Introduction

Le système de maternité en Russie est confronté à divers défis, allant de l'évolution démographique aux enjeux liés à l'accès aux soins pour les populations immigrées. Cet article explore le fonctionnement des maternités russes, en mettant en lumière les particularités de l'éducation infantile, les politiques natalistes, et les défis posés par le "tourisme d'accouchement" et la situation géopolitique actuelle.

L'Évolution de la Natalité et les Mesures Incitatives

Ces dernières années, la Russie a enregistré une croissance globale de la natalité, avec 120 941 bébés nés à Moscou en 2011 contre 90 739 en 2005. Toutefois, le nombre moyen d’enfants par femme reste relativement bas, autour de 1,8 en 2014. Face à ce constat, l’État russe a mis en place plusieurs mesures pour encourager les naissances, notamment en réhabilitant le statut de mère héroïne et en augmentant les allocations de maternité.

Au début de l'année, le gouvernement fédéral russe a augmenté les allocations de maternité. Alors de 630.400 roubles en 2024, elles seront de 670.000 roubles en 2025. Les femmes qui donneront naissance à un deuxième enfant pourront, elles, recevoir 894.000 roubles.

De plus, certaines régions offrent des récompenses aux étudiantes qui contribuent à l'augmentation démographique du pays. En Carélie, par exemple, les étudiantes de moins de 25 ans peuvent recevoir un versement de 100.000 roubles (896 euros) pour un nourrisson bien portant.

Cependant, ces mesures incitatives sont considérées par certains experts comme insuffisantes et court-termistes, étant donné le manque de protection et de conditions économiques idéales pour les nouvelles mères. Il est également important de noter que la prime n'est pas versée si l'enfant meurt prématurément ou est mort-né.

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Les Particularités de l'Éducation Infantile en Russie

L'éducation des petits enfants en Russie présente des aspects distincts par rapport à d'autres pays. En Russie il y a en moyenne 1,8 enfants par femme. Il y a très peu de crèches publiques et privées, il est extrêmement difficile d’y obtenir une place et la majorité des femmes (toutes celles qui peuvent se le permettre financièrement) gardent leurs enfants jusqu’à 3 ans. Le congé maternité peut durer jusqu'à 3 ans.

Contrairement à la France, où l'école commence dès l'âge de 3 ans, en Russie, l'école élémentaire ne commence qu'à 6 ans. Entre 3 et 6 ans, les enfants peuvent être inscrits dans un Jardin d'enfant, mais les places sont limitées. Il est mal vu d'inscrire un enfant de moins d'un an à la crèche.

Les mamans russes le plus souvent allaitent leurs enfants pendant longtemps, jusqu’à 2 an et plus. En ce qui concerne le congé paternité… il n’existe pas du tout.

Les enfants russes participent souvent à de nombreuses activités extra-scolaires dès l'âge de cinq ans, comme la danse, le karaté, les beaux-arts, la musique, le patinage artistique ou l'anglais. L'éducation russe part de l'idée qu'il n'est jamais trop tôt pour apprendre. Les enfants russes commencent à apprendre l'anglais dès l'age de 3-4 ans. En théorie les enfants russes doivent apprendre à lire à l’école, à 6 ans, tout comme les enfants français. Mais réellement la majorité apprend à lire avec leurs parents, plutôt entre 3 et 4 ans.

En matière d'alimentation, les habitudes diffèrent également. Les enfants russes mangent pour le petit déjeuner des céréales, bouillies dans du lait : l’avoine, le sarrasin, etc. Les mamans russes sont attentives à l'alimentation de leurs enfants et privilégient les aliments sains. Une maman russe ne donne pas de frites, pas de saucisses encore moins du Coca-Cola à son enfant.

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Enfin, l'hygiène est une priorité dans les établissements infantiles russes, où le port de chaussures de rechange est obligatoire.

Le "Tourisme d'Accouchement" et l'Accès aux Soins pour les Immigrés

Un phénomène croissant en Russie est le "tourisme d'accouchement", où des femmes étrangères viennent accoucher à Moscou pour bénéficier de soins gratuits. A Moscou, les services maternité des hôpitaux rappellent de plus en plus l’Asie centrale. Près d’une patiente sur deux est immigrée, et ne dispose le plus souvent ni de papiers en règle, ni d’assurance maladie. Ces grossesses ont rarement été suivies et les futures mamans sont incapables de présenter des résultats d’analyses ou de dépistage. Les médecins n’ont pas le droit de les refuser lorsqu’elles arrivent, sur le point de mettre leur enfant au monde, et qu’ils ne peuvent pas les obliger à payer l’accouchement.

Ce “tourisme d’accouchement” s’organise via Internet ou par le bouche à oreille. L’un des conseils données aux femmes enceintes qui veulent tenter la manœuvre est de faire semblant de ne pas parler russe, pour éviter d’avoir à répondre aux questions que ne manqueront pas de leur poser les médecins à Moscou.

Ce phénomène met une pression sur le budget municipal, qui prend en charge les frais d'accouchement. De plus, les patientes venues d'autres villes ou d'autres pays nécessitent parfois des soins particuliers, avec des naissances prématurées, des bébés malades ou faisant partie de groupes à risques en raison des infections que leur mère est susceptible de leur transmettre.

Certains experts proposent de créer une couverture maladie universelle pour les travailleurs étrangers et de mettre en place une banque de données contenant leur dossier médical. D'autres suggèrent d'obliger les cliniques privées à communiquer les données concernant les infections socialement dangereuses repérées chez des étrangers.

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Les Maternités en Zone de Conflit

La situation géopolitique actuelle, notamment le conflit en Ukraine, a un impact sur le fonctionnement des maternités dans les régions touchées. Malgré la guerre, la maternité centrale de Zaporijia, proche de la ligne de front, n’a jamais cessé de fonctionner. Depuis le début de l'invasion russe, 800 femmes ont accouché ici. De nombreuses femmes enceintes font le trajet depuis les zones sous occupation russe pour accoucher dans cette maternité.

Dans les zones de conflit, les femmes accouchent dans des conditions de plus en plus délicates, malgré la dévotion des soignants. Les maternités sont parfois transformées en salles de soins intensifs improvisées, et les accouchements se déroulent dans des abris souterrains.

L'Attrait de l'Argentine pour les Accouchements

L'Argentine est devenue une destination prisée par les femmes enceintes russes souhaitant accoucher à l'étranger. Les vols à destination de l'Argentine depuis la Russie se remplissent de femmes enceintes depuis un an et le phénomène tend à s’accroître. Y avoir un enfant facilite l’octroi de la citoyenneté pour les mères, et le droit du sol permet à leur enfant de l’obtenir. Un passeport argentin permet aussi d’accéder à 171 pays sans visa, contre 74 pour la Russie, qui a vu ses possibilités s’amoindrir.

Le coût pour les femmes enceintes russes souhaitant accoucher en Argentine pourrait s’élever à 35 000 dollars selon la police. Bien que certaines femmes nourrissent le projet d’entamer une nouvelle vie, la plupart d’entre elles repartent après avoir accouché.

Devenir Mère en Russie Post-Soviétique

En Russie, depuis la fin de la période soviétique, on observe une tendance au report de l’entrée dans la maternité ; celle-ci reste toutefois relativement précoce, en comparaison avec l’Ouest de l’Europe. L’âge moyen au premier enfant est proche de 25 ans pour celles nées dans les années 1980. Cette évolution prend son sens dans un contexte où les parcours d’entrée dans la vie professionnelle et de décohabitation sont devenus moins balisés, plus incertains que sous le socialisme.

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