L'arrivée du printemps, bien qu'appréciée par beaucoup, est redoutée par les personnes allergiques au pollen. L'ouverture des fleurs et la circulation du pollen dans l'air marquent le début des symptômes allergiques : éternuements, nez qui coule, démangeaisons et yeux qui pleurent. Chez la femme enceinte, l'allergie au pollen peut évoluer de manière imprévisible, s'améliorant ou s'aggravant. Bien que certaines options de traitement soient limitées pendant cette période, il existe des solutions pour gérer et soulager une allergie au pollen en toute sécurité.

Risques d'une allergie au pollen pendant la grossesse

En général, une allergie au pollen pendant la grossesse provoque les mêmes symptômes que chez une personne non enceinte. Cependant, les hormones de la grossesse peuvent jouer un rôle, favorisant la production de mucus. Ainsi, l'allergie peut évoluer en s'aggravant ou, au contraire, en s'atténuant, en fonction de l'intensité des changements hormonaux.

Les principaux risques des symptômes allergiques au pollen pendant la grossesse sont les crises d'asthme qu'ils peuvent provoquer. Dans les cas de crises intenses, l'oxygénation du bébé et de la mère peut être impactée. Il est important de noter que l'allergie au pollen ne peut pas être transmise au bébé par génétique. Cependant, si vous souffrez d'allergies, quel que soit leur type, le risque que l'enfant en développe également dans le futur sera plus élevé.

Précautions pour éviter les crises d'allergie au pollen pendant la grossesse

Que vous soyez enceinte ou non, il existe des astuces pour éviter les crises d'allergies au pollen et ainsi diminuer les symptômes. La façon la plus simple d'écarter les crises est de ne pas s'exposer : limitez les sorties dans les espaces arborés en vous renseignant en amont sur les sites spécialisés comme pollens.fr pour connaitre le risque.

En plus de ces mesures, il est conseillé de porter un masque et/ou des lunettes spéciales lorsque vous vous promenez en plein air pendant la période de floraison pour filtrer au maximum les pollens. Il est également recommandé d'éviter de circuler sur les grands axes embouteillés au moment des pics de pollution et de ne pas faire sécher son linge au-dehors afin de le protéger des pollens. Chaque jour, il est conseillé d'aérer son habitation, au moins 15 à 20 minutes, pour renouveler l'air intérieur.

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Traitements contre les allergies au pollen pendant la grossesse

Pendant la grossesse, la prise de certains médicaments peut être déconseillée et inquiète parfois les futures mamans. Cependant, les médicaments anti-allergiques ne présentent pas de risque pour la grossesse, et d'autres traitements peuvent aider à lutter contre les symptômes du pollen.

Antihistaminiques

L'antihistaminique est le médicament le plus prescrit et utilisé contre les allergies. Il est autorisé pour les femmes enceintes à condition de respecter la posologie quotidienne et permet de lutter efficacement contre les symptômes. La cétirizine est une molécule autorisée pendant la grossesse quel que soit le terme et pendant l’allaitement. Elle ne présente aucun risque, ni pour la mère, ni pour l’enfant à naître. En revanche, les médicaments dits vasoconstricteurs qui décongestionnent le nez en diminuant le gonflement de la muqueuse nasale sont contre-indiqués pendant la grossesse. En effet, ils peuvent provoquer une constriction, c'est-à-dire un rétrécissement, des vaisseaux qui irriguent le placenta.

Collyres antiallergiques

Si vous souffrez de symptômes qui touchent les yeux, provoquant une conjonctivite allergique, les collyres antiallergiques sont la solution. Ces gouttes sont à appliquer dans les yeux dès l’apparition des symptômes (larmoiement, picotements, rougeurs, démangeaisons…) et aident à les contrer.

Corticoïdes

Seulement en cas de cas graves et symptômes sévères, des corticoïdes peuvent être prescrits par le médecin pour traiter l’allergie, et ne présentent aucun risque pour la femme enceinte. En première intention, chez la femme enceinte, on opte pour un traitement local par spray nasal à base de corticoïdes ou d’une association corticoïde et antihistaminique. Les voies nasales et inhalées n’ont pas montré d’effet délétère en cours de grossesse.

Désensibilisation

Cette méthode pour devenir tolérant à l’allergie au pollen ne peut pas être débutée pendant la grossesse, mais le traitement peut être poursuivi durant s’il a été commencé en amont. Les doses d’allergènes ne seront simplement plus augmentées. Vous pouvez également vous faire désensibiliser au pollen après la grossesse, même en cas d’allaitement.

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Autres traitements et remèdes

En plus des traitements médicamenteux, d'autres mesures peuvent aider à soulager les symptômes de l'allergie au pollen pendant la grossesse. Le lavage nasal avec du sérum physiologique, recommandé plusieurs fois par jour, permet de nettoyer les fosses nasales et d'éliminer les allergènes.

D'autres conseils incluent :

  • Porter des lunettes de soleil enveloppantes pour protéger les yeux du pollen.
  • Rester à l'intérieur lorsque cela est possible, surtout pendant les pics de pollen.
  • Garder les fenêtres et les portes fermées pour empêcher le pollen de pénétrer dans la maison.
  • Prendre une douche et rincer vos cheveux tous les soirs pour éliminer le pollen accumulé pendant la journée.
  • Aérer quotidiennement votre maison, de préférence lorsqu'il n'y a pas de vent.

Homéopathie

L’homéopathie offre plusieurs solutions pour prévenir ou diminuer les symptômes liés aux allergies qui ont l’avantage d’être sans effets secondaires ni contre-indications. Parmi les traitements recommandés par les médecins homéopathes, on retrouve celui-ci : Pollens 30 CH (5 granules le soir) et Poumon histamine 7CH (5 granules le matin) deux mois avant le début de la saison pollinique et jusqu’à la fin. Il est toutefois important de noter que le traitement homéopathique ne doit pas se faire au détriment du suivi classique, en particulier en cas d’asthme.

Allergie et asthme : une attention particulière

Une crise d'asthme non contrôlée crée une inflammation au niveau des bronches, une difficulté à respirer et peut mener à une hypoxie, une diminution de la concentration d'oxygène dans le sang. L'hypoxie présente un risque avéré pour le fœtus. Si le recours à la Ventoline est quotidien, il faut consulter son médecin traitant ou un spécialiste pour mettre en place un traitement de fond par association à dose fixe de corticoïde inhalé et bronchodilatateur à longue durée d'action. Si vous êtes déjà traitée avec ce médicament, il faut poursuivre votre traitement à base de corticoïdes inhalés et de bronchodilatateurs, si vous apprenez que vous êtes enceinte.

Quand consulter un médecin ?

Demandez toujours conseil à votre médecin ou allergologue en cas de symptômes aggravants ou avant d'interrompre / commencer un quelconque traitement contre l'allergie au pollen. Il est indispensable de consulter son médecin traitant au moindre doute, si les symptômes sont inhabituels ou ne répondent pas au traitement. Une téléconsultation peut suffire.

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