Agnès Chauveau est une figure marquante du paysage médiatique français, reconnue pour son expertise pointue des médias, du journalisme et de la communication politique. Son parcours professionnel, riche et diversifié, l'a menée des bancs de l'université aux plus hautes fonctions de l'Institut national de l'audiovisuel (INA).

Formation et Début de Carrière Universitaire

Docteur de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (mention histoire), Agnès Chauveau a d'abord embrassé une carrière universitaire. Elle a été maître de conférences à l’Université de Metz de 1997 à 2000, puis à l’Université de Paris X Nanterre, où elle a également dirigé le DESS Consultant Culturel de 2000 à 2005. Parallèlement à ses activités d'enseignement, elle a été chargée de mission auprès du président de la Bibliothèque nationale de France (BnF) de 2002 à 2005.

Directrice de l'École de Journalisme de Sciences Po

En 2005, Agnès Chauveau a participé à la création de l’École de journalisme de Sciences Po, une institution qu'elle a dirigée en tant que directrice exécutive pendant près de dix ans, jusqu'en 2014. Son passage à la tête de cette école prestigieuse a été marqué par son engagement en faveur d'une formation journalistique de qualité, adaptée aux enjeux du monde contemporain.

Collaborations avec Radio France

Outre son parcours universitaire et son expérience à Sciences Po, Agnès Chauveau a également collaboré avec Radio France. Après de nombreux documentaires, elle a produit durant trois ans "Les Retours du Dimanche", une émission hebdomadaire d'actualités diffusée sur France Culture. Elle a également été productrice déléguée de Soft Power, le magazine global des industries créatives, des médias et de l'internet, toujours sur France Culture, depuis la rentrée 2013. Depuis 1999, Agnès Chauveau a collaboré à France Culture, en tant que productrice et chroniqueuse notamment aux « Retours du Dimanche » et à «Soft power », rendez-vous hebdomadaire dédié aux médias, au numérique et aux industries créatives.

Expertise et Publications

Agnès Chauveau est reconnue comme une spécialiste des médias et a publié plusieurs ouvrages de référence dans ce domaine. Elle est notamment l'auteur de "L’Audiovisuel en liberté?" (Presses de Sciences Po, 1997), de "L’Écho du siècle, dictionnaire historique de la radio et de la télévision", en collaboration avec Jean-Noël Jeanneney (éd. Hachette Littératures, 2001) et du "Dictionnaire d’histoire de la télévision" en collaboration avec Yannick Dehée (éd. Nouveau Monde, 2007). Ces publications témoignent de sa connaissance approfondie de l'histoire et des enjeux de l'audiovisuel.

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Arrivée à l'INA et Présidence par Intérim

Agnès Chauveau a rejoint l'Institut national de l'audiovisuel (INA) en 2015. Elle y a d'abord été déléguée à la stratégie éditoriale et éducative, avant d'être nommée, en mars 2016, Directrice déléguée à la Diffusion et à l’Innovation de l’Ina. Depuis 2021, elle occupe le poste de directrice générale déléguée. Elle dirige les activités de valorisation et de la transmission du patrimoine audiovisuel de l'INA. La direction déléguée à la diffusion et à l'innovation s'adresse, au travers de services dédiés, à tous les publics : professionnels, institutions, médias, grand public… Tous les contenus sont éditorialisés pour répondre aux attentes de chacun.

À la suite de la suspension de Laurent Vallet le 12 août 2025, pour achat de cocaïne à Paris, Agnès Chauveau a été nommée à la présidence par intérim de l'INA. Cette nomination, officialisée par un arrêté de la ministre de la Culture, Rachida Dati, souligne la confiance accordée à Agnès Chauveau pour assurer la direction de l'institution dans une période de transition.

Contributions à la Valorisation du Patrimoine Audiovisuel

En tant que directrice déléguée à la diffusion et à l'innovation de l'INA, Agnès Chauveau a joué un rôle essentiel dans la valorisation du riche patrimoine audiovisuel de l'institut. Elle a notamment contribué à rendre les contenus de l'INA plus accessibles au grand public, en développant de nouveaux formats de diffusion et en multipliant les collaborations avec les médias.

Elle intervient également dans l’émission Rembob’INA présentée par Patrick Cohen sur la chaîne LCP, qui revient sur de grands moments de l’histoire récente en puisant dans les archives télé de l’INA.

Agnès Chauveau dirige les activités de valorisation et de la transmission du patrimoine audiovisuel de l'INA. La direction déléguée à la diffusion et à l'innovation s'adresse, au travers de services dédiés, à tous les publics : professionnels, institutions, médias, grand public. Tous les contenus sont éditorialisés pour répondre aux attentes de chacun.

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L'INA conserve environ 15 millions d’heures d’archives audio et visuelles. Aujourd’hui, 120 chaînes de télé et 60 radios sont captées 24 heures sur 24. Au total, pas moins d’1,3 million d’heures de programmes numérisés sont accessibles pour les professionnels sur inamediapro.com, 45 200 heures de programmes sont restituées au grand public sur le site INA. fr, dont 22 000 sur inapremium, la plateforme de vidéo à la demande de l'INA. L'INA produit et coproduit aussi 60 documentaires par an. Sans parler, depuis 2009, des plus de 11 000 sites conservés au titre du Dépôt Légal du Web. Et pour gérer tout cela, l’INA compte environ 1 000 salariés, plus 250 étudiants qui suivent les formations initiales en BTS, licence et master. En formation continue, l'INA accueille environ 3 000 professionnels chaque année.

Les images les plus anciennes de l'INA viennent des actualités cinématographiques des années 1930, avec quelques exceptions dans les années 1920 et, pour la radio, le premier enregistrement sur cylindre à partir d’un phonographe date de 1891 !

Vision sur l'Évolution des Médias et le Rôle de l'INA

Agnès Chauveau a une vision claire de l'évolution des médias et du rôle que doit jouer l'INA dans ce contexte. Elle souligne notamment l'importance de contextualiser l'information et de replacer les événements dans une perspective historique. Elle considère que l'INA a un rôle essentiel à jouer pour aider les médias à expliquer l'actualité en apportant les images et les sons contextualisés qui les aident à expliquer l’actualité avec une perspective historique.

Elle a accordé une interview à Anne-Sophie Novel pour Le Monde, dans laquelle elle explique que la notion d’accélération du temps a été étudiée de façon magistrale par le sociologue et philosophe allemand Harmut Rosa, elle s’applique évidemment aux médias. C’est désormais presque un lieu commun que d’affirmer que l’on vit à l’ère de l’hyperimmédiateté… Le rapport au temps a changé partout. Dans les médias, cela se traduit notamment par une place moins importante de l’Histoire, du temps long, de la contextualisation et de l’analyse. Les médias ont fait de l’événement leur matière première. Et le temps des médias envahit le temps réel.

Elle ajoute que les médias ne sont jamais que le reflet plus ou moins déformé des préoccupations d’une société à un moment donné. Que restera-t-il, une fois passée l’écume du temps, de la pléthore d’événements qui cannibalisent les antennes ? Les médias participent certes, comme l’a montré le journaliste Jean Lacouture, à cette Histoire du temps présent. Mais ce n’est pas aux médias ni aux contemporains de dire ce qui sera historique… « L’Histoire est toujours re-racontée », écrivait Paul Ricœur.

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Agnès Chauveau considère que l’INA travaille pour le temps long et constitue un pan important de la mémoire collective.

Depuis quinze ans, l’Institut a numérisé l’essentiel de ses collections pour rendre les contenus accessibles plus facilement. Le travail de réflexion et de restauration consiste essentiellement à mettre à disposition des anciens formats sur des supports nouveaux - les sites et plateformes de l'INA - et adaptés aux nouveaux usages.

L’idée est de permettre à tout un chacun d’entrer dans les contenus de l'INA à travers le double prisme de l’actualité et de sa résonance avec le « temps long », et d’offrir par là même des formats courts pour tous les écrans, mobiles, tablettes, téléviseurs. L'INA est pleinement dans sa mission de service public et d’accessibilité du patrimoine audiovisuel au plus grand nombre.

Polémique Autour d'Accusations de Plagiat

Le parcours d'Agnès Chauveau a été marqué par une polémique en 2015, lorsqu'elle a été remerciée de l’école de journalisme de Sciences Po, dont elle était directrice exécutive, à cause d’accusations de plagiat. Le média Arrêt sur images avait repéré des passages copiés d’autres articles non cités dans plusieurs de ses chroniques sur France Culture, ensuite retranscrites sur le Huffington Post. Agnès Chauveau avait répondu à Arrêt sur images en expliquant qu'elle oubliait de citer certains papiers mais que ce n’était jamais volontaire, ajoutant qu'elle n’avait pas le temps de citer à l’antenne toutes ses sources.

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