La grossesse est une période de profonds changements physiologiques, où chaque organe s'adapte pour soutenir le développement du fœtus. Parmi eux, la thyroïde joue un rôle essentiel, bien que souvent méconnu. Cette glande, située à la base du cou, produit des hormones indispensables au développement du fœtus, particulièrement durant les premières semaines de la grossesse. Pour évaluer son bon fonctionnement, un dosage de la TSH (Thyréostimuline) est fréquemment prescrit. Cet article vise à éclaircir le rôle de la TSH et des anticorps anti-TPO pendant la grossesse, en fournissant des informations détaillées et structurées pour une meilleure compréhension.

Thyroïde : Quel Rôle Pendant la Grossesse ?

Pendant la grossesse, le corps de la femme subit des ajustements significatifs pour répondre aux besoins du fœtus. La thyroïde est particulièrement sollicitée, devant produire davantage d’hormones pour assurer à la fois le bon fonctionnement de l’organisme maternel et le développement du bébé. Ce petit organe situé à la base du cou mérite donc une attention toute particulière, notamment à travers le suivi du taux de TSH.

Le Lien Entre la TSH et les Hormones Thyroïdiennes

La TSH, ou thyréostimuline, est une hormone produite par l’hypophyse. Elle agit comme un chef d’orchestre, stimulant la thyroïde pour qu’elle produise les hormones thyroïdiennes T3 et T4, essentielles au métabolisme. Le taux de TSH permet de vérifier si la thyroïde fonctionne correctement et si les taux d’hormones thyroïdiennes, notamment la T4 libre, sont suffisants pour répondre aux besoins du fœtus. Un taux anormal de TSH peut révéler un déséquilibre, même discret, nécessitant un avis médical et un suivi régulier.

Pourquoi la Thyroïde est-elle si Sollicitée Pendant la Grossesse ?

Dès le début de la grossesse, la thyroïde de la future maman travaille davantage. Jusqu’à environ 12 semaines de grossesse, le bébé dépend entièrement des hormones thyroïdiennes de sa mère, car il ne produit pas encore ses propres hormones. Ce surcroît d’activité est lié à plusieurs facteurs, notamment une hausse naturelle de certaines hormones (comme la HCG), une augmentation du volume sanguin et une carence en iode plus fréquente pendant la grossesse. Tous ces éléments poussent la thyroïde à s’adapter rapidement, ce qui peut déséquilibrer son fonctionnement chez certaines femmes.

Risques en Cas de Troubles de la Thyroïde pour le Bébé

Un mauvais fonctionnement de la thyroïde pendant la grossesse peut avoir des conséquences significatives. En cas d’hypothyroïdie non traitée, le bébé peut manquer des hormones nécessaires à son développement, en particulier pour son cerveau et son système nerveux. À l’inverse, une hyperthyroïdie peut entraîner un retard de croissance, une prématurité ou une hypertension chez la mère. La présence d’anticorps, liée à une maladie auto-immune, peut également traverser la barrière placentaire et affecter la thyroïde du fœtus. C’est pourquoi un dosage du taux de TSH, associé à une surveillance régulière, permet de détecter ces troubles dès le début de la grossesse, permettant ainsi une prise en charge adaptée.

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Hyperthyroïdie (Élevée) ou Hypothyroïdie (Basse) Pendant la Grossesse : Ce Que Cela Veut Dire

Un dosage du taux de TSH permet de savoir si la thyroïde fonctionne normalement. Si ce taux est trop élevé, cela peut indiquer une hypothyroïdie. S’il est trop bas, une hyperthyroïdie est alors suspectée. Ces troubles, s’ils ne sont pas pris en charge, peuvent impacter la grossesse, le bébé, et la santé de la mère.

Risques d'une Hypothyroïdie Pendant la Grossesse

L’hypothyroïdie se caractérise par une production insuffisante d’hormones thyroïdiennes. Elle peut être discrète ou plus marquée, mais même légère, elle nécessite une attention particulière pendant la grossesse. Les femmes enceintes concernées peuvent se sentir très fatiguées, avoir la peau sèche, une prise de poids importante ou une constipation persistante. Cependant, parfois, aucun symptôme n’est perceptible.

Non traitée, une hypothyroïdie peut entraîner des complications telles qu'un risque de fausse couche, un retard de croissance, un accouchement prématuré, ou encore des troubles du développement neurologique du bébé. Un suivi médical est donc très important, dès le début de la grossesse, pour ajuster si besoin le traitement et surveiller le taux de TSH et la T4 libre.

Signes d'une Hyperthyroïdie

L’hyperthyroïdie, plus rare, correspond à un excès d’hormones thyroïdiennes dans le sang. Le taux de TSH est alors anormalement bas. Les signes peuvent inclure une perte de poids, des palpitations, une nervosité marquée ou une transpiration excessive. Une femme enceinte hyperthyroïdienne peut aussi présenter une intolérance à la chaleur, une fatigue persistante et parfois des tremblements. Ce trouble, souvent lié à la maladie de Basedow, doit être suivi de près car il augmente le risque d’hypertension, de prématurité ou de retard de croissance chez le bébé. Une surveillance échographique et hormonale est alors mise en place, en lien avec un professionnel de santé.

Auto-Immunité et Thyroïde : Un Facteur à Surveiller

Les maladies auto-immunes de la thyroïde, comme la thyroïdite de Hashimoto (hypothyroïdie) ou la maladie de Basedow (hyperthyroïdie), sont les causes les plus fréquentes de troubles thyroïdiens pendant la grossesse. Ces pathologies impliquent la présence d’anticorps qui dérèglent le fonctionnement de la glande. Ils peuvent parfois franchir la barrière placentaire et agir sur la thyroïde du fœtus. Un suivi spécialisé est alors nécessaire pour adapter les traitements et éviter tout risque pour le développement du bébé.

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Une auto-immunité thyroïdienne peut aussi influencer la période du post-partum. Certaines femmes peuvent développer une thyroïdite post-partum plusieurs semaines après l’accouchement. D’où l’importance d’un accompagnement médical attentif, même après la naissance.

Normes Enceinte : Quel est le Taux de TSH Recommandé Pendant la Grossesse ?

Le taux de TSH est l’un des repères clés pour surveiller le bon fonctionnement de la thyroïde chez la femme enceinte. Cependant, les normes habituelles ne s’appliquent pas toujours pendant la grossesse. Elles peuvent varier selon le trimestre, l’historique médical ou la présence d’anticorps thyroïdiens. C’est pourquoi un avis médical est essentiel pour bien interpréter les résultats.

Pourquoi les Taux de TSH Varient Pendant la Grossesse ?

Dès les premières semaines, le corps s’adapte pour répondre aux besoins du fœtus. La thyroïde devient plus active et les taux d’hormones thyroïdiennes, dont la T4 libre, évoluent. Cette stimulation naturelle est liée à la production d’hCG, l’hormone de grossesse, qui agit de manière indirecte sur la TSH. Il est donc normal que le taux de TSH diminue au cours du premier trimestre, parfois même en dessous des valeurs de référence hors grossesse. Ensuite, il peut remonter progressivement au fil des mois, tout en restant dans une zone de confort définie par les professionnels. Ces variations sont naturelles et attendues, mais elles doivent rester dans des seuils précis pour garantir un bon équilibre thyroïdien, bénéfique à la fois pour la mère et pour le développement du bébé.

Seuils d’Alerte de Taux de TSH à Ne Pas Dépasser

Les recommandations varient légèrement selon les sources, mais en général, on considère que :

  • Au 1er trimestre, la TSH doit rester inférieure à 2,5 mUI/L ;
  • Au 2e et 3e trimestre, elle peut être jusqu’à 3,0 à 3,5 mUI/L, selon les cas.

Au-delà de ces valeurs, une hypothyroïdie est suspectée, surtout si la T4 libre est basse. À l’inverse, une TSH très basse (inférieure à 0,1 mUI/L) peut évoquer une hyperthyroïdie. Il est important de noter que ces chiffres ne sont pas rigides. Le contexte médical de chaque femme compte, incluant les antécédents de troubles de la thyroïde, l’auto-immunité, les antécédents de fausse couche, ou un traitement déjà en cours. Un suivi régulier par un professionnel de santé est donc indispensable. Il permet d’adapter la surveillance, de proposer un traitement si besoin et de sécuriser la grossesse tout en respectant les besoins du fœtus.

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Prise de Sang du 1er, 2nd et 3eme Trimestre : Les Niveaux de Normes Pendant la Grossesse

Le suivi de la thyroïde pendant la grossesse repose sur des examens sanguins réguliers. Ces dosages permettent d’adapter, si besoin, la prise en charge médicale et d’anticiper les éventuels déséquilibres hormonaux. Le rythme et les valeurs cibles peuvent changer au fil des semaines. D’où l’importance d’un suivi trimestre par trimestre.

TSH Idéal Pour Tomber Enceinte

Chez les femmes en âge de procréer, un taux de TSH idéal se situe généralement entre 1 et 2,5 mUI/L lorsqu’il y a un projet de bébé. Ce seuil est souvent recommandé par les professionnels de santé car il favorise une ovulation régulière et limite les risques d’interruption de grossesse précoce. En cas de TSH supérieure à 2,5, un suivi peut être mis en place. Il ne s’agit pas forcément d’une hypothyroïdie, mais cette valeur peut signaler un fonctionnement un peu lent de la thyroïde, qui peut influencer la fertilité. Selon les cas, un traitement par Levothyrox peut être proposé, même à faible dose, pour réajuster les hormones thyroïdiennes.

Un avis médical est indispensable pour interpréter les résultats. Les besoins varient d’une femme à l’autre, selon l’âge, l’histoire gynécologique, ou la présence d’une auto-immunité (notamment en lien avec des anticorps anti-TPO). Ce dosage peut être réalisé par prise de sang simple, souvent au niveau du pli du coude, dans un laboratoire de biologie médicale. Il ne nécessite pas d’être à jeun, sauf indication contraire du professionnel de santé.

Surveillance au 1er Trimestre de Grossesse

Dès le début de la grossesse, un dosage de la TSH est souvent proposé, notamment si la femme a des antécédents thyroïdiens ou un terrain auto-immun. Ce premier contrôle est essentiel, car le 1er trimestre est une période importante pour le développement du système nerveux du bébé. La norme attendue pour la TSH se situe généralement entre 0,1 et 2,5 mUI/L au cours de ces premières semaines. En parallèle, le médecin peut demander un dosage de la T4 libre, pour avoir une vision plus complète du fonctionnement de la thyroïde. Ce premier examen sanguin peut s’effectuer en même temps que le bilan de grossesse habituel. Il ne nécessite pas d’être à jeun, sauf indication spécifique du laboratoire.

Faut-il Refaire un Dosage de la TSH à Chaque Trimestre ?

En l’absence de facteur de risque, un seul dosage peut suffire. Mais si un déséquilibre est détecté ou si la patiente est déjà suivie pour un trouble de la thyroïde, un suivi à chaque trimestre est souvent recommandé. Au 2e trimestre, le taux de TSH peut remonter légèrement. La norme se situe souvent autour de 0,2 à 3,0 mUI/L. Au 3e trimestre, la thyroïde reste sollicitée, mais de manière plus stable. Le seuil de 3,5 mUI/L est en général retenu comme limite supérieure.

Ces chiffres restent indicatifs. Chaque grossesse est unique, et les seuils d’alerte peuvent varier d’un laboratoire à l’autre. Ce suivi progressif permet surtout de repérer toute variation significative, et d’adapter un éventuel traitement.

Que Penser du Levothyrox Pour une Hypo ou Hyperthyroïdie Chez la Femme Enceinte ?

Lorsqu’un trouble de la thyroïde est diagnostiqué pendant la grossesse, ou même avant la conception, un traitement peut être prescrit pour rétablir un équilibre hormonal. Dans la grande majorité des cas, le Levothyrox est utilisé. Ce médicament remplace ou complète les hormones thyroïdiennes, et permet de soutenir les besoins du fœtus et de la future maman tout au long de la grossesse.

Effets Positifs du Levothyrox

Le Levothyrox est une hormone de synthèse, équivalente à la T4 libre, naturellement produite par la thyroïde. Chez une femme enceinte atteinte d’hypothyroïdie, il permet de compenser un fonctionnement ralenti de la glande. Ce réajustement est essentiel pour maintenir un bon développement neurologique du bébé et éviter certaines complications comme un retard de croissance, une fausse couche, ou un accouchement prématuré. Il est parfois également utilisé dans certains cas d’hyperthyroïdie lorsqu’un traitement spécifique est nécessaire pour stabiliser la production hormonale. Le suivi des grossesses sous Levothyrox est bien connu des professionnels de santé et s’appuie sur des analyses régulières de la TSH et de la T4 libre, notamment à chaque trimestre de grossesse.

Précautions en Cas de Traitement au Long Cours

Les femmes déjà traitées avant la grossesse doivent en parler rapidement à leur médecin dès le début de grossesse. Dans de nombreux cas, une augmentation des doses est nécessaire pour répondre aux nouvelles demandes du corps. Il est donc recommandé de refaire une prise de sang dès le premier mois, puis à intervalles réguliers. Ce suivi permet d’éviter tout déséquilibre hormonal, source de risques pour la mère comme pour le bébé. Le bon ajustement du traitement est essentiel pour vivre une grossesse en toute sécurité. La carence en iode peut également être prise en compte dans certains cas, car elle peut influencer le bon fonctionnement de la thyroïde.

Surveillance Post-Partum et TSH

Après la naissance, les besoins hormonaux changent rapidement. Le traitement par Levothyrox peut être réduit, voire arrêté, selon le diagnostic initial. Une analyse sanguine post-partum est souvent prévue pour adapter les doses. C’est une étape importante, surtout si la femme allaite ou souhaite avoir un autre enfant. Un avis médical est indispensable pour chaque ajustement. Certains troubles peuvent réapparaître après l’accouchement, en particulier chez les femmes présentant une auto-immunité thyroïdienne. La surveillance médicale reste donc précieuse, même après la fin de la grossesse.

Tout Savoir sur la TSH Pendant la Grossesse

La grossesse bouleverse l’équilibre de tout l’organisme et la thyroïde n’y échappe pas. Qu’elle soit trop active ou un peu paresseuse, cette petite glande située à la base du cou joue un rôle très important dans le bon déroulement de ces neuf mois. Surveiller son taux de TSH à chaque trimestre de grossesse, c’est offrir au bébé les meilleures conditions de développement. Et quand un trouble est repéré, les traitements comme le Levothyrox permettent de rétablir l’équilibre et de rassurer. Grâce à un bon suivi médical, à une prise de sang régulière et à une écoute attentive de chaque femme enceinte, il est tout à fait possible de vivre sa grossesse sereinement.

Comprendre les Anticorps Anti-TPO

La découverte d’un taux élevé d’anticorps anti-TPO dans un bilan sanguin peut soulever des questions. Ce résultat indique une activité spécifique du système immunitaire envers la thyroïde. Comprendre la nature de ce marqueur, son rôle et ses implications est la première étape pour une gestion éclairée de sa santé.

Que Sont les Anticorps Anti-TPO ?

Les anticorps anti-TPO (anti-thyroperoxydase) sont des protéines produites par le système immunitaire. Normalement, les anticorps ciblent des agents pathogènes comme les virus ou les bactéries. Cependant, dans le cas des anticorps anti-TPO, ils ciblent la thyroperoxydase (TPO), une enzyme cruciale dans la production des hormones thyroïdiennes T3 et T4. La présence détectable d’anticorps anti-TPO signale donc une réaction auto-immune, où le système immunitaire identifie la TPO comme une menace et l’attaque. Ce ne sont pas les anticorps eux-mêmes qui causent directement des symptômes, mais leur présence indique un risque accru de développer une maladie thyroïdienne auto-immune.

Importance de l'Analyse des Anti-TPO

L’analyse de ce marqueur est fondamentale car il est le signe le plus précoce et le plus courant des maladies thyroïdiennes auto-immunes. Environ 10 à 15 % de la population générale présente des anticorps anti-TPO positifs, mais toutes ces personnes ne développeront pas une maladie thyroïdienne. Cependant, leur présence augmente significativement le risque de développer une hypothyroïdie au cours de la vie. Un diagnostic précoce permet une surveillance adaptée et une intervention rapide si la fonction thyroïdienne commence à décliner.

Implications Durant la Grossesse

Des niveaux élevés d’anticorps anti-TPO peuvent avoir des implications importantes durant la grossesse. Leur présence est associée à un risque plus élevé de complications obstétricales. C’est pourquoi ce dosage est souvent inclus dans les bilans de fertilité ou pré-conceptionnels. De plus, la recherche explore les liens entre les anticorps anti-TPO et d’autres maladies auto-immunes, comme le diabète de type 1 ou la maladie cœliaque.

Interprétation des Résultats

En général, une valeur est jugée normale lorsqu’elle est inférieure à 35 UI/ml, mais ce seuil peut varier légèrement entre les laboratoires. Un résultat est donc « positif » s’il dépasse cette limite de référence. L’ampleur du dépassement peut aussi avoir une signification clinique. Il est essentiel d’analyser ce résultat en lien avec d’autres marqueurs, principalement la TSH (Thormone Stimulant la Thyroïde) et les hormones T4 et T3.

Maladies Associées aux Anti-TPO Élevés

  • Thyroïdite de Hashimoto : C’est la pathologie la plus fréquemment liée à un taux élevé d’anticorps anti-TPO. Dans cette maladie, l’attaque immunitaire chronique provoque une inflammation et une destruction progressive de la thyroïde, conduisant souvent à une hypothyroïdie. Les symptômes incluent une fatigue intense, une sensibilité au froid, une prise de poids et une peau sèche.
  • Hypothyroïdie Subclinique : Ce terme désigne un stade précoce de dysfonctionnement, où la TSH est légèrement élevée, mais les hormones T3 et T4 restent dans les normes. La présence d’anticorps anti-TPO chez ces patients révèle la cause auto-immune sous-jacente.
  • Maladie de Basedow : Cette maladie provoque une hyperthyroïdie (surproduction d’hormones). Bien qu’elle soit principalement causée par un autre type d’anticorps (anti-récepteurs de la TSH), environ 50 à 70 % des patients présentent aussi des anticorps anti-TPO positifs, témoignant d’un terrain auto-immun global.
  • Thyroïdite Post-Partum : Environ 5 à 10 % des femmes connaissent une inflammation de la thyroïde après un accouchement. Un taux élevé d’anticorps anti-TPO avant ou pendant la grossesse est un facteur de risque majeur. Cette affection est souvent temporaire.

Grossesse et Anti-TPO Positifs

La présence d’anticorps anti-TPO est un élément important à considérer chez les femmes en âge de procréer ou enceintes. Il est tout à fait possible de mener une grossesse à terme avec des anticorps anti-TPO positifs, mais un suivi médical spécialisé est indispensable. Les médecins recommandent une surveillance étroite de la fonction thyroïdienne avant et pendant toute la grossesse.

Comment Gérer les Anti-TPO Élevés ?

Il n’existe pas de traitement médicamenteux direct pour éliminer les anticorps anti-TPO. Cependant, certaines approches peuvent aider à gérer l’inflammation et à soutenir la fonction thyroïdienne :

  • Alimentation Anti-Inflammatoire : Privilégier les fruits et légumes, les bonnes graisses (oméga-3) et limiter les aliments ultra-transformés et les sucres raffinés peut être bénéfique.
  • Sélénium : Des études suggèrent qu’un apport adéquat en sélénium peut contribuer à réduire le taux d’anticorps anti-TPO.
  • Vitamine D : Une carence en vitamine D est souvent observée dans les maladies auto-immunes.
  • Gestion du Stress : Le stress chronique est connu pour exacerber les réactions immunitaires.

Questions Fréquentes

  • Un taux élevé d’anti-TPO signifie-t-il que je vais forcément développer une maladie thyroïdienne ? Non, pas nécessairement, mais cela indique un risque accru.
  • Les anti-TPO peuvent-ils disparaître ? Dans de rares cas, oui, après une thyroïdite transitoire.
  • Quelle est la différence entre la maladie de Basedow et la thyroïdite de Hashimoto ? La distinction se fait principalement grâce au dosage de la TSH et des hormones. Dans la maladie de Basedow, la TSH est effondrée et les hormones T3/T4 sont élevées (hyperthyroïdie). À l’inverse, dans la thyroïdite de Hashimoto, la tendance est à l’hypothyroïdie (TSH élevée, T4 basse).
  • Certains médicaments peuvent-ils influencer le taux d’anti-TPO ? Oui, certains traitements peuvent déclencher ou aggraver une auto-immunité thyroïdienne, comme l’interféron ou certaines immunothérapies utilisées contre le cancer.

Dépistage et Prise en Charge des Dysthyroïdies en AMP

Les recommandations sont claires : un dépistage systématique des affections thyroïdiennes est indiqué chez toutes les femmes avant une procréation médicalement assistée. Ce dépistage repose en première intention sur un dosage de TSH. Si la TSH est supérieure à 2,5 mU/L, elle doit être contrôlée rapidement sur un 2e prélèvement. En cas de TSH confirmée > 2,5 mUI/L, un dosage de T4L est indiqué et doit être associé à un dosage des Ac anti-TPO. Si les Ac anti-TPO sont négatifs, il est recommandé de doser les Ac anti-thyroglobuline et d’effectuer une échographie thyroïdienne à la recherche d’une thyroïdite auto-immune.

L’indication d’un traitement par lévothyroxine chez les femmes bénéficiant d’une procréation médicalement assistée est fondée sur les recommandations de l’European Thyroid Association, les données individuelles de chaque patiente, l’étiologie de l’infertilité et l’histoire obstétricale. Un traitement par lévothyroxine est recommandé en cas d’hypothyroïdie clinique et dès que la TSH est supérieure à 4 mU/L, quelles que soient les concentrations sériques en Ac anti-TPO ou anti-Tg. Un traitement par lévothyroxine sera discuté au cas par cas si la TSH est comprise entre 2,5 et 4 mUI/L si la femme a plus de 35 ans et/ou qu’elle a des antécédents de fausses-couches à répétition ou d’infertilité ovarienne.

Surveillance et Ajustement du Traitement Pendant la Grossesse

Pendant la grossesse, la stimulation de la thyroïde est exacerbée dès les premières semaines et l'activité de la thyroïde augmente d'environ 50 % pour compenser les besoins et maintenir une euthyroïdie. En cas de pathologie thyroïdienne sous-jacente, cette compensation peut être insuffisante et justifie un ajustement du traitement substitutif. Par ailleurs, le fœtus est totalement dépendant des hormones thyroïdiennes maternelles pendant le premier trimestre de grossesse.

Il est crucial d'informer la patiente qu'il faudra augmenter les doses de LT4 de 20 à 30 % dès la connaissance d'une grossesse, ce qui correspond à la prise de 2 doses quotidiennes supplémentaires par semaine, en attendant d'avoir une nouvelle ordonnance adaptée. Pour répondre aux besoins hormonaux augmentés en cas de grossesse, l'objectif de TSH est plus bas qu'en population générale et doit se situer entre 0,4 mUI/L et 2,5 mUI/L.

La surveillance de la TSH est recommandée toutes les 4 à 6 semaines jusqu'à 22 SA, une fois entre 30 et 34 SA, puis en post-partum. Dans le cas où les anticorps anti-TPO sont positifs et où un traitement n'a pas été introduit, la même surveillance s'impose, quelle que soit la valeur initiale de TSH.

Hypothyroïdie et Fertilité

Le dépistage d'une hypothyroïdie est toujours recommandé en cas de troubles de la fertilité, d'antécédents de fausse couche et de recours à l'AMP. En cas de TSH comprise entre 4 et 10 mUI/L, renouveler le dosage à 4 semaines d'intervalle. Si elle reste élevée, doser la T4L. En cas de TSH > 10 mUI/L, doser la T4L d'emblée. En cas de TSH > 2,5 mUI/L confirmée par un 2e prélèvement, le dosage des Ac anti-TPO est recommandé.

En cas de TSH > 4 mUI/L confirmée : débuter rapidement la substitution. En cas de TSH comprise entre 2,5 mUI/L et 4 mUI/L : le traitement substitutif peut être envisagé en cas de parcours d'AMP, ou en cas de positivité des Ac anti-TPO associée à des antécédents de fausse couche. Il n'est pas indiqué dans les autres situations. En cas de traitement, l'objectif de TSH est plus bas qu'en population générale et doit se situer entre 0,4 mUI/L et 2,5 mUI/L.

Hyperthyroïdie Pendant la Grossesse

L’hyperthyroïdie peut se révéler en début de grossesse chez une patiente sans antécédents particuliers. Les causes sont généralement la thyrotoxicose gestationnelle transitoire et la maladie de Basedow. En cas de doute, le dosage des anticorps antirécepteurs de la TSH (anti-RTSH) confirme le diagnostic. La scintigraphie thyroïdienne est contre-indiquée. En cas d’hyperthyroïdie clinique durant la grossesse, des risques accrus de fausse couche, d’hypertension artérielle gravidique, de thyrotoxicose aiguë, d’insuffisance cardiaque sont notifiés pour la mère.

Le risque de dysthyroïdie fœtale et néonatale est lié au passage transplacentaire des anticorps anti-RTSH mais aussi des anti­thyroïdiens de synthèse (ATS). Le dosage des anticorps anti-RTSH doit être réalisé en début de grossesse, entre 18 et 22 semaines d’aménorrhée (SA), puis entre 30 et 34 SA. Lorsque leur concentration est supérieure à 5 UI/L, une surveillance rapprochée du fœtus par échographie est nécessaire.

Thyroïdite du Post-Partum

La thyroïdite du post-partum est une dysfonction thyroïdienne auto-immune qui survient durant la première année (vers le 6e mois en général) du post-partum chez des femmes euthyroïdiennes avant la grossesse. Les anticorps anti-­TPO sont souvent positifs. Dans son évolution classique, la thyroïdite du post-partum débute par une thyrotoxicose transitoire, suivie d’une hypothyroïdie (autour du 3e mois du post-partum) également transitoire, avec un retour à l’euthyroïdie à la fin de la première année du post-partum.

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