Introduction

La tragédie de Macbeth de Shakespeare est souvent réduite à des thèmes tels que la folie meurtrière, la fascination du pouvoir et l'ambivalence de la culpabilité. Bien que ces thèmes soient pertinents, il est essentiel de considérer les raisons profondes de la folie de Macbeth, ancrées dans des drames intimes et simples. Cet article explore les interprétations modernes de Macbeth, ainsi que d'autres œuvres de Shakespeare, en mettant l'accent sur la manière dont les metteurs en scène contemporains abordent les thèmes de la stérilité, de la filiation et de la condition humaine.

Macbeth : Au-delà de la Folie Meurtrière

Stéphane Braunschweig, dans sa mise en scène de Macbeth à l'Odéon à Paris, met en lumière la violence omniprésente et banale qui traverse la pièce. Indépendamment des crimes de Macbeth, la scène est imprégnée de guerre civile, où les personnages déambulent couverts de sang. Cette représentation réaliste et saisissante rappelle que la guerre est une boucherie, même sur un plateau de théâtre.

L'interprétation de Braunschweig se distingue également par la présence de trois sorcières enceintes dès la première scène. Cette image étrange révèle le "non-dit" de la pièce : l'absence de descendance chez les Macbeth. Lady Macbeth, malgré ses affirmations sur la tendresse maternelle, n'a pas d'enfant, ce qui explique sa furie et son encouragement à Macbeth d'assassiner le roi Duncan. L'absence d'enfant dans leur vie engendre un cauchemar, exacerbé par la prophétie des sorcières accordant une descendance royale au général Banquo. Cette perspective plonge Macbeth dans un délire jaloux et autodestructeur.

La scène où les enfants de Macduff sont assassinés prend une importance capitale dans cette interprétation. La réaction de Lord Macduff, interprété par Jean-Philippe Vidal, est d'une intensité extrême lorsqu'il apprend le crime. Sa question bouleversante, "Tous mes jolis petits (…) vous avez dit tous ?", rappelle également que Macbeth, lui, "n'a pas d'enfant". Ainsi, Shakespeare nous parle d'un homme qui découvre la tragédie de sa stérilité en accédant au pouvoir, le rendant terriblement proche et simple.

Adama Diop, dans le rôle de Macbeth, contribue à cette clarification en incarnant un homme à la fois colossal et sensible, pétri d'angoisses mais prêt à tout. Sa belle voix, son art du tic et du soupir démesurés, ainsi que sa diction impeccable, rendent extraordinairement humain l'un des personnages les plus complexes du répertoire shakespearien.

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La Tempête : Simplicité et Intensité

Robert Carsen, dans sa mise en scène de La Tempête à la Comédie Française, opte pour une simplicité radicale. Un décor minimaliste, des costumes sobres et une absence d'accessoires flatteurs mettent l'accent sur la présence des comédiens et la puissance du texte.

Cette esthétique de l'épure permet de rendre justice à un texte résolument centré sur la parole. L'austérité du début de la pièce, notamment le long monologue de Prospero racontant son histoire à sa fille Miranda, est compensée par l'intensité des intrigues qui s'entremêlent. Les duos d'amour, les moments de farce et les séquences politiques se déploient avec limpidité et jubilation.

La pièce explore de belles idées, telles que le ravissement de Miranda devant les naufragés, sa conviction que l'humain est une chose merveilleuse malgré tout, et la relation complexe entre Prospero et Ariel, son esprit serviteur. La scène d'amour entre Miranda et le prince de Naples est un moment sublime de théâtre, où la jeune fille découvre sa passion et pleure de bonheur et de vertige. Le regard ambivalent du père, Prospero, ajoute une dimension émotionnelle à la scène, soulignant la communion entre le magicien et le public.

Hamlet : Le Vertige de la Filiation

Daniel Mesguich a mis en scène Hamlet à plusieurs reprises, et sa dernière version est portée par le désir de rendre sensibles des idées. La nouvelle traduction du texte, réalisée par Mesguich lui-même, est à la fois baudelairienne, derridienne, comique et psychanalytique. Elle témoigne d'un désir d'inscrire autrement le temps qui passe.

La dimension familiale est au cœur de cette mise en scène, avec Mesguich transmettant le rôle du prince danois à son fils William et collaborant avec sa fille Sarah Gabrielle pour la conception du spectacle. Le vertige de la filiation devient ainsi un sujet central de la pièce.

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L'absence de fantôme visible, remplacé par la voix de Mesguich, suggère que le spectre est un miroir. Les dédoublements sont également présents dans la scène du suicide d'Ophélia, où la jeune fille est noyée par son avatar. La reconnaissance des acteurs par l'enfant spectateur ajoute une nouvelle mise en abyme, soulignant le vertige de l'identité perdue à force de miroiter.

Othello : Décentralisation et Tragédie Humaine

Nathalie Garraud revisite Othello en collaboration avec l'auteur et philosophe Olivier Saccomano. Cette création itinérante, conçue pour donner son sens le plus fort au mot "décentralisation", se joue avec un effectif très limité de trois acteurs.

Dans un prologue inventé pour l'occasion, les comédiens rappellent que si la pièce se passe un peu à Venise, "berceau du capitalisme marchand", l'essentiel se déroule à Chypre, un pays déjà en crise à cette époque lointaine. Les trois "clowns" interprètent ensuite tous les rôles avec une virtuosité réjouissante, donnant corps à la tragédie du "maure de Venise".

Aux Sources de l’Inspiration : Psychanalyse et Création Artistique

Jean-Claude Rolland explore les sources de l'inspiration à travers le prisme de la psychanalyse. Il examine les œuvres de Sarraute, Mallarmé, Saint-John Perse et Baudelaire, en mettant en évidence le lien entre l'expérience de la parole, l'infantile et le processus créatif.

Rolland considère la langue comme résultant d'un processus qui, à partir d'un amalgame d'images et de signifiants, installe une structure sémantique. Le poète et le psychanalyste partagent le désir de retrouver l'infantile, mais différemment. Rolland évoque une "proto-mélancolie de l'infantile" qui précéderait la "mélancolie de l'infantile" décrite dans ses précédents ouvrages.

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Il souligne également la puissance de la régression formelle à l'œuvre dans la cure psychanalytique, ainsi que la tension permanente entre images et langage. L'art et la psychanalyse sont considérés comme des "sciences de la mémoire".

Rolland analyse des œuvres littéraires telles que les poèmes de Victor Hugo en deuil de sa fille, les Destinées d'Alfred de Vigny, l'Alceste d'Euripide et L'Étranger de Camus. Il propose une lecture originale de Meursault, le voyant comme une réaction mélancolique passionnelle à la mort de sa mère masquée par un vernis d'indifférence.

En conclusion, Rolland explore le lien entre la parole analytique et l'écriture poétique, soulignant que l'affect œdipien fait retour dans la parole analytique, tandis que l'écriture poétique et picturale convoque la douleur.

Joyce McDougall : Au Regard de la Clinique Analytique Contemporaine

Cet ouvrage collectif rend hommage à Joyce McDougall, une analyste visionnaire qui s'est opposée à une psychanalyse doctrinaire. McDougall a remis en question l'abord classique de la perversion et a dépathologisé les formes de sexualités considérées comme peu communes. Elle a cherché à mettre en lumière les angoisses archaïques et psychotiques qui sous-tendent de nombreuses symptomatologies somatiques, les addictions et les conduites déviantes.

Les contributeurs de l'ouvrage, analystes et artistes, témoignent de l'influence de McDougall sur leur propre questionnement. Le livre explore des thématiques telles que les néo-sexualités, la problématique trans et la non-binarité. Il souligne l'importance de la parole et des textes de McDougall pour relancer une question propre à l'auteur.

Maurice Corcos : Destruction et Désaffiliation

Maurice Corcos nous offre un ouvrage important sur le thème de la violence à l'adolescence. L'auteur explore les liens entre la violence et le narcissisme, en s'appuyant sur des références cliniques, théoriques et littéraires.

La Morgue de Paris au XIXe Siècle : Un Berceau de Réflexions

La Morgue de Paris au XIXe siècle était un lieu de spectacle macabre, attirant des foules curieuses de voir les corps exposés. Parmi ces visiteurs, des écrivains et des artistes ont trouvé une source d'inspiration pour leurs œuvres. Cet article explore la représentation de la Morgue dans la littérature et l'art de l'époque, en mettant l'accent sur la manière dont ce lieu a alimenté les réflexions sur la mort, la société et la condition humaine.

La Morgue : Un Spectacle Macabre

La Morgue, située au cœur de Paris, était un lieu où les corps non identifiés étaient exposés au public dans l'espoir d'être reconnus. Cette pratique, bien que morbide, attirait une foule considérable, composée de Parisiens de toutes classes sociales, ainsi que de touristes étrangers. La vision de ces corps anonymes, souvent victimes de noyades, de suicides ou de crimes, suscitait une fascination mêlée d'horreur.

La Morgue : Source d'Inspiration Littéraire

De nombreux écrivains du XIXe siècle ont été marqués par leur visite à la Morgue et ont intégré ce lieu dans leurs œuvres. Zola, dans Thérèse Raquin, décrit la Morgue comme un lieu de dégoût et de fascination, où les corps exposés rappellent la fragilité de la vie et la puissance de la mort. Baudelaire, dans ses poèmes, évoque la Morgue comme un symbole de la déchéance et de la misère humaine.

La Morgue : Un Thème Artistique

La Morgue a également inspiré de nombreux artistes, qui ont représenté ce lieu dans leurs peintures et leurs dessins. Ces œuvres témoignent de la fascination morbide qu'exerçait la Morgue sur la société de l'époque. Elles mettent en scène les corps exposés, les foules curieuses et l'atmosphère pesante qui régnait dans ce lieu.

La Morgue : Un Berceau de Réflexions

Au-delà de son aspect macabre, la Morgue était un lieu où se croisaient des réflexions sur la mort, la société et la condition humaine. La vision de ces corps anonymes, réduits à l'état d'objets, interrogeait sur le sens de la vie et la fragilité de l'existence. La Morgue était également un révélateur des inégalités sociales, car les corps exposés étaient souvent ceux des plus démunis, victimes de la misère et de la violence.

L'Enfant à la Morgue : Un Symbole de l'Innocence Perdue

La présence d'enfants parmi les corps exposés à la Morgue suscitait une émotion particulière. La vision de ces jeunes vies fauchées par la mort était particulièrement bouleversante, car elle symbolisait l'innocence perdue et la cruauté du destin. Les écrivains et les artistes ont souvent mis en scène des enfants à la Morgue pour accentuer l'effet tragique de leurs œuvres.

Conclusion

La Morgue de Paris au XIXe siècle était un lieu de spectacle macabre, mais aussi un berceau de réflexions sur la mort, la société et la condition humaine. Ce lieu a inspiré de nombreux écrivains et artistes, qui ont représenté la Morgue dans leurs œuvres, témoignant de la fascination morbide qu'elle exerçait sur la société de l'époque. La présence d'enfants parmi les corps exposés à la Morgue suscitait une émotion particulière, symbolisant l'innocence perdue et la cruauté du destin.

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