L'allergie à l'œuf est l'une des allergies alimentaires les plus courantes chez les jeunes enfants, touchant environ 2 % d'entre eux. Chez l'enfant, l'œuf est la deuxième cause d'allergie alimentaire après l'allergie aux protéines du lait de vache. Cette allergie survient souvent dès le plus jeune âge et peut présenter des symptômes variés, parfois graves. Il est crucial de bien comprendre cette condition pour assurer la sécurité et le bien-être de votre enfant.
Prévalence et importance de l'allergie à l'œuf
L’allergie à l’œuf fait partie des allergies alimentaires les plus fréquentes chez les petits. L’œuf de poule appartient aux 4 allergènes principaux chez l'enfant (avec le lait de vache, les fruits à coque et l'arachide). En France, les allergies alimentaires concernent entre 4 et 8 % des nourrissons et entre 6 et 8 % des enfants de moins de 12 ans. Le nombre de cas d'allergie chez les enfants a doublé ces cinq dernières années. Il est donc essentiel de connaître les causes, les symptômes et les traitements de cette allergie.
Causes de l'allergie à l'œuf
L'allergie aux œufs provient d'une réaction anormale du système immunitaire face aux protéines de l'œuf. Chez la personne allergique, l’absorption de l’aliment va créer une réaction exagérée par rapport à un sujet sain. Les protéines de l'œuf sont multiples, notamment l'albumine, qui peut en être la cause.
Protéines allergéniques
L’allergie à l’œuf est principalement liée à des protéines présentes dans le blanc d’œuf, notamment l’ovomucoïde et l’ovalbumine, qui sont les principaux allergènes. L'enfant peut être allergique à un ou plusieurs allergènes, l’œuf en contenant pas moins de 6 : 4 allergènes présents dans le blanc de l’œuf (dont 3 sont thermosensibles) et 2 allergènes dans le jaune. Le principal allergène, le plus virulent, est l'ovomucoïde.
Allergie croisée et types d'œufs
Bien que le jaune d’œuf contienne des protéines moins allergéniques, il peut aussi contenir des traces de blanc, tout comme le blanc peut contenir des traces de jaune. Cela signifie que même en évitant une partie de l’œuf dans le régime alimentaire, le risque de réaction allergique subsiste. Par ailleurs, bien que l’œuf de poule soit le plus souvent en cause, une allergie aux œufs concerne tous les types d’œufs (œufs de poules, de cailles, de canards, etc.). Il existe une réaction croisée œuf/oiseau.
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Symptômes de l'allergie à l'œuf
Les symptômes d’une allergie aux œufs varient en fonction de la sensibilité de l’enfant et de la quantité d’œufs consommés. Les symptômes peuvent se manifester après quelques minutes ou jusqu’à 72h après l’ingestion de l’aliment contenant de l’œuf. Ils peuvent évoluer et disparaître avec l’âge. Il est possible de déclencher une réaction allergique par simple contact avec la peau ou une muqueuse avec des protéines d’œuf.
Manifestations cutanées
La plupart des allergies aux œufs ou aux œufs crus se manifestent au niveau de la peau, par des éruptions cutanées (eczéma, urticaires) ou des rougeurs. Eczéma, gonflements… La réaction allergique aux œufs peut se manifester de bien des manières chez les bébés et enfants.
Troubles digestifs
Les troubles du système digestif et le reflux gastro-œsophagien causés par l’allergie alimentaire vont créer chez l’enfant de nombreuses manifestations : pleurs très fréquents et insistants, irritabilité, tortillements, réveils nocturnes, demande constante de téter (notamment pour soulager une œsophagite). Syndrome d’entérocolite aux protéines alimentaires (SEIPA). Syndrome se traduisant, sous sa forme sévère, par de forts vomissements, un état léthargique et une pâleur du visage survenant entre 1 et 4 heures après l’ingestion.
Symptômes respiratoires
Les symptômes de l'allergie peuvent être cutanés, digestifs mais aussi respiratoires : "il peut y avoir des éruptions cutanées comme de l'eczéma ou de l'urticaire. Cela peut aussi par des symptômes grippaux comme le nez qui coule ou encore des éternuements. Au niveau des manifestations digestives, les diarrhées, vomissements et douleurs abdominales peuvent être de la partie. Quant aux symptômes de l'allergie respiratoires, ce sont les plus graves.
Anaphylaxie
Dans les cas les plus graves, une anaphylaxie peut survenir, mettant en danger la vie de l’enfant. Pouvant être mortel, le choc anaphylactique constitue une urgence absolue. On observe parfois une perte de conscience et un coma (choc anaphylactique). Dans les formes les plus sévères (œdème de Quincke), l’œdème de la gorge peut bloquer la respiration et mettre la vie en danger. En cas de réaction violente (comme le choc anaphylactique), mieux vaut appeler le 15. Dans la majorité des cas, il s'en suivra une hospitalisation ensuite d'au moins 7 heures pour surveillance.
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Diagnostic de l'allergie à l'œuf
Si votre bébé présente des symptômes d'une allergie à l'œuf, il est crucial de consulter rapidement un médecin ou un pédiatre. Le diagnostic de l'allergie à l'œuf est comparable à celui de l'allergie au lait.
Examen clinique et tests de dépistage
Dans un premier temps, le médecin effectuera un examen clinique de l’enfant (si vous le consultez après l’apparition de symptômes évoquant une allergie alimentaire). Dans un second temps, le pédiatre va prescrire à votre enfant des tests de dépistage.
Prick Test
Un test cutané, appelé couramment « Prick Test », est réalisé par un allergologue : un allergène est alors déposé sur la peau sous forme liquide. Après 10 à 20 minutes d’observation, l’allergie est constatée si surviennent un bouton d’allergie, une rougeur localisée, un gonflement et/ou des démangeaisons. Les tests cutanés peuvent être effectués dès les premières semaines de la vie.
Patch Test
Un patch test (test épicutané) peut être effectué pour diagnostiquer une allergie alimentaire à réaction non immédiate. Il s’agit de déposer sur le dos du patient des petites doses d’allergène durant 48 heures. En cas de réactions allergiques, un érythème simple ou accompagné de vésicules et de bulles apparaît au bout de 24 heures sur la peau du sujet.
Prise de sang
Une prise de sang peut aussi être effectuée, un dosage IgE spécifique (immunoglobulines type E). Elle permettra de préciser à quel allergène l’enfant est réactif et ainsi l'allergologue pourra déterminer si l'enfant pourra manger de l’œuf cuit et/ou de l’œuf cru. L’allergologue suivra l’évolution des taux d’anticorps au fil du temps : une diminution progressive d’IgE spécifiques du blanc d’œuf et de l’ovomucoïde montrera ainsi l’acquisition d’une tolérance.
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Tests de provocation orale
Des tests de provocation orale sont pratiqués dans certaines situations.
Bilan allergologique
Il est recommandé d'effectuer un bilan allergologique chez un médecin allergologue avant de se lancer dans un régime d'éviction, notamment pour savoir s'il s'agit d'une allergie à l'œuf cuit ou cru, blanc ou jaune.
Traitement de l'allergie à l'œuf
Il n’y a pas de remède pour une allergie aux œufs. Le seul traitement reste l’éviction complète des produits contenant de l’œuf cuit ou cru : produits alimentaires ou cosmétiques.
Régime d'éviction
Pour la plupart des allergènes, l’allergologue va prescrire un régime d’éviction totale (l’aliment est tout simplement retiré de l’alimentation de bébé). Dès lors que le diagnostic de l'allergie aux œufs est posé, le médecin allergologue va préconiser une éviction totale de l'allergène coupable. Après un bilan allergologique, on pourra essayer de réintroduire progressivement l'œuf dans son régime alimentaire pour augmenter sa tolérance.
Médicaments
En plus du régime d’éviction, la prise d’antihistaminiques ou de corticoïdes est souvent recommandée pour traiter certains symptômes de l’allergie, notamment l’urticaire ou l’eczéma. Par ailleurs, un choc anaphylactique doit obligatoirement être traité par injection intramusculaire d’adrénaline. Un médecin peut également prescrire un kit d’urgence comprenant un injecteur d’adrénaline, à fournir à l’assistante maternelle ou à la crèche dans le cadre d’un Projet d’Accueil Individualisé (PAI), afin de pouvoir réagir immédiatement en cas de réaction allergique grave.
Désensibilisation
Cependant, dans certains cas, une désensibilisation peut être envisagée sous supervision médicale. La réintroduction de l’aliment sera alors débutée avec de l’œuf cuit. Votre allergologue vous accompagnera dans cette étape.
Allergie à l'œuf et alimentation au quotidien
Évitez de manger un œuf au plat ou à la coque quand on est allergique n’est pas très compliqué. Le problème ? Les mélanges de viandes : les charcuteries, les terrines, les boudins, les farces, les quenelles, les hamburgers, les saucisses à hot-dog, les boulettes de viande… De manière plus surprenante, l’œuf peut aussi être présent dans certains shampooings ou savons. Lisez bien les étiquettes. Quand une allergie à l’œuf est avérée, il est indispensable de toujours demander conseil à son pharmacien et à son médecin. On retrouve en effet de l’œuf dans des médicaments. Repérez notamment la substance lysozyme (Lysopaïne, Cantalène…).
Lecture des étiquettes
L’œuf fait partie des 14 allergènes à étiquetage obligatoire sur les produits pré-emballés et vendus en vrac. Depuis 2010, il a été prouvé qu'il est possible d'effectuer les vaccins ROR, Priorix sur un enfant allergique à l'œuf sauf en cas d'antécédents au choc anaphylactique. Il est important de bien apprendre à lire les étiquettes pour vérifier les compositions. Les mots contenant « ovo » ou « albumine » indiquent que l’aliment comporte des œufs. Pour les repas pris à l’extérieur ou lors de l’achat de pain ou de pâtisseries, demandez si des œufs ont été utilisés.
Aliments à éviter
Les œufs sont largement utilisés dans de nombreux produits alimentaires. Petits plats contenant des pâtes. Mais attention, les œufs peuvent également être présents sous forme d’ingrédients cachés tels que les émulsifiants, additifs, sous des termes comme albumine, albumen ou encore conalbumine.
Substituts d'œufs
Il existe des substituts d'œufs sous forme de poudre à base d'amidon de maïs et de graines de lin.
Recommandations
Afin de bien choisir des produits adaptés si votre bébé est allergique, il est primordial de lire attentivement l’étiquette de chaque produit alimentaire avant de l’acheter et de les lui proposer. Orientez-vous vers des produits prêts à consommer qui soient spécifiquement développés pour bébé (label destiné à l’alimentation du tout-petit) en choisissant ceux qui sont sans œufs. Pour cela, vérifiez systématiquement avant de lui donner la recette qu’il n’y a pas d’œuf ou de trace d’œuf dans la liste d’ingrédients.
Évolution de l'allergie à l'œuf
L’allergie à l’œuf ou à l’œuf cru évolue : 50% des allergiques sont guéris vers 3 ans et jusqu’à 66% à 5 ans. La recherche médicale estime que ces allergies disparaissent dans 80 à 90 % des cas avant l’âge de 2 ans. Bonne nouvelle : dans le cas d’une allergie alimentaire IgE-médiée à l’œuf (forme la plus fréquente), environ 2/3 des enfants ne sont plus allergiques à l’âge de 6 ans.
Prévention de l'allergie à l'œuf
Aucune méthode de prévention des allergies alimentaires ne fait aujourd’hui consensus auprès de la communauté scientifique. Plusieurs études récentes ont toutefois fait évoluer les pratiques des allergologues et des professionnels de santé. Ces études ont en effet pu démontrer que l’introduction précoce des aliments lors de la diversification alimentaire (en particulier des aliments à risque) réduisait les réactions allergiques chez le jeune enfant. Il est par exemple désormais conseillé de faire goûter du poisson à l’enfant dès l’âge de 4/6 mois, et d’introduire les fruits à coque sous forme de purée d’oléagineux par exemple (dont les cacahuètes) vers les six mois de l’enfant (mais pas avant). Par ailleurs, il peut aussi être recommandé de ne pas faire de régime d’exclusion lors de la grossesse et de l’allaitement.
Allergie à l'œuf et vaccins
Certains vaccins peuvent contenir des protéines d’œuf comme le vaccin contre la grippe, le ROR (Rougeole, oreillon, rubéole), la fièvre jaune. Concernant les vaccins, la prudence est de mise en cas d’allergie sévère. Depuis 2010, il a été prouvé qu'il est possible d'effectuer les vaccins ROR, Priorix sur un enfant allergique à l'œuf sauf en cas d'antécédents au choc anaphylactique.
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