La grossesse est une période de changements et d'ajustements, où la santé de la mère et du futur enfant est primordiale. Parmi les préoccupations majeures figurent la consommation d'alcool et de tabac, dont les effets peuvent être délétères dès le début de la grossesse. Cet article vise à informer sur les risques associés à ces substances et à présenter les stratégies pour un sevrage réussi.
Impacts du Tabagisme sur la Grossesse
Le tabagisme est une accoutumance à des produits fabriqués à partir de feuilles de tabac. L’élément le plus additif de ces produits est la nicotine, principal ingrédient de la cigarette par exemple. La fumée de cigarette contient 4 000 substances d’origine chimique dont 60 sont classées cancérigènes par le Comité International de Recherche sur le Cancer. Ces substances sont, en plus de la nicotine : des goudrons ; des substances irritantes ; du monoxyde de carbone ; de l’acétaldéhyde ; de l’anabasine ; de l’ammoniac ; du benzène ; du plomb ; etc. Toutes ces substances ont des effets néfastes reconnus sur la femme enceinte et son fœtus.
Fumer avant ou pendant la grossesse peut avoir des répercussions sur la santé du bébé à naître. Des risques qui sont proportionnels à la quantité de tabac fumé (y compris le tabagisme passif) :
- Problèmes de fertilité ;
- Fausse couche ;
- Complications placentaires ;
- Grossesses extra-utérines ;
- Accouchement prématuré ;
- Mort fœtale in utero ;
- Retard de croissance intra-utérine et petit poids de naissance (diminution du poids d’environ 200 grammes à la naissance).
En effet, il est démontré aujourd’hui que le tabagisme pendant la grossesse et l’allaitement entraine :
- Un retard de croissance intra-utérin dû au passage du monoxyde de carbone dans le sang du fœtus ;
- Une réduction du poids de naissance (hypotrophie) ;
- Un risque d’accouchement prématuré ;
- Des malformations congénitales : le tabac peut augmenter le risque de malformations congénitales, telles que des malformations faciales, cardiaques et pulmonaires ;
- Des complications placentaires : la nicotine a un effet vasoconstricteur sur les artères du placenta et sur l’artère ombilicale, ce qui rend la circulation du sang moins bonne ;
- Une augmentation des infections respiratoires basses et des otites chez le futur enfant ;
- Une augmentation du taux de mort subite du nourrisson ;
- Un placenta bas inséré ;
- Une modification du goût du lait si l’enfant est allaité ;
- Un risque de surpoids à l’adolescence
Le tabac est la première cause de mort subite du nourrisson, selon l’Assurance Maladie.
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Stratégies pour arrêter de fumer
Il n'est jamais trop tard pour arrêter de fumer pendant la grossesse, même si la femme enceinte êtes déjà à un stade avancé. Arrêter de fumer, même pour une courte période, peut améliorer considérablement la santé de la mère et du bébé.
Comme pour tout fumeur, la prise en charge optimale d’une femme enceinte fumeuse commence par un interrogatoire sur : ses antécédents de santé ; ses antécédents personnels et familiaux ; son milieu socio-professionnel ; son histoire tabagique ; ses éventuelles co-addictions (alcool, cannabis, etc.).
Ce bilan interrogatoire est généralement suivi : d’un examen clinique complet ; d’une évaluation de la dépendance par le test de Fagerström ; d’une évaluation du comportement tabagique par le test de Horn ; d’une évaluation de la motivation de la fumeuse à arrêter, via divers tests au choix (test de Richmond, test de Demaria, Grimaldi et Lagrue.
De nombreuses aides peuvent accompagner les femmes enceintes qui souhaitent arrêter de fumer, notamment : la prise en charge psychologique assurée par un psychologue ou un psychiatre ; les thérapies comportementales et cognitives (TCC) : ces thérapies peuvent aider à identifier et modifier les pensées et les comportements qui contribuent au tabagisme ; la prise en charge pharmacologique : prescription de substituts nicotiniques tels que le TSN. Il est recommandé d’utiliser le TSN en association avec une approche psychologique et/ou comportementale ; la consultation avec un tabacologue : il peut fournir un soutien individualisé et des conseils pour arrêter de fumer.
A savoir : Parmi les moyens thérapeutiques existants, le traitement nicotinique substitutif (patch, gomme…) est l’une des principales solutions (autorisé par les autorités sanitaires pour les femmes enceintes depuis 1997). Deux raisons à cela : le passage de la nicotine dans le sang est moins rapide, moins important, plus régulier et plus modulable. En outre, la plus grande partie de la toxicité pour le bébé n’est pas à mettre sur le compte de la nicotine, mais sur celui des quatre mille substances toxiques associées présentes dans la fumée de cigarette.
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Le bupropion LP et la varénicline sont contre-indiqués chez la femme enceinte.
Ressources et soutien
Pour certaines femmes, avoir un projet d’enfant est souvent une bonne motivation pour arrêter de fumer. Pour celles qui n’y arrivent pas, il existe plusieurs méthodes et ressources pour aider dans la démarche :
- Les consultations spécialisées d’aide au sevrage : les femmes enceintes fumeuses peuvent se rapprocher de leur caisse d’Assurance Maladie afin d’avoir la liste des structures de prise en charge ;
- La ligne d'écoute Tabac info service (3989) ;
- Le site web de Tabac Info Service ;
- L’application web Tabac info service qui offre un coaching 100 % personnalisé ;
- Les associations locales de lutte contre le tabagisme ;
- Les professionnels de santé (médecin, sage-femme, PMI).
Les femmes enceintes peuvent soit : arrêter de fumer seules (à l’aide de substituts nicotiniques) ; arrêter de fumer en groupe, grâce notamment au défi #MoisSansTabac qui revient chaque année, au mois de novembre ; faire appel à des professionnels de la santé.
La grossesse est une période qui implique une fréquentation régulière du corps médical. C’est donc un moment particulier et privilégié pour les professionnels de santé, d’informer sur les conséquences du tabagisme chez les femmes enceintes et sur le tabagisme passif.
Il est primordial de les soutenir dans leur sevrage et non les juger.
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Fumer pendant la grossesse est un danger majeur pour la santé de la mère et du bébé. Il est essentiel pour toutes les femmes enceintes d'arrêter de fumer, même si elles sont déjà à un stade avancé de la grossesse. De nombreuses aides et ressources sont disponibles pour les accompagner dans leur démarche d'arrêt du tabac. Dans certains cas, réduire est souvent une fausse bonne idée. Les cigarettes roulées sont plus toxiques que les cigarettes manufacturées. 1 cigarette roulée équivaut à 2 voire 3 cigarettes manufacturées. Mais il est compliqué d’arrêter de fumer… La seule motivation de la grossesse peut s’avérer insuffisante face à l’addiction.
Effets de l'Alcool en Début de Grossesse
De nombreuses femmes ne perçoivent pas l’impact de leur consommation d’alcool sur l’enfant qu’elles portent. L’alcool passe en effet directement du sang maternel vers le sang du fœtus, à travers le placenta.
Quel qu’il soit (vin, bière, cidre ou alcool fort), l’alcool constitue un véritable danger pour le bébé à naître. C’est un produit toxique et il n’y a pas de dose limite connue actuellement pour fixer un seuil de risque pour le développement du bébé. Ainsi, même la consommation d’un verre d’alcool pourrait avoir des répercussions sur le développement du fœtus notamment pour son cerveau et son développement neurologique. D’où cette interdiction totale d’alcool pour la femme enceinte.
Pour le bébé, les risques de cette consommation d’alcool (ou des ivresses épisodiques) sont :
- Un retard de croissance (taille, poids, périmètre crânien) ;
- Des atteintes de son système nerveux central ;
- Des malformations.
Ces effets sont irréversibles et peuvent se traduire par des difficultés d’apprentissage, des troubles du langage et du comportement (impulsivité, distraction, difficultés à intégrer les règles sociales), ou encore par des troubles du développement psychomoteur…
FAUX : tous les alcools sont neurotoxiques au cours de la grossesse en particulier sur le cerveau du foetus en pleine maturation.
La consommation occasionnelle d’alcool pendant la grossesse n’est pas exempte de risque.
Que faire si de l'alcool a été consommé en début de grossesse sans le savoir ?
Il est fréquent d’avoir consommé de l’alcool sans savoir que l’on était enceinte, notamment en début de grossesse. Pour réduire les risques pour le bébé à naître, il est conseillé d’arrêter de boire dès que vous avez un projet de grossesse. Cependant, comme ce n’est pas toujours évident en pratique, l’important est d’arrêter dès que vous savez que vous êtes enceinte.
Les conséquences pour le fœtus sont très variables. il n’existe donc pas de seuil en-dessous duquel la consommation d’alcool pendant la grossesse serait sans risque pour le futur bébé. Il est possible de détecter les TCAF dès la naissance de l’enfant, (dysmorphies faciales, retards de croissance, diminution du tonus musculaire).
Si vous avez bu seulement durant les 4 semaines qui suivent vos dernières règles (on parle de 4 semaines d’aménorrhée), vous pouvez être tout à fait rassurée : ces consommations n’auront pas d’impact sur votre bébé.
À partir de la 5e semaine après vos dernières règles (on parle de 5 semaines d’aménorrhée), les conseils vont dépendre de la quantité d’alcool que vous avez bue et de la fréquence de vos consommations.
Vous avez bu une seule fois en quantité importante (plus de 4 verres) ou moins d’un verre par jour ? Pour ces niveaux de consommations ou des consommations moins importantes, les spécialistes sont rassurants si vous arrêtez toute consommation jusqu’à la fin de votre grossesse.
Toutefois, un suivi de grossesse attentif vous est recommandé. Vous pourrez faire part de votre questionnement à la personne qui réalisera les trois échographies de suivi de votre grossesse. Vous pourrez vous tourner vers un échographiste référent qui pourra être particulièrement vigilant notamment lors de la deuxième échographie. N’hésitez pas également à parler de vos inquiétudes aux soignants qui suivent votre grossesse.
Soutien et accompagnement
La grossesse est une période intense. Si vous apprenez que vous avec consommé de l’alcool pendant votre grossesse, ne culpabilisez pas. Il est important de pouvoir en parler librement avec un professionnel de santé (médecin traitant, gynécologue ou addictologue). Il vous conseillera et pourra proposer des examens complémentaires.
La première étape c’est d’en parler. Ce premier pas peut vous sembler difficile, mais ne laissez pas la peur, ni la culpabilité prendre le dessus : vous avez le droit de vous exprimer et d’être écoutée. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant le plus tôt possible : il saura vous conseiller sans jugement et vous suivre régulièrement jusqu’à la naissance de votre enfant, que vous ayez une ou plusieurs conduites addictives.
En France, il est difficile de reconnaitre qu’alcool et grossesse ne font pas bon ménage pour l’enfant à naitre. Même si vous subissez une pression de la part de votre entourage, et parfois même de vos proches vous assurant par expérience que boire de l’alcool n’aura aucun impact sur votre enfant, ne craquez pas.
Autres Substances Psychoactives et Grossesse
Outre l'alcool et le tabac, d'autres substances psychoactives peuvent avoir des conséquences graves pendant la grossesse.
Cannabis
Plusieurs études scientifiques démontrent qu’une consommation régulière de cannabis expose la mère et l’enfant à plusieurs risques car le principe actif contenu dans cette substance traverse la paroi du placenta pour atteindre le sang du foetus.
La prise régulière de cannabis peut provoquer un retard de croissance intra-utérin. En effet, le fœtus est ainsi exposé, comme la mère, au monoxyde de carbone. De plus, le principe actif contenu dans le cannabis passe la paroi du placenta pour se retrouver dans le sang du foetus à doses variables. Ce qui peut occasionner un hématome rétro-placentaire. Ce dernier se caractérise par un décollement du placenta, lequel entraîne une diminution des apports en oxygène du fœtus, ce qui peut conduire à sa mort in utero. Cet hématome est souvent à l’origine d’hémorragies pour la mère, qui lui sont parfois fatales.
Cocaïne
Puissant stimulant du système nerveux, la cocaïne traverse le placenta et circule dans le sang du bébé. Elle fait courir de nombreux risques.
La cocaïne augmente le risque de fausse couche, particulièrement si elle est consommée en début de grossesse. Mais pas seulement. Comme le cannabis, cette drogue double le risque d’accouchements prématurés et augmente le risque d’hématome rétro-placentaire, avec les dangers que l’on connait. Quant au fœtus, la diminution d’apport en oxygène provoquée par ce décollement du placenta l’expose à une mort in utero.
Héroïne
De nombreuses études scientifiques ont démontré les dangers potentiels de l’héroïne consommée par les femmes enceintes. En cas de dépendance, l’avis d’un médecin est impératif. En effet, il est parfois déconseillé d’arrêter l’héroïne une fois enceinte car l’état de manque pourrait se répercuter sur le bébé et entraîner des souffrances très dangereuses. Souvent le personnel médical préconise l’utilisation de la méthadone qui va permettre de stabiliser le taux de drogue dans le sang.
Le fœtus exposé à l’héroïne peut voir sa croissance limitée. Mais pas seulement. Les prématurés sont beaucoup plus nombreux chez les mères consommatrices de cette drogue. Enfin, il faut savoir que le risque d’enfants mort-nés augmente sensiblement selon l’ensemble des études effectuées sur le sujet.
Un bébé dont la mère a consommé de l’héroïne risque de connaître un certain nombre de problèmes. Au niveau respiratoire, il peut éprouver des difficultés pour respirer, ou pour se nourrir. Ce qui peut être dangereux durant les premiers mois car cela entraîne fatalement des soucis de développement. Par ailleurs, ces bébés sont souvent sujets à une grande agitation et une forte irritabilité. Enfin, comme pour la cocaïne, l’héroïne passe dans le lait maternel, donc l’allaitement doit aussi être exclu.
Drogues injectables
L’usage de drogues par injection reste extrêmement préoccupant pour les femmes enceintes. En effet, le partage et l’échange de seringues crée un risque de propagation de virus sanguins : VIH, hépatites B et C.
Par conséquent, toutes les femmes qui ont consommé de la drogue par le biais de seringues doivent impérativement effectuer un bilan sanguin complet à l’occasion de la grossesse.
Enceinte sans le savoir : Alcool, Tabac… Que risque le futur bébé ?
Il arrive que le début de grossesse ne provoque aucun symptôme particulier (pas de nausée matinale, de vomissement ou de poitrine douloureuse) et qu'il faille attendre plusieurs semaines et l'arrivée des règles (qui n'arriveront pas, pour la plupart des femmes) pour s'en rendre compte. Pourtant, durant cette période, on a continué notre vie comme si de rien n'était…
Les hormones de synthèse que vous avez prises en début de grossesse sont faiblement dosées et n’ont pas d’influence nocive sur l’embryon. Ne culpabilisez pas ! Mais, à partir de maintenant, il vaut mieux stopper votre consommation de tabac. Le monoxyde de carbone que vous inhalez peut atteindre votre fœtus. Heureusement, le développement de l’embryon n’est pas affecté. Pour vous aider, des consultations anti-tabac sont organisées au sein de nombreuses maternités, et quand ça ne suffit pas, les futures mamans peuvent avoir recours aux substituts nicotiniques. Si vous êtes motivée pour arrêter, il existe des solutions pour vous aider.
Les 30 ans de notre cousin, ou tout simplement un dîner bien arrosé, en tout début de grossesse, n’aura, a priori, pas de conséquences. Que la consommation soit régulière ou occasionnelle, l’alcool traverse facilement la barrière placentaire et arrive dans le sang du fœtus, aux mêmes concentrations que chez la maman. Dans les cas les plus graves, on parlera de syndrome d’alcoolisation fœtale, pouvant entraîner chez bébé un retard mental, des anomalies au niveau du visage, etc. À partir de deux verres par jour, le risque de fausse couche s’élève également.
Vous êtes deux maintenant, et certains médicaments ne sont pas anodins. Pris en tout début de grossesse, ils peuvent perturber le bon développement de l’embryon et entraîner des malformations. Aucune grande conséquence si vous avez pris ponctuellement du paracétamol ou du Spasfon®, mais prudence avec les antibiotiques. Par exemple, à long terme, certains antidépresseurs, anti-inflammatoires non stéroïdiens ou antiépileptiques peuvent perturber la croissance ou l’anatomie de l’embryon. Communiquez la liste complète des comprimés que vous avez pris à votre médecin.
En revanche, une radio au niveau du ventre, du bassin ou du dos, effectuée dans les premières semaines de grossesse, expose le futur bébé à un risque plus important de malformation et peut, dans certains cas, entraîner une fausse couche. Cette période est délicate, car les cellules fœtales sont en pleine division. Le risque dépend de la dose d’irradiation. Une seule dose faible n’aura, a priori, pas de conséquence, mais, dans le doute, parlez-en à votre médecin.
Enceinte, mieux vaut éviter les aliments sans cuisson, mais aussi les fromages au lait cru, les coquillages et la charcuterie. Le danger : contracter des maladies potentiellement dangereuses pour le fœtus, comme la salmonellose ou la listériose. Consommer du poisson cru ou de la viande crue ou fumée peut aussi entraîner un risque de toxoplasmose, mais peut-être êtes-vous déjà immunisée ? Dans le cas inverse, rassurez-vous : si vous aviez été affectée, votre dernière prise de sang l’aurait mis en évidence. Si, comme 80 % des futures mamans, vous êtes immunisée contre la toxoplasmose (maladie bénigne en dehors de la grossesse), il n'y a aucun risque pour le bébé après avoir été griffée par un chat. Pour le savoir, direction le laboratoire, où une simple prise de sang permettra de vérifier si vous possédez ou non les anticorps contre la maladie. Si vous n’êtes pas immunisée, inutile de vous séparer du matou, mais confiez le nettoyage de la litière à une autre personne. Soyez également très vigilante pour ce qui concerne l’alimentation. Adieu steaks saignants et carpaccios ! Désormais, la viande devra être bien cuite, et les légumes et herbes aromatiques soigneusement lavés.
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