Face à la diversité des options contraceptives, de plus en plus de femmes se tournent vers des méthodes naturelles, perçues comme des alternatives respectueuses de leur corps et de leurs cycles. Ces méthodes, qui consistent principalement à identifier la période d'ovulation pour éviter les rapports sexuels fécondants, suscitent un intérêt croissant, mais leur efficacité et leur fiabilité font débat. Cet article explore les différentes astuces naturelles de contraception, leurs mécanismes, leurs avantages et leurs inconvénients, afin d'offrir une information complète et nuancée.
Les Méthodes Naturelles : Un Aperçu
Les contraceptions naturelles n’utilisent aucun moyen médical agissant sur le cycle menstruel ou sur l’appareil reproductif. On qualifie de « naturelles » toutes les méthodes de contraception qui visent à identifier la période de l’ovulation de manière à éviter d’avoir des rapports sexuels fécondants à ce moment-là. Ces méthodes sont principalement recommandées aux couples qui acceptent d’avoir un bébé si les méthodes naturelles échouent. La plupart nécessite d’avoir des cycles réguliers et ne sont donc pas adaptées aux adolescentes ou aux femmes en périménopause.
Il existe différentes alternatives naturelles avec comme motivation principale, l’importance de respecter les cycles de la femme et sa physiologie naturelle. Favoriser des méthodes naturelles est moins facile, moins automatique… Cela demande un engagement, une observation de notre nature de femme.
Les Différentes Méthodes Naturelles de Contraception
Il existe de nombreuses méthodes “naturelles” de contraception cependant il faut bien avoir en tête que ces méthodes ne sont pas efficaces, ou ont une fiabilité qui dépend de nombreuses conditions, et que le risque de grossesse reste important. Les méthodes naturelles peuvent être utilisées par des personnes pour qui la survenue d'une grossesse serait acceptable. Elles demandent un long temps d’apprentissage et sont contraignantes pour les deux partenaires. De nombreuses femmes rejettent les méthodes de hormonale et ont recours à des méthodes de contraception dites « naturelles » dont l’efficacité est souvent moins élevée que celle des méthodes médicalisées. En effet, la plupart des méthodes ont des risques d'échec plus élevés que les méthodes médicalisées notamment en raison de nombreux facteurs (stress, fatigue, troubles du sommeil) qui peuvent décaler la période d’ovulation.
1. Le Retrait (Coitus Interruptus)
Le retrait (coitus interruptus) consiste à retirer le pénis du vagin avant l'éjaculation. Cette méthode de contraception n’est pas efficace, en effet des spermatozoïdes sont présents dans le liquide pré-séminal (avant l’éjaculation et durant les préliminaires), il peut également y avoir du sperme issu d'une éjaculation précédente peut être présent à l'intérieur du pénis (urètre). Il est donc possible de tomber enceinte lors d’un rapport avec pénétration sans éjaculation, et bien que plus rare, il peut également être possible de tomber enceinte lors d’un rapport sans pénétration.
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Comment ça marche ? Lors d'un rapport vaginal, le pénis est retiré du vagin avant l'. Il ne doit pas y avoir de contact entre la verge et le sperme.
Avantages / Inconvénients
- Ne nécessite ni médicament ni dispositif médical
- Aucun effet secondaire
- Gratuit
- Nécessite de maîtriser son éjaculation
- Interrompt la relation vaginale
- Risque de grossesse augmenté en cas de pénétration post-éjaculation
2. Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA)
La méthode MAMA (Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée) est une méthode de contraception naturelle à court terme pour les mères allaitantes. L'allaitement ou aménorrhée lactationnelle peut avoir un effet contraceptif efficace jusqu’à 6 mois après l’accouchement uniquement si toutes les conditions suivantes sont respectées : allaitement exclusif (bébé est nourri exclusivement au sein) ; allaitement jour et nuit avec au moins 6 à 10 tétées par jour ; le délai entre 2 tétées ne doit pas dépasser 6 heures la nuit, et pas plus de 4 heures le jour ; absence totale de règles chez la maman. En cas de non-respect de toutes ses conditions (retour des règles, réduction de la fréquence ou de la durée des tétées, introduction de l’alimentation au biberon ou dès que le nourrisson atteint l’âge de 6 mois) il convient d’utiliser une autre méthode de contraception car l’allaitement n’est alors plus contraceptif. Elle fonde son principe sur l’infertilité lactionnelle : les femmes qui allaitent sécrètent de la prolactine, une hormone qui empêche l’ovulation.
Comment ça marche ? Pour les jeunes mères dont le nourrisson est âgé de moins de six mois, la méthode MAMA (méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée) peut être utilisée. En effet l’allaitement a un effet contraceptif grâce à la sécrétion de prolactine, empêchant l’ovulation, lors de la succion par le bébé. Il est nécessaire cependant de remplir trois conditions pour utiliser cette méthode : être dans les six premiers mois qui suivent la naissance ; être en aménorrhée (absence de saignements dix jours après les saignements présents après l’accouchement ; effectuer un allaitement complet ou quasi-complet (pas plus de quatre à six heures d’intervalle entre deux tétées, même la nuit).
Avantages / Inconvénients
- Ne nécessite ni médicament ni dispositif médical
- Gratuit
- Non adapté aux femmes qui ne peuvent pas allaiter
- Efficacité limitée à 6 mois maximum
3. La Méthode du Calendrier (ou Méthode des Jours Fixes ou Abstinence Périodique)
La méthode du calendrier (ou méthode des jours fixes ou abstinence périodique) consiste à établir une période d’abstinence en retranchant 18 jours au cycle menstruel le plus long des 12 derniers cycles et en retranchant 11 jours au cycle menstruel le plus court des 12 derniers cycles (exemple : si le cycle le plus long des 12 derniers cycles est de 29 jours et le cycle le plus court de 26, l’abstinence doit être respectée entre le jour 8 (26-18) et le jour 18 (29-11) de chaque cycle. Le premier jour des règles correspond au premier jour du cycle. Il est nécessaire que les cycles soient réguliers. Elle consiste à éviter les rapports sexuels fécondants en période d'ovulation. La période de fertilité est calculée d’après l’observation de ses cycles sur au moins huit mois. Le 1er jour du cycle correspond au 1er jour des règles. Les jours de fertilité vont à peu près du 10 au 17e jour. Le problème, c’est que les cycles varient selon les femmes.
Comment ça marche ? Avant de pouvoir utiliser la méthode de l'abstinence périodique, il est nécessaire de respecter une période d'observation de 12 cycles menstruels sans contraception hormonale. Pendant cette période, il est possible d'utiliser une méthode barrière (préservatif interne ou externe, diaphragme, cape cervicale…) pour minimiser le risque de grossesse. A la fin de la période d'observation, il est possible de calculer les jours fertiles lors de chaque cycle (avec un risque d'erreur élevé). Le début de la période fertile est calculé en soustrayant 18 jours au nombre de jours du cycle le plus long. La fin de la période fertile est calculé en soustrayant 11 jours au cycle le plus court.
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Avantages / Inconvénients
- Ne nécessite ni médicament ni traitement médical
- Aucun effet secondaire
- Gratuit
- Absence de rapports vaginaux sans protection durant la majeure partie du cycle
- Nécessite d'observer 12 cycles minimum sans contraception hormonale avant de démarrer
4. La Méthode de la Température
La méthode de la température consiste à prendre la température corporelle tous les matins et de suivre les changements. La température corporelle d’une femme augmente d’environ 0,5 °C juste après l’ovulation. Cependant la mesure de la température à elle seule n’est pas suffisante car une augmentation de la température corporelle indique seulement que l’ovulation a eu lieu sans autre information. Il faut prendre sa température rectale chaque matin avant de se lever, avec le même thermomètre, suffisamment précis pour détecter des fines variations, et la noter sur un calendrier. Elle diminue pendant l’ovulation. Mais les différences avant et après ovulation sont de 0,3 °C seulement. Le thermomètre basal est un instrument de mesure de la température corporelle interne. La température corporelle basale augmente d'environ 0,5 °C juste après l'ovulation. En prenant sa température basale tous les matins, une femme peut identifier la date de son ovulation. En effet, la température basale reste élevée pendant environ 14 jours après l'ovulation. Les jours précédant l'ovulation, la température basale est basse.
Comment ça marche ? Le jour de ton ovulation, la température de ton corps augmente de 0,2°C à 0,4°C. Cette méthode nécessite de prendre ta température à la même heure tous les matins (avant même que tes pieds ne touchent le sol !).
Pourquoi cette méthode de contraception naturelle n’est-elle pas sûre à 100%? Ta température peut augmenter à cause d’un virus, d’un rhume ou de maux d’estomac. Cela rend difficile la recherche de ton point de référence.
5. Observation de la Glaire Cervicale
L’observation de la glaire cervicale consiste à consigner, quotidiennement et plusieurs fois par jour à partir du dernier jour des règles, les changements au niveau des sécrétions vaginales (glaire de plus en plus abondante, puis de plus en plus collante et ensuite de plus en plus filante, claire et liquide). Les rapports sont autorisés uniquement lorsqu’aucune sécrétion n’est présente et sont limités à un jour sur deux car le sperme peut être confondu avec la glaire. Les femmes ayant recours à cette méthode ne doivent pas recourir à des douches vaginales ou à des sprays ou des crèmes d’hygiène intime car ils peuvent modifier la structure de la glaire cervicale. Il s’agit de l’observation de la glaire cervicale. Les pertes blanches s’accentuent avant l’ovulation, mais aussi selon son désir sexuel et en cas d’infection. En pratique, il faut prélever la glaire cervicale avec ses doigts, en apprécier la couleur (jaune ou blanc) et la consistance (épaisse, collante, élastique/extensible).
Comment ça marche ? La méthode consiste à vérifier la présence ou l'absence de glaire cervicale matin et soir sur les sous-vêtements ou le papier hygiénique, dès la fin des règles. Les rapports vaginaux sont possibles uniquement s'il n'y a pas eu de glaire la veille et le jour J. Il faut éviter les rapports vaginaux les autres jours. Il peut être difficile de différencier la glaire des pertes (ou leucorrhées) ou du sperme. Après ce 1er mois d'observation, les personnes repèrent leur période fertile en analysant quotidiennement, par le toucher du col et/ou l'observation, la consistance de la glaire cervicale. Lors des périodes d’ovulation, la glaire cervicale augmente en quantité et devient plus fluide et filante afin de laisser passer les spermatozoïdes. Les rapports sexuels doivent être évités dès l'appartition de la glaire après les règles et quelques jours après l’observation de la glaire filante.
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Avantages / Inconvénients
- Ne nécessite ni médicament ni traitement ni dispositif médical
- Simple d'utilisation
- Aucun effet secondaire
- Gratuit
- Absence de rapports vaginaux durant la moitié du cycle
- Non adapté aux personnes produisant peu de glaire et à celles ayant des pertes blanches tout au long du cycle
- Non adapté dans de nombreuses situations : infections, vaginites, mycose vaginale…
6. Méthode Symptothermique
La méthode symptothermique associe la mesure de la température corporelle avec les méthodes du calendrier et de la glaire. En conséquence, c’est la plus fiable des méthodes basées sur la connaissance des périodes de fertilité. La méthode symptothermique ou symptothermie est une méthode de planification familiale naturelle qui complète la méthode des températures. Elle consiste à suivre la température et la glaire cervicale pour identifier les périodes fertiles. C’est certainement la méthode naturelle la plus fiable. La méthode symptothermique est basée à la fois sur l’observation de la courbe de température et sur les caractéristiques de la glaire cervicale.
Comment ça marche ? Pour utiliser cette méthode, il est nécessaire, chaque jour, de : - mesurer et noter sa température basale au réveil, à heure fixe ; - d'observer la présence et la consistance de la glaire cervicale ; - vérifier la position du col de l'utérus . Le relevé de ces observations permet ensuite de calculer les jours pendant lesquels un risque de grossesse existe. Les rapports vaginaux doivent être évités pendant les jours fertiles. Avant de pouvoir utiliser la méthode symptothermique, il est nécessaire de suivre une formation et de respecter une période d'observation de 12 cycles menstruels sans contraception hormonale. Pendant cette période, il est possible d'utiliser une méthode barrière (préservatif interne ou externe, diaphragme, cape cervicale…) pour minimiser le risque de grossesse.
Avantages / Inconvénients
- Aucun effet secondaire
- Convient aux femmes pour qui la contraception hormonale est contre-indiquée
- Méthode contraignante à suivre
- Nécessite d'observer 12 cycles minimum sans contraception hormonale avant de démarrer
- Non adapté dans de nombreuses situations : IST, vaginites, mycose vaginale…
- Aucune formation reconnue par l'Etat
7. Suivi de la Fertilité via des Applications Mobiles
Il s’agit d’outils qui reposent généralement sur les estimations du calendrier et de la température corporelle, mais qui peuvent également inclure d’autres paramètres, afin de déterminer les périodes les moins à risque de grossesse. Il existe également des thermomètres basals connectés à une application de cycle. Ces applications vous permettent généralement de suivre votre date de début et de fin des règles, votre flux menstruel et vos symptômes.
Alternatives Non Hormonales et Méthodes Barrières
Les alternatives non hormonales empêchent la grossesse sans utiliser d'hormones. Les dispositifs barrières empêchent le sperme de pénétrer dans l'utérus.
Méthodes Barrières
Les méthodes barrières empêchent le sperme de pénétrer dans l'utérus.
- Le diaphragme et son gel : Le diaphragme est un petit disque en silicone qui est placé dans le vagin avant un rapport sexuel. Il bloque le col de l'utérus, empêchant ainsi les spermatozoïdes d'entrer dans l'utérus. Il est accompagné d’un gel contraceptif. Pour obtenir un diaphragme, vous devez d'abord avoir un examen gynécologique pour déterminer la taille du diaphragme qui vous convient.
Fiabilité des Méthodes Naturelles et Mise en Garde
Les moyens de contraception naturelle sont-ils fiables ? Méthode Ogino, observance de la glaire cervicale, applications smartphone… les méthodes de contraception naturelles sont de plus en plus plébiscitées par les femmes en guise d’alternative aux contraceptifs classiques. Mais elles ne sont pas aussi efficaces contre le risque de grossesse, rappellent des gynécologues qui invitent les femmes à consulter un spécialiste pour trouver un choix plus sûr. Les points à retenir Les méthodes naturelles sont généralement moins efficaces à l’usage que les méthodes médicalisées.
Cet intérêt pour plus de « naturel » n’est pas sans inquiéter la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale qui alerte sur le manque d'efficacité de ces méthodes, notamment via des applications. Selon ses chiffres, ces procédés présentent un taux d’échec de l’ordre de 17 à 20 %. Le ministère de la Santé se montre encore plus prudent en affirmant que 25 femmes sur 100 (soit 1 femme sur 4) utilisant une méthode naturelle connaissent une grossesse lors de la première année d’utilisation. « Ces méthodes ne sont pas aussi fiables que les autres méthodes dites classiques. On en parle beaucoup sur les réseaux sociaux mais ce n’est pas l’endroit pour bien s’informer sur le sujet », explique à Santé Magazine la Dre Pia de Reilhac, présidente de la Fédération. Selon elle, les femmes les plus susceptibles de les utiliser ont entre 20 et 25 ans et ont pris une contraception orale pendant plusieurs années. Ces dernières suivent des études, ne sont pas en couple ou de manière intermittente et ont donc une sexualité plus ou moins épisodique. Elles pensent alors aux méthodes barrières comme le préservatif ou à ces méthodes naturelles mais ces dernières demandent une certaine vigilance ce qui peut entraîner des échecs.
Même mise en garde la part du ministère de la Santé : « l’utilisation des méthodes naturelles nécessite d’avoir des cycles extrêmement réguliers et de bien connaître son corps. Par ailleurs, l’ovulation peut être avancée ou reculée par toutes sortes d’événements, à commencer par les émotions ».
Ces méthodes sont principalement recommandées aux couples qui acceptent d’avoir un bébé si les méthodes naturelles échouent. De plus, si tu es sexuellement active et que tu n’es pas prête à avoir un enfant, la double contraception est le moyen le plus sûr d’éviter des conséquences non souhaitées. Elles restent préférables à l’absence de contraception et ciblent des couples motivés, qui acceptent l’idée d’une grossesse imprévue. Prévoyez une contraception d’urgence (pilule du lendemain) pour pallier un éventuel mésusage de la méthode naturelle choisie.
Importance de l'Information et du Conseil Médical
Choisir une contraception, surtout sans hormones, est une décision importante pour de nombreuses femmes. Arrêter la pilule peut soulever de nombreuses questions : quel moment choisir, quelle méthode adopter, quels sont les effets à attendre ?
Or, cette visite médicale est l’occasion de rappeler aux jeunes femmes qu’il existe d’autres méthodes contraceptives que la pilule et qui assurent une vraie sécurité : anneau vaginal, patch contraceptif, implant, stérilet au cuivre si l’on ne veut pas d’hormones ou hormonal… Car il est important que ces dernières soient bien informées sur toutes les méthodes disponibles pour choisir en connaissance de cause la contraception la plus adaptée à sa situation (âge, tabac, maladie chronique…). « Il m’arrive encore de voir en consultation que certaines femmes ne connaissent pas l’anneau vaginal par exemple.
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