L'Atosiban est un médicament tocolytique utilisé pour freiner ou stopper les contractions utérines en cas de menace d'accouchement prématuré (MAP). Cet article explore en détail l'utilisation de l'Atosiban, sa composition, son administration, son efficacité, ses effets secondaires potentiels et les précautions à prendre.
Composition et Présentation
L'Atosiban est un peptide de synthèse, plus précisément un antagoniste compétitif de l'ocytocine. Chaque millilitre de solution d'Atosiban contient 7,5 mg d'atosiban. Après dilution, la concentration est de 0,75 mg/mL. Il est présenté sous deux formes :
- Solution injectable : ATOSIBAN ALTAN 6,75 mg/0,9 mL, utilisée pour le bolus initial.
- Solution à diluer pour perfusion : ATOSIBAN ALTAN 37,5 mg/5 mL, utilisée pour la perfusion continue.
Administration et Posologie
Le traitement par Atosiban doit être instauré et suivi par un médecin expérimenté dans le traitement des femmes en travail prématuré. Il est administré par voie intraveineuse en trois étapes successives :
- Bolus initial : 6,75 mg d'Atosiban administrés en injection intraveineuse lente.
- Perfusion de charge : 300 microgrammes/min pendant trois heures.
- Perfusion d'entretien : 100 microgrammes/min pendant 45 heures au maximum.
La durée totale du traitement ne doit pas dépasser 48 heures. La dose totale administrée au cours d'un traitement complet ne doit pas dépasser 330,75 mg d’atosiban. Le traitement intraveineux par injection d'un bolus initial d’atosiban doit débuter dès que possible après l'établissement du diagnostic de travail prématuré. Après injection du bolus on doit poursuivre avec la perfusion. Lorsqu'un renouvellement du traitement par atosiban est nécessaire, celui-ci doit également débuter par l’administration en bolus suivie de la perfusion.
Indications et Contre-indications
L'Atosiban est indiqué chez les femmes enceintes entre la 24ème et la 33ème semaine de gestation (incluses) présentant des contractions utérines régulières et une modification du col de l'utérus, signes d'une menace d'accouchement prématuré.
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Cependant, l'Atosiban est contre-indiqué dans les situations suivantes :
- Grossesse de moins de 24 semaines.
- Grossesse de plus de 33 semaines.
- Rupture prématurée des membranes si le terme est dépassé.
- Hémorragie ante-partum nécessitant un accouchement immédiat.
- Eclampsie et pré-éclampsie sévère nécessitant un accouchement.
- Mort fœtale in utero.
- Suspicion de souffrance fœtale aiguë.
- Anomalies congénitales fœtales létales.
- Autres conditions maternelles ou fœtales nécessitant un accouchement immédiat.
- Hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients.
Mécanisme d'Action
L'Atosiban est un antagoniste compétitif de l'ocytocine au niveau des récepteurs. L'ocytocine est une hormone qui stimule les contractions utérines. En bloquant l'action de l'ocytocine, l'Atosiban diminue la fréquence et l'intensité des contractions, favorisant ainsi le repos du muscle utérin. Il a été également démontré que l'atosiban se lie aux récepteurs de la vasopressine, inhibant ainsi l'effet de la vasopressine. Chez la femme en travail prématuré, l'atosiban aux doses recommandées s'oppose aux contractions utérines et induit le repos du muscle utérin. Le relâchement utérin survient rapidement après l'administration intraveineuse de l'atosiban, les contractions utérines étant significativement réduites dans les 10 minutes et le repos du muscle utérin maintenu stable (≤ 4 contractions/heure) pendant 12 heures.
Efficacité Clinique
Les études cliniques ont démontré que l'Atosiban est efficace pour retarder l'accouchement chez les femmes présentant une menace d'accouchement prématuré. Le critère principal d'efficacité était le pourcentage de femmes n'ayant pas accouché et n'ayant pas nécessité de traitement tocolytique alternatif durant les 7 jours suivant l’instauration du traitement. Les données montrent que 59,6 % et 47,7 % des femmes traitées respectivement par atosiban et par β-agoniste n'ont pas accouché et n’ont pas nécessité d'autre traitement tocolytique durant les 7 jours suivant l’instauration du traitement. La plupart des échecs au traitement étaient dus à une tolérance faible. Les échecs au traitement liés à une efficacité insuffisante étaient significativement plus fréquents chez les femmes traitées par atosiban que chez les femmes sous β-agoniste.
Effets Secondaires
Les effets indésirables de l'Atosiban sont généralement modérés. Les effets indésirables observés ont été décrits chez les mères traitées par atosiban au cours d’essais cliniques. Au total, 48 % des patientes traitées par atosiban ont présenté des effets indésirables pendant les essais cliniques. Les nausées sont l’effet indésirable le plus fréquemment rapporté chez la mère (14 %). Chez le nouveau-né, les essais cliniques n'ont révélé aucun effet indésirable spécifique de l'atosiban. Les effets indésirables observés chez le nourrisson sont dans les limites de variations normales et sont comparables à ceux des groupes placebo et sous bêtamimétiques.
Les effets indésirables les plus fréquents (≥ 1/10) sont :
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- Nausées
Les effets indésirables fréquents (≥ 1/100 à < 1/10) sont :
- Céphalées
- Vertiges
- Bouffées de chaleur
- Vomissements
- Tachycardie
- Hypotension
Les effets indésirables peu fréquents (≥ 1/1 000 à < 1/100) sont :
- Réaction au site d'injection
- Hyperglycémie
Les effets indésirables rares (≥ 1/10 000 à <1/1 000) sont :
- Réaction allergique
Précautions d'Emploi
Plusieurs précautions doivent être prises lors de l'utilisation de l'Atosiban :
- Rupture prématurée des membranes : Lorsque l’atosiban est utilisé chez des patientes chez lesquelles la survenue d’une rupture prématurée des membranes ne peut être exclue, le bénéfice d'un accouchement retardé doit être évalué par rapport au risque potentiel d’une chorioamniotite.
- Insuffisance hépatique ou rénale : Il n'existe pas de données sur l'utilisation d’atosiban chez des patientes atteintes d’insuffisance hépatique ou rénale. Chez les patientes atteintes d'insuffisance hépatique, l’atosiban doit être utilisé avec prudence. Il est peu probable qu’un ajustement de la dose soit nécessaire en cas d’insuffisance rénale, étant donné que seule une petite quantité d’atosiban est excrétée dans les urines.
- Grossesses multiples : L'expérience clinique acquise avec l’atosiban est limitée chez les patientes présentant des grossesses multiples ou ayant un âge gestationnel compris entre 24 et 27 semaines, du fait du petit nombre de patientes traitées. Par conséquent, le bénéfice de l’atosiban chez ces sous-populations est à évaluer.
- Traitements répétés : Le renouvellement d’un traitement par ATOSIBAN ALTAN est possible, mais l'expérience clinique avec des traitements répétés, jusqu'à 3 renouvellements, est faible.
- Retard de croissance intra-utérin : En cas de retard de croissance intra-utérin, la décision de poursuivre ou de réinitier l'administration d’ATOSIBAN ALTAN dépend de l'évaluation de la maturité fœtale.
- Surveillance : Une surveillance des contractions utérines et du rythme cardiaque fœtal doit être envisagée lors de l'administration d’atosiban et en cas de persistance des contractions utérines.
- Hémorragie post-partum : En tant qu’antagoniste de l’ocytocine, l’atosiban peut théoriquement favoriser le relâchement du muscle utérin et une hémorragie post-partum. En conséquence, il est nécessaire de contrôler les pertes sanguines après l'accouchement. Toutefois, aucune contraction utérine post-partum anormale n'a été observée au cours des essais cliniques.
- Œdème pulmonaire : Les grossesses multiples et les médicaments ayant une activité tocolytique, tels que les inhibiteurs calciques ou les bêtamimétiques, exposent à un risque accru d’œdèmes pulmonaires.
Interactions Médicamenteuses
Il est peu probable que l’atosiban soit impliqué dans des interactions médicamenteuses faisant intervenir le cytochrome P450 puisque des études in vitro ont démontré que l’atosiban n'est pas un substrat pour le système du cytochrome P450, et n'inhibe pas l'action des enzymes du cytochrome P450 participant au métabolisme des médicaments. Des études d'interaction ont été conduites avec le labétalol et la bétaméthasone chez des femmes, volontaires sains.
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Grossesse et Allaitement
L’atosiban ne doit être utilisé que lorsqu’un travail prématuré a été diagnostiqué à partir de la 24ème semaine de gestation et jusqu'à la 33ème semaine incluse. Dans les études cliniques sur l’atosiban, aucun effet n'a été observé sur l'allaitement. Les études de toxicité embryo-fœtale n’ont montré aucun effet toxique de l'atosiban.
Surdosage
Peu de cas de surdosage ont été rapportés avec l’atosiban. Ils se manifestent sans signe ou symptôme spécifique.
Conservation
À conserver au réfrigérateur (entre 2°C et 8°C). À conserver dans l’emballage d’origine à l’abri de la lumière. La stabilité physico-chimique de la solution diluée a été démontrée pendant une période de 72h à 23-27°C. D’un point de vue microbiologique, sauf si la méthode d'ouverture / de reconstitution / de dilution exclue le risque de contamination microbienne, le produit doit être utilisé immédiatement.
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