésie immédiate mais plus courte dans le temps, l'effet ne dure que 2 h environ.

Inconvénients de la péridurale

  • Diminution des contractions qui aident le bébé à trouver le chemin vers la sortie et qui permettent à la femme de réagir pour bouger et ainsi ouvrir son col
  • Jambes lourdes donc réduction des possibilités de mouvement chez la femme ce qui handicape la descente correcte de bébé
  • Ralentissement des rythmes cardiaques chez le bébé, interprétés en milieu médical comme une souffrance fœtale, qui amène le plus souvent à pratiquer une césarienne
  • Augmentation de la température corporelle de la femme (et souvent démangeaisons) et par conséquent augmentation de la température du bébé, ce qui peut provoquer un manque d'oxygène chez le fœtus et donc une dépression respiratoire au contact de la vie aérienne
  • Perturbation des processus physiologiques donc impact sur le bon déroulement de l'accouchement
  • Réflexe expulsif diminué qui peut amener à l'utilisation de forceps, ventouses et/ou épisiotomie
  • Effets secondaires : analgésie efficace d'un seul côté seulement ou complètement inefficace, maux de tête, douleurs au dos et à l'abdomen, difficultés à mettre en place l'allaitement, moins bonne remise en forme de la maman.

La péridurale comme une aide

Comme le rappelle très bien Maïtie Trélaün dans son livre “J'accouche bientôt, que faire de la douleur ?”, il n'est pas question ici de juger les femmes qui choisissent la péridurale mais bien d'un lot d'informations nécessaires pour comprendre à quel moment la prendre, c'est-à-dire le plus tardivement possible. C'est une solution formidable lorsqu'elle aide à passer les derniers obstacles du chemin de l'enfantement quand ces derniers apparaissent comme une véritable souffrance pour la maman. De plus qu'il est aujourd'hui possible dans la plupart des maternités de pouvoir la doser très faiblement.

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Avantages potentiels de la péridurale

  • La poussée peut devenir agréable et se faire en douceur si la péridurale est dosée avec parcimonie
  • En cas de césarienne, la péridurale est déjà posée
  • Contractions ressenties moins fortes

Danse entre maman et bébé

Il faut retenir que l'accouchement est une valse entre la maman et son petit. L'enfantement se danse au rythme de cris, de mouvements, de notes hormonales. C'est un véritable ballet dans lequel les pas de la maman et ceux de bébé se synchronisent pour jouer une mélodie merveilleuse qu'est celle de la naissance.

C'est pourquoi les mouvements sont plus qu'importants. Même sous péridurale, la femme devrait pouvoir se mouvoir toutes les 10/15 minutes maximum. Marcher, s'accroupir, lever les jambes, faire des balancements. Tous ces enchainements permettront au col de s'ouvrir et au bébé de naitre.

Qu'en est-il de la douleur ?

La douleur comme un signal

Comme lorsqu'on se brûle, la douleur nous fait enlever la main de la plaque de cuisson. Le jour de l'accouchement, les contractions sont des signaux envoyés à notre corps pour lui indiquer les bonnes postures à prendre. J'avais très peur de ne pas avoir d'instinct le jour J, de ne pas savoir écouter mon corps. Je peux vous assurer que ça arrive à toutes les femmes qui choisissent de laisser faire la nature. C'est magique et puissant. Pour vous donner un exemple, lorsque mon bébé était coincé et ne descendait pas dans mon bassin, j'ai eu l'envie très forte de faire des squats. J'illustrerais cette envie comme celle que l'on a quand on a très envie de faire pipi et que d'instinct on s'accroupit. C'était pareil, un réflexe de mon corps de plier les genoux et le relever. C'est comme ça que j'ai réussi à débloquer une situation qui selon les médecins devenait compliquée.

Les alternatives à la péridurale

Le plus important, c’est d’essayer et de faire le plus grand chemin sans médicalisation. Chaque femme fait comme elle peut, et c’est déjà énorme. Voici tout de même quelques alternatives à la péridurale :

  • Le protoxyde d'azote ou gaz hilarant, un gaz que la femme peut inhaler et l'effet dure quelques secondes
  • Variation des positions toutes les 15 minutes
  • Utilisation du ballon, d'une corde pour se tracter en position accroupie, d'un coussin d'allaitement, d'une bouillotte
  • La respiration
  • L'autohypnose ou la sophrologie. Des cours sont parfois donnés au sein de votre maternité.
  • Les massages avec balles de tennis aux endroits douloureux (bas du dos par exemple)
  • Utiliser les points d'accupression
  • Prendre un bain chaud pendant 1 h. Les effets de l'eau sur la douleur peuvent être miraculeux
  • La méthode Bonapace

You're strong mama

Rappelez-vous que vous êtes totalement en capacité d'accoucher votre bébé. Vous êtes faite pour, votre corps connaît la marche à suivre. Vous allez y arriver, you're strong mama <3

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Témoignages

De plus en plus de femmes, pour leur seconde grossesse, ont envie de vivre autre chose. Profil type ? "Des déçues de la péri, souvent car elles n’ont rien ressenti. Elles se rendent compte que ce n’était pas ce qu’elles désiraient", précise l’auteure de l’ouvrage Accoucher sans péridurale. "Elles me contactent toutes via mon blog pour une naissance physiologique ; on sent la frustration, le sentiment d’avoir été dépossédée d’une partie de leur accouchement", confie la professionnelle. C’est Estelle, 37 ans, qui regrette la sensation d’avoir été comme "un peu shootée". "Allongée sur le côté, complètement passive, j’avais l’impression d’être à côté de ce qui se passait, déconnectée de mon corps, prête à m’endormir.

Vanessa, dont la péridurale trop dosée déclenche un "déficit moteur et un prurit insomniant", décide de se passer de l’injection miracle pour son deuxième. Grâce à l’accompagnement d’une sage-femme libérale et d’une doula, elle vit une naissance sans péridurale très intense. "J’ai été surprise par cette sorte d’état second qui m’a envahie au moment de l’expulsion.

Olivia a envisagé l’option dès son premier rendez-vous prénatal, quand la sage-femme lui expose les différents types de préparation. Intriguée par l’approche neurophysiologique et hormonale de la méthode Bonapace, elle se lance.

Ressources pour accoucher sans péridurale

Livres

  • Maïtie Trélaün, J'accouche bientôt, que faire de la douleur ?
  • Ina May Gaskin, Le guide de la naissance naturelle : Retrouver le pouvoir de son corps
  • Aurélie Surmely, Accoucher Sans Péridurale - Pour Un Accouchement Naturel En Pleine Conscience
  • Laura Kaplan Shanley, Accoucher par soi-même - Le guide de la naissance non assistée
  • Michel Odent, Le bébé est un mammifère

Films

  • Camille Teixeira, Accoucher autrement
  • Catherine Bechard, Loba (disponible sur Viméo)
  • Céline Darmayan, Entre leurs mains (disponible sur Youtube)
  • Gilles de Maistre, le premier cri (mon préféré, disponible sur Youtube)

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