La santé animale est un domaine complexe influencé par divers facteurs, incluant les infections parasitaires et bactériennes. Cet article explore les liens entre certaines maladies animales, notamment la gale, et le rôle du placenta dans la transmission de ces maladies, ainsi que les mesures de prévention possibles.

Transmission de Maladies via le Placenta

Le placenta joue un rôle crucial dans le développement du fœtus, assurant l'apport de nutriments et d'oxygène. Cependant, il peut également être une voie de transmission pour certains agents pathogènes de la mère au fœtus. La transmission de la vache à son veau à travers le placenta est quasi systématique si la mère est infectée par la néosporose. C’est le mode de transmission le plus fréquent.

La Brucellose Ovine et Caprine

La brucellose ovine et caprine, principalement causée par la bactérie Brucella melitensis, est une infection qui peut passer inaperçue. Elle est très similaire à l’infection bovine à B. abortus. Elle incube entre 2 semaines et 6 mois. L'avortement ne survient habituellement qu'une fois. Cependant, à chaque gestation, la bactérie envahit l’utérus et se trouve excrétée dans les fluides foeto-maternels. Ces avortements peuvent être suivis de métrites ou de rétentions placentaires. Lorsque la gestation est menée à terme, cette dernière aboutit à la naissance de jeunes faibles ou mort-nés. Chez le bouc, la bactérie se retrouve dans les testicules, et provoque une inflammation. L’excrétion de Brucella est également fréquente dans les sécrétions mammaires et dans le sperme.

L’infection est souvent liée à une exposition professionnelle : les vétérinaires, les personnels d'abattoir et les éleveurs qui manipulent les animaux infectés et les avortons ou placentas sont les plus à risque. Dépistage obligatoire, pris en charge par l’Etat (visite + prise de sang + analyse). Aucun traitement n’est disponible. La vaccination est interdite en France sauf dérogation dans certains départements. Une mesure de prévention essentielle est de ne pas laisser traîner et surtout de détruire les délivrances et les avortons.

La Néosporose

La néosporose est une autre maladie où la transmission placentaire joue un rôle majeur. La transmission de la vache à son veau à travers le placenta est quasi systématique si la mère est infectée. C’est le mode de transmission le plus fréquent. Le chien peut jouer un rôle de transmetteur s’il mange le placenta d’une vache atteinte après vêlage. Il excrète ensuite les parasites dans le milieu extérieur par ses déjections. Ces parasites ainsi rejetés (sous forme d’ookystes) sont très résistants dans le milieu extérieur. Une vache peut alors se contaminer en consommant de l’herbe, de l’ensilage ou de la paille souillés par ces spores.

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Gale et Autres Infections Cutanées

Il est crucial de distinguer la gale d'autres affections cutanées qui peuvent présenter des symptômes similaires.

La Gale

Différentes sortes de gales existent. La gale sarcoptique concerne la peau du chien et est fréquente chez les chiens vivant en collectivité ou encore chez les chiens de chasse, responsable de fortes démangeaisons avec parfois des lésions cutanées. La gale des oreilles (gale otodectique) quant à elle le conduit auditif.

La Dermatophilose

La dermatophilose, improprement appelée « gale de boue », car il ne s’agit pas d’une gale, est très fréquente en hiver lorsque les terrains sont humides. La dermatophilose atteint surtout le bas des membres, en particulier le creux des paturons, mais peut également affecter la ligne du dessus (dos et croupe) sur les chevaux vivant au pré. La région affectée est dépilée, enflammée (la peau apparaît rouge au niveau des balzanes), suintante, avec formation de croûtes, douloureuse, mais sans forcément de démangeaisons.

Les symptômes et le contexte environnemental sont assez caractéristiques. Toutefois la dermatophilose ne doit pas être confondue avec d’autres dermatoses :

  • La véritable gale du pied due à un acarien : Chorioptes equi, qui est plus rare.
  • La dermatose chronique des membres des chevaux de trait (« pattes à jus », « eaux aux jambes » et autres appellations locales…) : eczéma suintant indépendant de la présence de boue. Il existe une prédisposition génétique dans certaines races et certaines lignées.

Pour être efficace, le traitement doit tout d’abord supprimer la cause, c’est-à-dire l’humidité permanente sur le bas des membres (sur les chevaux atteints, ne surtout pas placer de bandes de repos après une douche). Ensuite on cherchera à éliminer la bactérie.

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  • Rentrer le cheval au box s’il est en permanence au pré.
  • Tondre le bas des membres pour empêcher les poils de maintenir l’humidité.
  • Après le travail, nettoyer soigneusement les régions atteintes à l’aide d’un savon antiseptique, rincer puis sécher parfaitement (avec un sèche cheveux) et recouvrir d’une pommade grasse antiseptique (vaseline soufrée ou autres préparations commerciales).
  • Protéger le pli du paturon de l’humidité pendant le travail, en le recouvrant de vaseline soufrée par exemple.

En plus de ce traitement local indispensable, un traitement par voie générale, à base d’antibiotiques, peut parfois s’avérer nécessaire.

Autres Parasites et Infections

Parasites Internes

Il existe deux sortes de parasites internes chez les animaux : les vers ronds et les vers plats. L'infestation est essentiellement due à des vers digestifs qui colonisent le tube digestif du chien. mais les vers peuvent aussi se loger dans d'autres organes tels que le cœur, les poumons, l'œsophage. Ils sont également appelés nématodes. Les plus fréquemment observés chez le chien sont les Ascaris, mais également d'autres vers : trichures, ankylostomes, oxyures. Ils sont également baptisés cestodes, de plusieurs formes : dipylidium caninum ou différentes espèces de ténia ou ver solitaire. Comme leur nom l'indique, ces vers sont de forme aplatie et s'apparentent à des grains de riz lorsqu' ils sont éliminés dans les selles du chien.

La dirofilariose ou maladie des vers du coeur est une maladie parasitaire secondaire à la présence d'un nématode filaire nommé Dirofilaria Immitis. Celui-ci se loge dans le coeur et les artères pulmonaires du chien. La maladie est transmise suite à une piqûre de moustique lui-même porteur. Les larves s'engagent alors dans le sang.

Les parasites internes du chien sont partout dans l’environnement : aussi bien à la campagne qu’en ville dans les jardins, les parcs, sur les trottoirs. Le risque pour un chien d’être infesté par des vers dépend de son mode de vie. Tout d'abord, le chiot peut être contaminé par le placenta ou le lait maternel. Ensuite, et ce quel que soit son âge, l'animal peut se contaminer en ingérant des œufs éliminés dans les selles et donc présents dans l’environnement. Certains sont particulièrement résistants dans le milieu extérieur. Certains vers sont visibles à l’œil nu, dans les selles, les matières fécales du chien. Mais ce n'est pas le le cas de tous les parasites internes.

Leptospirose

La leptospirose est une maladie infectieuse, de gravité variable, due à des bactéries. C’est une zoonose, maladie commune aux humains et aux mammifères. Les ragondins et les rats comptent parmi les principaux réservoirs du pathogène (15 000 à 20 000 ragondins sont piégés chaque année dans le Morbihan). Ces animaux excrètent les bactéries via leur urine, contaminent le sol et les eaux et peuvent infecter les vaches, les chevaux ou les porcs qui s’abreuvent.

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Ehrlichiose

L’ehrlichiose, maladie bactérienne, ne se transmet probablement pas par les chevreuils. Les hôtes sauvages de la maladie sont essentiellement des rongeurs.

Toxoplasmose

L‘émission d’oeufs dans les selles débute 6 à 20 jours après l’ingestion par le chat d’oeufs (déposés sur le sol ou des végétaux : herbe…) ou de larves présentes dans les muscles de ses proies (souris, campagnol… ou viande crue de son repas). Les oeufs restent présents dans les selles du chat pendant une quinzaine de jours, avant d’être à nouveau présents en cas de baisse des défenses immunitaires du chat (nouvelle infection parasitaire, infection virale…). Une cuisson assez poussée de tous les aliments d’origine animale (en particulier les viandes de porc et de mouton) peut assurer la destruction des formes parasitaires éventuellement présentes : en France, où l’on apprécie particulièrement la viande saignante, les sérologies humaines vis à vis de la toxoplasmose sont beaucoup plus souvent positives qu’en Grande Bretagne, qui proportionnellement compte beaucoup plus de chats.

Importance de l'Hygiène et de la Prévention

La prévention des maladies animales, qu'elles soient parasitaires ou infectieuses, repose sur plusieurs piliers :

  1. Hygiène rigoureuse : Nettoyer et désinfecter régulièrement les locaux d'élevage, les équipements et le matériel.
  2. Gestion des déchets : Éliminer correctement les placentas, les avortons et les cadavres d'animaux pour éviter la propagation des agents pathogènes. De ne pas laisser traîner et surtout de détruire les délivrances et les avortons.
  3. Contrôle des parasites : Mettre en place des programmes de lutte contre les parasites externes et internes, adaptés aux espèces animales concernées.
  4. Alimentation saine : Fournir une alimentation équilibrée et de qualité pour renforcer le système immunitaire des animaux. Une cuisson assez poussée de tous les aliments d’origine animale (en particulier les viandes de porc et de mouton) peut assurer la destruction des formes parasitaires éventuellement présentes.
  5. Surveillance sanitaire : Effectuer régulièrement des examens cliniques et des analyses de laboratoire pour détecter précocement les maladies et mettre en œuvre les mesures de contrôle appropriées. Dépistage obligatoire, pris en charge par l’Etat (visite + prise de sang + analyse).
  6. Vaccination : Utiliser les vaccins disponibles pour protéger les animaux contre certaines maladies infectieuses. La vaccination est interdite en France sauf dérogation dans certains départements.

L'Agnelage : un Moment Clé

L’agnelage : La production d’une brebis se joue souvent dans ces quelques heures, avec des risques pour l’agneau mais aussi pour la mère. Chez la brebis, la gestation dure de 144 à 151 jours, avec une moyenne de 147 jours. Environ dix jours avant l’agnelage, les mamelles de la brebis sont dures au toucher et gorgées de colostrum. Les lèvres de la vulve se relâchent progressivement et se congestionnent légèrement. Quand les contractions utérines commencent, un mucus blanc crème épais (reste du bouchon cervical) est évacué par la vulve. C’est un signe qui passe souvent inaperçu. Les contractions continues de l’utérus poussent la première membrane fœtale dans le col de l’utérus, ce qui a pour effet de stimuler la dilatation. Pour finir, le diamètre du col sera pratiquement égal à celui de la filière pelvienne. A ce stade, la brebis devient agitée, se met à l’écart, elle se couche et se relève, fouette de la queue, bêle fréquemment et a parfois des efforts expulsifs.

A mesure que les contractions utérines s’intensifient et se rapprochent, l’agneau et les membranes fœtales sont poussées à travers le col de l’utérus. La première membrane crève et libère un liquide aqueux qui s’écoule par la vulve. Lorsque la brebis continue ses efforts d’expulsion, la deuxième membrane sort (on peut souvent apercevoir les sabots et le museau de l’agneau à l’intérieur) et se rompt à son tour, libérant un liquide de consistance plus épaisse. Le liquide amniotique a une odeur attractive pour la brebis et c’est un moyen pour elle de reconnaitre son agneau après la mise-bas. La rupture des membranes contribue à lubrifier le canal génital et à faciliter le passage du fœtus.

La brebis continue ses efforts d’expulsion et pousse progressivement l’agneau, pattes antérieures en premier, suivies de la tête. Une fois ce passage franchi, la mise-bas définitive ne tarde pas à se produire. Dans le cas d’une gestation simple, la mise-bas doit être achevée une heure ou moins après la rupture de la première membrane fœtale. Le placenta est expulsé deux à trois heures après. La plupart des brebis mettent bas sans aide et environ 95 % des agneaux naissent en se présentant normalement, c’est-à-dire les pattes antérieures en premier.

Pour les agnelages, préparez une trousse d’agnelage : gants, savon, gel obstétrical, lacs d’agnelage, produit désinfectant pour les nombrils. Pensez à avoir sous la main du colostrum et un lait premier âge. Le colostrum, qui peut être de brebis ou de vache, est gardé congelé en unités de 250 à 500 ml. L’hygiène est importante pour prévenir l’infection de l’utérus. On lave la région autour de la vulve avec du savon pour enlever toute trace d’excréments et autres souillures. On utilise des gants ou on se lave les mains et les bras avec du savon et on lubrifie avec du gel obstétrical. On glisse la main doucement dans le vagin pour palper l’agneau et pour évaluer la situation.

A la naissance, l’agneau, en présentation normale, a une position dorso-sacrée et sa tête est entre les pattes antérieures qui pointent vers le col de l’utérus, lequel est encore fermé par le bouchon muqueux. L’agneau est enveloppé dans deux « sacs » remplis de liquides, le chorion et l’allantoïde. Ces deux membranes fœtales font office de « coussins » qui amortissent les chocs et protègent le fœtus en développement. Elles font partie du placenta. Le placenta adhère à la paroi utérine par quatre-vingt petites « attaches », les cotylédons. C’est par l’intermédiaire des cotylédons et du placenta que l’agneau en développement reçoit ses nutriments du sang maternel.

Dans la plupart des cas, l’agneau se présente normalement et on peut sentir les deux pattes avant qui encadrent la tête. On passe un lac d’agnelage autour de chaque patte, au-dessus du boulet, on exerce une traction douce en synchronisant avec les efforts expulsifs de la brebis. Si la tête ne suit pas, on passe également un lac au niveau de la nuque. On dilate le col de l’utérus et la vulve avec la main afin de faciliter le passage. Si rien ne bouge, l’agneau est peut-être trop gros et il faut envisager une césarienne. Parfois, la présentation est anormale : une ou deux pattes avant sont repliées, la tête est renversée sur le côté, les pattes arrière se présentent en premier ou il y a présentation par le siège et on ne peut palper que la queue et la croupe. II faut rectifier la position avant d’essayer d’extraire l’agneau. Là aussi, les manœuvres doivent rester douces en prenant soin de ne pas perforer l’utérus en manipulant les pattes. En cas de naissances multiples, deux agneaux peuvent se présenter avec les pattes emmêlées. On doit vérifier que les pattes et la tête appartiennent au même agneau avant d’essayer toute manœuvre obstétricale. (Source INRAP)

Les difficultés d’agnelage peuvent résulter d’excès de taille du ou des fœtus par rapport à l’importance de la filière pelvienne chez la mère ou de positions ou de présentations anormales. On vérifie que l’agneau respire, que ses narines ne sont pas encombrées de mucus et ne sont pas couvertes d’une membrane utérine. S’il a du mal à démarrer, on peut le pendre quelques secondes par les postérieurs ou lui verser de l’eau dans les oreilles. La brebis se met en général à lécher l’agneau, comportement naturel qu’il ne faut pas contrarier. L’agneau en bonne santé cherche très vite à se tenir sur ses pattes après la naissance et commence à téter sa mère. Par contre, si l’agneau est affaibli à cause d’une mise-bas trop longue, il faut l’aider à téter ou lui donner 250 ml de colostrum. Cette première tétée est cruciale car le colostrum contient les anticorps qui immuniseront l’agneau immédiatement contre les agents infectieux communs dans le troupeau. Tous les agneaux doivent téter ou recevoir du colostrum dans les six heures qui suivent la naissance. Pendant les 24 premières heures de sa vie, chaque agneau doit ingérer environ un litre de colostrum. Il faudra bien vérifier que la brebis a du lait dans les 2 mamelles, surtout si elle a des jumeaux.

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