L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit en France, et les femmes ont le choix entre deux méthodes principales : l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale, également appelée chirurgicale ou par aspiration. Cet article se concentre sur l'IVG instrumentale, en détaillant son fonctionnement, son déroulement, les aspects liés à la douleur, les risques potentiels et les différences avec l'IVG médicamenteuse.
Qu'est-ce que l'IVG instrumentale ?
L'IVG instrumentale est une intervention chirurgicale qui consiste à aspirer l'œuf (le contenu utérin) après dilatation du col de l'utérus. Elle est possible jusqu’à la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le premier jour des dernières règles. Cette procédure est réalisée par un médecin ou, sous certaines conditions, par une sage-femme, dans un établissement de santé ou dans certains centres de santé autorisés.
Comment se déroule l'IVG instrumentale ?
Étapes préliminaires
Avant de procéder à l'IVG instrumentale, plusieurs étapes sont nécessaires :
- Demande d'IVG : La femme doit formuler sa demande auprès d'un médecin (généraliste ou gynécologue) ou d'une sage-femme, en cabinet de ville, en établissement de santé, dans un centre de santé sexuelle ou un centre de santé.
- Temps d'information : Le professionnel de santé fournit des informations sur les différentes méthodes d'IVG (instrumentale et médicamenteuse), les lieux de réalisation, ainsi que les risques et effets secondaires possibles. Un dossier guide est remis à la patiente.
- Consultation psycho-sociale (si nécessaire) : Elle est obligatoire pour les mineures et optionnelle pour les majeures. Elle a lieu dans un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), un centre de santé sexuelle, un service social ou un autre organisme agréé.
- Recueil du consentement et choix de la méthode : La femme remet son consentement écrit pour la réalisation de l'avortement. Le choix de la méthode d'IVG et du lieu de réalisation est fait en concertation avec le professionnel de santé.
- Dépistage : Il est proposé de réaliser un dépistage des infections sexuellement transmissibles, dont l'infection par le VIH, ainsi qu'un dépistage du cancer du col de l'utérus si la patiente n'est pas à jour.
L'intervention
L'IVG instrumentale elle-même se déroule de la manière suivante :
- Anesthésie : L'IVG instrumentale est toujours réalisée sous anesthésie générale ou locale. En cas d'anesthésie générale, la patiente est endormie et ne ressent aucune douleur. En cas d'anesthésie locale, un spéculum est mis en place pour visualiser le col et l'utérus, et un produit anesthésiant est injecté au niveau du col de l'utérus et de la partie haute du vagin. Des médicaments antidouleurs sont également administrés avant l'intervention afin de diminuer les sensations douloureuses liées aux contractions utérines.
- Dilatation du col : Le col de l'utérus est dilaté à l'aide de bougies (instruments de forme allongée et fine en métal) ou par l'administration d'un médicament.
- Aspiration : Une canule de calibre adapté au stade de la grossesse est introduite dans l'utérus pour aspirer le contenu utérin. La canule est reliée à un système d'aspiration manuelle ou automatique. L'intervention dure généralement entre 15 et 20 minutes.
- Curetage (si nécessaire) : Dans certains cas, la paroi de l'utérus est « contrôlée » avec une curette (instrument en forme d'une petite cuillère) pour s'assurer qu'il ne reste pas de résidus du fœtus.
- Surveillance post-intervention : Après l'intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l'établissement ou le centre de santé.
Suivi post-opératoire
Aussitôt l'aspiration terminée, une échographie doit être faite afin de vérifier que la matrice a été bien vidée de tous les restes. Une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG pour s’assurer de l’absence de complications.
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L'IVG instrumentale est-elle douloureuse ?
La douleur liée à l'IVG instrumentale est un aspect important à considérer.
- Pendant l'intervention : L'anesthésie (générale ou locale) vise à minimiser la douleur pendant l'intervention. Avec une anesthésie locale, il est possible de ressentir une sensation de gêne ou des contractions utérines.
- Après l'intervention : Des douleurs liées aux contractions utérines peuvent survenir, comparables à des douleurs de règles, parfois plus intenses. Des médicaments antidouleurs sont prescrits pour soulager ces douleurs.
Il est important de noter que la perception de la douleur est subjective et peut varier d'une femme à l'autre.
Quelles sont les complications possibles ?
Bien que l'IVG instrumentale soit généralement une procédure sûre, des complications peuvent survenir, bien que rarement :
- Lésions utérines ou du col de l'utérus : Dans de rares cas, des lésions au niveau du col de l’utérus ou de la paroi utérine peuvent survenir au cours de l’intervention.
- Complications liées à l'anesthésie : Comme pour toute intervention, des complications liées à l’anesthésie peuvent survenir (allergie aux produits d’anesthésie par exemple).
- Hémorragie : Des saignements plus abondants que les règles habituelles peuvent survenir dans les premiers jours suivant l'intervention.
- Infection : Un risque d'infection existe si des germes sont présents dans le col de l'utérus.
- Rétention de fragments : Il est possible, dans de très rares cas, que la grossesse ne soit pas totalement aspirée, nécessitant une seconde intervention.
- Synéchies : Adhérences cicatricielles, lorsque l'on a trop gratté les parois de l'utérus.
Il est crucial de contacter rapidement le professionnel de santé en cas de symptômes tels que fièvre, pertes de sang très abondantes, malaise ou fortes douleurs abdominales persistantes.
Contre-indications
Il n'existe pas de contre-indication à l’IVG instrumentale en tant que telle, seule l’allergie aux produits d’anesthésie peut constituer une contre-indication. Le professionnel de santé que vous consultez pour l’IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d’IVG adaptée à votre situation.
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Différences entre IVG médicamenteuse et IVG instrumentale
| Caractéristique | IVG médicamenteuse | IVG instrumentale |
|---|---|---|
| Délai maximal | 7 semaines de grossesse (9 semaines d'aménorrhée) | 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée) |
| Professionnel | Médecin ou sage-femme | Médecin, ou sage-femme sous certaines conditions |
| Lieu | En cabinet, en centre de santé sexuelle, en centre de santé, en établissement de santé | En établissement de santé, dans certains centres de santé |
| Procédure | Prise de deux médicaments à 24-48h d’intervalle en présence du professionnel de santé ou seule à domicile | Introduction d’une canule souple pour aspirer le contenu de l’utérus |
| Anesthésie | Pas d'anesthésie, mais prescription d'anti-douleurs systématique | Anesthésie locale ou générale |
| Durée totale | Variable (évacuation dans les 4h dans environ 60% des cas, dans les 24 à 72h dans 40% des cas) | Intervention rapide (15-20 minutes), surveillance de quelques heures après l'intervention |
| Consultation de suivi | 14 à 21 jours après l’IVG | 14 à 21 jours après l’IVG |
| Taux de succès | 95% | 99,7% |
| Effets indésirables | Douleurs plus intenses que des douleurs de règles, troubles gastro-intestinaux, saignements plus abondants | Douleurs de règles, saignements plus abondants |
| Téléconsultation possible | Toutes les étapes sont réalisables en téléconsultation | Les étapes préalables à l’IVG et la consultation de suivi sont réalisables en téléconsultation |
Curetage après IVG
Le curetage, ou aspiration, est une intervention médicale qui peut être nécessaire après une IVG si l'utérus n'a pas expulsé complètement les tissus. Il consiste à aspirer les restes embryonnaires et placentaires pour éviter des complications.
Impact psychologique
L'IVG, quelle que soit la méthode, peut avoir un impact psychologique variable selon les femmes. Un accompagnement psycho-social est proposé pour soutenir les femmes dans leur démarche.
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