L'hydratation est essentielle pour les nourrissons, dont le corps est composé d'environ 75 % d'eau, une proportion plus élevée que chez les adultes. L'eau utilisée pour préparer les biberons doit être choisie avec soin, car les reins des bébés ne sont pas encore pleinement développés et ont une capacité limitée à éliminer les excès de sels minéraux. L'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) a émis des recommandations pour guider les parents dans ce choix crucial.
Critères de choix de l'eau pour les biberons
Minéralisation
L’AFSSA recommande de préparer les biberons des nourrissons avec une eau dont la minéralisation totale est égale ou inférieure à 1 000 mg/litre.
Teneur en fluor
La quantité de fluor est aussi un critère de choix. Certains pédiatres prescrivent une supplémentation en fluor, il convient alors d’utiliser une eau n’en contenant pas plus de 0,3 mg par litre, contre 0,5 mg par litre pour les enfants ne recevant aucune supplémentation.
Teneur en nitrates
Dans tous les cas, les nitrates ne doivent pas dépasser 10 mg/L. Jusqu’à 6 mois, en raison d’un tube digestif immature, les nitrates sont particulièrement toxiques. Ils peuvent se transformer en nitrites, et venir se fixer sur l’hémoglobine des globules rouges, empêchant l’oxygénation des différents organes (maladie bleue ou méthémoglobinémie).
Autres minéraux
En particulier, elle ne doit pas apporter trop de sodium, sulfates (140mg/L max. : effets laxatifs). Les bébés ont besoin de minéraux divers, en quantité raisonnable.
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Eaux recommandées et eaux à éviter
Pour les biberons et plus généralement, pour l’hydratation des bébés de moins d’un an, il faut rechercher la mention : « Convient à l’alimentation du nourrisson ». Elle est réservée aux eaux embouteillées qui respectent des critères de qualité établis par la règlementation.
Par ailleurs, l’Anses recommande de ne pas utiliser de l’eau ayant subi une filtration (exemple : carafe filtrante…) car sa charge microbienne peut être excessive.
L'eau du robinet
L’eau du robinet peut également convenir selon l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Quand on se sert de l’eau du robinet pour bébé, pour éviter microbes et plomb, on laisse toujours couler quelques secondes avant de la recueillir, on s’abstient de tout adoucissant et on nettoie régulièrement le robinet. ⚠️ Si l’installation est ancienne avec des tuyaux en plomb, souvent des vieux bâtiments construits avant les années 1950, il est tout de même préférable de ne pas l’utiliser pour l’alimentation de votre tout-petit où si vous êtes enceinte à cause du risque de saturnisme.
Eau Hépar
En cas de constipation l’eau d’Hépar n’est pas recommandée jusqu’au 30 mois de l’enfant. Si jamais vous souhaitez tout de même l’utiliser il faut filer 1/4 d’eau d’Hépar dans de l’eau minérale. Jamais de biberon pur d’eau d’Hepar.
Besoins en eau du nourrisson
Jusqu’à 4 mois révolus, l’alimentation lactée (lait maternel et/ou infantile) suffit pour hydrater votre bébé et combler ses besoins en eau. Il n’est donc pas nécessaire de lui donner des biberons d’eau en plus. En effet, les reins de bébé sont encore immatures pour bien filtrer l’eau. Toutefois, bébé peut avoir besoin d’eau supplémentaire : lorsqu’il fait très chaud (+ de 30 degrés) 30mL/kg, si l’enfant est allaité le sein à volonté sera à privilégier, s’il a des soucis digestifs, des vomissements ou diarrhée (SRO) ou en cas d’infection avec fièvre.
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Il n’est pas nécessaire de proposer de l’eau vers 4 mois, quand vous débutez la diversification. C’est plutôt vers 6 mois qu’on l’introduira seul. A cet âge, bébé commence à se tenir assis. Son poids et sa masse sanguine augmentent. Les besoins hydriques augmentent alors aussi et le lait seul ne suffit plus à hydrater bébé.
Quand proposer de l'eau ?
Vous pouvez proposer de l’eau à votre bébé tout au long de la journée. Évitez de lui donner de l’eau immédiatement avant les repas solides. Car cela peut remplir son petit estomac et réduire son appétit. Et à cette quantité s’ajoute l’eau pure. Les quantités sont relativement faibles au début. Les bébés boivent en général en fonction de leurs besoins, il n’y a donc pas vraiment d’objectif de quantité à atteindre et mieux vaut suivre l’instinct naturel de son bébé, sans le forcer à boire. Lorsque vous allaitez, il est difficile d’évaluer les quantités exactes de lait que votre bébé boit, mais rassurez-vous : il tète en fonction de sa faim. Pour vérifier s’il boit suffisamment, un bon indicateur est le nombre de couches mouillées par jour. Les fruits et légumes riches en eau, comme la pastèque, le concombre, la courgette ou la poire, apportent naturellement de l’eau supplémentaire.
Comment proposer l'eau ?
Biberon, verre, tasse, pipette ou à la paille .. Il existe plusieurs contenants et ustensiles avec lesquels on peut proposer l’eau à bébé. Dès 6 mois, vous pouvez proposer son eau directement dans un petit contenant adapté à sa taille comme une babycup (50ml), un verre à liqueur (30ml) ou une petite timballe en inox (75ml). Il n’est pas toujours aisé d’apprendre à bébé à boire au verre sans qu’une partie du verre ne finisse en cascade sur son pyjama 😅💦. C’est un apprentissage qui prends du temps et il est tout à fait normal que votre enfant n’y arrive pas du premier coup. Chaque gorgée est une victoire : félicitez votre bébé, gardez patience et bonne humeur, et rappelez-vous que les petits accidents font partie de l’apprentissage.
Lorsque vous transportez de l’eau pour votre bébé, il est important de veiller à sa fraîcheur et à son hygiène. Idéalement, préparez uniquement la quantité dont bébé a besoin et proposez-la dans les 2 à 4 heures qui suivent.
Bébé refuse de boire de l'eau, que faire ?
L’eau est la seule boisson de table, autre que le lait, qui convienne à l’alimentation de votre bébé.
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- Changer le contenant : certains bébés préfèrent une tasse, une gourde avec paille, un petit verre, ou encore une pipette.
- Donner l’exemple : boire soi-même un verre d’eau devant lui.
Introduire l’eau seule est une nouveauté pour bébé. Son goût, sa fluidité, nécessite parfois une certaine adaptation et du temps. Votre bébé va s’habituer au goût de l’eau seul. Les tisanes sont elles aussi à éviter à cet âge car les plantes sont très puissantes et peuvent entraîner des troubles dans l’organisme des tous-petits.
Préparation des biberons
Recommandations générales
Les pédiatres insistent aussi sur l’importance de diluer le lait infantile selon les indications des fabricants (1 mesure pour 30 mL d’eau).
Étapes de préparation
- Prendre de l’eau adaptée: c’est-à-dire de l’eau en bouteille où il est inscrit « convient pour l’alimentation des nourrissons « .
- Prendre un biberon et une tétine: plus besoin de stériliser le matériel mais bien le laver avec de l’eau chaude et du liquide vaisselle et les faire sécher au propre. Les tétines dites « trois vitesses » sont intéressantes car elles permettent de réguler la prise.
- La préparation : mettre la quantité d’eau nécessaire, remplir la cuillère-mesure ou dosette spécifique de la boîte et araser avec un couteau propre sans tasser la poudre de lait. Ajouter ensuite la poudre de lait entière dans l’eau (et éventuellement répéter le nombre de cuillères-mesure nécessaire à la reconstitution en respectant la règle de 1 cuillère-mesure pour 30 ml d’eau), puis agiter le biberon par rotation en le faisant rouler entre vos paumes de mains. Dans la mesure du possible, le biberon doit être préparé juste avant sa consommation ou maximum 1h avant. Pensez à bien incliner le biberon pour bien remplir la tétine de lait et empêcher que votre bébé n’avale de l’air!
Fréquence des biberons
Après la naissance on donne en moyenne de 6 à 7 biberons sur 24h (le 7ème biberon correspondant souvent au biberon en milieu de nuit). Bien entendu cela peut-être modifié en fonction de l’avis du pédiatre ou de la sage-femme. D’autre part, si votre enfant finit tous ses biberons pendant plus d’une journée et qu’il rapproche l’espace entre les tétés, n’hésitez pas à augmenter la ration de 10 ml même s’il n’a pas une semaine pleine. Inversement s’il a une semaine de plus et qu’il a du mal à terminer son biberon, vous pouvez attendre quelques jours de plus avant d’augmenter les doses. Rassurez-vous si vous avez un trou de mémoire, une coupure d’électricité, plus internet… tout est noté au dos des boîtes de lait en poudre!
Hygiène des biberons
Voici un point sur les recommandations d’hygiène pour la préparation et la conservation des biberons éditées par l’AFSSA en juillet 2005. Le groupe de travail de la Société Française d’Hygiène Hospitalière (SFHH) considère le biberon en structure d’accueil de la petite enfance comme un dispositif hôtelier au même titre que les assiettes, les verres, les couverts. En effet les enfants accueillis sont en bonne santé. Le traitement requis est la désinfection de bas niveau. Il n’y a donc pas lieu dans ces structures de stériliser les biberons. Ceci un grand changement dans vos pratiques qui amènera une modification importante des protocoles de préparation des biberons.
Désinfection
65° minimum L’étape de nettoyage du biberon et des accessoires est absolument indispensable, elle est suivie ou non d’une étape de désinfection. Les procédés de désinfection thermique utilisables en crèche pour répondre aux niveaux d’exigence face aux risques infectieux liés aux biberons et tétines sont les suivants :
- La machine à laver semi professionnelle 85 à 86 °C maximum
- La machine à laver familiale : température minimum 65°C, absence de tartre. Il est recommander de ne pas mélanger les biberons et le petit matériel annexe de préparation avec tout autre matériel. Il faut alors utiliser le cycle complet (haute température au moins égale à 65°C et séchage impératif)
Les appareils utilisant la vapeur d’eau (dispositif à four micro ondes et stérilisateurs du commerce) commercialisés pour stériliser les biberons ne permettent pas de maîtriser et contrôler les paramètres de la désinfection (maintient de la température, production de la vapeur), en l’absence de données concernant la reproductibilité des procédés usuels, ces appareils ne peuvent pas être recommandée en crèche de ville. Le procédé chimique n’est pas non plus conseillé car il présente des contraintes de temps et d’organisation et utilisent un produit désinfectant instable.
La biberonnerie : des règles très précises
Elle est obligatoire et s’adapte à la structure mais doit répondre au règlement 852/2004/CE, relatif à l’hygiène des denrées alimentaires (ventilation, surfaces bien entretenues, installation sanitaires, marche en avant, obligation de définir par écrit le plan de nettoyage et de désinfection.). Les enceintes réfrigérées doivent assurer le maintient de la chaîne du froid et la température doit être inférieure ou égale à 4°C avec obligation d’enregistrer et contrôler tous les jours. Les biberons propres seront stockés dans le réfrigérateur pour limiter la prolifération microbienne ou dans un placard à l’abri des poussières. Pour le bon fonctionnement de la biberonnerie, le personnel doit être qualifié (diététicienne, puéricultrice, éducatrice de jeunes enfants, auxiliaire de puériculture, agent de service intérieur) et former à l’hygiène alimentaire. La tenue vestimentaire est importante, le port de vêtement de travail adéquat est obligatoire, il doit être changé tous les jours.
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