L'objectif de cet article est de comprendre les fondements sémantiques des préférences d’usage de manipuler et modifier dans les discours relevant de la bioéthique.

Introduction

La bioéthique est un domaine complexe où les mots utilisés pour décrire les actions humaines sur le vivant ont un poids considérable. Parmi ces mots, "manipuler" et "modifier" sont souvent employés de manière interchangeable, mais ils véhiculent des nuances subtiles qui influencent notre perception des enjeux éthiques. Cet article se propose d'explorer les préférences d'usage de ces deux termes, en particulier dans le contexte de la procréation médicalement assistée (PMA) et des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Manipuler et Modifier: Une Concurrence Sémantique

Ces lexèmes sont tous les deux utilisés dans le domaine de la bioéthique pour renvoyer à des actions que l’humain exerce sur le vivant. On peut les considérer comme étant en concurrence, étant donné l’hésitation pour parler d’organisme génétiquement modifié ou manipulé (si l’adjectif modifié l’a emporté dans l’expression « organisme génétiquement modifié » ou « OGM », l’utilisation de l’autre adjectif, manipulé, reste possible).

Dans une étude s’intéressant à l’utilisation de manip* et modif2, on constate que les deux lexèmes sont effectivement en concurrence, mais qu’ils sont également employés de manière préférentielle selon ce sur quoi porte l’action de manipuler/modifier : par exemple, lorsque l’étude porte sur l’embryon et sur la conception, c’est manip qui est prédominant, et lorsqu’elle porte sur les gènes ou le cerveau, c’est modif* qui est préféré (Lehtonen, 2022 b : 185).

Comment s’explique le fait que ces deux lexèmes sont en concurrence ? Quelles sont les propriétés sémantiques qui justifient leurs préférences combinatoires ?

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Les objectifs de cette étude seront, tout d’abord, de tester si les résultats obtenus par Lehtonen (2022 b) à partir d’un corpus pris sur internet se vérifient, en soumettant un questionnaire à des locuteurs du français. L’hypothèse de départ est donc que manip* sera accompagné plus fréquemment de mots comme embryon et conception, tandis que modif* s’utilise plus souvent avec gènes, ADN ou cerveau. Ensuite, l’étude se propose d’analyser les résultats obtenus à l’aide du questionnaire afin d’apporter des explications quant à la combinatoire des mots. Par exemple, concernant l’utilisation de modifié dans le cas de « OGM », notre hypothèse explicative est que l’adjectif modifié l’a emporté (« organisme génétiquement modifié ») parce qu’il est mis en rapport avec les gènes et que c’est modifié qui est préféré dans ce cas, d’après les résultats obtenus par Lehtonen (2022 b); autrement dit, ce qui est mis en avant, c’est la modification des gènes (et tant que partie de l’organisme). Plus généralement, nous pensons que les préférences combinatoires de manip* et modif* peuvent s’expliquer à partir du potentiel de signification des deux lexèmes et en prenant en compte les orientations argumentatives qui leur sont spécifiques.

L’article commence par poser le cadre théorique selon lequel sera effectuée l’étude, notamment en présentant les notions de préférence combinatoire et de potentiel de signification (§ 1.1). L’approche adoptée est ensuite illustrée pour les deux lexèmes étudiés (§ 1.2), ce qui aboutit à une comparaison du sémantisme de manip* et modif* et à quelques pistes pour l’étude (§ 1.3). Après la description des données et de la méthode d’analyse (§ 2 et 3), l’analyse est constituée de plusieurs sous-sections, axées sur les différentes parties du questionnaire : d’abord les résultats obtenus pour la première partie, qui teste les représentations associées à manip* et modif* (§ 4.1), ensuite les préférences en matière de combinatoire obtenues à l’aide la deuxième partie (§ 4.2) et enfin, les explications de ces préférences, explications que les répondants ont formulées en réponse à la troisième partie (§ 4.3).

Cet article se situe sur le terrain de la sémantique lexicale et exploite les outils conceptuels de la combinatoire lexicale et de la sémantique argumentative.

Combinatoire Lexicale et Affinités Sélectives

Nous adoptons la vision proposée par Blumenthal (2006, 2008)3 sur la combinatoire des mots. Concernant les combinaisons de mots préférentielles, celui-ci démontre que la liberté en matière de combinatoire apparaît comme étant plutôt réduite dès lors que l’on choisit de s’intéresser aux affinités sélectives des mots. Cette idée est illustrée notamment à l’aide des synonymes débat et discussion : les fréquences combinatoires calculées à partir de corpus électroniques font apparaître le fait que le nom débat est suivi le plus souvent de la préposition sur, tandis que discussion s’accompagne avant tout des prépositions avec et entre. Cela éclaire sur la manière dont les deux synonymes sont envisagés : « le sens de débat se conçoit essentiellement en fonction d’une thématique particulière, amenée par sur. (…) dans le cas de discussion, l’aspect interactionnel l’emporte sur l’orientation thématique » (Blumenthal, 2008 : 33), mais également sur l’existence de préférences combinatoires. Or, ces préférences ne sont pas le seul fait d’un langage stéréotypé, où se manifestent des idées communément admises : « avant de devenir l’enjeu de tel cliché ou jargon à la mode qui figent leur emploi dans des cooccurrences plus ou moins stéréotypées, les combinaisons préférentielles du mot so(ie)nt influencées par les orientations sémantiques générales (“catégorielles”) qui lui sont propres. (…) Il s’agit, selon cette hypothèse, de caractéristiques du mot (…) qui préexistent à son éventuelle exploitation par la doxa. » (Blumenthal, 2008 : 35).

Ainsi, en analysant l’usage des lexèmes manip* et modif* dans le contexte de la bioéthique4, nous chercherons à identifier quelles caractéristiques sémantiques de ces lexèmes sont susceptibles d’expliquer leur choix selon qu’ils s’accompagnent d’embryon, ADN, cerveau, etc. Nous parlerons de « mots-pivots » à propos de manip* et modif*, et de « collocatifs » pour ce qui est des mots embryon, ADN, cerveau, etc., qui gravitent autour de ces mots-pivots, en reprenant les termes employés par Blumenthal. Toutefois, notre étude se distingue de celle réalisée avec la méthode décrite par Blumenthal, car nous ne faisons appel ni à l’analyse automatique ni au calcul statistique des préférences combinatoires ; notre analyse porte sur un corpus relativement réduit et sera menée manuellement. De plus, nous ne nous intéressons pas aux collocations en tant que telles (cf. Tutin & Grossmann, 2002), mais aux caractéristiques des mots apparaissant ensemble en raison de certaines affinités sémantiques.

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Sémantique des Possibles Argumentatifs (SPA)

La particularité de notre analyse vient de l’approche sémantique adoptée pour rendre compte des caractéristiques des lexèmes, à savoir la Sémantique des Possibles Argumentatifs (SPA) (Galatanu, 2004, 2018, 2022). Tout en suivant la démarche de Blumenthal pour observer les affinités sélectives des mots susmentionnés, nous nous appuierons sur le potentiel de signification de ces mots - tel qu’il est conçu en SPA - afin d’expliquer ce qui motive les préférences combinatoires. Plus précisément, nous chercherons à voir ce qui est activé de ce potentiel dans telle ou telle combinaison de mots.

En SPA, la description sémantique d’un lexème (cf. Galatanu, 2018 : 160-170) est stratifiée et construite autour du « noyau » contenant les éléments les plus stables de la signification : les propriétés essentielles du mot, en nombre très réduit. Autour de ce noyau gravitent les éléments de la strate des « stéréotypes », strate étendue et moins stable, car déterminée culturellement et sujette à fluctuation. Enfin, noyau et stéréotypes sont enveloppés par la strate des « possibles argumentatifs », qui rend compte du potentiel de signification du mot. L’ensemble des éléments de signification sont organisés selon un principe associatif et vectoriel : aussi bien au sein du noyau, qu’au niveau des stéréotypes, qui sont en fait des associations reliant les éléments du noyau à d’autres représentations sémantiques (autrement dit, à d’autres mots5), ou encore au niveau des possibles argumentatifs, qui sont des associations entre le mot lui-même et des éléments des stéréotypes et du noyau. Ces associations sont représentées à l’aide des connecteurs abstraits donc et pourtant, utilisés habituellement en sémantique argumentative (cf. Ducrot, 2001 ; Carel, 2001) et que, dans les schémas que nous proposons ci-dessous pour manipuler et modifier, nous symboliserons par des flèches. Nous renvoyons à Galatanu (2018 : 260) pour une représentation visuelle du modèle de description sémantique de la SPA.

Le noyau (N) et les stéréotypes (St) forment ensemble la signification du mot. Quant aux possibles argumentatifs (PA), qui servent à formaliser le potentiel de signification du mot, ils relèvent à la fois de la signification linguistique et du sens discursif : en effet, le potentiel de signification est un composant de la signification, étant directement lié aux éléments constitutifs de la signification (i.e.

Nous illustrerons le modèle de description sémantique de la SPA dans la section suivante, pour les deux lexèmes auxquels nous nous intéressons dans cette étude, manipuler et modifier. La description sémantique fera également intervenir des notions qui relèvent de la grammaire des cas (rôles actanciels ou cas profonds) (Fillmore, 1968, 1982) et de l’aspect lexical (Vendler, 2005[1967] ; Bromberg et al., 1998).

Descriptions Sémantiques de "Manipuler" et "Modifier"

Les descriptions sémantiques proposées dans cette section se basent sur les articles dictionnairiques pour les lexèmes étudiés, dont le contenu est synthétisé dans l’Annexe 1. Ces descriptions (cf. Figures 1 et 2) illustrent le modèle sémantique présenté dans la section précédente et serviront comme base pour l’analyse.

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Le Sémantisme de "Manipuler"

Dans la Figure 1, nous proposons la description sémantique en termes de noyau et stéréotypes (N-St) du verbe manipuler et du nom manipulation, qui, tout en appartenant à des catégories grammaticales différentes, partagent le même sémantisme. Les éléments du noyau sont représentés à gauche, de haut en bas, et forment une chaîne argumentative où les flèches signifient le connecteur donc : main (de X) et/ou instrument/moyen donc action de X de tenir Y/Z (pour agir sur Y) donc série d’actions organisées (de X sur Y à l’aide de Z). Le noyau ainsi représenté rend compte des actants impliqués par l’action : X vaut pour celui qui manipule (Agent), Y pour l’entité affectée par l’action (Patient ou Thème) et Z vaut pour ce à l’aide de quoi on réalise l’action, que cela soit la main ou un objet (Instrument). Enfin, pour pouvoir référer facilement aux éléments constitutifs du noyau, nous les notons à l’aide des lettres A, B et C. Quant aux stéréotypes, ils sont ancrés dans l’un ou l’autre des éléments du noyau, ce qui est représenté à l’aide des flèches en éventail, qui valent pour autant de connecteurs donc. Ainsi, dans la signification de manipuler et manipulation, on a les stéréotypes : A donc intention ; A donc capacité de tenir ; etc. ; B donc but ; B donc manier ; etc. ; C donc traitement/expériences ; C donc modification ; etc. Il y a aussi des stéréotypes qui se rattachent à l’ensemble du noyau A-B-C : ABC donc recherche ; ABC donc danger ; ABC donc précautions ; etc. Dans l’élément (A) du noyau, il s’agit de ‘la main de X’, la main de l’Agent, donc un des stéréotypes ancrés dans cet élément est ‘l’intention’ associée à l’Agent qui possède cette main. Également à propos de (A), la ‘main’ prend le rôle sémantique Instrument, au même titre que ‘instrument, moyen’ ; quant à ces deux derniers, ils doivent être entendus dans une acception très large, qui va jusqu’à l’emploi figuré du Grand Robert pour ‘instrument’ : chose « servant à obtenir un résultat » - ce qui explique la présence dans les stéréotypes de ‘phrases, mots, chiffres’. Notons que la main est présente dans la signification de manipuler de par son étymologie : « Dér. de manipule terme de pharm.; dés. -er. Cf. lat. médiév. Toujours à partir de (B), mais centré sur Y, donc sur le Patient, nous avons un stéréotype particulièrement saillant pour manipulation au sens d’‘influence’, stéréotype qui souligne le fait que Y (animé/personne) ne se rend pas compte de l’action et que l’action se réalise « à son insu ». Le ‘but’ est un des stéréotypes liés à (B), tandis que l’‘effet/résultat’ figure parmi les stéréotypes associés à (C). Constat intéressant pour notre étude, ‘modifier’ figure parmi les stéréotypes de manipuler, ancré dans l’élément (C) du noyau (nous mettons en relief ce stéréotype dans la Figure 1). Enfin, il y a aussi des stéréotypes que l’on aurait du mal à relier à un seul des éléments du noyau : apprentissage, recherche, danger, etc.

Une fois que nous disposons des éléments du N-St, comme ceux de la Figure 1, nous disposons également du potentiel de signification de manipuler/manipulation, car ce sont effectivement ces éléments qui se manifestent lors de l’utilisation en discours de manip* - le contexte discursif pouvant activer l’intégralité de ces éléments ou une partie seulement. Nous reviendrons là-dessus plus loin, lorsque nous comparerons le potentiel de signification de manip* et de modif* afin de préparer le terrain pour l’analyse.

Comme nous l’avons vu, la représentation sémantique de la Figure 1 prend en compte les actants impliqués dans l’action de manipuler : Agent, Patient (ou Thème) et Instrument - notés respectivement à l’aide de X, Y et Z. Ces actants sont présents aussi bien dans le N et les St. Il est intéressant de constater que les articles des dictionnaires pour manipuler et modifier mentionnent souvent et donnent de nombreux exemples du Patient Y.

Dans le contexte de la bioéthique qui nous intéresse dans cette étude, le rôle sémantique de Patient est rempli par la catégorie du vivant : embryon, cellule, ADN, gènes, procréation, etc. Ce contexte spécifique va donc entraîner l’activation de certains stéréotypes correspondant à des schèmes donnés (cf. frames ; Fillmore, 1982), des stéréotypes tels « laboratoire », « expérience », « technique » ou « fabriquer artificiellement ». En effet, selon la nature de l’Agent et du Patient, les stéréotypes mobilisés seront différents.

Enfin, pour clore cette description du sémantisme des lexèmes manipuler/modifier, il convient de parler de l’aspect lexical. La nature du procès n’est pas explicitée dans la Figure 1 ; elle doit donc être inférée à partir du noyau, en particulier à partir de (B) et (C) : ‘tenir’ et ‘actions/agir’. Elle peut également être clarifiée à l’aide de tests : par exemple Pierre a manipulé le bibelot avec précaution pendant cinq minutes / *en cinq minutes. Manipuler renvoie à une activité (caractérisée par les traits +dynamique, ‑transitionnel, ‑télique) ; en tant que tel, il ne comporte pas de transition d’un stade à un autre, autrement dit, pas de changement. Quant à manipulation, en tant que nom déverbal, il saisit le procès à la fois dans sa durée et dans son ensemble, globalement, mais sans qu’il y ait d’idée de c…

Année Blanche : Une Mesure d'Économie Controversée

L'idée d'une "année blanche" fait son chemin dans le débat public français, alors que le gouvernement cherche à réaliser 40 milliards d'économies sur le budget. Cette mesure, qui consiste à geler certaines prestations sociales et pensions de retraite, est présentée comme un levier potentiel pour trouver une partie des ressources nécessaires.

Principe et Modalités

En temps normal, les pensions de retraite et certaines prestations sociales sont revalorisées chaque année en se basant sur l'inflation, pour que le niveau de vie de chacun reste le même que l'année précédente, malgré la hausse des prix. Une année blanche revient à maintenir au niveau de 2025 certaines prestations sociales comme les allocations familiales, les minima sociaux, la prime d'activité, le RSA, les APL ou encore les pensions de retraite en 2026.

Dans le détail, une année blanche peut revêtir différentes formes. Il peut s'agir de l'absence totale de revalorisation ou encore d'une désindexation partielle. L'année blanche peut s'accompagner ou non d'un gel des barèmes de l'impôt, ce qui conduirait à l'entrée dans l'impôt de certains foyers et à un changement de tranche pour d'autres. Les collectivités locales peuvent également voir leurs dotations gelées. La question du périmètre d'application de la mesure n'est pas encore tranchée, comme l'affirmait la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, sur Sud Radio.

Un Précédent Historique

L'idée, pour le moins sensible, n'est pas totalement inédite. Le levier du gel avait déjà été utilisé sous la présidence de François Hollande : les pensions de retraite n'avaient pas été revalorisées en 2014 puis en 2016, relève la Direction générale des finances publiques. Idem en 2018 sous la présidence d'Emmanuel Macron. Le sujet est même revenu sur la table il y a quelques mois, pour boucler le budget 2025. Mais dans un contexte de chasse aux économies lancée par François Bayrou, l'idée est régulièrement citée par les parlementaires de la coalition gouvernementale et certains ministres, à l'image d'Amélie de Montchalin.

Soutiens et Critiques

La ministre des Comptes publics s'est dite favorable à "une pause" sur certaines dépenses publiques : "Je pense que dans la situation où nous sommes (…) ralentir la dépense, c'est essentiel." Du côté du Sénat, qui a été chargé de proposer des économies au gouvernement, son président, Gérard Larcher, a qualifié l'année blanche de "piste sérieuse". Le vice-président de la commission des finances, le sénateur Michel Canévet, s'est même montré partisan d'une conception extensive du dispositif.

La mesure n'est pas consensuelle et pourrait même être qualifiée d'explosive pour le gouvernement. Par son manque de ciblage, l'année blanche n'a pas conquis tous les experts des finances publiques. C'est une "manière de dire : 'Je ne fais pas le choix'", déplore l'économiste Mathieu Plane. Dans le camp des opposants, La France insoumise a dénoncé "la pire des méthodes", par la voix d'Eric Coquerel, président de la commission des finances, cité par Le Monde. Au Rassemblement national, le député Jean-Philippe Tanguy l'assimile au "degré zéro de la gestion politique. De son côté, le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, a dit préférer "une approche structurelle" pour affronter le dérapage budgétaire. Une année blanche, "ce serait ce qu'on appelle un 'one shot'. On le fait une fois et après, qu'est-ce que vous faites ? Politiquement, le sujet risque aussi d'être perçu par l'opinion publique comme une simple mesure d'austérité. Il y a huit mois, c'est au cours de l'étude d'un gel partiel des pensions de retraite que la censure du gouvernement de Michel Barnier avait été déclenchée.

Incertitudes et Complexités

Pour la ministre des Comptes publics, la question reste ouverte. "Est-ce que c'est sur les prestations sociales ? Est-ce que c'est sur les barèmes des impôts ? Est-ce que c'est sur les dotations aux collectivités ? Est-ce que c'est sur les versements et les aides aux entreprises ?, s'est-elle interrogée. La règle paraît simple, mais de nombreuses exceptions devraient rapidement venir la complexifier, rappelle l'économiste Cyril Blesson. "D'abord, les intérêts de la dette [de la France] ne peuvent pas être gelés." Message reçu du côté de Gérard Larcher, le président du Sénat, qui l'affirme à l'AFP : "Certaines choses peuvent être gelées facilement, d'autres moins."

Portée Limitée

Les premières estimations sont en cours, mais le dispositif sera loin de suffire pour remplir l'objectif de 40 milliards d'économies. La Banque de France prévoit en effet une hausse des prix autour de 1,4% l'an prochain, une inflation assez modérée donc, qui limiterait mathématiquement l'impact de la mesure. Selon une estimation de l'Institut des politiques publiques (IPP), le dispositif engendrerait un gain budgétaire de 5,7 milliards d'euros si l'année blanche concernait un gel des retraites, du barème de l'impôt sur le revenu et des prestations sociales. "Cette mesure représenterait (…) 3 milliards d'euros venant du gel des pensions de retraite, 1,4 milliard d'euros du gel des paramètres de l'impôt sur le revenu et 1,3 milliard d'euros du gel des prestations sociales", détaille l'institut dans son rapport, consulté par l'AFP.

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