Une maladie est dite congénitale lorsqu'elle est présente dès la naissance, bien qu'elle puisse être parfois diagnostiquée plus tardivement. Les anomalies congénitales sont des pathologies présentes dès la naissance. Les anomalies congénitales concernent environ 3 % des naissances et sont la deuxième cause de mortalité infantile. À long terme, elles peuvent entraîner des conséquences pour le patient et sa famille. Cependant, il est souvent difficile de retrouver la cause d’une anomalie congénitale : dans plus de la moitié des cas, aucune cause connue n’a pu être identifiée. C’est pourquoi la surveillance des anomalies congénitales est essentielle.
Anomalies chromosomiques
Les anomalies chromosomiques constitutionnelles constituent une cause fréquente d'anomalie du développement embryo-fœtal. Les anomalies chromosomiques sont à l'origine d'environ 50 % des avortements spontanés survenant pendant le premier trimestre de la grossesse. Les anomalies chromosomiques sont présentes à la naissance chez environ un enfant sur 300.
Deux grands types d'anomalies chromosomiques peuvent être diagnostiqués : les anomalies de nombre des chromosomes et les anomalies de structure des chromosomes.
Anomalies de nombre des chromosomes
Le caryotype normal comporte 23 paires de chromosomes, soit 46 chromosomes. Ces anomalies (également appelées aneuploïdies) peuvent être homogènes (présentes dans toutes les cellules), ou en mosaïque (présentes dans une proportion variable de cellules). L'origine des anomalies homogènes se situe soit au moment de la méiose pendant le processus qui aboutit à la formation des cellules reproductrices soit lors des premières divisions mitotiques du zygote, (ovule) après la fécondation. Le facteur de risque prédominant des anomalies de disjonction chromosomique méiotique est l'âge maternel élevé.
L'on parle de trisomie en présence d'un chromosome supplémentaire, d'une monosomie en cas de perte d'un des deux chromosomes d'une paire chromosomique. Les trisomies les plus fréquentes à la naissance sont les trisomies 21, 18 et 13 et la trisomie 8 en mosaïque. Les trisomies des chromosomes sexuels sont très fréquentes et portent aussi bien sur l'X que sur l'Y : 47,XXX , 47,XXY , 47,XYY.
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Les monosomies autosomiques sont rarement observées à la naissance du fait, car probablement non viables avec un arrêt précoce de la grossesse. Concernant les chromosomes sexuels, la monosomie X est fréquente, responsable du syndrome de Turner.
Anomalies de structure des chromosomes
Elles résultent de la survenue de cassures chromosomiques suivies par un ou plusieurs recollements anormaux. Par définition les trisomies et les monosomies partielles résultent de remaniements de structure. Les anomalies de structure peuvent affecter un chromosome, ou plusieurs chromosomes (par exemple les translocations). Ces anomalies peuvent être équilibrées ou non équilibrées.
Les anomalies équilibrées n'entraînent pas de déséquilibre du matériel chromosomique et n'ont habituellement pas d'effet phénotypique, à l'exception de la situation au cours de laquelle la cassure en interrompant un gène entraîne une maladie génétique correspondante. Les anomalies équilibrées peuvent entraîner, lors de la méiose, la formation de gamètes déséquilibrés donnant des zygotes anormaux, ce qui se traduira par la survenue d'avortements ou par la naissance d'enfants porteurs d'anomalies congénitales.
Les anomalies non équilibrées peuvent survenir de novo c'est-à-dire de façon accidentelle (délétions, translocations non équilibrées de novo, etc.) ou être la conséquence d'un remaniement parental équilibré.
Maladies génétiques courantes
Les maladies génétiques résultent d'anomalies dans un ou plusieurs gènes ou chromosomes. Environ 6.000 sont recensées dans le monde, la plupart étant considérées comme rares. Cependant, certaines sont plus fréquentes que d'autres, notamment en France.
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Mucoviscidose
Liée à l'altération d'un gène localisé sur le chromosome 7, la mucoviscidose touche les voies digestives et respiratoires. Elle se caractérise par la production de sécrétions visqueuses au niveau de plusieurs organes. C’est la maladie génétique la plus fréquente dans les populations occidentales (1 nouveau-né sur 4000 environ). Les principaux symptômes sont des encombrements bronchiques, des infections respiratoires, des problèmes digestifs et une stérilité masculine. La mucoviscidose est une maladie autosomique récessive, c’est à dire transmise par les deux parents à la fois. Elle est causée par une mutation des deux copies du gène CFTR, situé sur le chromosome 7. Les parents d’un enfant atteint sont porteurs d’une seule mutation, sans conséquence pour leur propre santé. Cette maladie génétique concerne 1 naissance sur 4.500 environ en France, soit 200 naissances chaque année.
Drépanocytose
La drépanocytose est une maladie sanguine qui déforme les globules rouges en leur donnant une forme rigide et en faucille, ce qui entraîne des douleurs, des crises vaso-occlusives et des infections. Elle se caractérise par une anomalie de l’hémoglobine, contenue au sein des globules rouges, qui assure le transport de l’oxygène vers les tissus. Les globules rouges anormaux sont détruits en excès (leur nombre est alors réduit au sein de l’organisme), ce qui devient source d’anémie chronique (un appauvrissement du sang, provoquant un état de faiblesse). De plus, ils ont tendance à se fixer les uns aux autres et obstruer les vaisseaux sanguins. C'est la maladie génétique la plus fréquente au monde, avec la France en tête en Europe, avec 400 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. La drépanocytose est une maladie autosomique récessive : la personne n’est malade que si elle porte les deux copies mutées du gène HBB. Il se situe sur la paire de chromosomes 11 et est en charge de coder l’un des constituants de l’hémoglobine. affecte un sujet sur 500 dans la population des Antilles françaises.
Trisomie 21 (Syndrome de Down)
Chez les personnes atteintes de trisomie 21, aussi appelée syndrome de Down, le chromosome 21 est en trois exemplaires au lieu de deux, ce qui entraîne un déficit intellectuel et des particularités physiques. La trisomie 21 résulte d’une anomalie chromosomique provoquée par la présence d’un troisième exemplaire (complet ou partiel) du chromosome 21. Chaque année en France, environ 500 nouveau-nés naissent porteurs de la trisomie 21, ce qui représente en moyenne une naissance sur 2.000, en sachant que le risque augmente avec l'âge de la mère. La trisomie 21 est une anomalie chromosomique définie par la présence d'un chromosome 21 surnuméraire (trisomie 21 complète) ou de la présence d'un fragment de chromosome 21 surnuméraire (trisomie partielle). Le dépistage et le diagnostic prénatal chromosomiques ont entraîné dans les pays concernés, une diminution signification de l'incidence à la naissance.
Ce syndrome se caractérise par une déficience intellectuelle constante mais variable, le plus souvent légère à modérée, une hypotonie musculaire et une laxité articulaire fréquentes, des signes morphologiques caractéristiques. Un suivi médical doit être mis en place en raison de l'existence de malformations congénitales fréquemment associées (malformations cardiaques et digestives notamment) ou de complications : troubles sensoriels, épilepsie, leucémies, pathologies auto-immunes et endocriniennes, vieillissement prématuré tant sensoriel que neuro-cognitif (maladie d'Alzheimer). L'espérance de vie médiane est actuellement supérieure à 50 ans.
Le caryotype permet de poser le diagnostic, d'établir l'origine de l'anomalie (accidentelle en cas de trisomie libre avec trois chromosomes indépendants, possiblement héritée d'un parent porteur d'une translocation équilibrée en cas de trisomie par translocation) et ainsi de d'établir la probabilité de récidive pour les apparentés.
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La population de femmes qui résident et accouchent à Paris a la particularité d'être plus âgée que les femmes accouchant en France (34,5 % de femmes âgées de 35 ans ou plus à Paris, contre 19,5 % en France en 2011-2013). La fréquence de la trisomie augmentant avec l'âge maternel, il n'est donc pas surprenant que la prévalence de la trisomie 21 soit plus élevée à Paris que dans les autres régions.
Trisomie 18 (Syndrome d'Edwards)
La trisomie 18 est une anomalie chromosomique due à la présence d'un chromosome 18 supplémentaire. Elle est caractérisée par un retard de croissance, de malformations viscérales touchant tous les organes dont le cœur dans plus de 90 %, les membres (pieds bots, mains et doigts repliés et fixés), le tube neural (anencéphalie, spina bifida) le tube digestif, les reins, la face (fente labio-palatine). Plus de 95 % des fœtus atteints décèdent in utero. Hypotonie et difficultés de succion dans les premières semaines évoluent vers une hypertonie, avec quasi-absence de contact. Un retard psychomoteur sévère est constant.
La population de femmes qui résident et accouchent à Paris a la particularité d'être plus âgée que les femmes accouchant en France (34,5 % de femmes âgées de 35 ans ou plus à Paris, contre 19,5 % en France en 2011-2013). La fréquence de la trisomie augmentant avec l'âge maternel, il n'est donc pas surprenant que la prévalence de la trisomie 21 soit plus élevée à Paris que dans les autres régions.
Trisomie 13 (Syndrome de Patau)
La trisomie 13 est une anomalie chromosomique due à la présence d'un chromosome 13 supplémentaire. Elle est caractérisée par l'association de malformations cérébrales (holoprosencéphalie notamment), de dysmorphie faciale avec fréquence des fentes labio-palatines, d'anomalies oculaire (microphtalmie)s, de malformations des mains (polydactylie), de malformations viscérales (cardiopathie) et d'un retard psychomoteur très sévère. Plus de 95 % des fœtus atteints décèdent in utero. La présentation neurologique est sévère : hypotonie, hyporéactivité avec quasi-absence de contact. Les anomalies faciales sont variables. La moitié des enfants décèdent le premier mois et 90 % avant 1 an de complications cardiaques, rénales ou neurologiques.
La population de femmes qui résident et accouchent à Paris a la particularité d'être plus âgée que les femmes accouchant en France (35,4 % de femmes âgées de 35 ans ou plus à Paris, contre 19,3 % en France). La fréquence de la trisomie 13 augmentant avec l'âge maternel, il n'est donc pas surprenant que la prévalence de la trisomie 13 soit plus élevée à Paris que dans les autres régions.
Neurofibromatose de type 1
La neurofibromatose 1 (NF1), ou maladie de Von Recklinghausen, se manifeste par des taches sur la peau, de couleur café au lait, et des tumeurs bénignes situées le long des nerfs, appelés neurofibromes. Il existe différents types de neurofibromatose. Les manifestations cliniques sont très variables d’une personne à l’autre, même au sein d’une même famille. Les manifestations cutanées type « tache café-au-lait » (taches sombres sur la peau) sont les plus fréquentes. La neurofibromatose est une maladie autosomique dominante, ce qui signifie que même si un seul des deux allèles du gène est muté, la personne est malade. Le risque pour une personne de transmettre la maladie à son enfant est de 1 sur 2. La neurofibromatose de type 1 touche environ 1 personne sur 3.000 à 4.000.
Myopathie de Duchenne
La myopathie de Duchenne est une maladie neuromusculaire qui engendre un affaiblissement progressif de l’ensemble des muscles de l’organisme. Plus précisément, elle est liée à une anomalie génétique concernant le gène DMD, localisé sur le chromosome X. Les myopathies constituent un ensemble de maladies neuromusculaires dont la plus connue est la myopathie de Duchenne (1 nouveau-né de sexe masculin sur 3300). Les symptômes varient dans leurs manifestations et leur intensité en fonction du type de myopathie. Généralement, ces maladies se traduisent par une faiblesse musculaire généralisée. Chaque type de myopathie correspond à une protéine déficiente différente, jouant un rôle dans la fabrication et le fonctionnement des muscles ou dans la jonction entre muscles et nerfs. Il faut savoir que la myopathie de Duchenne concerne presque exclusivement les hommes. À la naissance, elle touche un garçon sur 3.500 chaque année en France. Les femmes ayant deux chromosomes X, elles peuvent ainsi «compenser» l'anomalie de l'autre chromosome X touché.
Hémophilie
L'hémophilie est une maladie génétique qui se traduit par l'incapacité du sang à coaguler correctement, et qui provoque ainsi des hémorragies spontanées ou prolongées. L’hémophilie touche essentiellement les garçons (environ 1/5 000). L’hémophilie est à l’origine de saignements spontanés ou consécutifs à des traumatismes, même mineurs. Le gène de l’hémophilie est situé sur le chromosome X, ce qui explique le mode de transmission : seuls les garçons sont touchés car ils ne possèdent qu’un seul chromosome X, les femmes porteuses de la mutation n’étant que conductrices. Dans la grande majorité des cas, cette pathologie touche les hommes. L'hémophilie A, le type le plus fréquent, touche 1 garçon sur 5.000 à la naissance. Pour l'hémophilie B, la fréquence à la naissance est de 1 garçon sur 30.000.
Syndrome de Turner
Le syndrome de Turner est une affection chromosomique liée à l'absence complète (monosomie X) ou partielle d'un chromosome X. L'origine en est accidentelle, liée à une non-disjonction des chromosomes sexuels lors de la méiose avec perte d'un chromosome X. Les formes partielles ou en mosaïque) peuvent avoir des conséquences plus modérées. Cette affection concerne un nouveau-né féminin sur 2500 : son incidence à la conception est beaucoup plus élevée mais de nombreuses conceptions 45,X conduisent à une fausse-couche au premier ou deuxième trimestre.
Les circonstances de diagnostic sont variables selon la période considérée :
- en prénatal, la mise en évidence d'une hyperclarté nucale dans le cadre du dépistage chromosomique au premier trimestre, et surtout d'un hygroma colli voire d'un œdème généralisé plus ou moins associé à des malformations cardiaques conduit à proposer un caryotype fœtal
- à la naissance, le diagnostic peut être proposé chez une petite fille présentant une petite taille, des œdèmes des mains et des pieds, ainsi que des malformations cardiaques et/ou rénales
- dans l'enfance, c'est le retard de croissance qui doit impérativement faire évoquer le diagnostic
- à l'adolescence ou chez l'adulte, le diagnostic sera évoqué en cas d'impubérisme ou d'infertilité chez une femme d'une petite taille.
Seules les formes à révélation prénatale et postnatales précoces pourront être recensées par les registres de malformations congénitales. La prise en charge concerne en particulier la mise en place d'un traitement substitutif hormonal (tant pour la taille que pour le développement sexuel), la surveillance et le traitement des malformations éventuels et des troubles sensoriels visuels et auditifs fréquemment rapportés.
Syndrome de Klinefelter
Le syndrome de Klinefelter regroupe un ensemble d'anomalies chromosomiques caractérisées chez l'humain par la présence d'au moins un chromosome sexuel X supplémentaire. L'origine en est accidentelle, liée à une non-disjonction des chromosomes sexuels lors de la méiose. Le facteur de risque essentiel de survenue est l'âge maternel avancé. La formule chromosomique est 47,XXY. Dans 10 % à 20 % des cas, ce chromosome X supplémentaire n'est pas présent dans toutes les cellules : il s'agit d'une mosaïque chromosomique 47,XXY/46,XY dont les conséquences peuvent être plus modérées. Ce syndrome concerne un individu de sexe masculin sur 600.
Ce syndrome est responsable d'un dysfonctionnement testiculaire responsable d'un défaut pubertaire et d'une infertilité fréquente. Le développement cognitif est superposable à celui de la population générale , des difficultés d'apprentissage légères et inconstantes (notamment retard d'acquisition du langage) sont parfois observées. Le développement physique est normalement masculin, en dehors d'un retard des signes pubertaires. Compte tenu de l'absence de malformation, le diagnostic est volontiers tardif, à l'adolescence ou à l'âge adulte. Son diagnostic en prénatal est ainsi fortuit, notamment dans le cadre du dépistage chromosomique. Le recensement via les registres de malformations congénital ne peut donc être prétendre à l'exhaustivité.
Dépistage et diagnostic prénatal
Le dépistage chromosomique prénatal est proposé à toutes les femmes enceintes quel que soit son âge et ses antécédents. Ce dépistage est actuellement basé sur l'étude combinée de marqueurs échographiques (mesure de l'épaisseur de la nuque fœtale) et marqueurs biologiques (dosage de plusieurs substances dans le sang maternel) au premier trimestre de grossesse.
Le diagnostic prénatal des anomalies chromosomiques est fondé sur l'analyse du caryotype fœtal. Il se fait toujours en accord avec les parents après une consultation médicale de conseil génétique. Un caryotype fœtal est proposé aux couples à risque élevé pour ces anomalies, que ce risque soit prévisible avant le début de la grossesse (antécédent familial d'anomalie chromosomique) ou imprévisible (dépistage chromosomique plaçant cette grossesse dans un groupe à risque, mise en évidence d'anomalies échographiques).
Pendant la grossesse, des anomalies fœtales peuvent être détectées. La surveillance d’une grossesse consiste en des examens cliniques, biologiques et échographiques pour s’assurer de la bonne tolérance de la mère et du bon développement du fœtus. Au cours des examens, il est possible de mettre en évidence des perturbations biologiques ou échographiques témoignant d’anomalies fœtales. Le dépistage d’anomalies fœtales est fonction des antécédents parentaux, de l’âge de la mère, des résultats biologiques et échographiques. Les différents types de dépistage d’anomalies anténatales reposent principalement sur des tests biologiques et échographiques, à la recherche de malformations ou de retentissement fœtal de pathologies maternelles. Ces examens sont également utiles pour la recherche d’infections transmissibles (rubéole, varicelle…) au fœtus en cours de grossesse. Les syndromes malformatifs peuvent être dépistés lors des échographies préconisées au cours de la grossesse. Trois échographies sont proposées aux 3ème, 5ème et 7ème mois.
Lorsque le test de dépistage place la mère dans un groupe à risque d’anomalies fœtales, un test diagnostic de certitude est proposé. Votre échographiste a suspecté ou diagnostiqué une malformation chez votre bébé. Cette annonce est toujours source de beaucoup d’angoisse et d’inquiétude : est-ce que c’est grave ? Il existe en France une cinquantaine de centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN), au moins un par région. Votre échographiste prendra rapidement un rendez-vous pour vous ou ira lui-même présenter le dossier dans un CPDPN. Les spécialistes feront le point sur la malformation ou la maladie du futur bébé. Selon les cas, il peut vous être conseillé d’accoucher dans une maternité qui sera en mesure de soigner ou d’opérer votre bébé dès sa naissance : c’est ce que l’on appelle “le transfert in utero”. Si l’intervention n’est pas urgente, vous pourrez accoucher dans la maternité de votre choix. Quelle que soit la pathologie, il est primordial que vous ayez un contact avec l’équipe pédiatrique et/ou chirurgicale avant la naissance. Cela vous permettra de poser toutes les questions que vous souhaitez. Chaque centre de diagnostic prénatal travaille avec son propre réseau constitué des équipes médicales les plus performantes dans telle ou telle spécialité. Un rendez-vous vous sera systématiquement proposé avec le psychologue ou le psychiatre de l’équipe. Plusieurs anomalies peuvent être associées et constituer ce que les médecins appellent un «syndrome polymalformatif». Cela peut être la conséquence d’une maladie génétique ou d’une maladie infectieuse contractée lors de la grossesse. Une prise en charge psychologique est toujours proposée aux familles subissant l’annonce d’anomalies fœtales.
Surveillance des anomalies congénitales en France
En France, la surveillance des anomalies congénitales repose essentiellement sur des registres qui assurent le recueil, l'enregistrement de cas et participent à l'analyse et l'étude de l'évolution des tendances des fréquences, à la détection et à l'investigation de cas survenus groupés (agrégats). En plus de ce suivi épidémiologique, les données produites par les registres sont utilisées pour vérifier des hypothèses ou encore pour mener des études étiologiques sur des effets tératogènes suspectés. Ainsi, l'association entre le valproate de sodium et la spina bifida a été mise en évidence par les travaux du registre Centre-Ouest (aujourd'hui scindé en deux registres : Auvergne et Rhône-Alpes).
La France compte actuellement six registres d'anomalies congénitales qui couvrent 19 % des naissances et les maternités de 19 départements.
Dans le cadre de la surveillance épidémiologique sont enregistrés par les registres les cas d'anomalies et malformations parmi les naissances vivantes, les mort-nés à partir de 22 semaines d'aménorrhée ou plus et les interruptions médicales de grossesse (IMG) quel qu'en soit le terme. Les anomalies et malformations sont recensées dans la population de mères domiciliées ou accouchant dans les zones couvertes selon le registre, qu'elles soient isolées ou associées, à caryotype normal ou anormal. Seules sont exclues les malformations mineures (ex.: naevus) et les anomalies métaboliques.
Dans le cadre de la coordination des registres français, il a été décidé de produire des indicateurs détaillés pour 21 anomalies congénitales. Celles-ci ont été retenues en raison de leur importance épidémiologique en termes de fréquence et de gravité.
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