L'accueil de la vie est une aventure merveilleuse, mais parfois semée d'embûches. Enfant désiré, bébé surprise, grossesse interrompue, infertilité, deuil in utero… la vie est un mystère. Quelle que soit votre situation, vous pouvez ressentir le besoin d'être accompagné ou tout simplement écouté. Dieu vous tient la main. Cette page a pour but de célébrer la beauté de la vie, mais aussi de vous soutenir de notre mieux dans chaque situation que vous traversez.
Célébrer la vie et offrir un soutien inconditionnel
Notre-Dame accueille ceux qui espèrent tant un enfant, elle les encourage à s'appuyer sur le Christ. Les pères ou mères blessés par la perte d'un enfant avant la naissance volontairement ou accidentellement pourront aussi en ce lieu remettre dans le cœur de Notre-Dame tout leur chagrin, toutes les blessures. « La vie est une chance, saisis-la. Afin d'accompagner les personnes qui le désirent dans leur vie affective, conjugale et familiale la Pastorale de la Famille et de la Vie déploie ou soutient les différentes initiatives mises en œuvre dans le diocèse.
Le deuil in utero : une épreuve méconnue
Delphine, 49 ans, assistante de direction dans une école de Sartrouville (Yvelines), a connu la tristesse du deuil in utero en perdant son cinquième enfant à plus de 4 mois de grossesse. Elle se livre sans fard sur cet épisode que notre société peine à accompagner avec justesse.
Alors que votre grossesse suivait normalement son cours, tout a basculé en 48 heures. Que s'est-il passé ? Notre enfant devait naître par césarienne autour du 13 juin 2009. J'ai été prise de fortes fièvres autour du 29 janvier. Par malchance, mon mari qui s'absente peu d'ordinaire pour son travail était en déplacement. Mes parents ont pris le relais. Complètement KO, j'ai été trouver mon généraliste qui m'a intimé de me rendre illico aux urgences. Les pompiers m'y ont emmenée. Après une heure d'attente sur un brancard où je gelais, avec comme compagnons d'infortune des sans-abris éméchés, j'ai été prise en charge par une sage-femme qui m'a annoncé que j'allais entrer en salle d'accouchement. J'ai compris que c'était la fin. Quelques jours auparavant, je sentais mon bébé bouger. Là, plus rien. Sa vie s'était arrêtée.
Vous avez su pourquoi ? J'ai attrapé un streptocoque qui a infecté le bébé : il était trop faible pour se battre, la bactérie l'a tué. Sur le moment, ma seule préoccupation était de savoir ce qu'on allait faire de lui. Je ne m'étais jamais posé cette question : « Où vont les enfants non nés ? » Dans la douleur de l'accouchement, j'ai été prise de vertige : et s'il finissait dans une poubelle ? Notre bébé, notre tout petit ! J'ai balbutié que j'avais besoin de savoir si c'était un garçon ou une fille, besoin de le voir, de décider de la suite.
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Avez-vous été entendu ? Oui, l'équipe médicale a été très bien… hormis une grosse méprise au début, qui me paraît révélatrice du flottement qui entoure le statut de l'enfant à naître. J'ai été mise dans le service d'orthogénie, aux côtés des femmes qui subissent une IVG. Quand le médecin est venu me voir en post-opératoire sans avoir consulté mon dossier, il a cru que c'était un avortement. Vous imaginez ? Vous venez de perdre un enfant dont la venue vous réjouissait et on vous parle de lui comme d'un être non désiré ! Bien entendu, j'aurais préféré être « en mater » comme on dit, mais ce peut aussi être douloureux d'entendre des bébés pleurer quand le vôtre vient de mourir… Il faudrait un service dédié pour ces enfants que la vie quitte trop tôt. Seulement il y a une ambivalence autour de ces bébés à naître. Regardez la triste affaire Palmade, cette maman enceinte de 6 mois qui perd son bébé après un accident de voiture causé par une célébrité sous l'emprise de stupéfiants. On entend qu'elle a perdu un fœtus, mais quand on est enceinte et heureuse de l'être, on ne dit jamais « j'attends un fœtus » ! On attend un bébé, même si ce dernier n'a que quelques semaines…
C'est pourquoi vous avez souhaité que ce bébé s'inscrive à part entière dans l'histoire familiale ? Absolument. Par chance, quand ça nous est arrivé, une loi venait de passer permettant l'inscription des enfants morts in utero dans le livret de famille à partir de 17 semaines d'aménorrhée. Mon mari Thibaut, accouru à mon chevet, a donc pu effectuer cette démarche, si essentielle symboliquement : notre enfant a une identité sur le plan civil. C'était une petite fille, nous l'avons appelée Marie. Nous avons été autorisés à la voir, à la prendre en photo. L'idée d'organiser un enterrement s'est imposée. Nous avons été épaulés dans cette tâche par le Service catholique des Funérailles qui a fait montre d'une grande délicatesse. Mon beau-père a pu dénicher une place dans un caveau de famille parisien.
Dans quel état d'esprit étiez-vous alors ? C'est assez vertigineux je dois dire. Quelques jours avant, nous nous projetions avec une famille de 5 enfants à l'été et voilà que nous avions une semaine pour opérer un virage à 180 degrés et préparer un enterrement. J'étais dans une profonde tristesse, mais portée par la prière et l'amitié de nos familles et de nos proches. Nous les avons conviés très simplement à l'enterrement.
À quoi ressemblait cet enterrement ? C'était très émouvant. Catholiques pratiquants, il était naturel pour nous de faire célébrer une messe pour l'occasion. Mais je n'avais pas imaginé que cet enterrement serait aussi en quelque sorte le baptême de notre fille. Etant donné qu'elle était mort-née, nous n'avions pu la faire baptiser. Mais nous le souhaitions, évidemment -on parle de « baptême de désir ». Aussi la messe a-t-elle commencé comme pour un baptême dans le narthex -le sas qui précède souvent l'entrée dans la nef de l'Église-, avec la question rituelle « Quel prénom avez-vous choisi pour votre enfant ? »
Comment la fratrie a-t-elle vécu tous ces évènements ? Ils étaient encore petits, l'aînée avait 9 ans. De la clinique, je leur avais écrit une lettre pour tout leur expliquer et les assurer de mon amour pour chacun d'eux. À ces âges, on vit dans l'instant présent… Ils nous ont vu tristes, mais dans la paix et unis. Il me semble que ça a rejailli sur eux.
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N'y a-t-il pas eu justement un décalage avec votre mari dans l'appréhension de ce deuil ? Non, j'ai eu beaucoup de chance. Thibaut m'a déchargée intégralement de toute la partie administrative (déclaration à la mairie, pompes funèbres) et nous étions sur la même longueur d'onde quant aux démarches à entreprendre ou au regard porté sur la vie et la mort de notre fille. Nous n'avions de révolte ni l'un ni l'autre. Certes, pour la mère, c'est quelque chose qui se vit très intimement, en sa chair même, et c'est dur de ressentir les douleurs post-accouchements sans avoir de bébé dans les bras pour les relativiser… Sur le moment, réconfortés par la délicatesse et l'amitié de nos proches, nous avons laissé la vie reprendre son cours. Mais je savais qu'à la date prévue de l'accouchement, ce serait éprouvant pour moi et qu'il me fallait vivre mon deuil jusqu'au bout. Là encore, mon mari l'a compris et m'a permis de faire ce travail.
Quel travail ? J'ai vu qu'à la date prévue de ma césarienne avait lieu le pèlerinage des mères de Cotignac, qui rassemble en Provence des femmes venues de toute la France. Souvent pour des problématiques autour de la grossesse - beaucoup de couples en attente d'enfant ont été exaucés là-bas. Cette coïncidence était pour moi un vrai cadeau ! C'est là que j'avais envie de déposer Marie aux pieds de la sainte Famille.
Ce pèlerinage dure 48 heures, mais Thibaut a accepté de gérer les enfants trois jours de plus pour que je puisse rester au sanctuaire seule, me poser, me reposer. Il faisait beau, il y a une piscine, j'ai pris soin de moi, j'ai beaucoup prié. Une messe est proposée quotidiennement. C'était intense, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps, et ainsi ai-je pu aller comme au bout de ces 9 mois de grossesse : mon chemin de deuil, d'acceptation était accompli. Ça a été salutaire.
Quelle place a cette petite Marie dans votre famille aujourd'hui ? Les premières années, nous allions tous ensemble fleurir sa tombe une fois par an. Ce n'était pas de la complaisance dans la tristesse, c'était un moment joyeux : nous allions déjeuner au bistrot avec les enfants. Nous continuons à nous y rendre de temps à autre individuellement. Nous ne lui avons pas élevé un mausolée mais nous l'invoquons à chaque prière familiale, au même titre que mon père par exemple. Il n'y a pas le monde des vivants et le monde des morts, ça forme un tout, uni par l'amour.
Je mesure la chance que nous avons eue de pouvoir accomplir des rites qui facilitent le deuil. Au pèlerinage de Cotignac, j'ai échangé avec des mamans ayant vécu une épreuve similaire ; épreuve qui pesait encore lourd sur leurs épaules parce qu'elles ignoraient l'existence de tous ces rites. La société progresse à cet égard, mais il reste du chemin à faire.
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Où est votre fille pour vous aujourd'hui ? Elle m'attend au Paradis, j'imagine qu'elle m'y accueillera ! C'est peut-être parce que l'Église et ma famille se sont montrées si consolantes sur ce point que je n'ai pas eu besoin de voir de psychologue, sinon une fois à l'hôpital. Nous avions bien connu un évêque qui m'a appelée après la mort de Marie pour me dire « Vous avez communié enceinte et votre enfant a goûté au corps du Christ ». Quelle parole bienfaisante ! J'ai aussi été très touchée par une lettre de Charles de Foucauld à sa sœur ayant perdu un bébé quelques heures après sa naissance : « Lui, ce cher petit ange, protecteur de ta famille, a, d'un coup d'aile, volé vers la patrie et il jouit pour l'éternité de la vue de Dieu, de Jésus, de la Sainte Vierge, de Saint Joseph et du bonheur infini des élus. (…) Tes autres enfants pourront compter ainsi que toi, sur un protecteur bien tendre. Avoir un saint dans sa famille, quelle force ! » Ces mots si beaux m'ont portée.
Si comme Delphine, vous pleurez un enfant mort en cours de grossesse, n'hésitez pas à prendre rendez-vous au sein de l'Accueil Louis et Zélie le plus proche de chez vous. S'il n'y en a pas, contactez-nous pour que l'on trouve ensemble une solution. Nous sommes à votre écoute.
La position de l'Église catholique sur l'avortement
L'Église catholique a toujours défendu le caractère sacré de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle. Cette position est fondée sur la conviction que chaque être humain est créé à l'image de Dieu et possède une dignité inviolable.
La loi divine et le respect de la vie
« La Loi de Dieu à l’égard de la vie humaine est sans équivoque et catégorique. Dieu ordonne : Tu ne tueras pas (Ex 20, 13). Aucun législateur humain ne peut donc affirmer : Il t’est permis de tuer, tu as le droit de tuer, tu devrais tuer » (Lettre aux familles, 21).
L'avortement : une violence contre la vie
L'Église catholique considère l'avortement comme une violence contre la vie humaine, une atteinte à la dignité de l'enfant à naître. Elle rappelle que l'enfant à naître est un être humain à part entière, avec le droit fondamental de vivre.
L'accueil et l'accompagnement des femmes en difficulté
Tout en condamnant l'avortement, l'Église catholique reconnaît les situations de détresse et de souffrance que peuvent vivre les femmes enceintes. Elle appelle à l'accueil, à l'écoute et à l'accompagnement de ces femmes, en leur offrant des alternatives à l'avortement et en les aidant à surmonter leurs difficultés.
La miséricorde et le pardon
L'Église catholique croit en la miséricorde de Dieu et offre le pardon aux femmes qui ont eu recours à l'avortement. Elle les invite à se tourner vers Dieu pour trouver la guérison et la paix intérieure.
L'Accueil Louis et Zélie : un exemple concret de soutien
L'Accueil Louis et Zélie est une initiative pastorale qui vise à accueillir, écouter, accompagner et orienter les personnes souffrant de diverses blessures de l'affectivité, notamment celles liées à la grossesse et à la perte d'un enfant.
Un réseau de bénévoles formés à l'écoute
L'Accueil Louis et Zélie s'appuie sur un réseau de bénévoles formés à l'écoute et à l'accompagnement des personnes en difficulté. Ces bénévoles offrent un espace de parole et de soutien, dans le respect de la liberté et de la conscience de chacun.
Un accompagnement personnalisé
L'Accueil Louis et Zélie propose un accompagnement personnalisé, adapté aux besoins et aux attentes de chaque personne. Cet accompagnement peut prendre différentes formes : entretiens individuels, groupes de parole, orientation vers des professionnels de la santé, etc.
Un signe d'espérance
L'Accueil Louis et Zélie est un signe d'espérance pour les personnes qui souffrent. Il témoigne de la compassion et de la miséricorde de l'Église catholique envers les personnes en difficulté.
L'importance de la famille
La famille est le lieu où naît et se développe la civilisation de l'amour. « Il n’est pas sans importance pour les enfants de naître et d’être éduqués dans un foyer constitué par des parents unis dans une alliance fidèle » (Jean-Paul II). Le mariage est cette alliance par laquelle « un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants » (Code de Droit Canonique). Le respect d’une telle union est « d’une extrême importance pour le progrès personnel et le sort éternel de chacun des membres de la famille, pour la dignité, la stabilité, la paix et la prospérité de la société humaine tout entière » (Vatican II, Gaudium et spes, 48). C’est pourquoi l’Église défend fortement l’identité du mariage et de la famille.
L'exemple de Louis et Zélie Martin
Dans ce but, elle propose l’exemple des parents de sainte Thérèse de Lisieux, Louis et Zélie Martin, qui ont vécu un amour beau et fécond. Aux antipodes d'un amour réduit à la seule satisfaction de la concupiscence, ils ont élevé leurs enfants dans la foi et l'amour de Dieu.
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